• article issu de : https://pedagoconcepto.com


    votre commentaire
  • article issu de : https://pedagoconcepto.com

    Situer les besoins d’un enfant au regard de son développement global

    Observation de l'enfant

    Comment répondre aux besoins d’un enfant au regard de son développement global? Le meilleur outil pour en apprendre le plus possible sur un enfant, est l’observation de celui-ci. Que ce soit lorsqu’il joue, comme lors des routines et des transitions. C’est ce qu'il y a de plus efficace sur le plan développemental, car nous voyons ainsi les capacités de l’enfant et décelons s’il a besoin de plus de soutien. Ceux-ci sont déterminés à partir des normes développementales selon l’âge de l’enfant. Il faut tenir compte des caractéristiques personnelles ainsi que familiales de l’enfant. 

    Voici une grille vierge à compléter afin de situer les besoins d'un enfant.

    Ainsi que des exemples ici-bas, d'une grille d'observation complétée ainsi qu'une analyse faite suite aux observations de l'enfant pris en exemple.

    Pour plus de détail sur ce qu'est le développement global de l'enfant, simplement à cliquer ici.


    votre commentaire
  • article issu de : https://pedagoconcepto.com

    Développement global de l’enfant

    Qu’est-ce que le développement global de l’enfant? Faisant souvent référence à 5 développements, soit : affectif, moteur (motricité fine et globale), social et moral, cognitif et langage. Toutefois, il faut aussi y ajouter le côté sensoriel et sexuel. Voici ici, un bref descriptif des différents développements. Comment situer un enfant au regarde de son développement global? L'observation de l'enfant est de mise. Une grille afin de cerner les besoins à cet effet est d'ailleurs un bon outil.

    Développement affectif

    La satisfaction des besoins affectifs de l’enfant est tout aussi vitale que celle de ses besoins physiques. Aussi est-il de la plus haute importance de créer une relation affective stable et sécurisante avec l’enfant dès son entrée au service de garde, car c’est à partir de cette relation qu’il pourra se développer harmonieusement.

    Développement moteur

    Ce domaine comprend la motricité globale (s’asseoir, ramper, marcher, courir, grimper, saisir un objet...) et la motricité fine (dessiner, enfiler des perles, découper...). Offrir aux enfants la possibilité de bouger en service de garde favorise leur développement physique et moteur tout en les menant à acquérir de saines habitudes de vie et en prévenant l’obésité.

    Développement social et moral

    Le milieu de garde offre à l’enfant l’occasion d’apprendre à entrer en relation avec d’autres, à exprimer et à contrôler ses émotions, à se mettre à la place de l’autre et à résoudre des problèmes. L’acquisition d’habiletés sociales et l’émergence d’une conscience du bien et du mal lui permettent d’entretenir des relations de plus en plus harmonieuses avec son entourage et de tenir compte de la perspective des autres avant d’agir.

    Développement cognitif

    Un milieu de vie stimulant permet à l’enfant de développer ses sens, d’acquérir des connaissances et des habiletés nouvelles et de comprendre de plus en plus le monde qui l’entoure. Le personnel éducateur soutient les enfants sur ce plan en favorisant chez eux la réflexion, le raisonnement et la créativité.

    Développement langage

    Le développement du langage et de la représentation symbolique est renforcé par la vie en groupe. Le personnel des services de garde contribue au développement des enfants sur ce plan en parlant avec eux et en les aidant à exprimer de mieux en mieux leurs besoins et leurs émotions, à poser des questions, à améliorer leur prononciation et leur vocabulaire.

    Développement sensoriel

    Le développement sensoriel commence dans l'utérus et se poursuit tout au long de son enfance. Les sens reçoivent et transmettent de l'information. Le cerveau analyse et traite cette information. Le corps produit une réaction (comportement, geste, etc.). Nous connaissons tous nos 5 sens extérieurs (auditif, visuel, odorat, gustation, toucher). Par contre, nous en avons 2 autres sens intérieurs, moins connus (proprioception et système vestibulaire). C’est ce qu’on appelle la proprioception. Les muscles, les articulations, les ligaments et les os envoient de l’information au cerveau. Ce qui nous fait sentir la position de chacune des parties de notre corps. Il permet à notre corps de s’orienter dans l’espace de planifier et d’exécuter des mouvements. Des récepteurs situés dans notre oreille interne envoient au cerveau de l’information sur la direction et la vitesse de nos mouvements et de nos déplacements. C’est ce qu’on appelle le système vestibulaire. Cela nous permet d’ajuster la position de notre corps dans l’espace, en tenant compte de la gravité. Le système vestibulaire contribue à notre équilibre et à notre tonus musculaire. Ce système agit toujours avec au moins un autre sens, surtout avec la vue et la proprioception.

    Développement sexuel

    Pour bien se développer, il est essentiel que tous les enfants apprennent à interagir avec les autres et présentent des comportements appropriés au point de vue social. Ces aptitudes ne sont pas innées à la naissance. Les jeunes enfants sont en processus de développement de leur identité sexuelle (la réalisation qu'ils sont soit un garçon, soit une fille) et le rôle assigné à chacun des sexes (adoption des caractéristiques sociales propres aux filles et aux garçons). Les enfants approfondissent également leur compréhension des relations et des valeurs. En général, nous ne percevons pas ces aspects comme étant liés à la sexualité, mais ces étapes importantes du développement à la petite enfance constituent la pierre angulaire du développement et de l'évolution de la sexualité au moment de la transition de l’enfance à l’adolescence et de l’adolescence à l’âge adulte.


    votre commentaire
  • - mettre en place des jardins qui vont sensibiliser les enfants, dès leur plus âge, aux plantes, à la terre… et aux interactions qu’il y a entre les deux. C’est important que l’enfant comprennent  que la graine a besoin d’eau pour pousser, et que sans un minimum de soins, la plante ne grandit pas. Il y a un lien entre tous ces éléments. C’est  important aussi qu’ils comprennent que dans la terre il y a aussi des êtres vivants, étranges parfois, mais qui sont utiles, qu’il faut les respecter.

    - découvrir les éléments comme l’eau, la terre, le soleil indispensables à la vie d’une plante, cette activité met en éveil la vue, l’odorat, le toucher. Ils ont particulièrement aimé toucher la terre et tous les jours dans le jardin nous regardons les petits pots pour voir où en est la croissance des plantes.

    - Créer pour les plus jeunes un éveil à la nature en lien avec l’alimentation et les saisons : un apprentissage par le plaisir, la découverte des sens, la sensibilisation à l’environnement…

     

    Jardiner en crèche apparaît donc comme un bon moyen de sensibiliser les enfants à leur environnement végétal, mais aussi à leur alimentation. Même si on a l’impression qu’ils sont trop petits, qu’ils ne comprennent pas le sens réel de ce qu’on fait sur le jardin, il ne faut pas s’arrêter à ça. Ils enregistrent tout ! Chaque geste, chaque explication, nécessairement sommaire, est comme une graine déposée dans leur esprit. Ces graines finiront par germer, à un moment ou à un autre.

    Jardiner en crèche, cela va bien au delà du simple jardinage. Cela participe pleinement à la formation des adultes de demain qui devront être plus respectueux de leur environnement. C’est aussi le point de départ des liens qu’ils tisseront tout au long de leur vie avec leur alimentation. On a moins peur de ce qu’on connaît. Tous ces petits qui participent aux ateliers jardins, apprennent qu’ils n’ont pas à avoir peur de la terre, des petites bêtes qui vivent dedans… Ils tissent imperceptiblement des liens avec le monde végétal. Ils finiront par comprendre son importance dans la vie qu’ils décideront de mener, plus tard…


    votre commentaire
  • article issu de : https://www.google.com/


    votre commentaire
  • article issu de : http://www.ariena.org


    votre commentaire
  • article issu de : http://jardinermonecole.org


    1 commentaire
  • article issu de : http://www.lapartdereve.fr

    Projet Potager

    Aujourd’hui, nous faisons le bilan de cette aventure verte, une belle initiative pour laquelle nous avons été récompensé :

    • Les bénéficiaires :

    Les enfants de la crèche et les familles.

    • Buts et objectifs :

    ·         Favoriser l’autonomie de chaque enfant en le responsabilisant
    ·         Accompagner l’enfant dans la découverte des cinq sens (l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher et la vue)
    ·         Par le jardinage, amener l’enfant à se respecter lui-même, à respecter les autres et son environnement
    ·         Investir les parents dans le projet et la structure.
    ·         Découvrir des éléments (eau, terre, soleil…) et des produits du jardin
    ·         Développer la curiosité, l’attention et la patience.
    ·         Favoriser le développement durable

    • Les moyens mobilisés :

    ·         Les moyens humains :
    1.      L’équipe de la micro-crèche
    2.      Les parents (pour leur investissement, leur conseil ou leur apport de plants et graines
    3.      Partenariat avec la bibliothèque
    4.      Le personnel communal pour l’installation du bac et les conseils 5.      La famille du personnel de la crèche (pour leur apport de conseil, de plants et graines…)
     
    ·         Les moyens financiers :      Budget pour l’achat du bac, des jardinières et de différents pots, ainsi que du terreau et accessoires pour le jardinage (pelles, râteaux…)
     
    ·         Les moyens matériels :
    1.      Outils pour les enfants
    2.      Parents amènent des tenues spéciales pour le jardinage

    • Description de l’action :

    Par la création d’un potager au sein de la micro-crèche, les enfants ont pu manipuler la terre, planter divers graines et plants, toucher, sentir de nouvelles odeurs, observer la pousse des légumes (deviennent plus grand, plus gros, changent de couleurs pour certains) Le projet n’ayant pas commencé dès le début d’année scolaire, du fait de l’entrée dans l’automne et l’hiver, nous avons attendu l’arrivée des beaux jours et du printemps pour commencer les plantations. Durant la période automnale et hivernale, l’équipe a organisé divers ateliers d’éveil autour du potager au travers d’activités manuelles sur les légumes, fruits et outils du potager, lecture de livres, chansons, coloriages et autres activités. Cela a permis aux enfants de découvrir le potager et les plantations autrement, en attendant les plantations (petites plantations de cresson et autre dans pots de yaourt…).
    Au mois d’avril nous avons pu installer avec l’aide des ouvriers municipaux le bac en bois ainsi que les jardinières qui allaient recevoir les différentes plantations.
    Début mai,  les enfants ont planter les divers plants et graines.
    Les enfants ont ensuite planter :
    -    des tomates cerise,                                                   
    -    des fraises,
    -    des salades,                                                              
    -    des haricots verts,
    -    des navets,                                                               
    -    des radis,
    -    des courgettes,                                                         
    -    des herbes aromatiques,
    -    des pommes de terre,                                                           
    -    des poivrons,
    -    un framboisier,                                                          
    -    des artichauts.
     
    Régulièrement, les bambins arrosaient les plantations et veillaient à leurs évolutions.
     
    A travers de ces différentes plantations, nous avons pu leur montrer comment poussaient les différents légumes et quand les cueillir ou les manger. Les enfants ont compris que pour certaines plantations, il fallait attendre qu’elles aient changé de couleur pour les manger (tomates et fraises).
    Nous leur avons également fait sentir les différentes herbes aromatiques. Ils ont pu voir que lorsque l’ont frotté légèrement celles-ci des odeurs se faisaient sentir (menthe, ciboulette, thym, basilic).
     
    Dès le départ, une règle leur avait était imposée : on ne touche pas au jardin, il faut laisser les légumes et fruits pour pouvoir ensuite les ramasser et les manger. Les enfants l’ont très bien compris et n’ont pas touché. Ils nous sollicitaient pour nous montrer les légumes qui leurs semblaient mûrs.
     
    Chaque enfant a pu repartir avec les légumes chez lui pour les déguster avec sa famille. Ils ont pu manger à la crèche la salade et les tomates récoltées directement sur le pied (un régal).
     
    Ils ont également pu découvrir « les petites bêtes du jardin », comme ils les appelaient .
    En effet, régulièrement, des escargots, limaces et araignées se baladaient au milieu des plantations.
    1.      la vue : par l’observation des légumes, la poussée, le changement de couleur
    2.      le toucher : par la cueillette des légumes, la plantation, la manipulation et le toucher de la terre
    3.      l’odorat : sentir les herbes aromatiques et autres plantes
    4.      le goût : la dégustation des fruits et légumes
    5.      l’ouïe : pas discrets dans un jardin, découverte des bruits de la nature (oiseaux, insectes, crépitements des feuilles)
     
    Ce projet a également favoriser l’exercice corporel avec la préhension et la coordination des gestes. Les enfants ont également du faire preuve de prise de responsabilités, par l’entretien quotidien et le respect des plantations.

    • Moyens d’évaluation de l’action :

    ·         A court terme :
    1.      Implication des enfants dans la plantation des aliments, dans l’entretien du potager, dans la cueillette des aliments.
    2.      Implication des parents dans le projet.
     
    ·         A moyen terme :
    1.      Apport dans l’éveil de l’enfant et l’apprentissage de l’enfant. 2.      Éveil sensoriel :
    a.                  la vue : par l’observation des légumes, la poussée, le changement de couleur
    b.                 le toucher : par la cueillette des légumes, la plantation, la manipulation et le toucher de la terre
    c.                  l’odorat : sentir les herbes aromatiques et autres plantes d.                 le goût : la dégustation des fruits et légumes e.                  l’ouïe : favoriser les pas discrets, bruits des oiseaux, crépitements des feuilles 
    3.      Dégustation immédiate (au moment du goûter ou des repas) 4.      Travail en partenariat avec d’autres structures ou personnes.
     
    ·         A long terme :
    1.      Observation des enfants sur la plantation et la poussée des aliments.
    2.      Évolution de l’enfant dans ses apprentissages.
    3.      Exploitation tous les ans et en toute saison du potager.

    • Perspectives :

    Ce projet nous a permis de respecter les grandes valeurs du projet pédagogique de la micro-crèche telles que l’autonomie, le respect des règles, la socialisation, investir les parents au sein de la structure.
     
    Nous avons l’intention de renouveler le projet chaque année afin de continuer à sensibiliser et investir les enfants dans la plantation, l’entretien du potager.


    votre commentaire
  • article issu de : http://www.verdurable.fr


    votre commentaire
  • Article issu de : http://www.one.be

     


    votre commentaire
  • article issu de : métier de la petite enfance avril 2007 n°128

     


    votre commentaire
  • article issu de : https://lesprosdelapetiteenfance.fr

    Faut-il leur demander de dire « merci » et « s’il te plaît » ?

    Il n’est pas rare que des professionnels demandent aux enfants de prononcer les incontournables « merci », « s’il te plaît », « pardon ». Est-ce réellement le bon âge et le bon lieu pour leur apprendre les petits mots magiques ?

    iStock

    petite fille qui demande en pointant du doigt Nous sommes en jeu libre. Mario, pas tout à fait 3 ans, s’approche de la professionnelle d’un air déterminé, un jouet à la main. « Tétine, tétine ! » lui lance-t-il, le doigt rivé sur la boîte à tétines située sur le meuble. Surpris par son attitude, l’adulte ouvre de grands yeux. « Tu sais bien que ce n’est pas comme ça que l’on demande des choses. J’attends le mot magique. Tu le connais, je t’ai déjà entendu le dire ! ». « Tétiiiiiiiiiiiiine, tétiiiiiiiiiine !!! » s’impatiente le petit garçon, commençant à trépigner de colère. « Mario, ce n’est pas la peine de t’énerver, ça ne marche pas comme ça. J’attends le mot magique ! ». Spontanément, Mario se dirige vers l’autre bout de la pièce pour solliciter une autre professionnelle qui, sans avoir assisté à la scène, lui donne spontanément sa tétine. Pourquoi une telle différence de réaction entre ces deux adultes ?

    Dire « merci » et « s’il te plaît », c’est un signe de respect
    Certains adultes, parents comme professionnels, sont attachés aux mots de politesse et attendent des enfants qu’ils les prononcent à bon escient. C’est pour eux une manière d’intégrer les règles de savoir-vivre. Le mode d’accueil dans lequel ils évoluent est une sorte de mini-société dont les codes doivent être appliqués.
    D’autres adultes invitent spontanément les enfants à leur dire « merci » et « s’il te plaît », sans se poser de question, un peu par automatisme. Pour eux, ces petits mots font partie du vocabulaire quotidien. Ils reproduisent instinctivement les épisodes de communication qu’ils ont eux-mêmes vécus quand ils étaient enfants, lorsque les adultes qui l’encadraient - parents, enseignants - exigeaient d’eux qu’ils jalonnent leurs discours des traditionnels « s’il te plaît » et « merci ».

    Pour d’autres adultes encore, ces mots de politesse sont une réelle marque de respect. Si bien que ces derniers peuvent vivre l’absence d’un « s’il te plaît » comme une agression personnelle, un manque d’estime à leur égard, comme si l’enfant ne les considérait pas. « La dernière fois, Hugo m’a demandé de la purée, avec un air nonchalant, la bouche pleine, levant son assiette dans ma direction sans même m’adresser un regard, comme si j’étais à son service ! Je n’y croyais pas ! A quelques détails près, on aurait dit un ado insolent et provocateur… C’est plus fort que moi, je ne supporte pas cette attitude ». Cette interprétation de l’absence d’un « s’il te plaît » comme la marque d’un manque de respect est totalement erronée. Ici, la professionnelle fait preuve d’une forme d’adultomorphisme, à savoir cette tendance (que l’on a tous, plus ou moins) à décoder les comportements des enfants comme s’il s’agissait de mini-adultes. On oublie que les jeunes enfants n’ont pas du tout le même niveau de développement, ni le même degré de maturation cérébrale que leurs aînés adolescents ! Aussi, même si leur attitude suggère en apparence une forme d’insolence, la réalité est toute autre.

    Ceci dit, reconnaissons que cette course précoce à la politesse est aussi largement alimentée par certains parents. Combien d’entre eux exigent que leur enfant dise « bonjour » ou « au revoir » aux professionnels, ou bien qu’il leur fasse un bisou, lors des arrivées et des départs du lieu d’accueil ? Un petit sourire au coin n’est-il pas tout aussi agréable à recevoir qu’un « bonjour » en bonne et due forme ?
    Enfin, une partie des professionnels de la petite enfance n’insiste pas pour que l’enfant prononce ces mots de politesse. Pour eux, ce n’est ni l’âge, ni le lieu pour s’y atteler. Ils ont toute la vie pour devenir polis !
    L’objectif de cet article n’est pas de vous encourager ou non à enseigner la politesse aux jeunes enfants que vous accueillez. Non, son objectif est de vous indiquer ce qu’il se passe réellement dans la tête d’un enfant, sur le plan de la compréhension de ces mots magiques. Le reste vous appartient !

    Avant 4 ans, ces mots n’ont pas de réel sens pour l’enfant
    Que pensez-vous qu’un tout-petit comprenne des mots magiques tels que « s’il te plaît », « pardon », « merci » ? A vrai dire, pas grand-chose. Enseigner la politesse à des enfants revient à leur apprendre les codes de communication d’un groupe social, à savoir la société à laquelle ils appartiennent. L’ensemble de ces mots, liés à notre culture, n’ont en soi aucun sens. On ne peut pas les toucher, les attraper, les lancer, les caresser, les mettre à la bouche. Ils sont totalement abstraits et impalpables. Or, sans doute avez-vous remarqué que les jeunes enfants demeurent dans un monde concret et physique et qu’ils appréhendaient plus facilement les éléments qu’ils pouvaient manipuler avec leurs petites mains.  

    Mais ce n’est pas tout. Pour bien saisir le sens de ces mots de politesse, il faut en comprendre leur usage et à quoi ils servent dans la vraie vie (par exemple, à manifester sa gratitude à quelqu’un, sa considération, son respect). Cette compréhension repose sur un prérequis cognitif qui s’acquière au gré de la maturation de leur cerveau. Pour comprendre la portée de ces mots il faut d’abord comprendre que l’autre pense différemment de nous, qu’il a des besoins, des émotions, des croyances différentes de nous. En d’autres termes, disons que pour comprendre la portée des mots de politesse, il faut être « décentré ». Cette capacité à prendre en compte le point de vue de l’autre s’appelle la théorie de l’esprit et n’est pas mature avant 4 ans en moyenne. Avant cet âge, l’enfant ne fait que répéter mécaniquement les mots « merci » et « s’il te plaît » qu’on lui demande si souvent de prononcer dans tel ou tel contexte (quand on lui donne quelque chose, par exemple). Contrairement aux apparences, ce n’est donc qu’un conditionnement. Il est d’ailleurs inutile de chercher à brûler les étapes car cette compréhension est tributaire de leur développement cérébral. Chercher à faire entrer un jeune enfant dans le moule de la politesse alors qu’il n’est pas prêt sur le plan cognitif, c’est un peu comme apprendre à un lion à sauter dans un cerceau. Ce n’est ni naturel, ni spontané.

    Etre poli soi-même est la meilleure manière de le rendre poli
    Tout-petit, un enfant est poli à sa manière, bien loin des codes des adultes. Au lieu d’un traditionnel « merci », il vous fera une caresse, un petit câlin, un sourire. Un éclat de rire en réaction à un petit cadeau n’est-il pas l’une des plus belles marques de gratitude envers un adulte ? Et puis, quand il sera en âge de comprendre réellement tous ces codes, il pourra même vous dire « merci » juste pour vous faire plaisir, même s’il n’est pas satisfait du cadeau ! Patience, donc.
    En attendant, la meilleure manière de rendre un enfant poli est d’être soi-même poli avec lui. Profitez qu’il vous donne un objet pour le remercier, efforcez-vous de vous excuser lorsque vous le bousculez. Ornez votre requête d’un « s’il te plaît » chaleureux et bienveillant si vous attendez quelque chose de lui. Un beau jour, il vous manifestera avec des mots le respect que vous lui avez si souvent témoigné. C’est à vous de jouer !

     
    Article rédigé par : Héloïse Junier, psychologue en crèche, formatrice
     

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires