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    Administration, management, relations avec les familles : les trois piliers de la gouvernance dans les EAJE

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    Diriger un EAJE, c’est surfer en permanence entre trois écueils : les difficultés de gestion administrative et financière, le management et l’accompagnement des équipes et l’intégration optimale des familles au fonctionnement de la structure. De nombreuses directrices y ont pourtant habilement trouvé leurs marques… Enquête sur les méthodes de gouvernance qui cartonnent.     

    Le réseau, fer de lance de l’efficacité


    « En matière de gouvernance administrative et financière, la problématique est de trouver le juste équilibre entre décharger l’équipe d’un maximum de taches qui ne sont pas son cœur de métier, tout en ne s’éloignant pas de la réalité économique d’une entreprise de crèche », pointe Elsa Hervy, Déléguée Générale de la Fédération Française des Entreprises de Crèches (FFEC).
    Coordonner de manière globale, via les services municipaux, réseaux de crèches ou fédérations professionnelles, les grands domaines de la gestion (financière, administrative et RH), est la solution qui monte. « Quand le réseau dépasse deux ou trois crèches, le recours à un expert-comptable, à un chargé du recrutement et à un gestionnaire de planning s’impose », estime Elsa Hervy. Une condition, toutefois : le siège ne doit pas être trop éloigné des crèches, afin de faciliter les allers-retours.

    Autre pilier d’une gestion efficace : le travail en réseau. « Les structures associatives les plus en difficulté sont les plus isolées », appuie Philippe Dupuis, directeur de l’ACCEP (Association des Collectifs Parents Enfants Professionnels). Ce maillage rime avec soutien technique et psychologique. Mais aussi avec vraie complémentarité, qui enrichit le tissu local. « Parmi nos partenaires : des mutualités, de grosses associations intervenant dans le secteur éducatif, mais aussi neuf crèches parentales et des structures associatives de quartier, comme les centres sociaux, qui vont apporter aux familles quelque chose de très différent, en lien avec leurs besoins globaux, comme de l’aide à l’insertion », détaillent Claire Topenot, directrice de l’Enfance et Juliette Descos, coordinatrice Petite Enfance, à la Ville de Lyon.


    Partenariats et innovation tous azimuts


    Pas d’avancée sans proactivité : une devise qui est aussi celle d’un nombre croissant d’EAJE. Beaucoup se sont engagés dans une démarche de certification Qualité. Les crèches privées, plus proches d’un schéma classique d’entreprise, sont souvent pionnières en la matière. La démarche, globale, peut toucher l’organisation interne comme les relations avec les prestataires et fournisseurs. C’est le cas, notamment, au sein du réseau Les Petits Chaperons Rouges, qui a créé un référentiel en ce sens.

    Mais les municipalités prennent de plus en plus le relais, à l’instar de Strasbourg, depuis 2012. « C’est d’abord en lien avec les délégations de service public (DSP) mises en place que nous avons entraîné dans la démarche les acteurs du secteur, explique Gabriel Willinger, chef du service Petite Enfance. Mais aujourd’hui, cette culture de l’évaluation s’est développée partout - y compris dans les établissements, municipaux ou associatifs en-dehors de cette procédure - avec de nombreux effets bénéfiques. »

    Par ailleurs, il est important de cultiver un esprit d’innovation et de partenariat, que ce soit avec la CAF, les professionnels du secteur ou les autres acteurs locaux. Au premier rang desquels les écoles de formation. « Pour avoir de bons professionnels, il faut aller à la source », pointe Claire Topenot.


    Des salariés bien dans leur travail


    « Dans une crèche, ce qui fait la qualité d’accueil, c’est 30 % les locaux et 70 % les personnels, assure Gabriel Willinger. Un dernier item soutenu par plusieurs paramètres : les qualifications de ceux-ci, leur nombre, et comment les équipes sont accompagnées, soutenues, suivies, recadrées si nécessaire. »
    Ce management de proximité efficace prend nécessairement sa source dans une atmosphère globale bienveillante et attentive aux bonnes conditions de travail. Mais aussi dans une logique de décision résolument collaborative. Une idée très suivie dans le secteur associatif. « A En Jeux d’Enfance, nous avons fait le choix managérial selon lequel les idées viennent de la base, pour répondre au mieux aux besoins des familles », illustre Magali Bachelier, Directrice de En Jeux d'Enfance (association Don Bosco)
    Autre pilier incontournable : des temps d’échanges de pratiques réguliers et diversifiés.

    L’analyse des pratiques professionnelles devrait encore se développer avec la loi ESSOC (Etat au service d’une société de confiance) du 10 août 2018, selon Julie Marty Pichon, co-Présidente de la Fédération nationale des Educateurs de jeunes enfants (FNEJE). Aux deux journées pédagogiques mensuelles financées par la CAF et quasi-réglementaires, viennent se greffer un nombre croissant de rencontres entre professionnels, à des moments divers : pendant le temps de sieste des enfants, une fin de journée par mois, animées par la directrice ou par le psychologue de la crèche. « Il est essentiel que les gens se rencontrent, se parlent, se connaissent, afin d’apaiser les tensions », appuie Élisabeth Laithier, co-Présidente du groupe Petite Enfance de l’Association des Maires de France et adjointe Petite Enfance à la Mairie de Nancy.
    Pour Marta Martins, directrice d’une crèche Keep School et de la crèche Les Tilleuls (Babilou), à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), ces réunions donnent du sens au travail des professionnels, immergées dans un quotidien pas toujours simple, et valorise celui-ci. « Elles peuvent aussi les motiver à évoluer dans leur carrière », pointe t-elle.


    Des personnels de direction mieux formés et accompagnés


    Qu’il s’agisse de profils EJE ou puéricultrices, les directrices sont insuffisamment préparées par leur formation initiale. D’où la nécessité de mettre en place une solide politique de formation tout au long de la vie. « Nous proposons que, quel que soit le poste de direction pris, une formation complémentaire soit proposée en continu, pour leur permettre de conjuguer sereinement leurs fonctions d’accueillants et de gestionnaires », informe Julie Marty Pichon. Une proposition reprise, notamment, et de longue date, par l’AMF.
    En attendant, un nombre croissant d’entreprises de crèches développent des modules d’accompagnement de leurs directrices sur des compétences en gestion des conflits, du stress ou financière. « Ces initiatives sont indispensables pour la réussite de tous, car un mauvais manager est en souffrance, qu’il transmet toute l’équipe », résume Elsa Hervy.
    Le secteur associatif l’a bien compris, qui invite les établissements à se professionnaliser. C’est notamment le cas à l’ACCEP. « Nous préconisons de plus en plus que les associations se dotent d’outils plus pointus en gestion financière », explique Philippe Dupuis.



    Des personnels « volants » pour pallier les absences


    L’une des grosses difficultés des gestionnaires est d’organiser, de la manière la plus réactive possible, les effectifs et le planning des équipes. Une solution en plein essor est celle des personnels « volants », pour le remplacement des absences de courte durée, que ce soit pour l’accueil ou les services techniques (entretien, restauration…). Autre avantage de cette réserve de personnels : dans les entreprises de crèches privées notamment, en forte croissance, cela permet d’avoir un pool de professionnels à tester sur différents postes.



    La coéducation, réaffirmée dans les référentiels


    « Partout, il est impératif d’intégrer davantage les parents dans l’organisation et le fonctionnement des structures, comme le préconise très justement la CNAF depuis plusieurs années », déclare Julie Marty Pichon. Une opinion largement partagée par Gabriel Willinger. « La coéducation constitue un engagement très fort de notre Charte Qualité », appuie-t-il. Cette coopération passe notamment par l’élection de Parents-Relais, élus par leurs pairs et qui répercutent les questions et / ou doléances de ceux-ci auprès des professionnels, dans le cadre d’une instance consultative collégiale, le Conseil de crèche. « Chez nous, les mandats sont de deux ans, car c’est généralement la durée que reste une famille, précise Élisabeth Laithier. Au terme de ces deux années, un Conseil de crèche plénier réunit en Mairie parents élus et professionnels des différentes structures, autour d’un fil rouge commun (les écrans, le sommeil, l’autorité…) suivie d’échanges et d’un verre de l’amitié, pour remercier les personnes de leur investissement. »

    La réussite du Conseil de crèche est toutefois subordonnée à plusieurs conditions. « Il faut qu’il soit fait au niveau de l’établissement : ce qui intéresse les parents, c’est de s’investir sur la crèche de leur enfant, note Céline Legrain, Directrice générale de l’association Crescendo (groupe SOS Jeunesse). Il faut aussi des équipes en confiance, aptes à mettre en place des élections et des rencontres, en sus de leur travail quotidien. Enfin, cette organisation est plus simple à établir en crèche qu’en halte-garderie, où les parents se connaissent moins. »



    Des parents résolument intégrés à la vie de la crèche


    « Pour que cela fonctionne bien avec les parents, il faut qu’ils aient confiance, et pour qu’ils aient confiance, il faut une vraie transparence », estime Claire Topenot. Pour ce faire, les entreprises de crèches ont une large palette d’actions à leur actif, en fonction de leurs possibilités et des besoins : bureau de la directrice ouvert matin et soir, possibilité de demander à s’entretenir avec le psychologue… La plupart organisent aussi des cafés, des goûters, voire des apéritifs parents, sur des thématiques variées : présentation de l’équipe et du fonctionnement de la structure à la rentrée, puis échanges thématiques autour d’un professionnel adaptés aux âges.

    Autre levier : la co-animation d’ateliers ou d’activités, soit de manière ponctuelle, sur proposition des parents, soit plus formalisée (dans le cadre, par exemple, de la Semaine Nationale de la Petite Enfance, en mars). « L’idée est de travailler autour du trio enfants-parents-salariés, de valoriser le travail des professionnels et de partager des moments autour de l’enfant, sur un thème décidé au siège et décliné à leur gré par les équipes », détaille Marie-Claude Rovera, Directrice Qualité Petite Enfance du réseau privé Les Petits Chaperons Rouges.


    Être un soutien social complet pour les publics en difficultés


    Bien que la globalité de l’accompagnement reste la force des structures associatives, le sentiment que l’avenir des crèches est d’être actrices de la prévention sociale, de la mixité et de l’accueil des enfants en situation de handicap, dès le plus jeune âge est désormais partagé par tous. Cela n’exclut pas les interrogations. « Il y a un vrai décalage entre ces attentes et les moyens alloués », déplore Céline Legrain.

    Article rédigé par : CatherinePiraud-Rouet
     
    Publié le 05 mars 2019
    Mis à jour le 06 mars 2019

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  • article issu de : https://lesprosdelapetiteenfance.fr

    EAJE : 12 bonnes pratiques de gouvernance à reproduire

     

    Aux quatre coins de la France et dans tous les secteurs de la branche (public, privé lucratif ou associatif), des gestionnaires d’établissements regorgent d’astuces pour lever les freins à leur fonctionnement optimal. Revue de détail de quelques-unes de ces bonnes pratiques… A reproduire sans modération !

    1. Multiplier les astuces pour résoudre les problèmes de trésorerie


    L’écueil du décalage entre les avances effectuées sur la part Familles de la Caisse d'Allocations Familiales (CAF) et la réception de la PSU entraînait des périodes fréquentes de trésorerie basse, avec à la clé de mauvaises notations par les banques. Pour anticiper ces effets de trésorerie, la Fédération Françaises des Entreprises de Crèches (FFEC) est allée expliquer en direct le modèle des crèches PSU à la Banque de France, pour que ces informations soient répercutées aux différentes agences. Pari gagnant. « Nos adhérents sont mieux notés, avec de plus grandes facilités d’obtention de crédit », note Elsa Hervy, Déléguée générale de la FFEC.

    Dans un contexte budgétaire incertain, l’étalement des échéances est une solution privilégiée par certains EAJE, à commencer par ceux de l’économie sociale et solidaire. « Nous essayons de mettre en place avec certaines communes un budget négocié sur trois ans plutôt qu’annuellement, témoigne Céline Legrain, Directrice générale de l’association Crescendo (groupe SOS Jeunesse). Nous fixons ce budget avec un taux d’évolution, ce qui nous permet, pendant trois ans, d’avoir une plus grande visibilité. C’est toutefois à quitte ou double : si l’on négocie trop bas au début du terme, au vu de l’évolution des charges et des salaires, nous ne nous y retrouvons pas. »


    2. Une gestion centralisée pour soulager les structures

    A Lyon, on compte en central, à destination de l’ensemble des 50 structures municipales, une équipe d’experts dédiés à chaque domaine : un mi-temps de diététicienne, un autre sur l'hygiène des locaux et les pratiques d’entretien, ainsi qu’une personne aux travaux et à l’ergonomie des locaux
    Dans les structures de la FEEC, chaque directrice est assistée par une coordinatrice. Certaines choisissent un interlocuteur unique avec le siège, d’autres préfèrent avoir des référents spécialistes (en gestion, en RH, un référent spécifique, sur les questions pédagogiques par exemple).
    Ce soutien centralisé est si crucial que la Scop Accent Petite Enfance, séparée depuis août 2018 de son association mère Don Bosco, a choisi de rester connectée à celle-ci en matière de gestion. « Par le biais de frais de siège, nous louons les services de leur Pôle Gestion, ce qui laisse à notre disposition toute une série de fonctions supports qui nous sont très utiles », explique Magali Bachelier, sa Directrice Générale déléguée.


    Même les crèches parentales ont embrayé le mouvement. « Nous avons mis en place des coordinateurs de réseau dédiés, permettant d’associer en permanence les parents à toutes les décisions stratégiques, en les soulageant au maximum des aspects techniques et en sécurisant le système », pointe Philippe Dupuis, Directeur de l’ACCEP (Association des Collectifs Parents Enfants Professionnels), forte de 800 structures, dont 250 crèches parentales.


    3. Travail en réseau et mutualisation des bonnes idées


     « Quand une crèche a une bonne idée, nous mutualisons au maximum, témoigne Magali Bachelier. Par exemple, nous nous sommes rapprochés de la Scop Cerise, qui propose la charte Eco-Crèche. Une crèche a commencé à cultiver un potager et à élever des poules dans son jardin : une démarche d’expérimentation reprise par l’ensemble des structures de notre réseau. »


    4. L’engagement dans une démarche qualité / développement durable


    La FFEC est en train de mettre en place un réseau de partenaires de confiance, des prestataires de crèches avec lesquels elle négocie les tarifs pour ses adhérents et avec qui elle contracte, sur la base d’une Charte Qualité. « Depuis l’an passé, nous avons ainsi labellisé une centrale d’achat, des médiateurs à la consommation, un avocat en droit social, un courtier en énergie… retrace Elsa Hervy. Un référencement des fournisseurs de produits de base (lait, couches, épicerie) est en cours et nous voudrions embrayer rapidement sur les prestataires de contrôle réglementaire. »
    A Lyon, l’approche « développement durable » est à l’honneur. Elle se traduit par la réalisation des repas sur place, avec des produits frais. « Ce n’est pas plus cher que de se faire livrer et de réchauffer, avec l’avantage d’être sur du « zéro déchets » », appuie Juliette Descos, Coordinatrice Petite Enfance.



    5. La mise en place d’une politique d’innovation


    A Lyon, un partenariat avec Sciences-Po est en cours d’élaboration, visant à renforcer les compétences managériales des directrices. Dans les cartons aussi : un projet de crèche d’application pour 2022 ou 2023. L’équipe municipale participe également à la construction du DU (diplôme universitaire) « Pour une culture commune d’accueil du jeune enfant », lancé à l’université Lyon 1, regroupant professionnels du secteur, ATSEM et responsables d’accueils de loisirs et dont la première rentrée est prévue en septembre 2019. « J’espère que, de manière globale, le partenariat du secteur avec l’université va continuer à se développer, déclare Claire Topenot, Directrice de l’Enfance, car cette ouverture est une voie pour revaloriser les métiers. »


    6. L’attachement au bien-être au travail des salariés


    L’ACCEP a mis en place un accompagnement resserré des salariés sur le plan de la santé et du bien-être au travail. « Nous les formons tous à la prévention des risques liés à l’activité physique, précise Philippe Dupuis. Ainsi, les plans de change se font debout, ce qui permet de préserver le dos des professionnels, tout en respectant l’autonomie de l’enfant. » On y veille aussi à l’instauration d’un dialogue social de qualité entre salariés et collectif de parents employeurs, assorti de la mise en place d’ateliers Formation tout au long de la vie, Santé, Utilisation de produits durables…


    7. Des temps d’échanges de pratiques réguliers et diversifiés


    L’association En Jeux d’Enfance organise un forum annuel autogéré à 100 % par les équipes, avec, le matin, une conférence sur une thématique et l’après-midi des ateliers et des temps d’échange de pratiques.
    A Crescendo sont mises en place des formations croisées. « Cela permet de créer des réseaux et de rencontrer d’autres EJE qui travaillent ailleurs, de monter des groupes de travail : sur le tutorat des stagiaires, l’intégration de nouveaux salariés… », pointe Céline Legrain. Ces regards croisés interdisciplinaires permettent de favoriser l’expérimentation et de rester efficace.


    8. Une logique de décision résolument collaborative


    A l’ACCEP,  la coopération parents-professionnels a été retravaillée à tous les niveaux. « Le management doit être partagé entre les parents et la directrice ou la responsable technique, expose Philippe Dupuis. Nous préconisons aussi la constitution de binômes directrice - bureau de l’association, pour favoriser la compréhension mutuelle. »


    9. Des personnels de direction mieux formés et accompagnés


    La FFEC s’active actuellement, au sein de la branche des Entreprises de services à la personne, dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle. « En tant que fédération d’employeurs, nous souhaitons cofinancer les formations d’accompagnement des directeurs sur les compétences qu’ils n’ont pas », précise Elsa Hervy.


    10. Un pool de personnels « volants » pour pallier les absents


    A Nancy, une personne par établissement, une « fixe-mobile » sous statut fonctionnaire, peut être appelée, en cas d’absence de courte durée d’un personnel, pour intervenir dans un périmètre de 4-5 crèches, en fonction des besoins. Et sur les absences longues, la Ville compte un volant de roulantes et de remplaçantes, plus une enveloppe de quelque 200 mois à utiliser au fur et à mesure. « Nous faisons également appel à une Cv-thèque de personnes vues en entretien, dont on connaît les qualités et que l’on peut appeler en cas de besoin », témoigne Élisabeth Laithier, co-Présidente du groupe Petite Enfance de l’Association des Maires de France et adjointe Petite Enfance à la Mairie de Nancy. Ce système confère une grande souplesse. « Par rapport à certains de nos homologues, nous faisons très peu appel à l’intérim », apprécie-t-elle.


    11. La co-éducation, réaffirmée dans les référentiels


    « Depuis 2014, dans nos 400 crèches, nous avons décidé de nous orienter vers une option plus large que le partenariat initial avec les parents, pour aller vers la coéducation, formalisée par une Charte rappelant les droits et devoirs de chacun », précise Anne-Claude Rovera, Directrice Qualité Petite Enfance du réseau de crèches privées Les Petits Chaperons Rouges. Les Parents Délégués - ou Relais - font partie des commissions d’admission et voient, de manière très transparente, comment les places sont attribuées. Ils participent aussi au Conseil d’administration. Au sein du Conseil de crèche sont conviés l’équipe pluridisciplinaire (médecin, psychologue, coordonnatrice du secteur, professionnels de la crèche), les entreprises et institutions partenaires et mairie, ainsi que les Parents Relais.

    Dans l’associatif, l’implication des familles porte parfois ses fruits au-delà de toute espérance. « Il y a six ans, les parents sont montés au créneau contre notre système de restauration collective industrielle, porté par une cuisine centrale, témoigne Magali Bachelier. Ce qui a entraîné la dénonciation de notre contrat avec le prestataire et le démarrage d’une gestion directe de cette cuisine, en développant un process alimentaire spécialement dédié aux crèches, avec moins de graisses, de sauces, et 60 % de bio. Depuis, cette cuisine, devenue elle aussi coopérative, fournit l’ensemble de nos crèches. Nous y avons gagné en qualité des repas, praticité et coût : tout le monde s’y retrouve. »



    12. Etre un soutien social complet pour les publics en difficultés


    A En Jeux D’Enfance ont été créées, depuis janvier 2017, cinq places solidaires en crèche, un peu le pendant des crèches AVIP, qui tournent sur les structures en fonction des besoins des familles.

     

     

    Article rédigé par : Catherine Piraud-Rouet
     
    Publié le 05 mars 2019
    Mis à jour le 06 mars 2019

     

     

     

     

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    Maladies transmissibles de l’enfant

    Certaines maladies infectieuses peuvent être prévenues par la vaccination D’une manière générale, des mesures d’hygiène simple, comme le lavage des mains fréquent, la cuisson des aliments, le fait de se couvrir la bouche lorsqu’on tousse voire le port de masques limitent leur transmission.

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    Les maladies infectieuses sont des maladies qui se transmettent principalement de 3 façons :

    - Par l’air qui transporte de minuscules particules infectantes (voie aérienne)
    - Par l’alimentation (voie digestive)
    - Par la peau (voie cutanée)

    Maladies à prévention vaccinale

    Un moyen simple de les prévenir ou d’atténuer leurs conséquences : la vaccination

    La vaccination est un moyen de prévention très efficace pour éviter de nombreuses maladies infectieuses. Se vacciner, c’est se protéger. En entrainant une réponse immunitaire spécifique, le vaccin évite une éventuelle contamination future. Se vacciner, c’est aussi protéger les autres, en particulier les plus fragiles : en se vaccinant, on évite de transmettre la maladie aux personnes les plus fragiles de son entourage.

    - L’ensemble des recommandations vaccinales aux personnes résidant en France en fonction de leur âge est rassemblé dans le calendrier des vaccinations du ministère

    - Pour plus d’informations sur les vaccins sur la base de données publique des medicaments

    Les infections pulmonaires et de la sphère ORL

    Ce sont des infections qui touchent les poumons et la sphère oto-rhino-laryngée, dite sphère ORL, c’est-à-dire de la bouche, de la gorge ou des oreilles. Ce sont les maladies infectieuses qui touchent le plus les enfants. Causées la plupart du temps par des virus, la plupart du temps elles ne nécessitent pas la prise d’antibiotiques .

    Les maladies éruptives

    Elles provoquent, comme leur nom l’indique, des éruptions cutanées. D’origine virale, elles se soignent sans antibiotiques, à l’exception de la scarlatine, qui est due à une bactérie.

    Ces infections sont bénignes dans la majorité des cas. Elles doivent néanmoins être diagnostiquées, car elles peuvent parfois être graves (la rougeole, par exemple), ou entraîner des complications (la rubéole, par exemple, qui présente un risque pour les femmes enceintes).

    Certaines peuvent être évitées grâce à la vaccination (rougeole, rubéole).

    >> Les infections gastro-intestinales, ou gastro-entérites

    Ce sont des infections inflammatoires du système digestif, à l’origine de symptômes tels que : vomissements, diarrhée aiguë, fatigue, perte d’appétit, fièvre, douleurs abdominales, etc.

    Il en existe plusieurs types, mais la grande majorité de ces maladies est d’origine virale.

    Elles sont très fréquentes chez les jeunes enfants, surtout lorsqu’ils sont exposés du fait de leur accueil au sein de structures collectives (crèches, garderies, école).

    Elles sont très contagieuses mais le plus souvent sans gravité. Le principal risque est la déshydratation du nourrisson ou du jeune enfant. Dans la majorité des cas, le médecin traite les symptômes de la maladie en s’appuie principalement sur la réhydratation orale.

    Diarrhée chez les nourrissons et les petits enfants :comment éviter la déshydratation

    Les hépatites virales

    Ce sont des maladies inflammatoires du foie liées à une infection virale. Il existe plusieurs sortes de virus (A, B, C…) et certains peuvent donner des infections chroniques qui peuvent être à l’origine de complications graves (cirrhose et cancer du foie).

    Les antibiotiques sont inefficaces contre toutes les formes d’hépatites. Il existe en revanche des vaccins pour prévenir les hépatites A et B.

    Hépatite A

    Hépatite B


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  • Enjeux et écueils du placement familial


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    article issu de : https://lesprosdelapetiteenfance.fr

    Épuisement professionnel : les salariés d’EAJE en première ligne

    Les métiers de la petite enfance sont particulièrement exposés au risque d’épuisement professionnel ou burn out, mais de manière différente en fonction du mode d’accueil : les salariés des structures collectives étant les plus touchés. Et parmi eux, les auxiliaires de puériculture et les directeurs de crèches. Signes d'alerte et solutions pour l'éviter.

     
     

    professionnelles et bébés dans une crèche Trois variables qui agissent sur le ressenti du stress
    La première variable importante est le contexte d’accueil. « Selon une étude de 2014 sur le vécu des différentes professions du secteur, menée avec le réseau Devenir d’EnFaNce, les salariés évoluant en collectif (EAJE) sont beaucoup plus soumis à ces questions de stress professionnel, du fait de contraintes spécifiques, évoque Pierre Moisset, sociologue et expert des politique sociales et familiales. A contrario, les assistantes maternelles font état d’un vécu assez positif de leur profession, la dimension d’isolement social étant contrebalancée par l’autonomie dont elles bénéficient face aux enfants. »

    Seconde variable : la fonction exercée. Si les professionnels de terrain sont aussi exposés à ce stress que ceux en responsabilités, c’est à des degrés et pour des raisons diverses. Les auxiliaires de puériculture connaissent un stress plus important que les autres, surtout dans les grands établissements (plus de 40 berceaux), et en particulier quand elles sont amenées à gérer des accueils à temps plein. « Un phénomène avant tout imputable, semble-t-il, au manque d’encadrement face aux enfants accueillis, impliquant un sentiment de dégradation du travail », note Pierre Moisset. D’autres facteurs s’ajoutent à cette surcharge mentale : l’environnement sonore ; les activités répétitives ; les sollicitations multiples des enfants tout au long de la journée…
    Du côté des directrices et des EJE, le sentiment dominant est un morcellement accru du travail, du coup considéré comme plus usant, moins facile, surtout par les directrices. « Une position qui peut s’expliquer par le fait que ces deux catégories de professionnels ont un sentiment de tiraillement entre la gestion des équipes, celles des parents et celle des enfants. Lequel s’ajoute à une sensation d’éparpillement : ils ont à penser au quotidien à l’aménagement des sections, à la maitrise des logiciels (inscription des parents, facturation, gestion des horaires des professionnels… », décrypte Pierre Moisset.

    Troisième variable : le niveau ressenti des perspectives d’évolution professionnelle. « En EAJE, on constate que les non-diplômées - les titulaires d’un CAP ou d’un BEP Petite enfance - sont beaucoup plus enthousiastes sur leur activité que les auxiliaires de puériculture, pointe Pierre Moisset. Explication : ces dernières sont prises dans l’effet cuvette, avec un accès à la VAE assez compliqué, pour devenir EJE notamment. Alors que CAP et BEP ont plus de facilité à évoluer. Sans compter qu’elles peuvent ressentir un sentiment de qualification par le simple fait de travailler en structure. »

    Une évolution du vécu diverse selon les profils des professionnels
    Pourtant, si l’on se penche sur l’évolution du vécu dans les cinq dernières années pour les professionnels, la situation est plus nuancée. Les professionnels de terrain estiment que la situation s’est plutôt améliorée. « Ces professionnels trouvent le travail moins morcelé, moins stressant, explique Pierre Moisset. Elles notent aussi une amélioration par l’expérience ». Ce n’est pas le cas des personnels de direction. Selon Catherine Vasey, psychologue et fondatrice du cabinet NoBurnout, ceux-ci sont en effet les victimes collatérales de tracasseries administratives croissantes. « Avant, chacun gérait son institution comme il l’entendait. Désormais, chaque euro investi doit être justifié, explique-t-elle. Les directrices de structures sont soumises à des injonctions contradictoires : d’un côté, la nécessité de gérer le court terme, avec des objectifs de rentabilité. De l’autre, les contraintes de l’éducation des enfants, qui nécessitent des échelles de temps de moyen à long terme. A la clé, un sentiment de perte du sens de son métier. »

    Autre facteur d’alourdissement récent de la charge mentale pesant – de manière globale cette fois - sur les professionnels de la petite enfance : les changements sociétaux. « Plus exigeants et privés du soutien de la famille élargie, les parents modernes sont plus exigeants, ajoute Catherine Vasey. Ils attendent que la structure les supplée dans de nombreux rôles. Avec, parfois, des attentes irréalistes, particulièrement néfastes pour les personnes qui vont quand même tenter d’y répondre, alors même que leur environnement de travail ne leur en donne pas les moyens », conclut Catherine Vasey.
    Des difficultés encore accrues par la présence persistante d’une certaine forme de déni. « Face à l’idée inscrite dans l’imaginaire collectif, selon laquelle travailler auprès de jeunes enfants, c’est un job enchanté, les professionnels de la petite enfance ont beaucoup de mal à dire et à se dire la pénibilité de leur travail », commente Pierre Moisset. Autant de facteurs qui s’alimentent les uns les autres, formant un cercle vicieux de démotivation et de fatigue.

    Quels signes avant-coureurs et comment le prévenir ?
    Les professionnels exposés à ces différents facteurs de stress doivent prendre garde aux signes avant-coureurs du burn out. Catherine Vasey énumère les symptômes qui doivent alerter : hausse de la tension artérielle, maux de tête, troubles de la digestion, mais aussi de la mémoire et du sommeil, tensions musculaires permanentes, difficultés de concentration, émotions exacerbées (tristesse, angoisse, irritabilité…), manque d’estime de soi, ruminations et pensées toxiques qui envahissent la vie privée… La prévention du burn out peut passer par deux voies.
    Les premières solutions sont d’ordre organisationnel et managérial. « Les arrêts de travail ne peuvent être qu’une mesure d’urgence : ils ont un impact économique et ne résolvent pas le fond, estime Pierre Moisset. Ce qu’il faudrait vraiment, c’est changer le quotidien des travailleuses de terrain en EAJE. »

    Revoir l’organisation et le management en petite enfance
    Il préconise que les managers soient en mesure d’offrir un espace de partage des pratiques ou de parole, où les équipes peuvent exprimer la pénibilité de leur travail. « Qu’il y ait un consensus sur le fait que les émotions ne sont pas mauvaises en soi et qu’elles doivent pouvoir être exprimées pour pouvoir s’alléger, précise-t-il. Ces échanges font partie des principales choses demandées par les professionnels, devant la formation. »
    Une condition qui passe, selon lui, par une réforme profonde du management de la petite enfance, actuellement principalement tenu par les puéricultrices. « De ce fait, les personnels de direction - des puéricultrices, la plupart du temps - sont avant tout dans une position d’accompagnement technique, alors qu’on aurait plutôt besoin d’un accompagnement des professionnels dans leurs ressentis », développe-t-il. Sa proposition : aller jusqu’au bout de l’évolution en distinguant deux types de managers : les EJE, sur l’accompagnement des équipes, et les puéricultrices, davantage sur celui des enfants et des parents. « Ce qui ne coule pas de source, du fait d’une concurrence larvée entre les deux profils, sur l’aménagement de l’espace ou l’accompagnement de l’enfant dans son développement, regrette-t-il. Cela demanderait aussi à mieux entériner les compétences acquises sur le terrain par les auxiliaires de puériculture, afin de leur faciliter l’évolution sur l’une ou l’autre fonction. »

    Mettre en place des techniques anti-stress
    Second type de solutions : les mesures d’ordre individuel. La clé ? Agir sur tout ce qui est de l’ordre de la décharge du stress. « Il ne s’agit pas seulement se relaxer, mais aussi de se défouler : chanter à tue-tête dans la voiture en rentrant de son travail, encourager son équipe à un match de foot, faire du sport, entretenir son jardin… », illustre Catherine Vasey. On peut aussi s’aider de certaines techniques, comme la cohérence cardiaque (fait de contrôler sa respiration pour gérer ses émotions). Autre conseil : bien distinguer la vie professionnelle de la vie privée, et s’épanouir hors de son temps de travail. « Objectif : cadrer les ruminations mentales, qui envahissent souvent la vie personnelle », pointe-t-elle. Il faut aussi focaliser son attention sur ce qu’on a bien réussi dans la journée, les moments où l’on s’est sentie utile, pour nourrir le sens de son travail. Enfin, cultiver la dynamique d’équipe, la bonne ambiance, le respect et reconnaissance mutuelle, qui sont d’importants compensateurs de stress.

    Pour aller plus loin

    • Pierre Moisset « Accueillir la petite enfance : motivation, travail, vécu des professionnels » (Erès), sortie prévue en mars 2019.
    • Catherine Vasey « Burn out : le détecter et le prévenir » (Jouvence), 2015
    • Catherine Vasey « Comment rester vivant au travail : guide pour sortir du burn out », Dunod, 2017.

     


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    Prévenir l’épuisement professionnel

    Les professionnels s’occupant quotidiennement de très jeunes enfants peuvent être confrontés à l’apparition de signes d’épuisement physique et émotionnel : fatigue accrue, tensions, manque de motivation. Pour prévenir l’installation de l’épuisement professionnel  et mieux vivre son stress, il est utile de se ménager des temps de ressourcement et de relaxation.

     

    L’épuisement professionnel peut atteindre tout personnel de la petite enfance qui s’investit intensément dans son travail. Appelé aussi “usure professionnelle”ou ou burn out, ce processus s’installe insidieusement au fil des années. [1]

    Les signes d’épuisement professionnel

    Le burn out se manifeste par un épuisement physique avec une fatigue et des troubles somatiques, par un épuisement émotionnel, mais aussi par une diminution de l’accomplissement personnel1 .

    L’épuisement physique donne la sensation d’être  “vidé”, de subir les situations et de ne pas pouvoir récupérer autant qu’il serait souhaitable. Il se traduit souvent par des symptômes de type douleurs dorsales, céphalées, migraines, tensions musculaires, infections à répétition, douleurs à l’estomac ou autres.

    L’épuisement émotionnel peut se traduire chez le professionnel par des réactions d’irritabilité, d’impatience, d’énervement envers les enfants, une labilité émotionnelle aussi bien face au comportement de l’enfant qu’avec sa famille.

    Sa motivation peut se trouver émoussée, un certain pessimisme ou une tendance au fatalisme peuvent s’installer. Le sentiment de ne pas être considéré peut amener des désillusions par rapport à sa profession et l’investissement peut s’en trouver diminué.

    Le professionnel ne se reconnaît pas dans ce comportement qui va à l’encontre de l’image idéale qu’il avait de son rôle ou de sa fonction. Cela peut provoquer chez lui un sentiment d’insatisfaction, une remise en cause de ses capacités, des frustrations mais aussi des réactions inadaptées ou disproportionnées en réagissant plus vivement au comportement de l’enfant, voire de l’agressivité ou des sentiments négatifs vis-à-vis de celui-ci.

    Parfois, le professionnel n’admet pas son état d’épuisement et veut “tenir” coûte que coûte. Il arrive alors qu’il intensifie son activité ou développe une hyperactivité fébrile, car reconnaître ce phénomène pourrait nuire à l’image qu’il a de lui-même en l’assimilant à une faiblesse ou une incapacité à faire face. C’est souvent l’entourage ou les personnes avec lesquelles il est en difficulté, ou encore des collègues, qui l’aident à en prendre conscience et à accepter d’y réfléchir et de réagir.

    Il est possible de repérer des signes de burn out , par exemple lorsque le professionnel présente un certain désabusement avec l’impression que les situations ne changent pas, que les difficultés sont les mêmes, une propension à ne voir que les défauts des enfants ou des parents, une tendance à l’agressivité ou à la nervosité permanente, une fatigue qui ne cède pas après deux ou trois jours de congés.

    Parfois, c’est la routine qui amène l’installation de ce processus. Quelquefois, c’est la confrontation à des problématiques particulières d’un enfant (troubles du comportement, troubles de type autistique, etc.) qui va développer ou accentuer le processus de burn out chez plusieurs membres de l’équipe2 .

      Pour en savoir plus, la thérapeute et formatrice Geneviève Manent a réalisé plusieurs ouvrages sur ce thème. http://www.souffledor.fr/boutique/auteur_genevieve-manent_84.html.
    1  Junier H. Le mal-être des professionnels de crèche. 17 janvier 2015. http://heloisejunier.com/2015/01/17/le-mal-etre-des-professionnels-de-creche/.
    2  Madame Gazouille. Professionnels de la petite enfance, quand le burn out menace. 17 février 2015. http://madamegazouille.fr/2015/02/professionnels-de-la-petite-enfance-quand-le-burn-out-menace/.
       

     

    Les raisons de l’épuisement professionnel

     

    Plusieurs facteurs peuvent intervenir, et c’est leur accumulation qui va développer l’installation progressive de l’épuisement professionnel.

     

    Parmi les facteurs liés à la tâche se trouvent les activités répétitives qui peuvent lasser, mais surtout les sollicitations multiples des enfants tout au long de la journée. Le bruit, les cris, les pleurs, la personnalité de l’enfant, son comportement, ses refus, les éventuels conflits entre enfants peuvent finir par atteindre progressivement le professionnel. S’ajoutent à cela l’attention, la vigilance permanente nécessaire auprès d’eux, la responsabilité vis à- vis de ce qui pourrait leur arriver.

     

    Les sollicitations ergonomiques multiples sont loin d’être négligeables. Se baisser, ramasser les jouets, porter dans les bras, se pencher, être sur le tapis, sur une petite chaise, etc., contribuent à la fatigue physique qui s’installe.

     

    Souvent, les professionnels évoquent les tensions ou malentendus avec les parents concernant aussi bien les rémunérations, les congés ou les différents sur les principes éducatifs. Si le professionnel ne se sent pas reconnu dans son travail, est mis à mal ou est remis en cause dans ses capacités, le processus s’en trouve aggravé. Les facteurs interpersonnels interviennent également dans les structures, comme ceux qui sont liés aux relations de travail, aux conflits dans l’équipe, au type de management, au manque de soutien ou d’entraide. À domicile, les assistantes maternelles évoquent souvent le manque de contact et d’échange avec d’autres adultes, car même si les relais assistantes maternelles (RAM) organisent des rencontres, celles-ci ne permettent souvent que des échanges autour du domaine professionnel. Ces facteurs ajoutés les uns aux autres finissent, à long terme, par user les capacités d’adaptation des différents professionnels qui accueillent les enfants.

     

    Il est certain que la propension à être positive et adaptable peut influencer la tolérance de la personne aux difficultés de son métier. Ce qui semble avoir le plus d’impact négatif sur le processus est la tendance perfectionniste du professionnel, avec un investissement et de fortes valeurs éthiques quant à sa fonction ou, a contrario, lorsqu’il a choisi ce métier par défaut et non par passion ou envie.

     

    Moyens de prévention personnels

     

    Avant que l’épuisement ne s’installe à un stade avancé, certaines démarches peuvent permettre de le prévenir. Plusieurs approches sont nécessaires pour maintenir les capacités de tolérance, de patience, rester dans une démarche de bientraitance vis-à-vis de l’enfant et préserver un certain bien-être dans le travail.

     

    Prendre une pause régulièrement et ménager du temps pour soi favorisent la prise de distance.

    Prendre une pause régulièrement et ménager du temps pour soi favorisent la prise de distance.

     

    La pratique de la relaxation en séances collectives (ou individuelles) peut par exemple permettre d’acquérir des capacités d’apaisement en sachant utiliser la respiration, le relâchement musculaire ou la réalisation de mouvements doux pour retrouver le calme en toute situation.

     

    L’apprentissage de certaines techniques corporelles (associations de respirations, gestes, prises de distance, mouvements corporels) permet d’être en capacité de mieux gérer le stress et les émotions, et peut aider, par exemple, à se ressaisir.

     

    Le moins évident, pour la plupart des professionnels, est d’oser s’accorder du temps pour soi, des pauses dans la journée (appelées aussi “pauses parking”) ou dans la semaine (activité, loisirs) qui permettent d’évacuer les tensions accumulées, de s’évader ou se ressourcer. Souvent, les professionnels ont des difficultés à se l’autoriser et enchaînent directement par la gestion de la vie de famille, renforçant ainsi la fatigue accumulée durant la journée.

     

    Les “pauses parking” ne requièrent pas beaucoup de temps : quelques minutes pour souffler et se reposer peuvent suffire si elles sont prises régulièrement au cours de la journée. La personne peut renforcer un moyen de détente habituel qui lui procure le plus de bien-être au travers d’un canal sensoriel dominant : certains préfèrent lire un magazine ou regarder quelques instants la télévision pour ne plus penser à rien, d’autres vont écouter de la musique ou la radio, ou trouver un endroit silencieux, d’autres encore vont préférer s’activer pour évacuer les tensions de la journée en pratiquant une activité sportive, de la marche ou du shopping. Certaines personnes préfèrent retrouver des sensations agréables en prenant une douche, en s’installant  confortablement sous une couverture moelleuse ou en se posant quelques instants autour d’une boisson chaude ou d’un en-cas. Par ailleurs, pour se ressourcer ou se changer les idées, il est important de s’accorder une heure dans la semaine pour se faire plaisir par une activité, quelle qu’elle soit. Cette activité de loisir à l’extérieur permet aussi aux assistantes maternelles, notamment, d’avoir un contact avec des personnes adultes hors cadre professionnel.

     

    Démarches collectives

     

    La possibilité d’échanger à l’occasion de groupes de parole (par exemple une réunion par mois pendant quatre mois) permet aux différents professionnels de partager les difficultés ressenties, d’être entendus et parfois, de trouver ensemble des stratégies pour vivre différemment certaines situations.

     

    La participation à des formations, lorsque certains signes d’usure, de lassitude, commencent à s’installer, peut permettre de prendre du recul sur son travail, sur sa pratique, et aide à se relancer, à se remotiver en enrichissant sa pratique, en la diversifiant et en y insufflant de nouvelles approches. Par ces formations, ou lors de groupes d’analyse de pratiques, les échanges permettent d’analyser et comprendre les difficultés rencontrées et de développer des stratégies pour savoir mieux y faire face.

     

    Le fait de pouvoir partager avec des pairs certaines situations vécues permet de prendre de la distance, de se sentir moins seul, davantage compris, et peut aider à s’adapter aux problèmes rencontrés.

     

    En structure, l’entretien individuel semble incontournable pour aider le professionnel à mettre des mots sur ses difficultés, à repérer le sens qu’il donne encore à son travail, ses sources de difficultés, mais aussi ce qui pourrait l’aider à se ressourcer ou à transformer la lassitude qui s’est installée.

     

    Si la personne est déjà dans un processus avancé de burn out, il est préférable qu’elle se fasse aider par une prise en charge individuelle avec un psychothérapeute.

     

    Quelle place pour la relaxation ?

     

    Dans une journée de travail, il est utile de créer un lieu favorable et un espace-temps où il est possible de “se poser” de manière efficace pour mieux gérer l’énergie dépensée dans la journée et pouvoir se ressourcer.

     

    Suivant le canal sensoriel utilisé par chacun des professionnels pour se détendre, il est intéressant d’aménager un espace, même restreint, dans lequel il est possible soit d’écouter de la musique, soit de feuilleter des magazines de vacances ou autres loisirs créatifs, d’être au calme pour prendre paisiblement une boisson ou simplement, s’installer confortablement dans un fauteuil quelques instants après s’être étiré et avoir baillé. À l’inverse, on peut choisir d’aller marcher dix minutes à l’extérieur de la structure.

     

    Les personnes qui ont l’habitude de participer à des séances de relaxation peuvent tout à fait s’allonger avec quelques coussins sur des tapis de sol ou s’asseoir contre un mur et, sur une musique douce de leur choix, s’imaginer dans un lieu agréable (bord de mer, balade en montagne, campagne ou jardin) et profiter pleinement de la nature, de son silence, etc.

     

    L’important est de vraiment prendre un temps ressourçant pour soi afin d’aborder le reste de la journée de travail plus sereinement et de réserver les discussions autour des conflits, plannings ou difficultés, pour un autre moment.

     

    Bienfaits de la relaxation pour l’enfant

     

    Indépendamment des effets positifs, pour le professionnel, de méthodes lui permettant de se relaxer et de gérer son stress, il peut en faire bénéficier les enfants dont il s’occupe en utilisant ces techniques respiratoires, gestuelles et mouvements tactiles pour les apaiser. Il peut ainsi leur transmettre son calme, les enfants étant très sensibles à l’état émotionnel des adultes qui les entourent.

     

    Il peut aussi être proposé à des groupes d’enfants, par de petits ateliers par exemple, de pratiquer des exercices de relaxation au cours desquels ils apprennent à se masser eux-mêmes (en en profitant pour nommer les différentes parties de leur corps), puis à s’étirer et à “faire le pantin” en soufflant, pour terminer par la “poupée toute molle”.

     

    Conclusion

     

    Chaque professionnel de la petite enfance a tout intérêt à prendre soin de lui et à se ressourcer pour continuer à prendre plaisir à son travail, à rester bienveillant et serein dans l’accompagnement des enfants et à développer une relation sécurisante et paisible avec eux.

     

    La possibilité de développer des capacités à savoir s’apaiser et à rester calme lui permet de gérer de façon adaptée et satisfaisante les situations qu’il rencontre et ainsi de maintenir une bonne estime de lui-même et de ses compétences professionnelles.

     

    © 2015 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés

     

    auteur : Françoise BILLOT Cadre puéricultrice formatrice

     

    Références

     

    [1] Junier H. Le mal-être des professionnels de crèche. 17 janvier 2015. http://heloisejunier.com/2015/01/17/le-mal-etre-des-professionnels-de-creche/

     

    [2] Madame Gazouille.Professionnels de la petite enfance, quand le burn out menace. 17 février 2015. http://madamegazouille.fr/2015/02/professionnels-de-

     

    la-petite-enfance-quand-le-burn-out-menace/

     

    [3] Comeau L. Se détendre et se relaxer avec son enfant. Naître et grandir. 2013. http://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/viefamille/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-activite-detente-relaxation

     

    [4] Manent G. L’enfant et la relaxation. Gap: Le Souffle d’or; 2009.

     

    [5] Malenfant N. La relaxation par le jeu. Naître et grandir. Janvier 2014.http://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/fiche.aspx?doc=relaxation-par-jeu

     

    [6] Malenfant N. Jeux de relaxation. CD audio. Paris:De Boeck; 2010.

     

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    Professionnels de la petite enfance, quand le burn-out menace…

    Fin janvier, je suis allée à un colloque sur le burn-out professionnel, organisé par Zoeki, à Paris. Je suis loin du burn-out mais je crois que j’avais besoin d’entendre des collègues d’autres structures dire qu’elles avaient les mêmes ras le bol que moi et peut-être avoir des pistes pour mieux vivre le stress au quotidien.

    Burn-out

    Dans l’univers des enfants où l’on pourrait croire naïvement que tout est beau, tout est rose, tout est jeu et rire, eh bah non. Le monde des bisounours n’existe pas, pas vrai ?

    Histoire_original_backup

    Pourquoi pouvons-nous ressentir un mal-être quand on travaille avec les loulous ?

    Héloïse Junier, psychologue, propose des temps d’analyses des pratiques avec des équipes de crèche et elle nous expliquait qu’elle entend souvent des professionnels dire qu’il y a parfois des enfants qu’ils ne supportent plus, parce qu’ils n’écoutent pas, bougent beaucoup, tapent, mordent à répétition, etc. Ils ajoutent qu’ils ne devraient pas ressentir ça et culpabilisent. Ils ont le sentiment d’être de mauvais professionnels. Ils savent que les loulous ont des besoins mais ne savent pas toujours comment y répondre. Ils se sentent impuissants. On a souvent un sens trop poussé de l’autocritique : on n’est jamais satisfait…
    Il y a aussi régulièrement un conflit intra-personnel, entre nos idéaux et la réalité du terrain. C’est douloureux de ne pas être en accord avec ses valeurs, même si on est conscient des limites de la collectivité.
    Accueillir des enfants, ce n’est pas comme s’occuper de machines : tout au long de la journée, de manière consciente ou non, notre propre éducation, notre enfance est présente. ça peut renvoyer à beaucoup de choses, pas forcément faciles.
    Et puis, on travaille avec et pour des adultes, parfois exigeants, pas toujours compréhensifs. Et le travail d’équipe n’est pas simple.
    ça peut faire beaucoup.

    Lors du colloque, on a beaucoup parlé de l’équipe auprès des enfants mais pas de la direction. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis directrice adjointe d’un multi-accueil associatif à gestion parentale depuis 9 ans. Qu’on soit d’accord : je considère que la direction fait partie de l’équipe mais le stress n’est pas le même. Le fait d’être dans le bureau à certains moments de la journée nous permet d’être un peu au calme, de ne pas subir le bruit que font les enfants et adultes et j’estime que c’est une chance par rapport à mes collègues. Mais pour nous, il y a tout ce qui est abordé plus haut quand on est avec les loulous mais aussi le stress de nos responsabilités. Au point que parfois, je me demande si j’ai les épaules pour… Quand il faut que tu te partages entre le groupe d’enfants et sa prise en charge et le travail administratif. Quand tu dois penser à 36 000 trucs en même temps. Quand tu as la pression parce que la subvention va dépendre du dossier que tu as monté et de ce que tu as écrit. Quand tu cherches à « rentabiliser » la structure pour faire en sorte qu’elle ne soit pas trop en difficulté financière, au risque de fermer et de mettre au chômage : toi et tes collègues. Mais rentabiliser tout en faisant attention à la qualité d’accueil des loulous… Quand tu te demandes si le code du travail t’autorise à faire ça ou ça… ou pas. Quand tu essaies d’être à l’écoute de tes collègues mais que ce n’est pas assez. Quand elles ont des demandes incompatibles avec la gestion ou le fonctionnement de la structure et que tu sais que tes décisions ou celles du conseil d’administration vont les irriter… Quand ton rôle de manager nécessite de recadrer un professionnel et que même en mettant les formes, tu sais que l’autre va se le prendre comme un coup en pleine face. En tous cas, tu l’imagines parce que toi, tu le prendrais comme ça.
    Souvent, je me dis que je ne tiendrai pas longtemps ainsi, que je n’ai pas le caractère pour. ça m’affecte trop, malgré tout ce que j’essaie de mettre en place. J’ai par exemple suivi une formation à l’Ecole des Parents et des Educateurs de Metz : « prendre du recul sur son terrain professionnel ». Je la recommande vraiment, ça m’a ouvert les yeux sur plusieurs points. Mais ça n’est pas suffisant : manager une équipe, ce n’est pas facile. Gérer une structure : non plus. Et la formation d’éducateur de jeunes enfants ne nous prépare pas à ça.
    Il n’y a encore pas si longtemps, j’ai eu une grosse remise en question. Parce que oui, je suis sensible, parce que oui, je n’ai pas la poigne d’une directrice, parce que oui, je prends tout très à coeur, parce qu’il faudrait que je m’endurcisse et ça me paraît compliqué… Et puis j’ai échangé avec d’autres EJE et je me suis rendue compte de ma chance. Travailler dans une association à gestion parentale permet d’avoir une relation de proximité avec les familles. Se connaître facilite la continuité de la prise en charge. Le conseil d’administration nous laisse une grande liberté d’actions et nous fait confiance. C’est très valorisant et épanouissant. L’équipe de la crèche est professionnelle, bienveillante et dynamique. Il n’y a pas de gros soucis, comme j’ai pu le lire chez mes collègues EJE… Seulement de petites histoires vite réglées, vite oubliées. Et puis, qu’est-ce que je ferais d’autre ? J’adore mon job. Même s’il me bouffe parfois.
    ça me fait penser à ce que Héloïse Junier disait au colloque : nous sommes trop souvent dans la plainte et la revendication. Il faut chercher comment faire avec ce qu’on a et mettre en place des choses pour avancer.
    Je vais suivre une formation de deux jours en juin pour les responsables de structure et j’espère avoir des outils. Mais j’avance et surtout, je vais arrêter de me plaindre : je suis dans une structure top avec une équipe top.

    Lors du colloque, les intervenants nous ont donné des pistes pour mieux gérer le stress au quotidien.

    En crèche, les loulous sont nombreux dans un même espace. Pour nous montrer où elle voulait en venir, Héloïse Junier nous a montré deux photos : une d’une femme à la plage, l’autre du métro à l’heure de pointe…

     le-metro-bonde

    La crèche ressemble davantage à la station : beaucoup de personnes au même endroit. On s’y sent à l’étroit, étouffé, c’est bruyant… C’est stressant et le stress, c’est comme quand on baille, c’est communicatif. D’où l’importance de décloisonner au maximum. On peut pas pousser les murs, c’est sûr. En rentrant du colloque, on y a réfléchi avec l’équipe et on a décidé de réaménager les chambres pour libérer la plus petite : le matin, elle sert de pièce supplémentaire pour bouger, danser, etc. et l’après-midi, les plus grands y dorment. C’est à l’essai pour l’instant.

    En crèche toujours, l’éclairage est important et les néons offrent une lumière agressive, stressante. Si on pouvait les remplacer par d’autres luminaires, ce serait bien. L’idéal serait même d’avoir des variateurs !

    Il y a aussi trop de déplacements. Les adultes se déplacent beaucoup autour des loulous. Les va et vient peuvent générer du stress, de l’énervement. Imaginez-vous au cinéma, quand quelqu’un n’arrête pas de se lever… Grrrr ! Il faudrait s’organiser pour optimiser ses déplacements.

    Et le bruit, bien sûr. Et on ne peut pas empêcher des tout-petits de s’exprimer… Pour réduire (ou tenter de le faire) le bruit, il faudrait essayer :
    – de parler doucement. Quand on parle fort, les enfants le font aussi. J’ai une collègue qui, souvent, introduit le temps comptines en chuchotant. Les enfants reconnaissent la chanson mais se calment pour écouter.
    – que les professionnels se répartissent dans la pièce pour canaliser le groupe et le sécuriser.
    – de proposer des transitions pour éviter les moments de flottement, d’improvisation et ritualiser au maximum.
    – d’éviter de mettre de la musique en fond quand on parle à l’enfant ou qu’on est en activité, parce qu’on a tendance à parler plus fort. Et parce que lorsqu’il y a de la musique + des mots, le loulou ne peut pas se concentrer sur les deux et c’est la musique qui prendra le pas sur les mots.
    – d’alterner des temps calmes et des temps d’activité. Privilégier les activités extérieures pour que les enfants puissent se décharger émotionnellement.
    – de proposer au loulou, avant même qu’il ne s’agite trop, de venir se poser dans vos bras pour se calmer un peu. L’enveloppe corporelle qu’on lui proposera libérera de l’ocytocine et l’aidera à faire redescendre la pression.
    – d’aménager l’espace selon les âges et rythmes des enfants.

    Il est important aussi d’aérer la pièce.

    Héloïse Junier proposait aussi d’écrire une journée type avec l’équipe au complet, puis une journée avec un absent, puis deux, pour mieux gérer les absences. L’idée est bonne mais difficile à mettre en place parce que selon les horaires de la personne absente, l’incidence ne sera pas la même. Mais j’avoue que je ne me suis pas penchée sur cette piste. Si quelqu’un l’a fait et veut me donner son retour, qu’il n’hésite pas :-)

    Un second intervenant, Dominique Leyronnas (pédiatre en maternité, crèche collective, ex-médecin en réanimation néonatale et transporteur au SMUR Pédiatrique) nous a donné une belle leçon de philosophie, avec beaucoup d’humour. Je ne sais pas si je vais réussir à vous la transmettre aussi bien que lui.

    L’idée qu’il a voulu nous faire passer, c’est qu’on ne prend pas assez de temps pour soi. On banalise tout ce qu’on fait, sans même s’en rendre compte. Nous accompagnons au quotidien les enfants dans différents exercices, il leur faut minimum 3 mois pour apprendre à marcher, quelques temps pour savoir visser – dévisser. Nous, on court, on tourne une clé dans la serrure, sans même calculer ce qu’on est en train de faire. ça peut paraître un peu exagéré (je le sais, j’ai un mari cartésien, alors j’anticipe les remarques :-) ) mais c’est juste pour dire qu’on fait tout (ou presque) machinalement, sans prendre le temps. Nous sommes pris dans la spirale du quotidien. Il faudrait se donner des rdv pour se poser, se concentrer sur sa respiration, se relaxer. Mesdames, vous savez à quel point c’est bon de se détendre lors d’un soin du corps en institut… :-) c’est un peu l’idée : se poser, déconnecter, profiter. Il a ajouté : « quand on ne prend pas le temps, il ne faut pas oublier que lui nous prend… » C’est direct mais tellement vrai !

    Il faut aussi arrêter de vouloir faire trop de choses. Dans notre société, plus on en fait, plus on est performant ! Oui, mais c’est dangereux… On prend la pente glissante vers le surmenage… Evitons le cumul d’activités : on ne peut pas être à fond sur tout. Oh, ça me rappelle mon billet sur mon côté perfectionniste… L’intervenant parlait du complexe de Wonderwoman, lol, et a ajouté « c’est bien, sauf si on loupe l’atterrissage ! » Nous ne sommes pas des superhéros ! Notre objectif de vie : être heureux.

    wonder-woman-amazon

    Il faudrait réussir à positiver ! Ouais, ça c’est mon combat quotidien ! Quand c’est dur le matin, ça ne peut que s’améliorer ! :-)

    Quand on stresse, le corps fabrique des substances chimiques. Du coup, quand le stress est chronique, le corps est tout le temps fatigué.

    Pascaline Legros, naturopathe et réflexologue est également intervenue lors de ce colloque. Elle met en avant notre alimentation comme moyen de prévention du stress. Par exemple, en mangeant des protéines végétales, nous sommes moins stressé. Plus notre glycémie est stable, plus nous sommes calmes. Quand le corps est déshydraté de 4 à 5%, le cerveau répond moins (attention ! pour info, le café déshydrate ! C’est pour ça qu’il faut boire un verre d’eau avec chaque tasse de café).

    Il existe des compléments alimentaires qui peuvent aider.

    Il y a également un exercice de cohérence cardiaque qu’il est bon de faire : il s’agit de contrôler sa respiration pour gérer ses émotions. En étant assis, 3 fois par jour, faire 6 respirations par minute, pendant 5 minutes. Les effets se sentent pendant 3 à 4 heures, donc en le faisant 3 fois par jour, ça permet de se sentir mieux toute la journée. A force de le faire, cela deviendra naturel (pour que quelque chose de nouveau ne le soit plus, il faut le faire pendant 21 jours de suite). Les effets sont immédiats : ça apaise et calme, ça augmente la sécrétion d’ocytocine, diminue l’anxiété, améliore la concentration, diminue les troubles de l’hyperactivité, etc. Il existe des applications pour aider à faire l’exercice ou même des vidéos sur youtube : une goutte d’eau qui monte et descend et on cale sa respiration sur ses mouvements. Je connaissais cet exercice et pour l’avoir fait il y a un an, je peux dire que ça m’a aidée mais j’aurais dû le faire 21 jours je pense, pour que ça devienne un réflexe :-)

    On peut également avoir recours à la réflexologie plantaire, aux huiles essentielles.

    L’intervenante nous a proposé un autre « petit truc » : choisir un caillou, une pierre qu’on trouve jolie. Y associer un moment positif (mariage, bébé, fête, cadeau, etc.). La mettre dans sa poche et quand on est stressé, poser la main dessus pour sentir la pierre. L’esprit ira sur le moment associé.

    Quand l’adulte est calme, l’enfant l’est davantage et s’endormira par exemple plus facilement.
    Quand l’adulte va bien, l’enfant va mieux.
    On ne peut pas prendre soin des autres sans prendre soin de soi.

    On sait ce qu’il nous reste à faire : négocier avec nos employeurs des séances de yoga, massages, etc.


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