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    Activités sensorielles : Oui mais pourquoi ?

    Bacs de sable, patouillages, petits pieds dans les galets... Les activités sensorielles envahissent les réseaux sociaux. Mais pourquoi on fait ça ?

    Nous voyons de plus en plus fleurir d'invitations aux activités sensorielles. Mais savons nous pourquoi nous proposons ces activités à nos enfants ? Certains y voient une cerise sur le gâteau éducatif, un moment de pause un peu ludique au milieu des apprentissages formels survalorisés. Il s'agit pourtant de bien plus que ça, ces expériences fournissant le socle sur lequel tous les autres apprentissages vont s'appuyer, comme les fondations d'une maison.

     

    Il serait présomptueux de vouloir aborder tous les bienfaits de ces activités, un livre entier n'y suffirait pas. Mais voici toutefois quelques éléments de réponse :  

     

     

    La connaissance de son corps :

    Nous avons tous en tête un schéma corporel de notre propre corps. Il est de plus ou moins bonne qualité et se réactualise tout au long de la vie. Combien d'entre nous baissent la tête en passant sous un tunnel ? Combien se perçoivent plus gros, mince, petits... Tout cela provient d'un schéma corporel faussé, hors ce schéma corporel se construit à partir des sensations. Quand le tout petit barbote dans sa bassine de coquillettes ou laisse glisser le sable entre ses doigts il construit le schéma de son corps au niveau neurologique. Ce schéma corporel servira non seulement de point d'appui à l'acquisition des coordinations mais également de référence pour appréhender les notions spatiales puis temporelles. Loulou aura plus de chance de devenir bon en géométrie s'il a pu bien explorer son corps que si on lui donne des activités cognitives trop précocement.

     

    La découverte et l'habituation sensorielle :

    Le monde est plein de sensations différentes auxquelles l'enfant va être confronté. La nouveauté c'est bien, mais ça peut aussi faire peur. Ces ateliers sont l'occasion de découvrir plein de nouvelles sensations dans un cadre rassurant. L'enfant saura alors faire des liens et ressentir moins d'appréhension lorsqu'il se retrouvera face à une sensation imprévue dans son quotidien. Juju deviendra un aventurier des petits pieds !

     

    La flexibilité et l'adaptation sensorielle :

    Au moment de résoudre un problème, l'être humain n'invente rien de nouveau. Il se base sur ses expériences passées pour déduire une réponse adaptée. Il est donc important que ces expériences soient les plus variées possible. C'est grâce à cela qu'il pourra acquérir une autonomie d'action et mieux s'épanouir au quotidien.

    Au travers de ces expériences Mimi se constitue un immense répertoire de connaissance dans lequel puiser quand il en aura besoin !

     

    Les compétences motrices :

    Ces ateliers sensoriels sont l'occasion de bien des expériences motrices différentes. Observez un enfant qui marche dans des bacs sensoriels. Certaines textures sont instables et lui demandent de savoir réajuster son équilibre. D'autres ne lui plaisent pas trop et il marchera sur la pointe des pieds en visant le mieux possible entre les éléments. D'autres au contraire sont plaisantes et il piétinera ou sautera dedans. Au fil des passages ses choix moteurs sont plus rapides et moins coûteux à mettre en place pour lui.

     

    Cela se retrouve aussi au niveau de la motricité fine. Attraper de petits éléments, travailler sa pince, le déliement digital, la préhension des outils proposés, la coordination main-oeil... L'environnement incite à de nouveaux apprentissages à côté desquels l'enfant serait passé si nous ne lui avions proposé que des activités classiques. Là encore il a plus de chance d'avoir une bonne écriture à l'école en ayant débuté par ces activités plutôt qu'en lui donnant uniquement un crayon dès le début.

     

    Les compétences cognitives :

    Poupette n'en a pas l'air, mais durant ces activités elle développe son intelligence en découvre les lois de la physique. Piaget parlait d'ailleurs d'intelligence sensori-motrice.

    L'enfant va, dans un premier temps, explorer de manière aléatoire et ressentir des sensations agréables. Il va alors rechercher de manière consciente une stratégie pour retrouver ses sensations. Cela peut être une séquence motrice pour un bébé, des coordinations pour les plus grands...

     

    Il va également découvrir les textures, les poids, la chaleur... et donc pouvoir créer des catégories. Il y a des choses qui flottent et d'autres qui coulent au fond du bac. Il y a ce qui reste dans les tamis et ce qui en sort... Toutes ces choses qui nous semblent évidente en tant qu'adultes mais qui sont à découvrir pour les enfants. Une fois les catégories acquises ils vont pouvoir les comparer, et donc en tirer des lois générales.

    Newton et Archimède peuvent se faire du soucis, Chouchou arrive !

     

    Le plaisir :

    Pour la fin, l'élément essentiel : le plaisir ! Avez vous regardé vos enfants devant ces activités ? Ils piétinent, rigolent, jubilent, touchent du bout des doigts avec inquiétudes, attrapent à pleine main... Ce sont des moments riches en émotions et en plaisir ! Et on n'apprend jamais mieux que dans le plaisir ! Multipliez donc ces moments, que ce soit à la maison ou lors de balades en extérieur, et offrez leur l'occasion d'apprendre par eux même ce dont ils ont besoin à ce moment de leur vie.

     

    En conclusion...

    Alors en conclusion, on fonce, on y va, on se lance dans le sensoriel ! Melle à presque 3 ans et nous poursuivons régulièrement ce genre d'activités. Cela vous semble tard ? Au cabinet je reçois des jeunes de 8, 12, 16ans qui n'attendent que ce genre d'activités car ils n'ont pas fini d'explorer ces domaines (et combien d'entre nous en profitent pour manipuler un peu dedans ? Qui n'a jamais joué adulte avec le sable à la plage ?).

    En bref les découvertes sensorielles sont le socle sur lequel va s'appuyer tout le développement. Vouloir les survoler pour aborder directement des activités cognitives revient à vouloir monter les murs d'une maison sans en avoir construit les fondations. On a l'impression d'aller vite, mais ce n'est pas très solide. Votre enfant est la pour vous le rappeler, alors tant pis si ça tache on expérimente !



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    Les activités sensorielles pour stimuler bébé

    Considérées comme un moyen d’éveil efficace, les activités sensorielles ne perdent pas de leur notoriété et pour cause ! L’être humain et plus particulièrement l’enfant de 0 à 3 ans a ce besoin de toucher, expérimenter et ressentir les choses. Développer les sens va stimuler de manière significative le cerveau de l’enfant qui sera plus à même de comprendre certains phénomènes qui lui sont encore inexistants.

    Les activités sensorielles représentent un test qui permet aux parents d’identifier les facteurs qu’apprécient leur bébé et adapter son mode de vie en conséquence (repas, jeu, sieste …etc). Une manière simple d’élargir sa vision au monde qui l’entoure.

    Une activité essentielle au développement et au bien-être de l’enfant.

    Connaître ce qu’il aime ou ce qu’il n’aime pas n’est pas chose facile de premier abord. C’est la raison pour laquelle l’expérimentation de ce type d’atelier est fort utile. Les experts du domaine de la petite enfance partent du principe que les perceptions sensorielles ne peuvent être réellement comprise par l’enfant si elles ne sont pas vécues.

    L’avantage de l’activité sensorielle est sa déclinaison. En fonction des besoins de l’enfant et de la sensation que l’on souhaite lui faire expérimenter, les ateliers varient.

    Les exemples d’activités sensorielles

    Parmi les exemples d’activités sensorielles les plus répandues, on retrouve le toucher et le goût. Il est toutefois possible de lui faire essayer la vue, l’ouïe et l’odorat.

     

    Parmi les ateliers mettant à contribution le sens du toucher et de la vue on retrouve le parcours sensoriel.

    Celui-ci peut se présenter de la manière suivante : un ensemble de bacs formant un parcours. Chacun d’entre eux est composé de différentes matières dont bébé n’a pas encore eu l’opportunité de toucher (exemple: de l’eau, de l’herbe, du sable, une couette ..etc).

     

    Parcours sensoriel

    Pour stimuler son goût, un ensemble de saveurs peuvent lui être présentées. Pour ce faire, rien de mieux que de prévoir dans des petits pots, différentes textures à poser sur la table.
    On peut retrouver des légumes, des fruits, de la viande ou des gâteaux. C’est l’occasion pour les parents de faire explorer à son enfant des saveurs qu’il ne connaît pas encore.
    Afin d’éveiller plusieurs sens à la fois, cette activité sensorielle peut être effectuée les yeux bandés. L’enfant fera ainsi appel à son odorat pour s’orienter.

     

    exemple de plateau à saveurs (CP: mamansurlefil)

    Pour finir, le sens de l’ouïe peut être interpellé par de la musique. Lui passer différents styles de musique et observer ses réactions permet de savoir ce qui lui plaît ou non. Pour connaître le secret de la musique qui rend heureux tous les bébés

     

    Qui peut pratiquer cette méthode d’éveil ?

    Employé dès la rentrée en crèche et/ou la maternelle, les activités sensorielles sont aussi disponibles à domicile ! Il est donc possible pour tous les parents de faire vivre à son enfant de nouvelles expériences !

    Aucune formation spécifique n’est requise hormis la mise en avant de la sécurité de l’enfant.

    L’imagination est votre maître d’ordre !

    Et vous, avez-vous déjà pratiqué les activités sensorielles avec bébé ? N’hésitez pas à nous laisser des commentaires pour échanger sur le sujet !


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    Pourquoi lire aux bébés ? Le chemin du bébé lecteur

    Pour pouvoir, vers l’âge de trois ans, déguster ensemble, avec la plus grande jubilation, la lecture d’un album que l’adulte a choisi, qu’il lit à son rythme, au moment qui lui semble favorable pour tous, il faut avoir parcouru un long chemin : le chemin du bébé lecteur.

    Nous savons aujourd’hui que la plupart des adultes qui ont la charge d’un nouveau-né parlent au bébé, lui chantent des berceuses, commentent ce qu’ils font pour lui, avec lui, autour de lui. Et ce, quels que soient le milieu socio-culturel et les conditions de vie de la famille. Mais lorsque le bébé commence à explorer le monde en se déplaçant, une autre forme de langage entre en jeu : le langage factuel uniquement compréhensible dans la situation : « Donne, prends, arrête, attention, non ! » - une langue indispensable au quotidien mais qui ne peut s’écrire et qui ne raconte pas. Or, dans certaines familles, cette langue devient le mode essentiel de communication avec le bébé alors que dans d’autres, on continue à commenter ce qui se passe, ce que l’on fera demain, ce qui s’est passé hier : c’est la langue du récit. Une langue relayée, en outre, par des jeux de corps, de doigts, et par les premiers livres que l’on lit à l’enfant. Des études ont pu mettre en avant qu’à un an déjà, les bébés peuvent baigner dans des bains de langage très différents. Ce sont, entre autres, sur ces recherches que s’est appuyée l’association ACCES (Actions culturelles contre les exclusions et les ségrégations) pour mettre en place ses protocoles de lectures aux bébés dès le plus jeune âge.

    Tout petit (moins de six mois), l’enfant ne différencie pas le livre des autres jouets ; on le pose au sol avec autour de lui des hochets, des objets de découverte de matières et de bruits, et l’on ajoute éventuellement des livres : de préférence en plastique et/ou en tissu, de manipulation facile ; ces premiers livres (tels que nous les nommons) ne sont souvent que des imagiers et, disposés ainsi autour de l’enfant, ne sont différenciables des jouets ni par leur matière ni par leur utilisation. Comment le bébé pourrait-il alors savoir que « Ça c’est un livre et ça c’est un jouet » ?

    Ce sera seulement si l’adulte prend un « Vrai » livre, en papier ou cartonné, et qu’il le à l’enfant, qu’il pourra explorer ce moment tout à fait inédit et exceptionnel. En effet, contrairement aux échanges courants, l’adulte qui lit ne regarde pas l’enfant mais le texte qu’il a à lire, et l’enfant suivant le regard de l’adulte regarde à son tour le livre. De même, lorsque l’adulte lit il change spontanément son intonation, et l’enfant comprend très vite que ce que l’adulte lit ne s’adresse pas directement à lui mais vient d’autre part. Par ailleurs l’adulte et l’enfant sont tous les deux positionnés face au livre. Le petit bébé est très attentif lorsque l’adulte lui parle, il ne comprend pas tout le sens mais il est très réceptif au ton, à l’intonation de la voix, à la mélodie du discours. Il le sera de la même façon au récit qui lui est lu ; l’important dans le choix des textes lus au très jeune enfant (moins de six mois) n’est pas tant le contenu que la construction du récit, sa valeur esthétique : « Un bébé pourrait écouter de la poésie », nous dit Evelio Cabrejo Para, vice-président d’ACCES. C’est pourquoi les imagiers, bien qu’ils concernent des objets de son quotidien, l’intéresseront moins qu’un beau texte rythmé même s’il est long, car le bébé (s’il n’a ni faim, ni mal, ni sommeil ni…) peut écouter très longtemps l’adulte qui lit. Sans compter qu’il ne bouge pas, il est tout à son attention et à son plaisir de ce temps partagé avec l’adulte.

    Ainsi, on peut prendre des albums en papier même fin car il ne risque pas de déchirer l’album puisqu’il n’attrape pas encore ; de plus il nous voit manipuler finement les pages que l’on tourne avec délicatesse de droite à gauche (en Occident en tout cas). Il verra en outre d’autant mieux que nous choisirons un grand format avec de belles illustrations, car le petit bébé ne voit pas dans les tout petits livres que nous aimons lui donner -ses mains sont si petites - et que très vite, dès qu’il le pourra, il mettra à la bouche ! L’adulte pourra tout de suite observer les réactions du bébé : il regarde le livre, se redresse légèrement, pédale avec ses pieds, salive. Il nous montre son intérêt et même le livre qu’il préfère en réagissant avec plus ou moins d’entrain suivant l’album. Long texte, très construit et mélodieux, pages en papier, grand format que l’on lira à la virgule près, comme la chanson qu’on lui chante inlassablement sans en changer un mot et que, comme nous, il aime entendre et réentendre sans se lasser. C’est ainsi que le bébé entre dans la lecture et surtout qu’il différencie le livre de tous les autres jeux, car seul le livre met en scène ce protocole.

    Il a tout compris de ce qu’est la lecture et de la façon par laquelle l’adulte se positionne dans ce partage.

    Il est davantage en lien avec le quotidien et commence à apprécier les albums qui parlent de lui et de ses émotions. Il sait maintenant qu’il faut tourner les pages pour avancer dans le récit et cherche à retrouver certaines illustrations ou certains passages de l’histoire ; comme il peut manipuler seul les albums il a d’autant plus besoin d’être accompagné car il a tendance à mettre le livre à la bouche… c’est à nous de lui lire pour qu’il comprenne que cela se déguste autrement ! Cela prend du temps et comporte de nombreuses lectures car, comme lorsqu’il commence à vouloir manger seul, l’autonomie peut prendre des semaines. Mais ce n’est ni en lui laissant des livres en tissu qu’il manipulera sans précautions ni en lui retirant les albums qu’il pourra cheminer.

    Il n’a pas encore complètement la notion de la représentation et essaie parfois d’attraper l’objet qui figure dans l’album. Les livres auront une place de rangement spécifique (corbeille, bac, étagère) mais certainement pas le bac à jouets. Ferions-nous cela avec nos livres d’adultes ?

    L’enfant grandit, il aime maintenant écouter les histoires mais il a besoin du temps, du plaisir et de la disponibilité de l’adulte. Quand le moment est propice l’adulte peut répondre à la demande de l’enfant, il lui lit le livre qu’il a choisi, à son rythme, il peut retourner en arrière s’il le souhaite, sauter des pages s’il le désire, fermer le livre s’il en manifeste l’envie. Exactement comme nous le faisons pour nous-mêmes avec nos propres lectures. Qui n’a pas sauté des pages, regardé furtivement la fin du roman pour se rassurer ? ou fait un retour en arrière pour vérifier une information ?

    Il est très important que l’enfant puisse bénéficier d’une lecture individuelle au sein du groupe car chaque enfant, comme chaque adulte, chemine à son rythme avec des modalités de pensée qui lui sont propres ; c’est en respectant cela qu’il deviendra un véritable lecteur et forgera sa capacité à penser le monde.

    Il n’est pas possible de pratiquer cette lecture individuelle au sein d’un petit groupe à tout moment de la journée, mais il serait important de pouvoir sortir la lecture de son statut d’activité en groupe à heure fixe, et peut-être même assis et sans faire trop de bruit.

    La lecture fait partie de la vie, pourquoi ne pas l’intégrer au quotidien ? Elle peut se placer au moment des arrivées le matin, avec peut-être un seul adulte mais peu d’enfants. Avant ou après le déjeuner, au lever de sieste qui se fait souvent de façon échelonnée. La fin d’après-midi aussi est propice : moins d’enfants, ils sont fatigués, attendent l’arrivée des parents. Une lecture d’album à un jeune enfant ne prend pas plus de cinq minutes, et quel bonheur de se trouver sur les genoux et d’écouter une histoire ! Les autres sont présents autour de l’adulte, ils écoutent, s’ils le souhaitent, l’histoire du copain et bien souvent ils attendent, un livre à la main, que ce soit leur tour, à moins qu’ils ne préfèrent jouer un peu plus loin. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’écoutent pas d’une oreille.

    Entre un et deux ans, l’enfant qui a déjà cheminé avec les livres et les récits sait différencier le livre des jouets, connaît son contenu. Il sait le manipuler seul, mais c’est l’âge sans doute le plus difficile pour l’adulte qui l’accompagne : il marche, il grimpe, se concentre intensément sur une activité mais en change très souvent ; le monde est à sa portée et les journées sont trop courtes pour découvrir et explorer tout ce qui l’entoure. Il prend un album, le tend à l’adulte mais le feuillette très vite sans nous laisser le temps de lui en faire la lecture puis le ferme, ravi : « Fini ! ». Il peut aussi choisir un livre, en changer, puis en changer encore sans réellement s’arrêter sur un en particulier - en tout cas, au premier abord. L’adulte est souvent déstabilisé par ses comportements de « déménageur » ; l’enfant promène les livres, les empile, mais si nous pensons que cela ce n’est pas lire il est pourtant lecteur : il intervient au bon moment dans un récit, s’éloigne puis revient écouter la suite, met en scène avec les jouets des situations qu’il vient de découvrir dans une histoire.

    A ce moment de son développement les livres qu’il préfère sont ceux qui le concernent directement : son quotidien, ses émotions, son entourage proche. Les textes doivent être courts et efficaces. On peut mettre les livres à la disposition des enfants s’ils ont été beaucoup lus auparavant avec les adultes et si l’habitude de les manipuler est déjà bien prise. L’enfant a néanmoins besoin d’être toujours accompagné par la présence de l’adulte qui lui consacrera le plus souvent possible du temps autour de ses moments de lecture individuelle au sein du groupe.

    L’enfant commence à parler et la tentation est grande de l’interroger au cours de la lecture : « Il est où l’ours ? De quelle couleur est la voiture ? … » Mais il a besoin du récit et il serait dommage de l’en priver en transformant ces moments de plaisir en interrogatoire ; s’il a besoin d’explications c’est lui qui nous interrogera. Il aime la langue et il est assez rare qu’il nous arrête sur un mot « compliqué ». Il se nourrit du récit dans son intégralité.

    Les albums mis à disposition des enfants sont en bon état, car si on leur laisse les albums très abîmés auxquels nous avons « renoncé » ils les abîmeront encore plus et surtout, quand nous introduirons des livres neufs, ils les ramèneront à l’état de ceux qu’ils ont l’habitude d’avoir dans les mains sans en prendre soin. Tout cela demande du temps et de l’énergie mais les résultats se feront très vite sentir : il n’est pas rare de trouver des groupes de moyens où toutes ces notions sont installées.

    A ce point du chemin, lorsque l’enfant a deux ans, il est alors autonome avec les livres. Il reconnaît parfaitement les albums qu’il préfère et nous en redemande la lecture très souvent. Il exprime très clairement ses goûts littéraires, associe les titres d’un même auteur ou illustrateur. Recherche les différentes aventures d’un héros ; il entre dans la sociabilité et ses intérêts se diversifient quant au champ des thèmes abordés. C’est l’entrée dans le vaste monde de l’aventure, des histoires qui font peur, de l’amitié, du partage. Il lui arrive de prendre un album pour se le raconter à voix haute. Il reprend les phrases telles qu’il les a entendues. Avec nos intonations, nos ponctuations parfois il le raconte à un autre enfant, quand ils ne se le racontent pas ensemble. Il le fait en présence de l’adulte mais sans lui demander forcément son intervention. Il découvre la possibilité d’être seul avec son intimité ; il structure sa pensée quant au monde qui l’entoure.

    Il n’est pas nécessaire de choisir des albums « à thème » en regard des préoccupations des enfants : arrivée du petit frère, acquisition de la propreté, décès d’un proche… Dans n’importe quel album, si l’enfant en a le loisir et qu’il bénéficie de cette relation de lecture individuelle au sein d’un petit groupe, il exprimera ses soucis par un commentaire, un geste sur le livre, une interprétation personnelle de l’histoire.

    Alors que ces livres « médicaments » contiennent souvent un message appuyé, voire pontifiant de la situation évoquée qui laisse trop peu d’espace à l’enfant pour s’y dérober. Et malgré la bonne volonté des adultes qui l’entourent, ce type de livre risque de stigmatiser la problématique au lieu d’accompagner l’enfant dans sa résolution.

    L’important est de lire de bons livres aux enfants. Mais qu’est-ce qu’un bon livre ? Il est difficile d’en donner ici les composantes, mais il est certain qu’un livre n’en vaut pas un autre et que, devant l’inflation actuelle de titres pour les enfants de zéro à trois ans, il est difficile de s’y retrouver. Sans compter que les très bons albums sont plus rares actuellement qu’il y a une vingtaine d’années. Or un livre coûte cher et il serait dommage de se tromper. C’est pourquoi il faut s’appuyer sur les compétences des spécialistes, et particulièrement des bibliothécaires qui effectuent un gros travail de recherche et de sélection dans le choix des albums. Il ne faut pas hésiter non plus à racheter inlassablement les mêmes titres qui sont des incontournables de la littérature jeunesse et traversent les années et les générations sans prendre une ride, plutôt que de succomber à l’attrait de la nouveauté à tout prix.

    Enfin, pour accompagner les jeunes enfants avec les livres, je crois qu’il faut construire un projet d’équipe qui apportera une cohérence et un suivi et donnera tout son sens à la démarche.

    Au bout de ce chemin il y a l’entrée à l’école maternelle et si l’enfant a pu tranquillement, à son rythme, appréhender les livres, il pourra écouter avec délectation, au sein d’un groupe, des histoires lues collectivement, choisies par l’adulte, lues à son rythme et sans que l’enfant en soit l’acteur. Par ailleurs il prendra seul les albums pour s’en régaler et trouver au sein de la classe un moment d’intimité.

    Plus tard, imaginez le plaisir, à six ans, d’entrer dans cet apprentissage extrêmement complexe que représente la lecture. L’enfant sait qu’en lisant il va pouvoir s’approprier seul le contenu des textes.

    Ce n’est pas compliqué d’offrir à tous les jeunes enfants cette découverte. Cela ne demande ni gros moyens financiers ni changements radicaux dans nos pratiques, simplement d’accepter de lâcher prise sur certaines de nos croyances et de nos représentations de la lecture.

    Bibliographie

    ·        Les livres, c’est bon pour les bébés

    ·        La petite histoire des bébés et des livres

    ·        Mes conseils lecture par age


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    Lire aux bébés !

    Auteure belge d’albums pour enfants plusieurs fois récompensés et anciennement thérapeute du langage, Jeanne Ashbé ne se contente pas d’écrire. Depuis 25 ans, elle sillonne les crèches pour raconter aux bébés ses histoires. Elle nous explique pourquoi lire des livres aux enfants, dès la naissance, est une affaire sérieuse…

    À partir de quel âge peut-on commencer à lire des livres aux enfants ? Faut-il attendre qu’ils aient acquis le langage ?

    Non, pas du tout ! Vous pouvez commencer dès la naissance. En lisant des livres aux bébés, vous venez « nourrir » cette petite pensée qui s’amorce, si intensément à cet âge qu’elle n’oubliera jamais ces découvertes faites dans vos bras. Je suis toujours émerveillée par la fabuleuse intelligence avec laquelle les enfants, dès leur arrivée parmi nous, entrent dans la communauté humaine et tentent de la comprendre.

    Que leur apporte la lecture ?

    Les livres procurent aux bébés une grande joie : ils la manifestent par leurs petits yeux arrondis, par leur désir de manipuler cet objet magique qui « fait de la musique de mots » via la voix de Maman, de Papa, de Grand-Mère, de Grand-Père… Les livres leur procurent aussi un grand réconfort, car ils reconnaissent leurs émotions dans celles des héros du livre. Ils découvrent ainsi qu’il n’arrive pas qu’à eux d’être triste, fâché, apeuré ou fatigué et ils s’en trouvent apaisés. Cela participe à l’acquisition de ce sentiment de sécurité si nécessaire à leur développement cognitif.

    Cela leur permet également de découvrir toute la subtilité de la langue écrite. La langue que nous parlons dans la vie de tous les jours est une langue à demi-mot : nos phrases sont régulièrement inachevées, plutôt très courtes, les mots que nous employons sont souvent les mêmes… Nous parlons une langue bien éloignée de la langue de l’écrit, plus structurée et plus riche, permettant de nourrir la pensée. Découvrir cette langue du récit dès les débuts, dans un contexte de plaisir partagé et de confiance, sans obligation de résultat est fondamental pour préparer un apprentissage réussi de la langue écrite. Cela fera de lui un enfant confiant et désireux d’apprendre.

    Quels retours avez-vous eu des instituteurs.trices ?

    Les enseignants de l’école primaire que je rencontre font immédiatement la différence entre les enfants qui ont eu des lectures depuis leur toute petite enfance et ceux qui n’ont pas eu cette chance. Leur niveau de vocabulaire, leur connaissance des tournures propres à la langue écrite, leur capacité d’attention et de compréhension sont beaucoup plus élevés et l’apprentissage de la lecture se fait beaucoup plus rapidement.

    Qu’est-ce qui les attire avant tout : les images ou la voix ?

    Les bébés entrent dans les livres d’abord par leurs oreilles. Les livres ne sont pas seulement des images, ce sont aussi des sons, de la musique de mots.

    Que peuvent-ils comprendre ? Faut-il lire le texte ou juste commenter les images ?

    Spontanément, la plupart d’entre nous, adultes, ne lisons pas le texte avant que l’enfant parle : on désigne, on commente, on bruite… Et c’est bien ainsi. On rend vivant ce moment de rencontre avec le livre. Mais que ces échanges autour de l’image ne vous empêchent pas d’y ajouter la lecture du texte tel qu’il est écrit, car l’enfant le reconnaîtra avec joie, et souvent, plus tard, le réclamera tel quel si nous nous en écartons ! Dans ce temps préverbal qui caractérise l’entrée dans le langage, ils se montrent étonnamment réceptifs à une lecture exprimée par le rythme, l’harmonie, les couleurs, les formes… Les bébés sont des poètes !

    Que peuvent-ils retenir ?

    Si l’on sait quel livre on leur raconte, on ne sait pas quel livre ils se racontent ! Chaque enfant va s’emparer, dans l’image ou dans les mots racontés, des éléments qui lui parlent de lui-même, qui croisent sa petite vie. On ne sait pas ce qui sera le plus « frappant » pour cet enfant-là, dans ce livre-là, lu à ce moment-là.

    Comment réagir quand ils se mettent à gigoter, à attraper le livre, à partir avant la fin de l’histoire ?

    Il est essentiel de comprendre que votre tout jeune enfant, même quand vous lui lisez un livre, reste… un tout jeune enfant ! Chez lui, la nécessité de passer par le mouvement pour comprendre le monde est indispensable. Peut-être va-t-il s’intéresser surtout à un tout petit canard (vous ne l’aviez même pas remarqué…) et vous empêcher de tourner la page en disant « kâ ! kâ ! kâ ! ». C’est à ce moment-là qu’une chose essentielle se passe pour votre petit lecteur : il « fait sens ». Quittez alors le texte du livre (vous y reviendrez plus tard) et suivez votre tout-petit là où il vous emmène : « Oh oui ! Tu as raison, voilà un petit canard ! Tu aimes bien les canards, on a vu des canards dimanche au bord de l’eau. Ils faisaient “coin ! coin ! coin !” », etc. Inventez tout ce qui vous passe par la tête et qui donnera à votre tout-petit ce message fondamental pour le préparer aux apprentissages : « Ce que tu fais là (du sens, de la pensée), ça m’intéresse : continue ! »

    Et s’il se lève après deux pages ou attrape un autre livre qu’il se met feuilleter énergiquement, semblant se désintéresser du livre que vous lui lisez ? Ne vous inquiétez pas : il vous écoute. Continuez ! Il bouge parce que, à cet âge, cela lui est nécessaire pour échafauder une pensée complexe. Plus tard, parce que vous aurez respecté cette « lecture motrice », il sera capable d’avoir des moments de concentration de plus en plus longs. C’est un cheminement, qui se fait pas à pas…

    Faut-il changer de livre à chaque fois ?

    Sans en prendre conscience, nous attendons des bébés qu’ils se comportent comme s’ils avaient d’emblée 2 ou 3 ans déjà, voire beaucoup plus. Or lire un livre à un bébé de quelques semaines, cela nécessite peut-être de rester plusieurs jours sur une page, une seule… Peu importe la quantité de livres lus ; ce qui compte, c’est la qualité de l’échange et le respect de son rythme à lui.

    Quels livres choisir ?

    Choisissez, au début, des livres avec une structure simple, un texte chantant, rythmé, répétitif. Et surtout, prenez plaisir à cet échange, essayez d’être entièrement dans le moment présent…


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    Comment gérer un enfant difficile dans un groupe ?

    Johanne Rochat donne des tuyaux pour gérer un enfant difficile, pertubateur dans un groupe.


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    Temps calme/temps libre

     


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    Sept stratégies positives pour gérer un comportement agressif chez le jeune enfant

     

    Les colères peuvent rendre l’enfant et son entourage très malheureux. La bonne nouvelle c’est que les adultes peuvent prendre le contrôle et aider à gérer ce comportement agressif de manière efficace sans faire honte à l’enfant.

    Cet article est tiré du livre « The Earliest Teachable Moment: Personal Safety for Babies, Toddlers, and Preschoolers »  de Irène van der Zande.

    Les parents, les enseignants et les professionnels de la petite enfance demandent souvent de l’aide à Kidpower lorsque leurs enfants ont du mal à rester en sécurité avec leurs corps ou avec leurs mots :

    « Ma fille de trois ans peut être adorable un instant puis exploser sans crier gare. Hier, à la crèche, elle a fait exprès de détruire un château de sable puis a jeté du sable dans les yeux de son camarade.»

    « Avant, mon fils était facile à vivre, mais depuis qu’il est en maternelle, il s’est mis à copier un camarade et tape les autres enfants.»

    « Une petite fille de ma classe fait une colère dès qu’elle est contrariée et se met à pincer, pousser et pleurer sans aucune retenue.»

    « Un garçon à la crèche ne supporte pas de rentrer après avoir joué dehors. A chaque fois, il se jette sur le sol de colère en pleurant et en hurlant.»

    Une des tâches les plus difficiles lorsque l’on vit ou travaille avec des enfants, quelque soit leur âge, c’est de savoir comment les arrêter, calmement, avec bienveillance et en toute sécurité lorsqu’ils agissent de manière potentiellement dangereuse pour eux ou pour les autres.

    Les enfants qui perdent le contrôle d’eux-mêmes se sentent souvent en danger émotionnellement et peuvent aussi être en danger physiquement si on ne les arrête pas. Les autres enfants, les voyant agir de cette manière, risquent de se sentir eux aussi en danger à moins qu’un adulte ne prenne la situation en main avec efficacité et bienveillance.

    Bien qu’il faille absolument arrêter un comportement agressif, il peut être dangereux pour l’enfant comme pour l’adulte, de restreindre un enfant en colère de manière non sécuritaire, de montrer de l’inquiétude ou de la colère face au désarroi de l’enfant ou de blâmer l’enfant d’avoir perdu le contrôle de ses émotions. Une intervention ferme, bienveillante et détachée est nécessaire pour la sécurité émotionnelle et physique de tous.

    Les sept stratégies suivantes ont été écrites pour aider les parent de jeunes enfants, mais la plupart peuvent être adaptées pour intervenir auprès d’enfants plus âgés qui ont du mal à gérer un comportement agressif.

    1 S’attendre à ce que l’enfant ait parfois du mal à maîtriser son comportement.

    Le cerveau des enfants est en plein développement et ils n’ont pas la même capacité à se maîtriser qu’un adulte. Dès qu’ils sont en âge de comprendre, il est important de commencer à leur enseigner les habiletés qui les aideront à gérer leur comportement tout en leur faisant comprendre qu’ils ont besoin de notre supervision pour rester en sécurité et de nos conseils continus pour apprendre à réagir de manière sécuritaire.

    Souvent, les enfants avec de fortes qualités de leader semblent avoir besoin de définir leurs limites en repoussant les limites des autres et en expérimentant avec l’utilisation négative de leurs pouvoirs. La plupart d’entre eux deviennent des adultes bienveillants et respectueux grâce aux conseils positifs continus des adultes.

    Les enfants hyper-sensibles n’agissent parfois pas de manière « facile » ou « standard » et ils ont souvent besoin de l’aide des adultes pour apprendre à se comporter de façon plus gérable par les autres enfants. Certaines personnes qui se souviennent d’épisodes d’émotions intenses de leur enfance sont devenus, une fois adultes, des écrivains talentueux, des leaders visionnaires ou des inventeurs imaginatifs. Quand les enfants ressentent des émotions très fortes, ils ont besoin que leur adulte responsable investisse du temps, de la patience, des efforts et de la compassion pour les aider à apprendre à gérer leurs émotions de façon constructive.

    Quand les enfants sont submergés par leurs émotions ils peuvent se refermer sur eux-même, décrocher, être accablés de tristesse ou être agressifs verbalement ou physiquement.

    Etre réaliste et honnête, ne pas nier pas le problème.Trop souvent on ignore un comportement hors de contrôle le considérant comme normal, jusqu’à ce qu’il escalade de manière destructive.

    Étiqueter un enfant de « méchant » n’aide pas beaucoup non plus. Un comportement agressif ne veut pas dire que l’enfant est méchant ni que les parents ou les enseignants sont incompétents. Les colères veulent simplement dire que toutes les personnes impliquées ont besoin de soutien et d’habiletés pour gérer les émotions avant que tout explose. C’est en gérant la vague d’émotions et en contrôlant les comportements que tout le monde sera en sécurité émotionnellement et physiquement.

    2 Identifier et réduire les causes du stress qui déclenche les crises.

    Il est important de comprendre le comment et le pourquoi d’une colère pour pouvoir trouver des solutions positives. Même si le comportement problématique semble une explosion d’émotions soudaines, sans fondement, il y a souvent un schéma récurrent et un temps de mise sous pression avant l’incident.

    Même si cela prend du temps, mettre par écrit, sur une période d’au moins une semaine, toutes les observations possibles sur quand et comment un enfant arrive à une colère, donne souvent des indications sur ce qu’il faut faire pour limiter les crises.

    Documenter le comportement de l’enfant. Essayer de trouver des schémas répétitifs dans la différence entre les bons jours et les mauvais jours. Qu’est-ce qui saute aux yeux?

    Voici quelques déclencheurs types à considérer :

    Les transitions :

    Même si c’est amusant d’avoir plein d’activités différentes, trop de changements finissent par sur-stimuler les enfants. Pour aider à limiter les crises, ils ont besoin d’un emploi du temps léger et régulier, ainsi que du temps pour jouer seul dans leur propre espace et des interactions régulières seul à seul avec leurs adultes. Parfois un simple changement peut faire la différence. Par exemple, si votre bambin fait des colères au super-marché, essayez de faire les courses sans lui pendant quelques semaines. Arrangez-vous pour que ce soit amusant plutôt que stressant de devoir quitter une activité favorite. Si l’enfant rechigne à quitter l’aire de jeux, décidez à l’avance du plan à suivre lorsqu’il faudra partir et expliquez-lui le rituel de départ. Donnez plein de rappels du temps qu’il reste avant de rentrer et, lorsqu’il est l’heure de partir, restez enthousiaste, même si l’enfant fait la tête. Parlez-lui des choses intéressantes qui l’attendent après cette sortie, et racontez l’histoire de son personnage préféré qui fait plein de bêtises ridicules pour pouvoir rester au parc toute la nuit.

    L’entrée en maternelle peut être une transition difficile pour beaucoup d’enfants. Avoir à gérer un nouvel environnement peut aussi amener l’enfant à développer des difficultés à maîtriser ses pouvoirs et son contrôle de soi. Si votre enfant se trouve en difficulté, essayez de passer du temps dans sa classe, pour soutenir l’enseignant mais aussi pour comprendre le contexte du problème.

    Même des changements positifs, comme l’arrivée d’un bébé, un déménagement ou une fête d’anniversaire peuvent souvent être stressants pour un jeune enfant. Bien sûr, il faudra apporter un soutien renforcé lors de changements négatifs comme un divorce, une perte d’emploi ou un décès, qui affecteront durement toute la famille.

    Trop chaud ou trop froid :

    Certains enfants peuvent être très sensibles aux températures extérieures. Ils sont facilement contrariés s’ils ont trop chaud ou trop froid ; ils oublient d’enlever leur manteau ou de boire lorsqu’ils sont pris dans leur activité. S’entraîner à être confortable dans des moments calmes peut être très utile pour les aider à y penser lorsqu’ils sont occupés.

    Avoir besoin de plus de sommeil :

    Certains enfants ont besoin d’une bonne routine du sommeil pour être suffisamment reposés. Il y a des enfants qui ont besoin de plus de sommeil que d’autres. Mais quand il y a tant de choses à découvrir dans le monde et que l’on trouve tout si intéressant (comme chez la plupart des enfants de cinq ans), c’est très difficile d’aller dormir. Certains enfants ont de nouveau besoin de faire la sieste lorsqu’ils commencent de nouvelles activités comme partir en voyage ou changer d’école.

    Pour les enfants le changement est une source de stress même lorsqu’il est positif. Dormir un peu plus longtemps peut les aider à passer ce cap.

    Avoir besoin de plus de contact physique avec un adulte :

    Certains enfants semblent avoir besoin de beaucoup de câlins pour les aider à être détendus. Lire des livres intéressants ou faire des jeux assis sur les genoux d’un adulte ou être porté ou cajolé peut aussi aider.

    Avoir besoin d’espace :

    Certains enfants se sentent submergés lorsqu’ils sont entourés d’autres. C’est pourquoi tant de problèmes arrivent à l’école durant les transitions : en rang pour aller manger, assis en rond pour le temps de l’histoire, etc. Les enfants tendent à se rapprocher lorsqu’ils sont excités plutôt que de se donner de l’espace.

    Entraînez les enfants à partir à la fin de la queue ou à s’asseoir sur l’extérieur du groupe s’ils ont besoin d’espace, ou à demander calmement d’avoir plus de place.

    Apprenez aux enfants à se reculer et à mesurer l’espace entre eux avec leur bras tendu plutôt que de tous se bousculer pour être devant. Nous expliquons aux enfants que l’important c’est d’être en sécurité dans la file d’attente et non pas d’être le premier (ce qui semble être très important pour les jeunes enfants et quelques adultes aussi !).

    Aidez l’enfant à planifier comment obtenir de la place à la table du déjeuner ou quand il est assis en groupe. Parlez-en avec l’enseignant si vous trouvez qu’il y a vraiment un problème et ensemble trouvez des stratégies pour que l’enfant puisse bouger vers plus d’espace sans perturber la classe.

    La sur-stimulation :

    Pour prévenir les crises, il faut le moins de stimulation possible. Essayez de changer le planning et de structurer la journée pour que les enfants aient moins d’activités, moins de jeux sortis en même temps et qu’il puissent ralentir leur rythme. Réduisez ou éliminez l’accès à la télévision ou aux autres technologies pour que les enfants puissent passer du temps à être créatifs et à inventer leurs propres jeux. Si un enfant se plaint de s’ennuyer, ne pas accourir à sa rescousse. Encouragez-le à s’occuper tout seul et planifiez de passer du temps seul à seul avec lui quand cela vous conviendra à tous les deux.

    La faim : 

    Ne pas avoir assez de nourriture saine à manger peut aussi être un facteur déclencheur. Les enfants sont tellement pris par l’activité qu’ils oublient de manger et ne réalisent pas à quel point ils sont affamés. Ou alors ils se remplissent de sucreries qui ne les nourrissent pas vraiment. Avoir une stratégie en place pour être sûr que les enfants mangent de la nourriture saine avant de partir pour l’école, pendant la récréation, à midi et après l’école, peut aider à réduire les crises.

    Un problème d’ordre médical ou psychologique :

    Chez l’enfant qui a peu de tolérance à la frustration et qui devient facilement destructif ou soudainement renfermé, mais qui n’a pas répondu aux autres stratégies, il peut être utile de le faire examiner pour rechercher un éventuel problème médical, psychologique ou neurologique. Même si l’enfant n’a pas de comportement agressif mais semble être en difficulté sans raison apparente, il est important de rechercher un éventuel problème.

    Par exemple, ma fille de huit ans avait beaucoup de mal à apprendre à lire. Les visites médicales de routine ne montraient pas de problème particulier, mais une consultation chez l’ophtalmologue décela un problème de retard dans la coordination des yeux. Elle fût très soulagée de connaître la cause de ses difficultés en lecture. Après quelques mois de rééducation elle se mit à lire facilement et avec joie.

    Une fois que vous avez trouvé les déclencheurs possibles, expérimentez avec un changement pour les éviter et voir si la situation s’améliore. Essayez d’alléger les journées, d’augmenter l’activité physique, de réduire les stimulations, d’ajouter un goûter, un bain, un câlin et une histoire du soir, un meilleur contrôle de la température corporelle, etc. Minimiser les déclencheurs ne va pas éliminer tous les incidents explosifs mais cela peut aider les enfants à avoir de meilleures chances de gérer leur comportement et de garder le contrôle.

    3 Les enfants doivent apprendre à reconnaître et gérer les émotions et les actions qui conduisent à un comportement non sécuritaire.

    Pour aider l’enfant à comprendre, discutez avec lui de ce qui se passe. Une maman parle des colères de son fils comme d’avoir “des émotions fulgurantes”, ce qui est une façon bienveillante et sans jugement de décrire ce qui arrive lorsqu’on se met soudainement en colère et que l’on dit ou fait des choses blessantes. Reconnaissez qu’il est normal d’être en colère ou frustré mais que l’on doit apprendre à ressentir ces émotions tout en restant en sécurité physiquement. Racontez-lui les fois où vous vous êtes mis en colère et que vous avez tapé ou donné des coups de pieds. Parlez des personnages de livres qui ont eux aussi ce problème. Rejouez ces situations avec des jouets pour montrer le problème et ses solutions sécuritaires. Écrivez des livrets qui illustrent le comportement sur lequel l’enfant travaille. Enseignez aux enfants les habiletés nécessaires pour enrayer un comportement agressif. Donnez-leur les moyens de se débarrasser de l’énergie agressive en toute sécurité. Tous les enfants bénéficient de pouvoir être actifs et d’apprendre de nouvelles choses tout en étant en sécurité émotionnellement et physiquement et en gardant le contrôle de leurs paroles et de leurs gestes. Le yoga par exemple, ou un programme d’arts martiaux adapté, peuvent être des moyens amusants pour s’entraîner à se recentrer et à utiliser son corps de manière puissante et pacifique.

    Lorsque l’enfant est calme, apprenez-lui les habiletés Kidpower ® comme une manière amusante d’être en sécurité avec les autres. Les enfants dès deux ans peuvent apprendre et utiliser ces habiletés avec succès.

    Le pouvoir je-me-calme. Pour arrêter sa colère. L‘enfant s’entraîne en faisant semblant d’être en colère puis en respirant calmement et profondément, puis en pressant ses paumes l’une contre l’autre, le dos bien droit. Rappellez-lui d’utiliser le pouvoir je-me-calme dès qu’il commence à s’énerver en le guidant dans les gestes et en le félicitant même s’il n’y arrive que partiellement.

    Le pouvoir bouche-cousue-chapeau-pointu. Pour s’empêcher de dire quelque chose de blessant ou d’inapproprié. Les enfants les plus jeunes auront peut-être besoin de s’entraîner en se pinçant les lèvres et en mettant la main sur la bouche pour les aider à s’arrêter. Répéter en revivant une situation (par exemple d’avoir insulté un autre enfant) et lui dire de se préparer à dire quelque chose de méchant et s’arrêter net. Vous pouvez imaginer toutes sortes de situations. Au début pratiquez plusieurs fois par jour. Pour qu’il aime répéter ces leçons, récompensez ses efforts par un gros câlin, un top là et en lui disant qu’il peut être fier de lui.

    Le pouvoir j’attrape-mon-pantalon ou j’attrape-ma-jupe. Pour s’empêcher de taper ou de faire du mal aux autres. Cela se fait en pressant les mains le long des jambes ou en les mettant dans ses poches pour qu’il soit difficile de les sortir. Pratiquez avec des jeux de rôles. Au signal « j’attrape mon pantalon ou ma jupe », il met les mains le long du corps ou dans ses poches. Récompensez-le d’avoir réagit de façon sécuritaire (un tableau de récompenses peut être utile pour cela) et espacez les récompenses au fur et à mesure qu’il gagne en contrôle de soi.

    Le pouvoir je-me-trouve-un-coin-tranquille. Se déplacer vers un coin plus tranquille pour se calmer. Donnez un espace calme à l’enfant à la maison, à l’école, etc. où il pourra se retirer et respirer, sauter sur place, serrer un coussin, tout ce qui l’aidera à se calmer loin des autres enfants qu’il pourrait blesser. Il faut un endroit accessible rapidement à ses adultes responsables pour pouvoir veiller sur lui et apporter leur soutien en cas de besoin.

    Le pouvoir je-m’en-vais-loin. Pour s’éloigner des problèmes. Pratiquez en faisant semblant d’être un enfant qui s’apprête à pousser ou à donner un coup, sans le faire pour autant à l’enfant. Encouragez l’enfant à s’éloigner en étant attentif, calme, respectueux et plein de confiance en lui.

    Manifestez une attitude (ex : tristesse) qui serait la conséquence naturelle d’un mauvais comportement. Si on ne veut pas que les enfants qui ont du mal à agir avec calme se sentent mal, il toutefois est très important qu’ils voient les conséquences de leur comportement destructeur. Arrêtez un enfant agressif immédiatement et fermement avec un soutien aimant et un langage simple et clair : « Quand tu me tapes, j’ai mal, je me sens triste. Ne me frappe pas. Je t’aime beaucoup, tu as bon coeur. Entraînons-nous à t’empêcher de frapper.» Essayez d’utiliser le même langage simple chaque fois. Si un enfant frappe ou blesse quelqu’un, cela peut amener à s’arrêter, à reconnaître les émotions qui ont conduit à l’incident, à revoir le « plan »pour gérer les émotions agressives et à pratiquer ce plan ensemble.

    4 Avoir un plan pour prévenir et gérer les crises pour chaque endroit fréquenté par l’enfant.

    Si vous avez un enfant qui éprouve des difficultés à contrôler sa colère, anticipez les problèmes potentiels et préparez un « plan d’action ». Enseigner aux enfants comment se calmer lorsqu’ils sont en colère est une habileté qui leur sera utile pour le reste de leur vie.

    Les enfants sont tous différents. Ce qui marche bien avec l’un sera différent avec un autre. Voici quelques suggestions spécifiques d’une enseignante de maternelle dont les enfants ont du mal à rester en sécurité avec leurs corps et leurs mots :

    Créer un plan familial pour gérer les crises. Vous pouvez en avoir plusieurs, (un pour quand il est très triste, un quand il est frustré, etc.) ou même des plus spécifiques (comment gérer si quelqu’un prend ton jouet, comment gérer si quelqu’un t’insulte, etc.).

    Décrire étape par étape ce qui s’est passé lors d’un incident puis ce qui aurait dû se passer pour chaque étape. Aidez l’enfant à créer un nouveau plan en disséquant ses actions. Par exemple commencez avec ce qui est arrivé : 1. Lara est en colère, 2. Lara frappe, 3. son ami a mal. Maintenant recommencez l’histoire en insérant les étapes à pratiquer : 1. Lara est en colère, 2. Lara attrape son pantalon 3. Lara fait deux grandes expirations, 4. Lara demande de l’aide à un adulte responsable (maman, papa, maîtresse…) 5. l’adulte intervient, 6. Lara se sent mieux, 7. son ami aussi.

    Au début il faudra vraiment simplifier les étapes. Ecrivez-les sur une grande feuille de papier avec des dessins ou dans un petit livre ou sur des fiches.

    Accompagner l’enfant sur le moment. Quand un problème commence, incitez l’enfant à suivre le plan. Au début vous serez peut-être capable uniquement de lui en parler puis de revenir sur le plan plus tard une fois que l’enfant s’est calmé. Mais petit à petit, il sera capable de s’arrêter et de suivre son plan dans l’instant.

    Passez du temps à travailler les étapes du plan, principalement les manières de se calmer. Aidez l’enfant à identifier ses émotions, soit lorsqu’elles arrivent ou plus tard s’il s’en souvient. Par exemple il peut dire « j’ai chaud» ou « je suis triste ». Dessinez cette émotion ou représentez-la par un geste. (La tristesse pourrait être un dessin de visage triste ou mettre un doigt sur sa joue pour représenter une larme ; chaud pourrait être de secouer sa main devant son visage…). Demandez lui de faire le mouvement quand il ne peut pas nommer l’émotion. Plus vite il identifiera son émotion (avec votre aide) plus vous serez à même de la rediriger.

    – Se préparer à gérer un comportement autoritaire. Parfois, les enfants qui ont du mal à se contrôler se mettent à faire la police auprès des autres enfants et même des adultes. Il est vrai que cela peut être ennuyeux, mais si vous vous mettez à leur place, il vous semblerait normal de rappeler les règles à tout le monde lorsque vous aussi vous essayez de les suivre. Il sera utile de lui rappeler qu’il n’est responsable que de lui-même et qu’il doit suivre les règles pour lui et laisser les autres suivre les règles pour eux. Par contre, s’il remarque un comportement dangereux, qu’il vienne vite le dire.

    Un exemple de réussite et quelques stratégies pour faire un plan de gestion des colères.

    C’est l’histoire de Sam qui, au début de la maternelle, avait des problèmes de comportement. Sam apprit à identifier ses émotions juste avant une colère (même si auparavant les colères semblaient venir de nulle part). Avec ses parents et son enseignante, il développa un indice pour marquer où en était son thermostat intérieur. Sam voulait se sentir juste bien. Il montrait sur sa poitrine à gauche, où c’est froid, qu’il se sentait triste et à droite, où c’est trop chaud, qu’il était en colère. Au milieu, c’était juste comme il faut. Une fois l’émotion identifiée, Sam apprit des stratégies pour remettre le thermostat au milieu. S’il avait trop chaud, il pouvait partir avec un adulte pour courrir autour de la cour pour se calmer ou aller boire un verre d’eau fraîche, ou sauter vingt fois de suite pour se débarrasser de son trop-plein d’énergie. S’il avait trop froid, il pouvait avoir besoin d’un câlin de l’enseignante, de tenir sa main un moment ou de câliner une peluche. Sam apprit aussi à bien respirer sur le moment, à tenir ses mains pour s’empêcher de taper et à partir au calme pour avoir de la place et être en sécurité avec son corps.

    Il commença à s’amuser et à avoir moins de problèmes à l’école.

    5 Connaître et contrôler ses propres déclencheurs émotionnels.

    Nous voulons que nos enfants soient heureux.Toutefois notre travail d’adulte n’est pas d’avoir nos enfants heureux à tout prix mais de les garder en sécurité et de les aider à apprendre et à grandir. Tout en sachant cela au plus profond de nous, il nous est difficile de ne pas prendre personnellement les choses négatives qu’un enfant défiant ou en colère peut faire ou dire.

    Si vous vous trouvez irrité par le comportement d’un enfant, souvenez-vous qu’il faut contrôler vos sentiments avant de pouvoir être capable de gérer l’enfant en toute sécurité physiquement et émotionellement. Les enfants sont très sensibles aux adultes qui projettent des sentiments ambivalents, de la rancune refoulée ou de la culpabilité. Si besoin est, mettez vos sentiments négatifs de côté pour les gérer plus tard et appliquez-vous à comprendre le point de vue de l’enfant, tout en posant les limites nécessaires à son comportement. Si vous avez des problèmes avec le comportement d’un enfant en particulier, examinez vos propres émotions plutôt que de souhaiter qu’elles disparaissent. Parler de son irritation ou de sa frustration en privé avec un autre adulte peut souvent nous aider à remettre les choses en perspective.

    Si vous avez le sentiment que vous ne pouvez pas supporter le comportement de l’enfant, envisagez une aide professionnelle le plus tôt possible. Lorsque le comportement d’un enfant conduit à l’épuisement et au conflit permanent, quelques sessions de thérapie par le jeu ou de thérapie familiale peut donner à chacun les outils pour changer un comportement difficile en une opportunité pour grandir.

    6 Devenez un adulte référent, puissant et respectueux lorsque vous vous occupez d’un enfant hors de contrôle.

    Il faut arrêter immédiatement un enfant au comportement dangereux ou destructeur. Il a aussi besoin de voir l’adulte prendre la sécurité en charge de manière calme, respectueuse et ferme. Il est normal de ressentir de la frustration, de la colère, de la peur ou de l’embarra lorsque l’on fait face à un enfant hors de lui. Mais si les adultes font honte à l’enfant ou ont un comportement blessant envers lui, ils modèlent exactement l’opposé de ce que l’on doit faire pour contrôler des émotions négatives. Il faut montrer à l’enfant que, quelles que soient vos émotions, vous pouvez garder le contrôle de ce que vous faites et dites, parce que son bien être est important pour vous. Alors expirez profondément et gardez votre calme.

    Prévenez les problèmes en restant près des enfants qui ont du mal à être en sécurité avec leurs mots ou leurs gestes, pour pouvoir intervenir rapidement et gérer un problème avant une escalade. Soyez prêt à réagir rapidement et sécuritairement, verbalement et physiquement :

    • En utilisant des mots simples d’une voix ferme, directive et sans crier. Dites  « pose ça », « ne mord pas », « ne tape pas ».
    • En restant assez près pour enlever un jouet qui va être lancé, ou arrêter la main qui va taper.
    • En se plaçant entre deux enfants qui ont du mal à rester en sécurité lorsqu’ils sont ensemble.

    Certains enfants entendent un chuchotement plus facilement qu’une voix forte. En cas d’urgence, en revanche, soyez prêt à être énergique. Si un enfant est sur le point de courir dans la rue, criez « STOP » et attrapez l’enfant par la main au besoin. Si l’enfant fait une grosse colère, faites de votre mieux pour l’aider à se calmer tout en gardant les autres en sécurité. Faites en sorte que l’enfant soit dans un lieu sûr où il ne peut ni se blesser ni blesser les autres. Empêchez-le de faire quoi que ce soit de dangereux. Même si l’enfant ne comprend pas les mots, parlez lui d’une voix calme, rassurante ; dites-lui « je suis là, je vais aider tout le monde à rester en sécurité ». Le message doit être « je m’inquiète pour toi » et non « tu es méchant ».

    Lorsque l’enfant est assez calme pour répondre, donnez lui des instructions claires d’une voix chaude et calme pour l’aider à se recentrer et communiquez votre sollicitude. « voici un mouchoir pour moucher ton nez, tiens, bois de l’eau, allons à la salle de bain laver ton visage.» Si l’enfant est en âge de comprendre, revenez sur l’incident lorsqu’il est calme pour comprendre ce qui s’est passé et trouver des solutions pour mieux gérer la prochaine fois et lui éviter de se mettre dans un tel état.

    Ne jamais en parler de façon dénigrante. A la place, racontez des histoires, pratiquez des habiletés et planifiez des stratégies en suivant les exemples ci-dessus. Ne bloquez jamais l’enfant physiquement à moins que vous ayiez l’habitude de le tenir dans vos bras en temps normal ET que vous soyiez émotionellement centré. Même si c’est votre propre enfant, soyez ferme mais doux dans la façon de le tenir, de manière à le garder en sécurité sans trop le serrer ni lui faire mal. Si vous devez être proche physiquement d’un enfant en colère, protégez votre corps pour éviter les coups de tête et les bras et les pieds qui s’agitent en tout sens.

    7 Professionnels de la petite enfance et enseignants: Si vous êtes responsable des enfants des autres, préparez un plan et demandez l’autorisation.

    Mettez-vous d’accord avec les parents et/ou vos responsables pour la marche-à-suivre en cas de problème de comportement et ce que vous êtes ou n’êtes pas autorisé à faire. Rappelez-vous un principe Kidpower pour poser des limites : Les problèmes ne doivent pas être secrets ; demande jusqu’à ce que tu obtiennes de l’aide. Si un enfant que vous gardez a un comportement destructeur, prévenez immédiatement vos responsables et les parents de l’enfant.

    • Remarquez les problèmes dès le début, avant que tout n’explose, travaillez avec les autres professionnels, les parents et si possible l’enfant pour établir un plan et arrêter les problèmes aussitôt que possible.

    • Soyez attentif, remarquez les signes annonciateurs de danger et intervenez en redirigeant l’enfant fermement et avec bienveillance dans une autre activité chaque fois que c’est possible. Au lieu d’énumérer ce que l’enfant peut et ne peut pas faire, concentrez-vous sur ce qu’il peut faire et offrez les choix possibles avec enthousiasme.

    • Soyez prêt avec un « plan » pour garder les autres enfants en sécurité pendant que vous vous occupez de l’enfant qui a besoin d’aide.

    Différentes personnes ont des niveaux d’expérience et de formation différents au sein d’un même établissement. Il va donc de soi qu’ils ont des niveaux d’autorisation différents. Avant de prendre charge des enfants assurez-vous de connaître les règles pour contenir un enfant qui a un comportement destructeur ou défiant.

    Assurez-vous que votre établissement a un « plan » clair expliquant qui a quelles autorisations et quelle est la marche à suivre en cas de perte de contrôle potentiellement dangereuse d’un enfant. Quels outils de prévention pouvez-vous utiliser ? Que devez-vous faire pour garder les enfants en sécurité lors d’une colère d’un de leur camarade ? A qui pouvez-vous demander de l’aide ? Comment appeler à l’aide ? Que faire si la personne n’est pas là ? Comment rapporter ce qui est arrivé ?

    En conclusion, les enfants ont besoin de savoir que toutes leurs émotions sont acceptables et normales, même la colère. Tout le monde se met en colère à un moment donné et a envie faire des choses blessantes. En tant qu’adultes, nous pouvons aider les enfants à apprendre à contrôler ce qu’ils font et disent, même s’ils sont très en colère ou contrariés à ce moment là. C’est une habileté de vie exceptionnelle que de savoir reconnaître que l’on est en colère, de contrôler cette émotion de manière positive et d’agir sécuritairement quel que soit notre ressenti intérieur.


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    Causes et solutions à un comportement turbulent

    Il est normal qu’un enfant en bas âge soit agité, turbulent: il découvre son environnement a besoin d’explorer, de tout toucher… Au fil de son développement psychomoteur, il s’investit dans des occupations plus calmes, se concentre sur une tâche plus longtemps. A partir de 8 à 10 ans, la turbulence peut être un signe d’angoisse ou de sur-stimulation. Des facteurs à identifier pour aider votre enfant à modérer son agitation.

    Pourquoi un enfant est turbulent ?

    • Causes sociologiques

    Autrefois, quand un bébé dormait, on ne faisait pas de bruit, on l’emmaillotait même! Aujourd’hui, on stimule énormément les enfants, même avant leur naissance avec l’haptonomie. On veut des enfants éveillés très tôt mais il faut en supporter les conséquences.

    • Causes psychologiques et psychoaffectives

    Nous faisons vivre à nos enfants des vies très agitées, entre les activités périscolaires, la pratique des écrans… Ils partagent également des moments de vie anxiogènes (chômage des parents, séparation…).

    Dans les périodes difficiles que traversent les parents, demandez-vous l’image que vous donnez du monde à votre enfant. Papa est au chômage, la vie est dure… L’agitation, la turbulence, peuvent être une solution, pour l’enfant, de ne pas penser pour fuir la dépression.

    Rassurez votre enfant, parlez avec lui, dédramatisez la situation. Il y a de fortes chances qu’il s’apaise.

    • Causes neuro-développementales et déterministes

    Tout au long de l’histoire humaine, le cerveau a évolué et se modifie encore. Nous vivons de plus en plus vieux et avons besoin de nous adapter, d’acquérir de plus en plus de choses. Le cerveau doit donc conserver une certaine souplesse (donc une certaine immaturité) plus longtemps pour emmagasiner ces connaissances. Être turbulent quand on est un petit enfant, c’est normal. Le nombre de consultations de parents se plaignant de la turbulence de leur enfant augmente. Ce peut ainsi être signe d’une modification de structure du cerveau pour garder de la souplesse.

    L’ennui : un « passe-temps » essentiel

    Quand un enfant est turbulent, il est important que les parents prennent du temps pour le recadrer, tout en restant conscient que l’éducation d’un enfant ne passe pas par les cris. Souvent, votre bambin se sent fier de vous avoir mis hors de vous : il sent le pouvoir qu’il a sur vous. En restant calme, la situation présente moins d’intérêt pour lui et il se fera plus docile.

    Si votre enfant est turbulent, demandez-vous si vous lui laissez la possibilité de se poser de temps en temps. Souvent, on rentre de l’école, on fait les devoirs, on prend la douche, on mange, on joue une demi-heure et au lit. La turbulence peut alors être symptôme de souffrance, d’adaptation au monde, à des parents qui les ont stimulés très tôt.

    Or, les enfants ont besoin de s’ennuyer. Dans ces moments-là, ils pensent, ils s’occupent par eux-mêmes.

    Les jeux vidéos, les tablettes les rendent habiles au niveau de la motricité, de l’efficacité à court terme mais moins performants au niveau de la pensée, de la réflexion. Leur avis devient plus tranché : c’est blanc ou c’est noir; peu dans la nuance. Pour aller plus loin, on ne sait plus régler un conflit. En cas de problème, on porte plainte.

    Quand on s’ennuie, on tricote des nuances qui font le sel de la vie, on apprend à réfléchir.

    Demander à un enfant de s’asseoir et de rester calme un moment ne doit pas représenter une punition.

     

    Le saviez-vous ?

    Un enfant turbulent est peut-être un enfant sur-stimulé ou un enfant angoissé. Il est souvent utile que les parents se posent des questions : mes méthodes éducatives sont-elles bonnes, est-ce que je crie trop, j’attends trop de lui ?

    Déterminer la cause de la turbulence d’un enfant est essentielle pour l’aider à s’apaiser. Si vous n’y parvenez pas seul, n’hésitez pas à consulter le médecin de votre enfant qui saura vous aider ou vous orienter vers le professionnel adapté.

     


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    Un coin calme : une nécessité pour certains enfants

    Avez-vous un coin calme dans votre local? Un coin où un enfant peut être seul, loin des distractions et du bruit ambiant? Croyez-moi, ce type de petit coin paisible est presque une nécessité pour beaucoup d’enfants… et beaucoup d’adultes. Si on pose un regard général sur les enfants, ils ont tous besoin, à un moment ou un autre, d’une pause pour retrouver leur calme. Que ce soit à cause de l’excitation du moment, un jeu moteur qui déborde un peu ou les cris des autres enfants qui les surexcitent, le « retour au calme » sera tôt ou tard le mot d’ordre. Comment y arriver? Il n’est pas toujours facile pour les enfants en bas âge de reconnaitre le moment précis où la surexcitation est à son comble, le moment où ils doivent prendre les moyens nécessaires pour se calmer. C’est là que l’adulte entre en jeu. Ce dernier peut aider un enfant à remarquer que la limite est atteinte et qu’il est temps qu’il se dirige vers le coin calme. C’est aussi à ce moment précis que le coin calme sera apprécié.

     

    Si on pose maintenant un regard plus spécifique sur certains enfants à défis particuliers, le coin calme est encore plus nécessaire. Certains enfants très réactifs aux stimulus environnementaux, aux bruits, aux couleurs vives et aux mouvements peuvent adopter des comportements pour vous signifier que là, c’est trop… S’il n’y a malheureusement aucun moyen à leur disposition pour leur permettre de se calmer, la gestion de comportements et une désorganisation seront inévitables. C’est pour toutes ces raisons qu’il est important de créer un petit coin relaxant où un enfant pourra se retrouver seul dans votre local, dans un coin qui l’aidera à diminuer son niveau d’énergie et à retrouver son calme intérieur. Il pourra y passer 5, 10, 15 minutes; il n’y a pas de temps à respecter, l’enfant en sortira lorsqu’il se sentira bien.

    Voici, concrètement, comment vous pouvez créer votre petit havre de paix.

    D’abord, trouvez le coin idéal dans votre local. Il doit être un peu retiré, le plus loin possible des distractions pour qu’un enfant puisse se sentir vraiment seul. Délimitez ce coin par un moyen quelconque : un ruban adhésif de couleur au sol, des carrés de tapis en mousse colorés, de petites étagères disposées de manière à former un petit espace. Si vous avez sous la main de petits murets pour « fermer » le plus possible le coin calme, utilisez-les. Ils devront être d’une bonne hauteur pour offrir de l’intimité à l’enfant qui désire y passer du temps tout en vous permettant de pouvoir garder un œil sur lui.

     

    Agrémentez votre coin de gros coussins confortables et de couvertures douillettes. Le but est que les enfants se sentent bien dans le coin calme alors ajoutez-y des éléments qui créeront un effet « cocooning ».

    Il est important de réserver le coin calme pour un seul enfant à la fois. Quand ils se dirigent vers le coin calme, les enfants ont besoin de se retrouver loin des bruits environnants et surtout, dans leur bulle. Nous avons créé une petite affiche pour indiquer qu’un seul enfant peut se trouver dans le coin calme (Ouvrir affiche coin calme). Imprimez-la et plastifiez-la. Collez-la à l’entrée de votre coin calme, à la vue des enfants.

     Placez une radio dans le coin et faites jouer de la musique douce. Il peut être intéressant d’y offrir des écouteurs pour qu’un enfant puisse écouter sa musique préférée. Cela pourra l’aider à se concentrer sur sa bulle personnelle plutôt que sur ce qui se passe dans le local avec les autres enfants. Au besoin, vous pourriez même ajouter des coquilles pour les oreilles pour couper les sons environnants.

     Offrez des outils qui aideront les enfants à retrouver leur calme. Vous en avez déjà que vous utilisez et qui fonctionnent bien? Continuez de les utiliser. Ajoutez les outils qui, selon vous, pourront aider les enfants de votre groupe.

    • Les émotions (Ouvrir les émotions). Imprimez et plastifiez. Installez des images représentant différentes émotions à la vue des enfants, dans le coin calme. Il est important que les enfants puissent reconnaitre et nommer les émotions ressenties. Choisissez des images simples. Les enfants pourront les consulter au besoin. Les images les aideront à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent.

    • Le tableau de la gestion des émotions (Ouvrir tableau de gestion). Imprimez et plastifiez. Installez-le au mur, dans le coin calme. Le but de ce tableau est de proposer divers trucs pouvant faciliter la gestion des émotions. Lorsqu’un enfant qui se dirige dans le coin calme a besoin d’aide pour gérer ses émotions, il pourra regarder les images proposées et choisir la solution qu’il préfère.

    • Offrez un bac contenant des objets favorisant la gestion du stress : des toutous lourds, des balles antistress, des objets de manipulation, des bouteilles calmantes que vous avez fabriquées en versant de l’eau et des brillants dans des bouteilles transparentes.

    • Apprenez aux enfants à respirer. La respiration est d’une utilité incroyable lorsqu’un retour au calme est nécessaire. (Ouvrir j’apprends à respirer) Collez l’affiche à la vue des enfants, au mur. Profitez d’un moment de jeu pour pratiquer des respirations avec les enfants en leur expliquant comment bien inspirer et expirer. Ils seront ensuite capables de bien utiliser l’outil de façon autonome au besoin.

    Aidez les enfants à utiliser le coin calme.

    Comme pour tout nouvel apprentissage, les enfants auront besoin d’une période d’adaptation. Une fois que vous aurez installé le coin calme dans le local, prenez le temps de bien expliquer l’utilisation de cet espace aux enfants de votre groupe. Aidez-les à prendre conscience que le coin calme n’est pas un endroit pour être « en retrait », mais plutôt un endroit pouvant les aider à retrouver leur calme. Montrez-leur tous les outils disponibles ainsi que le matériel offert dans le coin et démontrez comment ils peuvent les utiliser. Vous pourriez même, pendant la journée, proposer aux enfants de s’y diriger à tour de rôle et d’y passer 5 minutes pour bien apprivoiser le tout. Les enfants auront certainement besoin de votre aide au début pour savoir « quand » une pause dans le coin calme peut être bénéfique. Une fois l’habitude bien intégrée (parfois plus de 21 jours), les enfants pourront s’y diriger de façon autonome.

     N’hésitez pas à modifier le coin calme au gré de vos besoins. Les propositions citées plus haut ne représentent qu’un point de départ général. Chaque enfant a des besoins spécifiques et différents, n’hésitez pas à adapter votre coin pour répondre à ceux-ci.

     Bon retour au calme.

     

    Maude Dubé, éducatrice spécialisée


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  • article issu de : le journal des professionnels de l'enfance n°122

     


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  • article issu de : https://dumas.ccsd.cnrs.fr


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  • article issu de : https://lesprosdelapetiteenfance.fr

    Il est agité

    Il arrive qu’un jeune enfant se démarque par son comportement très actif en journée : il paraît agité, excité, « turbulent, il court partout et n’arrive pas à se poser ! » se plaignent les professionnels. Au mieux, il est considéré comme un enfant « moteur », au pire d’ « hyperactif » ! Quelle attitude adopter avec ces enfants, tant sur le plan individuel que collectif ?

    Pourquoi est-il agité ? 
    Il est à l’âge d’un  développement moteur intense. Entre 0 et 3 ans, un jeune enfant a du pain sur la planche : il doit apprendre à maintenir sa tête, se retourner, s’asseoir, se mettre debout, se déplacer, marcher, mais aussi tenir un objet dans ses mains, le faire passer d’une main à une autre... Bref, autant d’acquisitions motrices qu’il va franchir, les unes après les autres ! On parle de motricité fine (ex : manipuler une gommette avec la main) et de motricité globale (ex : sauter à pieds joints).
    Il a besoin d’action. Pour mener à bien l\'ensemble de ces acquisitions motrices, et bien se développer sur le plan moteur et psychologique, l’enfant a besoin d’éprouver ses sensations corporelles. C’est par l’action qu’il va découvrir son environnement (tiens, la surface de mon doudou est plus douce que la barbe de mon papa), expérimenter ses capacités motrices (ça y est, j’arrive à me tenir debout, sans appui !), mais aussi comprendre peu à peu les relations de cause à effet (quand je lâche cette bouteille, elle tombe sur le sol).
    Toute activité physique est également un excellent moyen, pour les enfants (comme pour les adultes) de décharger les tensions et les frustrations issues de son quotidien, et de cultiver sa bonne santé émotionnelle. Ainsi, empêcher un enfant de bouger, c’est un peu comme empêcher un adulte de voir ou de parler. Tous deux en ont besoin pour s\'épanouir !
    C’est l’effet de groupe. Le comportement d’un enfant est à analyser au regard du contexte de la journée. N’oublions pas que la collectivité est un univers très stimulant : il y a beaucoup d’enfants et d\'adultes en mouvement, de cris, de couleurs, de grandes pièces… Un enfant aura plus tendance à s’agiter quand son environnement est stimulant que lorsqu’il ne l’est pas.
    Le stress et l’agitation sont contagieux, autant qu’un rhume ou un bon bâillement ! Ainsi, le stress des professionnels stresse et agite rapidement chez les enfants qui, à leur tour, ont tendance à stresser les professionnels. Bonjour le cercle vicieux !
    Cela souligne un certain mal-être. La grande agitation d’un enfant peut parfois témoigner d’un certain mal-être qui peut être induit par le lieu d’accueil, un manque d’attention de la part de l’adulte, une fatigue répétée, une vie familiale momentanément éprouvante.
    Un enfant ne fait pas « exprès » de courir partout pour vous embêter ! Son cerveau n’est pas encore en capacité de contrôler, ni d\'inhiber ses émotions ou ses impulsions. S’il est « anormalement » agité, c’est que l’un de ses besoins fondamentaux n’est pas assouvi. A vous de trouver lequel. 
    A ne pas confondre avec l’hyperactivité. Attention de ne pas qualifier un enfant d\' « hyperactif ». Il s\'agit d\'un diagnostic que l\'on emploie trop souvent dans le langage courant. Pourtant, l\'hyperactivité est une réelle pathologie, connue sous le sigle de TDA/H (Trouble Déficitaire de l\'Attention avec ou sans Hyperactivité). Seule une équipe pluridisciplinaire peut poser un tel diagnostic, et ce quand l’enfant sera plus grand.

    Comment réagir ?
    Sur le plan collectif 

    Faîtes des petits groupes, règle n°1 en collectivité. Séparer les enfants dès que possible, et les répartir dans différents lieux de la crèche (dortoirs, l\'atrium, pièces annexes…). Plus l’environnement sera serein, plus il le sera également. Chaque enfant absorbe la dynamique et l’agitation du groupe.
    Adaptez la section en conséquence. Proposer des structures motrices adaptées à son âge et enlever les meubles qui le mettent en danger.
    Créez des temps ritualisés de relaxation, au moins une fois par jour, toujours au même moment : avant les repas et/ ou vers 17h - avant l’arrivée des parents : ces temps permettent au groupe d’enfants, comme aux professionnels, de se rassembler et se ressourcer.
    Repensez l’environnement. L’environnement influence beaucoup les comportements des enfants. Ainsi, quand l’enfant est particulièrement agité, prenez le temps d’analyser le contexte précis : combien y a-t-il d’enfants dans la pièce ? Combien d’adultes ? Les adultes sont-ils posés au sol, debout ou en mouvement ? Sont-ils réunis dans un même coin ou répartis dans la section ? Un point important : l’ambiance est-elle rassurante ou au contraire source de stress ? En fonction de vos observations, repensez l’environnement.

    Sur le plan individuel 

    Accordez-lui une attention visuelle positive et souriante (contenance visuelle). Si vous voulez que l’enfant change de comportement, il faut que vous commenciez par le voir autrement !
    Proposez des temps réguliers à l’extérieur de la section, au cours desquels il pourra se décharger de sa tension, de son stress accumulé (si vous n’êtes pas assez nombreux pour habiller tous les enfants, n’accompagnez à l’extérieur qu’un petit groupe).
    Instaurez des temps d\'échange positifs avec l\'adulte régulièrement dans la journée. Ce peut être un câlin, un jeu, une histoire...  De nombreuses agitations d’enfants en section résultent simplement d\'un manque d’attention individualisée de la part de l’adulte.
    N’hésitez pas à le prendre dans les bras dès que vous le sentez nerveux, notamment après la sieste (contenance physique), et à le balancer légèrement.
    Confiez-lui  des petites missions dès que vous le sentez trop nerveux, agité : celles-ci vont capter son attention, cultiver une estime positive de lui-même, d’autant plus si vous l’encouragez et le félicitez à la fin !
    Faites-le régulièrement participer à des d’activités contenantes, dirigées (ex : peinture, gommettes, activités à table…) afin de capter et diriger son attention.
    Proposez-lui de jouer à faire des bulles ou de souffler dans une paille afin de réguler sa respiration, l’oxygéner, et ainsi le relaxer.

    Et pour les parents

    Conseillez aux parents d’habiller leur enfant avec des habits amples, souples et si possible, de le laisser pieds nus en section.
    Demandez aux parents s’il dort bien la nuit (car le manque de sommeil peut créer de l’agitation en journée) et s’il regarde des écrans à la maison (si oui combien de temps par jour, et à quel moment de la journée – déconseiller les écrans le matin avant d'aller à la crèche et le soir avant de s'endormir)

    Pour aller plus loin, suivre notre formation en ligne : Tout-petits qui tapent, poussent, mordent ou griffent : comment réagir à l’agressivité ?

    Par
    Héloïse Junier
     
    Publié le 10 mars 2017
    Mis à jour le 03 juillet 2019

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    Terrible two : tout savoir sur la crise des 2 ans

    Alors que votre enfant était jusqu’à présent un petit ange, il se transforme soudain en petit démon, qui dit non ! C’est la fameuse crise des deux ans ! Catherine Pierrat, psychologue, nous explique comment surmonter cette étape, également appelée ''terrible two''. 

     
     Sommaire
    1. La crise des 2 ans : qu’est-ce que c’est ?
    2. Les émotions au cœur de la crise des 2 ans
    3. Bien réagir face à la crise des 2 ans
    4. Comment sanctionner son enfant en cas de colère ?
    5. Mon enfant se roule par terre, hurle… comment réagir ?
    6. Crise des 2 ans : faut-il s’inquiéter ?

    terrible-two-crise-deux-ans

    A partir de 2 ans, voire même 18 mois, votre enfant expérimente la phase d’opposition en vous assénant un ''non'' face à toutes vos propositions, accompagné d’éventuelles crises de colère. C’est ce que l’on appelle la crise des 2 ans. De quoi s’agit-il exactement ? Comment réagir en tant que parents ? Catherine Pierrat, psychologue à Nice, décrypte cette étape et livre ses conseils.

    La crise des 2 ans : qu’est-ce que c’est ?

    A deux ans, l’enfant commence à prendre son autonomie : il maîtrise la marche, comprend beaucoup de choses, commence à maîtriser le langage et surtout a intégré le ''non'' qu’on lui assène régulièrement.

    L’enfant comprend qu’il est un individu à part entière avec ses désirs, ses goûts et ses choix.

    De plus, à cet âge, le cerveau entre dans une phase de maturation. Les zones sont bien développées mais encore immatures sur le plan de la gestion émotionnelle ce qui entraîne des sautes d’humeur, voire des colères que l’enfant ne peut pas gérer.

    Cette crise se manifeste par des refus, des oppositions, et parfois des colères. Il s’agit d’une période difficile pour les parents, mais aussi pour l’enfant : en effet, ce dernier est sans cesse tiraillé entre ''je suis trop grand pour…'' et ''je suis trop petit pour…''.

    ''Cette situation est très inconfortable et ressemble étrangement à l’adolescence, ce qui me fait nommer cette période la petite adolescence.''

    Comme pour la crise d’adolescence, cette phase est plus ou moins marquée selon les enfants, en fonction de leur caractère propre, mais aussi des événements extérieurs.

    Et si cette période peut être difficile à gérer, elle permet à l’enfant de grandir, de mûrir. C’est une étape indispensable à son développement, qui, avec l’enrichissement de son vocabulaire, et l’identification de ses émotions, favorise son autonomie.

    Les émotions au cœur de la crise des 2 ans

    Il est essentiel de discuter avec l’enfant autour des émotions. Votre enfant, même s’il sait de mieux en mieux s’exprimer, n’est pas toujours en capacité de reconnaître et nommer de lui-même les émotions qu’il ressent. Aussi, face à certaines émotions telles que la colère, la tristesse ou la frustration, il peut avoir l’impression de se sentir submergé et ne sait pas forcément comment la canaliser. D’où les crises de colère…

    Il est alors important que vous puissiez lui verbaliser ce qu’il est en train de vivre ( ''je vois que tu es en colère, que tu n’es pas content, que tu es triste…''). Il sera peut-être en capacité de vous dire oui (''oui, je suis en colère, triste…''). Cela ne signifie pas pour autant, qu’il est en capacité de reconnaître cette émotion sans votre aide, au moment où il la vit. Vous ne pouvez pas interdire à un enfant de ressentir une émotion,mais vous pouvez lui permettre de l’extérioriser autrement, et notamment après l’acquisition du langage, à travers la parole.

    Bien réagir face à la crise des 2 ans

    Lorsque votre enfant entre dans une phase colérique, plusieurs comportements sont à adopter. Il faudra donc :

    • Marquer les limites avec autorité mais sans autoritarisme : énoncer et expliquer des règles claires avec les sanctions qui en découlent si les règles ne sont pas respectées ; Et les parents doivent bien sûr appliquer ce qui a été décidé.
    • Eviter les conflits en passant le relais si vous vous sentez débordé(e).
    • Se soutenir en tant que parents. Ces derniers doivent être solidaires et cohérents dans leur attitude envers l’enfant.
    • Vérifier que l’enfant ne peut pas se faire mal pendant la colère, le prévenir qu’on quitte la pièce et qu’on est à côté, et le laisser se calmer seul sans ''assister'' à sa colère. Et pour cause, celle-ci est une forme de ''représentation théâtrale'' et s’il n’y a pas de spectateur, il n’y a plus de spectacle.

    De plus, sachez qu’il est inutile de vouloir parler à l’enfant pendant sa colère, il ne vous entend pas. Le mieux est de discuter avec lui une fois qu’il est calmé. Enfin, pour éviter des conflits inutiles, on peut utiliser la technique du ''choix limité'' pour les vêtements par exemple : ne pas lui imposer sa tenue vestimentaire mais lui laisser le choix entre deux tenues. Ainsi vous maîtrisez le choix (en fonction des circonstances et de la météo) et l’enfant peut aussi exercer son choix et ne pas avoir l’impression de ''subir'' le choix du parent.

    Comment sanctionner son enfant en cas de colère ?

    Attention, on parle bien de sanction et non de punition, la différence étant qu’on punit une personne mais qu’on sanctionne un acte. Derrière la sanction, il y a l’idée de réparation du dommage causé, dans la mesure des capacités de l’enfant. Derrière la punition, il y a l’idée d’humilier la personne, le mettre au coin avec un bonnet d’âne par exemple. La ''bonne'' sanction doit répondre à plusieurs conditions :

    • La mettre en place à distance de la colère. En tous cas, pas pendant la crise, mais elle ne doit pas intervenir trop longtemps après, car l’enfant oublie vite. Autrement dit, il faut sanctionner le plus tôt possible mais ''à froid'' ;
    • La sanction doit être utile. Elle doit permettre de rappeler les règles ;
    • La sanction doit avoir un lien avec la ''bêtise'' ;
    • La sanction doit être proportionnelle : à petite bêtise, petite sanction,
    • La sanction ne doit pas toucher aux besoins fondamentaux (alimentation, sommeil, câlins, anniversaire). On ne prive pas un enfant de dessert car cela fait partie intégrante du repas et de ses besoins alimentaires ;
    • La sanction doit être réalisable et ne pas prendre la forme d’une menace angoissante (exemple : si tu ne viens pas tout de suite, je te laisse dans la voiture) ;   
    • La sanction doit être réparatrice : l’enfant a renversé son verre d’eau, il participe au nettoyage ; il a jeté ses jouets, il les range… ;
    • A cet âge (2 ans), une sanction sous forme de gronderie sur un ton ferme constitue déjà à elle seule une sanction pour le petit enfant.

    Un exemple de sanction à manier avec précaution : le retrait (l’enfant doit rester tranquille un certain temps à un endroit déterminé : sur une chaise par exemple). Le temps du retrait ne doit pas être trop long. Avant 3 ans, il faut éviter l’isolement. Il faut le considérer comme un moyen pour l’enfant de se calmer et lui expliquer que ce temps va lui permettre de réfléchir.

    L’essentiel est que la punition reste rare. Sinon, le risque est d’entrer dans un rapport de conflit permanent où le parent sera contraint d’aller sans cesse dans la surenchère punitive. Si la punition devient le seul moyen de se faire obéir, c’est que l’autorité n’est pas établie. Une consultation chez un spécialiste peut aider à rétablir cette autorité.

    Mon enfant se roule par terre, hurle… comment réagir ?

    La difficulté des crises dans un lieu public tient au fait que les parents se sentent jugés par le regard des autres adultes et l’enfant le sent bien !

    Il est important de ne pas céder à l’enfant qui, par exemple, se met en colère parce que vous refusez de lui acheter un jouet au supermarché. Si on cède une fois, l’enfant aura tôt fait de repérer le désarroi des parents et s’en servir.

    En cas de crise, le mieux est de s’éloigner et si possible, s’isoler. Puis, détournez l’attention en lui proposant de boire un peu d’eau par exemple, et expliquez-lui d’un ton très ferme qu’il a mal agit, sans crier bien sûr. De retour à la maison, en rediscuter avec l’enfant et lui rappeler les règles. Et ne pas hésiter à féliciter et encourager l’enfant après qu’il se soit calmé.

    Toutefois, le mieux est d’anticiper pour prévenir les crises en public. Quelques pistes :

    • Habituer l’enfant très jeune à des sorties en public qui ne déclenchent pas automatiquement un achat, ou une récompense ;
    • Prévenir avant de partir des différents endroits où vous irez et pourquoi ;
    • Emporter de l’eau et un en-cas pour ne pas avoir à en acheter lors de la sortie ;
    • Emporter un petit jouet ;
    • Faire participer l’enfant à la sortie en lui commentant ce que vous voyez ou faites… ;
    • Eviter de sortir lorsque l’enfant est fatigué ;
    • Repérer les signes d’énervement de l’enfant pour rentrer à temps et ne pas faire des sorties trop longues car l’attention du tout-petit est limitée.

     


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