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    Terrible two : tout savoir sur la crise des 2 ans

    Alors que votre enfant était jusqu’à présent un petit ange, il se transforme soudain en petit démon, qui dit non ! C’est la fameuse crise des deux ans ! Catherine Pierrat, psychologue, nous explique comment surmonter cette étape, également appelée ''terrible two''. 

     
     Sommaire
    1. La crise des 2 ans : qu’est-ce que c’est ?
    2. Les émotions au cœur de la crise des 2 ans
    3. Bien réagir face à la crise des 2 ans
    4. Comment sanctionner son enfant en cas de colère ?
    5. Mon enfant se roule par terre, hurle… comment réagir ?
    6. Crise des 2 ans : faut-il s’inquiéter ?

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    A partir de 2 ans, voire même 18 mois, votre enfant expérimente la phase d’opposition en vous assénant un ''non'' face à toutes vos propositions, accompagné d’éventuelles crises de colère. C’est ce que l’on appelle la crise des 2 ans. De quoi s’agit-il exactement ? Comment réagir en tant que parents ? Catherine Pierrat, psychologue à Nice, décrypte cette étape et livre ses conseils.

    La crise des 2 ans : qu’est-ce que c’est ?

    A deux ans, l’enfant commence à prendre son autonomie : il maîtrise la marche, comprend beaucoup de choses, commence à maîtriser le langage et surtout a intégré le ''non'' qu’on lui assène régulièrement.

    L’enfant comprend qu’il est un individu à part entière avec ses désirs, ses goûts et ses choix.

    De plus, à cet âge, le cerveau entre dans une phase de maturation. Les zones sont bien développées mais encore immatures sur le plan de la gestion émotionnelle ce qui entraîne des sautes d’humeur, voire des colères que l’enfant ne peut pas gérer.

    Cette crise se manifeste par des refus, des oppositions, et parfois des colères. Il s’agit d’une période difficile pour les parents, mais aussi pour l’enfant : en effet, ce dernier est sans cesse tiraillé entre ''je suis trop grand pour…'' et ''je suis trop petit pour…''.

    ''Cette situation est très inconfortable et ressemble étrangement à l’adolescence, ce qui me fait nommer cette période la petite adolescence.''

    Comme pour la crise d’adolescence, cette phase est plus ou moins marquée selon les enfants, en fonction de leur caractère propre, mais aussi des événements extérieurs.

    Et si cette période peut être difficile à gérer, elle permet à l’enfant de grandir, de mûrir. C’est une étape indispensable à son développement, qui, avec l’enrichissement de son vocabulaire, et l’identification de ses émotions, favorise son autonomie.

    Les émotions au cœur de la crise des 2 ans

    Il est essentiel de discuter avec l’enfant autour des émotions. Votre enfant, même s’il sait de mieux en mieux s’exprimer, n’est pas toujours en capacité de reconnaître et nommer de lui-même les émotions qu’il ressent. Aussi, face à certaines émotions telles que la colère, la tristesse ou la frustration, il peut avoir l’impression de se sentir submergé et ne sait pas forcément comment la canaliser. D’où les crises de colère…

    Il est alors important que vous puissiez lui verbaliser ce qu’il est en train de vivre ( ''je vois que tu es en colère, que tu n’es pas content, que tu es triste…''). Il sera peut-être en capacité de vous dire oui (''oui, je suis en colère, triste…''). Cela ne signifie pas pour autant, qu’il est en capacité de reconnaître cette émotion sans votre aide, au moment où il la vit. Vous ne pouvez pas interdire à un enfant de ressentir une émotion,mais vous pouvez lui permettre de l’extérioriser autrement, et notamment après l’acquisition du langage, à travers la parole.

    Bien réagir face à la crise des 2 ans

    Lorsque votre enfant entre dans une phase colérique, plusieurs comportements sont à adopter. Il faudra donc :

    • Marquer les limites avec autorité mais sans autoritarisme : énoncer et expliquer des règles claires avec les sanctions qui en découlent si les règles ne sont pas respectées ; Et les parents doivent bien sûr appliquer ce qui a été décidé.
    • Eviter les conflits en passant le relais si vous vous sentez débordé(e).
    • Se soutenir en tant que parents. Ces derniers doivent être solidaires et cohérents dans leur attitude envers l’enfant.
    • Vérifier que l’enfant ne peut pas se faire mal pendant la colère, le prévenir qu’on quitte la pièce et qu’on est à côté, et le laisser se calmer seul sans ''assister'' à sa colère. Et pour cause, celle-ci est une forme de ''représentation théâtrale'' et s’il n’y a pas de spectateur, il n’y a plus de spectacle.

    De plus, sachez qu’il est inutile de vouloir parler à l’enfant pendant sa colère, il ne vous entend pas. Le mieux est de discuter avec lui une fois qu’il est calmé. Enfin, pour éviter des conflits inutiles, on peut utiliser la technique du ''choix limité'' pour les vêtements par exemple : ne pas lui imposer sa tenue vestimentaire mais lui laisser le choix entre deux tenues. Ainsi vous maîtrisez le choix (en fonction des circonstances et de la météo) et l’enfant peut aussi exercer son choix et ne pas avoir l’impression de ''subir'' le choix du parent.

    Comment sanctionner son enfant en cas de colère ?

    Attention, on parle bien de sanction et non de punition, la différence étant qu’on punit une personne mais qu’on sanctionne un acte. Derrière la sanction, il y a l’idée de réparation du dommage causé, dans la mesure des capacités de l’enfant. Derrière la punition, il y a l’idée d’humilier la personne, le mettre au coin avec un bonnet d’âne par exemple. La ''bonne'' sanction doit répondre à plusieurs conditions :

    • La mettre en place à distance de la colère. En tous cas, pas pendant la crise, mais elle ne doit pas intervenir trop longtemps après, car l’enfant oublie vite. Autrement dit, il faut sanctionner le plus tôt possible mais ''à froid'' ;
    • La sanction doit être utile. Elle doit permettre de rappeler les règles ;
    • La sanction doit avoir un lien avec la ''bêtise'' ;
    • La sanction doit être proportionnelle : à petite bêtise, petite sanction,
    • La sanction ne doit pas toucher aux besoins fondamentaux (alimentation, sommeil, câlins, anniversaire). On ne prive pas un enfant de dessert car cela fait partie intégrante du repas et de ses besoins alimentaires ;
    • La sanction doit être réalisable et ne pas prendre la forme d’une menace angoissante (exemple : si tu ne viens pas tout de suite, je te laisse dans la voiture) ;   
    • La sanction doit être réparatrice : l’enfant a renversé son verre d’eau, il participe au nettoyage ; il a jeté ses jouets, il les range… ;
    • A cet âge (2 ans), une sanction sous forme de gronderie sur un ton ferme constitue déjà à elle seule une sanction pour le petit enfant.

    Un exemple de sanction à manier avec précaution : le retrait (l’enfant doit rester tranquille un certain temps à un endroit déterminé : sur une chaise par exemple). Le temps du retrait ne doit pas être trop long. Avant 3 ans, il faut éviter l’isolement. Il faut le considérer comme un moyen pour l’enfant de se calmer et lui expliquer que ce temps va lui permettre de réfléchir.

    L’essentiel est que la punition reste rare. Sinon, le risque est d’entrer dans un rapport de conflit permanent où le parent sera contraint d’aller sans cesse dans la surenchère punitive. Si la punition devient le seul moyen de se faire obéir, c’est que l’autorité n’est pas établie. Une consultation chez un spécialiste peut aider à rétablir cette autorité.

    Mon enfant se roule par terre, hurle… comment réagir ?

    La difficulté des crises dans un lieu public tient au fait que les parents se sentent jugés par le regard des autres adultes et l’enfant le sent bien !

    Il est important de ne pas céder à l’enfant qui, par exemple, se met en colère parce que vous refusez de lui acheter un jouet au supermarché. Si on cède une fois, l’enfant aura tôt fait de repérer le désarroi des parents et s’en servir.

    En cas de crise, le mieux est de s’éloigner et si possible, s’isoler. Puis, détournez l’attention en lui proposant de boire un peu d’eau par exemple, et expliquez-lui d’un ton très ferme qu’il a mal agit, sans crier bien sûr. De retour à la maison, en rediscuter avec l’enfant et lui rappeler les règles. Et ne pas hésiter à féliciter et encourager l’enfant après qu’il se soit calmé.

    Toutefois, le mieux est d’anticiper pour prévenir les crises en public. Quelques pistes :

    • Habituer l’enfant très jeune à des sorties en public qui ne déclenchent pas automatiquement un achat, ou une récompense ;
    • Prévenir avant de partir des différents endroits où vous irez et pourquoi ;
    • Emporter de l’eau et un en-cas pour ne pas avoir à en acheter lors de la sortie ;
    • Emporter un petit jouet ;
    • Faire participer l’enfant à la sortie en lui commentant ce que vous voyez ou faites… ;
    • Eviter de sortir lorsque l’enfant est fatigué ;
    • Repérer les signes d’énervement de l’enfant pour rentrer à temps et ne pas faire des sorties trop longues car l’attention du tout-petit est limitée.

     


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    Aménagement de l’espace et pratiques éducatives

    La qualité de l’accueil des enfants à la crèche ne dépend pas que du comportement des professionnels. Il faut aussi offrir aux tout-petits un espace pensé pour eux, dans lequel ils se sentent suffisamment en confiance pour s’éveiller et se développer. L’aménagement de la structure doit donc faire partie du projet d’établissement dès sa création.

    Adapter l’espace par l’observation et la réflexion

    L’aménagement de la crèche n’est possible qu’en élaborant une réflexion cohérente et approfondie en équipe. Elle se base sur ce principe de plus en plus mis en avant dans l’accueil du jeune enfant : l’observation. C’est en observant les enfants qu’on est en capacité de répondre à leurs besoins. Suivre le développement psychomoteur de chacun permet de lui proposer le jeu le plus adapté. Il fait du quatre pattes ? Faites rouler une petite balle devant lui : il la suivra des yeux et voudra se déplacer. Un espace “dégagé” favorisera ses déplacements. Regardez aussi comment les enfants choisissent leurs activités : quels sont les jeux les plus demandés, les espaces trop plébiscités et sujets à des conflits ? Ou au contraire, certaines activités sont-elles délaissées ? Un jeu trop compliqué, un puzzle pas joli… Le comportement des enfants peut révéler les dysfonctionnements de l’organisation de l’espace.
    Bien sûr l’aménagement de l’espace n’est pas immuable mais dynamique, il faut l’adapter au fil de l’année (en fonction des acquisitions des enfants, des saisons…). L’équipe doit donc régulièrement se ménager un temps de réflexion pour analyser leurs pratiques, leurs éventuels craintes et/ou blocages, idées de projets. Pour prendre ce recul, on peut faire solliciter un avis extérieur comme celui d’un psychologue, d’un architecte, d’un psychomotricien ou encore d’un professionnel extérieur.
    Dans une crèche, il ne peut y avoir une organisation neutre de l’espace. Comme le rappelle Didier Heintz, architecte spécialisé dans les lieux d’accueil de la petite enfance « Derrière elle se cache de façon plus ou moins consciente toute la traduction d’une manière de vivre ».

    Une zone d’accueil qui permet une séparation en douceur

    Au sein de la structure, la zone d’accueil est comme un sas : entre la maison et la crèche, entre l’extérieur et l’intérieur, entre le non-jeu et le jeu. C’est d’abord un lieu de rencontre, d’échanges et de séparation. Les parents doivent se sentir les bienvenus : pourquoi ne pas créer un petit coin salon, avec un ou deux fauteuils, des couleurs chaudes, une ambiance cocooning. Et qu’ils puissent suivre l’actualité de la structure. Installer des tableaux d’affichage qui contiennent des informations, les menus, des photos, des annonces… Il doit être joli, décoré, tout en restant simple pour une information claire.
    Il faut d’autre part rassurer l’enfant. On peut attribuer à chacun un casier, une poche en tissu, un petit panier marqué d’une étiquette propre à chacun, d’une photo, d’un dessin. Un repère lui montrant qu’il a sa place, qu’il est attendu.
    La zone d’accueil est enfin une invitation jeu, à plonger dans la découverte et l’expérimentation. L’important est de présenter des possibilités de jeu déjà en place avant l’arrivée des enfants. Evitez les tables vides, que tout soit rangé et au contraire installez par exemple des puzzles, des peluches, des livres à quelques endroits. Cet espace peut déjà comprendre un espace motricité avec un toboggan, une cabane, un trotteur qui permet de « prendre de la hauteur » par rapport à la séparation ; un coin symbolique avec une dinette, du bricolage, des contenants afin que l’enfant exprime ses tensions et s’en libère. Il est également possible de garder un coin relaxant avec des coussins, des tapis pour prendre le temps d’arriver et se décharger de ses émotions, de passer un moment privilégié avec une professionnelle avant de se lancer dans le jeu.

     

    @haba-petite-enfance

    Des espaces de jeux bien définis mais ouverts

    L’organisation de la salle de vie repose sur des principes fondamentaux. D’abord le rangement à la fin de chaque atelier avec l’enfant. Il pourra savoir où sont rangés les légos, les poupées, les sucettes… pour les trouver quand il souhaitera les reprendre. Par ailleurs un lieu de vie clair et ordonné incite plus facilement l’enfant à jouer et lui donne des repères. Du côté des professionnels, un espace bien géré est plus facile à entretenir. On peut ranger les jeux dans des caisses étiquetées en fonction des âges ou des thèmes et prévoir un inventaire annuel pour les répertorier. Il est bien aussi de ne pas laisser les mêmes jouets à disposition toute l’année. En proposant des jouets différents selon les périodes, les enfants ont le temps d’en découvrir un grand nombre sans être trop sollicités, et ils prendront plaisir à retrouver quelques semaines ou mois plus tard un jouet qui leur avait plu et qu’on leur propose à nouveau.
    Il s’agit ensuite de différencier les zones de jeux. Si les enfants ont trop de jouets proposés à la fois ou ne font que des jeux en groupe, ils n’ont plus le temps d’apprendre à s’occuper par eux-mêmes. Séparer les espaces ne demande pas une organisation difficile : un meuble ou un tapis suffit à faire des délimitations. Il faut aussi penser que le tout-petit est toujours sous le regard de l’adulte ou des autres enfants et qu’il a parfois besoin d’une certaine intimité. On peut par exemple aménager un coin spécifique pour les jeux symboliques comme la dinette ou la poupée. A noter : pour les jeux ou accessoires qui ont un grand succès, il est bien de prévoir des doubles. Les enfants pourront ainsi jouer en parallèle sans être frustrés.

     

    @wesco-eshop

    Un espace repos sécurisant

    Le sommeil est essentiel à la construction physique et psychique de l’enfant. L’espace repos de la crèche est pensé pour instaurer des conditions propices à l’endormissement et à un sommeil de qualité. Il doit pour cela répondre à trois critères : confort, bien-être et sécurité. Dans l’idéal, l’espace repos est implanté dans l’endroit le plus calme de la crèche, avec une bonne aération, et on veille à pouvoir y circuler facilement. Si possible positionné au nord afin de préserver une fraîcheur en toute saison. Pas besoin de les plonger dans une totale obscurité pour que les enfants dorment. Laisser la porte ouverte ou la lumière naturelle des salles à proximité permet à la fois de faciliter la surveillance des tout-petits et de les rassurer en restant au contact des autres groupes.
    Les temps de sommeil à la crèche sont aussi réfléchis pour respecter le rythme et les besoins de chaque enfant, différents selon les âges. C’est pourquoi la plupart du temps chaque section a son dortoir. Le matériel prévu est également différent : des lits à barreaux pour les bébés, des lits couchettes à même le sol pour les plus grands. Il est cependant intéressant de créer un coin douillet dans la salle d’éveil pour laisser la possibilité à certains enfants d’y dormir ou s’y reposer s’ils refusent le dortoir. Il s’agit aussi d’anticiper ! En demandant aux parents comment se passent les temps de sommeil de leur enfant à la maison. Et en suivant la place quotidienne de chaque enfant dans le dortoir : aura-t-il le même lit tous les jours ? Si ce n’est pas possible, il est bien de lui donner un repère sur le lit qu’il occupera d’un jour à l’autre, avec une photo ou un dessin posé sur l’oreiller. Enfin les professionnels restent attentifs à l’endormissement et la qualité de sommeil de chaque tout-petit. Si l’un n’arrive pas à s’endormir, c’est peut-être que son lit n’est pas tourné du bon côté, qu’il se sent trop près ou trop loin de la porte… Un rien peut tout changer.

    Le décloisonnement des espaces pour une libre circulation des enfants

    Tout en différenciant ces espaces, on peut opter pour leur décloisonnement (cloisons amovibles et modulables), ce qui favorise la libre circulation des enfants. Cela demande plus de surveillance pour les professionnels mais permet aux tout-petits d’être acteurs de leurs apprentissages et de leur développement. Ce sont des aménagements en phase avec toutes les pédagogies interactives, telle l’Itinérance Ludique.

    Par Marie Desplumes,


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    L’enjeu de la bientraitance dans les crèches

     

    Lundi 30 novembre 2015 avait lieu le colloque «comment agir avec bientraitance au quotidien  ? » organisé par Zoeki et destiné aux professionnels de l’enfance. Comme les annulations ont été nombreuses en raison des difficultés de transports et de l’angoisse post-attentats, voici un compte-rendu, non exhaustif mais assez complet des échanges de la journée.

    Danièle Rapoport, psychologue, présidente de l’association «  Bien-traitance, formation et recherche  »  a ouvert le bal. C’était assez normal dans la mesure où elle connaît par cœur la genèse du terme «  bien-traitance  » qu’elle tient à écrire en deux mots. Voici de longs extraits de son intervention.

    «  Le titre du colloque pose beaucoup de questions très intéressantes. Quelles origines pour la bien-traitance  ? Comment agir avec bien-traitance au quotidien? C’est un néologisme. En épigénétique  on sait que le rôle de l’environnement (qui fait fonctionner autrement les gênes dès la vie intra utérine) est important. Il est donc important de connaître l’environnement de la naissance de ce néologisme «bien-traitance  ».

    Ce serait le contraire de la maltraitance. Ce n’est pas suffisant, pas encore complètement défini. C’est une aventure qui rappelle l’oxymore «  douces violences  » ou celui de Boris Cyrulnik «  un merveilleux malheur  ». Le terme de résilience est contemporain de celui de la bien-traitance. Mais la résilience existait déjà dans dictionnaire. Pas la bien-traitance.»

    La bien-traitance, être plutôt qu’agir

    «C’est un terme extraordinaire. On peut faire une empreinte du bon, du bien-traitant. Toute sa vie ce petit enfant ne se souviendra pas de vous, et pourtant votre place va être fondamentale dans le sens de fondatrice, des années fondations. D’où la nécessaire valorisation de votre profession. Michel Lemay (ndlr psychologue canadien) dit quand il parle de votre profession qu’il s’agit de «  la noblesse et la science thérapeutique de l’anodin et du quotidien  ». La question c’est comment être et non comment agir.

    Qui n’a pas dit à un enfant «  dépêche toi  »  ? Disons lui plutôt «  oui, tu as le temps, tu peux enfiler ta petite chaussette  ». Le laisser marcher tout doucement vers une fontaine. Si vous arrosez dans votre jardin, par capillarité ça va pousser deux mètres plus loin.

    Les professionnels ne doivent pas être bousculants ni eux mêmes bousculés. Les professionnels doivent être eux mêmes bien traités. Arrêtons d’agir. Soyons en relation, tranquilles. Pourquoi parler de la confiance  ? Parce qu’on vous confie les enfants. Dans bien-traitant il y a la confiance. Vous faites confiance aux parents pour qu’ils ne démolissent pas tout ce que vous êtes en train de faire.

    Le trait d’union est avant tout un rempart contre le manque à penser. On ne pense plus. Vous devez réfléchir, penser, donner du sens.  »

    Après cette introduction, Danielle Rapoport commence son récit historique.

    «  A partir des années 60-70  on a assisté à quatre décennies qui ont révolutionné le regard posé sur la petite enfance. Premier exemple  : le concept de continuité de Winnicott est fondateur. Les bébés confiés sont en train de construire leur identité. Chacun a un sentiment continu d’exister qui ne peut pas être superposé. Il y avait à l’époque beaucoup de références à la psychanalyse (remarque sur le fait qu’aujourd’hui nous sommes dans des gadgets, la langue des signes ici, l’organisation de l’espace là, le programme, la section). L’empathie n’est pas la bientraitance.

    Ce bébé a déjà une longue histoire. On respect son altérité. On ne peut pas se substituer à l’autre. On apporte plus que la compassion, la bienveillance, l’empathie. Ce trait d’union (bien-traitance) est un nouveau concept qui inclut tous les autres. C’est un respect qui change les manières de faire et de dire.  »

    Danielle Rapoport fait ensuite une digression sur le placenta  :

    «  Le père fait que la mère accepte la greffe de l’embryon. Dans les incompatibilités foeto maternelles… qu’est-ce qui fait que cette femme accepte la greffe du corps étranger qu’est le bébé  ? C’est le père qui déclenche les hormones. Le père construit l’autre tiers, le placenta. Le placenta sépare la mère du bébé. Il ne peut se développer que grâce au génome paternel. Il est à l’intérieur de vous quand vous portez un bébé.  » A noter que le placenta fascine depuis longtemps les psychanalystes (Danielle Rapoport n’est pas psychanalyste mais quasiment toutes ses références le sont) et qu’ils ont élaboré plusieurs théories biologiques à son sujet, théories qui sont la plupart du temps invalidées par la science.

    Ces enfants qu’on «  adultise  »

    Danielle Rapoport évoque ensuite le langage.

    «  Les bébés commencent à parler avec vous à un âge qu’ils vont totalement oublier. Le bébé met trois ans pour passer de la syllabe à la phrase. Arrêtons de l’adultiser. Essayons de nous souvenir de ce premier mot. C’est sans arrêt qu’on décode l’autre. Soyons d’abord dans l’être en relation. Parlons bébé à un bébé. C’est fou cette histoire. On se met à oublier qu’il y a de l’infantile avant l’enfant. Les parents ne peuvent donner aux enfants que 2 choses, des racines et des ailes.Vous êtes détenteurs de cette bientraitance du langage bébé.  »

    La psychologue rappelle qu’elle s’est occupée des bébés Leboyer (naissance sans violence) puis elle revient à son analyse historique  :

    «  Avec mai 68, les crèches se sont transformées. On a accepté les parents. Les crèches  étaient des univers si blancs, si médicalisés. Il y a eu le printemps des crèches en mai 68. Les parents sont entrés dans crèches et n’en sont pas sortis. Après 68 on a pu parler de l’éveil du tout petit, du plaisir partagé.  (…)  Le mot accueil a été inventé par Jeanine Levy pour les enfants porteurs de handicaps. C’est elle également qui invente le mot intégration. Il est injuste que Jeanine Levy ne soit pas plus nommée. C’est très important de savoir d’où les choses viennent. Comme on ne vous enseigne pas suffisamment la psychanalyse, vous apprenez beaucoup de choses passionnantes mais le sens très profond par rapport à votre histoire, à ce qui vous entoure, est effacé.  »

    Puis petit coup de griffe  : «  On en a eu assez de dire comment il faut faire. On se fait tellement d’argent sur la formation. Vous ne partirez pas avec des recettes. Vous venez chercher du sens, une manière d’être, de se poser, de se reposer.  »

    Nouveau regard critique sur l’époque  :

    «  Les crèches sont devenus les lieux de socialisation primaire. La meilleure socialisation pour un bébé c’est sa famille, ses voisins, le petit chat.  On n’a plus le droit à la petite enfance en ce moment. Elle est oubliée. On adultise les enfants. On les saoûle au nom de Dolto. Alors qu’elle même s’offusquait  : «  je n’ai jamais dit qu’il faut parler aux enfants  !». Avec Françoise Dolto et René Clément, nous préparions un colloque sur la parole magique. «  Ce n’est pas une parole magique de parler à un enfant comme ça pour le saoûler  » disait Françoise Dolto. Elle m’a dit  :  «  Enlevez «  on les soûle en mon nom  », dites que «  parler ne veut pas dire  »  ». J’essaie de rétablir ces trois premières années oubliées (les 0-3 ans), par Morano, Tabarot, Hollande, par notre culture actuelle. J’essaie de rétablir le droit d’être un enfant.  »

    Au départ, l’opération pouponnière

    Puis Danielle Rapoport enchaîne sur la maltraitance institutionnelle  avec l’exemple de la Roumanie et, pour la France  du «  dépôt de l’aide sociale à l’enfance  ».

    «  En 79 on a vu le film «  enfants en pouponnière demandent assistance  » qui est une horreur. Après ça ce fut le lancement de l’opération pouponnière. Simone Veil monte au créneau  :«  Je ferme toutes les pouponnières si elles ne se transforment pas  ». On a assisté à l’humanisation de la pédiatrie, à la transformation des crèches. A l’époque on enseignait Piaget et Brazelton.

    Il faut comprendre tout ce que ces grands maîtres nous ont dit.

    L’opération pouponnière s’est terminée. Tous ces concepts nous construisent. Mais ensuite ces concepts se heurtent à quelque chose d’incroyable. On avait oublié les parents. On avait créé une structure de protection de l’enfance à Trousseau avec Anne Roubergue (voir le livre «  La croissance empêchée, une maltraitance méconnue  »). Il faut avoir une approche bien-traitante des parents maltraitants.

    Même quand le juge interdit aux parents de rendre visite aux enfants, on invente les visites accompagnées. De cette façon les parents vont continuer à voir leur bébé et leur enfant. C’est très compliqué. On a repris l’opération pouponnière en intégrant les parents. Phase très dure. Comment réussir à casser la corrélation  ? A permettre la résilience  ? Comment aider les parents à guérir de la maltraitance sur leur enfant  ?

    Après tout ça on en a eu marre de ce mot «  maltraitance  ». Alors on commence à appeler ça bien- traitance. C’est Marie Jeanne Reichen, à l’époque rattachée au bureau Enfance et famille du ministère des Affaires sociales qui a eu l’idée. On a mis un trait d’union sinon ça allait devenir un slogan, des chartes, des programmes, l’axe du jugement entre le bien et le mal faire.

    Réfléchissons au trait d’union entre conscient, inconscient, psychanalyse, épigénétique, neurosciences.  »

    Danielle Rapoport revient sur ce qui semble être décidément son cheval de bataille  :

    «  Pourquoi on adultise les enfants  aujourd’hui  ? Voici un courrier reçu, au sujet d’un bébé de 4 mois. «  Il est capricieux, il pleure, il le fait exprès  ». C’est effrayant. Je sais qu’on a tellement fait pour les compétences, que les jeux sont tellement sophistiqués. La TV avant trois ans est une catastrophe.

    Les psychanalystes ont compris ce qu’est la petite enfance.

    Maisons ouvertes, multi accueil, crèches, assistantes maternelles… vous êtes les remparts de la spécificité. Ne les perdez pas, ne mettez pas des programmes.  »

    Un regard pluriel sur les pratiques

    Christine Schuhl, éducatrice de jeunes enfants, diplômée en sciences de l’éducation, formatrice et conseillère pédagogique a succédé à Danielle Rapoport à la tribune. Voici également le contenu, non intégral, de son intervention.

    «  On ne peut pas avoir une lecture unilatérale des terrains. La lecture à plusieurs regards est passionnante. Mettre nos connaissances sur des regards croisés. J’ai un regard pédagogiques. On ne peut pas avoir une seule lecture. La lecture psychologique n’est pas la seule possible. Il faut voir du côté de la sociologie, de la pédagogie, de la philosophie. Je suis EJE de formation montessorienne. Cette pédagogie m’a aidée à décortiquer. Je fais du debriefing tout de suite après l’observation. Je ne suis pas là pour voir que ce qui dysfonctionne.

    Par exemple  : j’observe un repas. Les enfants ne posent pas les pieds au sol et ils déjeunent deux par deux. J’interroge  : Y a t-il moyen de faire autrement  ? Enfant est-il bien installé  ? Etes-vous bien installée  ?  » On décortique tous les éléments qui composent la scène.

    Nous ne sommes pas théoriciens dans l’âme. Il faut connaître les théories, lire, se former. Mais sur le terrain, le bon sens compte aussi, et le bon sens collectif. Il y a un saut à faire entre la théorie et le quotidien, ce n’est pas évident. Faire appel à la cohérence de l’équipe. Je ne dis pas aux équipes «  aujourd’hui on travaille dans une démarche de bien traitance  ». Je suis plus tournée vers la bienveillance. Les enjeux de la collectivité  sont énormes. Le sens de la collectivité pour l’enfant n’existe pas avant 18 mois. Il va y avoir un moment périlleux avant. Ce n’est pas évident pour lui.

    J’accompagne 3 établissements  : du multi accueil pour des assistantes maternelles et 2 crèches hospitalières (180 lits), qui font du 6h15-21h30, 7jours sur 7. Toutes les problématiques vous les avez ici, concentrées. »

    Avant toute chose, poser le cadre

    « Parmi les enfants accueillis il y a un noyau avec des horaires classiques mais tout le reste bouge. Si vous avez une équipe d’encadrement qui tient la route, si elle est au clair, si c’est concret, si le cadre posé au départ par rapport à des postures existe, ça va. Comme «  j’ai un enfant, je me mets à sa hauteur  ». Ou prendre le temps de regarder ce qu’il fait, adapter le rythme de l’adulte au rythme de l’enfant. On signifie ce qu’on fait à l’enfant mais on ne rentre pas dans de gros développements. Au début les bébés comprennent la tonalité plus que le sens des mots.

    Les équipes d’encadrement posent des valeurs et des cadres et sont là pour entendre les difficultés. Il est fatigant et endurant de travailler avec des tout-petits.

    La semaine dernière, je préparais une journée pédagogique installée dans une salle d’une crèche. Dans la pièce d’à côté, séparée par une vitre, on a vu une professionnelle arriver avec un groupe de 6 enfants de 2 ans. Pas un bruit à part le cloc cloc de la cuillère. On a regardé. 35 minutes sans un bruit d’enfant ou d’adulte. Puis  : «  Maintenant on sort, je ne veux pas vous entendre  ». Ce n’est pas adéquat. Elle ne laissait pas le choix. Elle était debout, comme une chape au-dessus des enfants.

    Il faut être dans la capacité de dire à sa collègue «  ça ce n’est pas adéquat  » sans que la collègue fonde en larmes et dise «  tu ne m’aimes plus  ». Il faut travailler sur le vrai besoin de l’enfant. On a été sur une ère où tout était à hauteur d’adulte et on est passé à l’inverse  : on fait tout par terre. On a oublié la place de l’adulte. La bienveillance se construit dans la posture, par rapport à l’environnement dans lequel on travaille. Aujourd’hui dans une salle de vie dans une crèche, rien n’est pensé pour l’adulte. On dit aux professionnelles  : «  il faut être au tapis  ». Oui mais pas complètement affalée sur le tapis.

    Les neurosciences m’ont rassurée  : l’enfant n’est pas dans la préméditation. L’enfant sent très bien quand on n’est pas ici et maintenant. Aujourd’hui on fait des formations de pleine conscience pour retrouver ce sentiment de la petite enfance. L’enfant a un esprit scientifique  : répétition, imitation, observation, expérimentation. L’enfant qui par obstination continue quelque chose qui ne nous convient pas il ne le fait pas pour nous embêter mais pour vérifier. Ce n’est pas un caprice. Un enfant ne pense pas comme un adulte.  L’ado est dans la préméditation, l’enfant de 7 à 8 ans aussi.  »

    Donner la priorité à la sécurité affective de l’enfant

    «  Le doudou dans le lit, c’est une histoire intemporelle. Ere où tout le monde en a un. Au départ, c’est bien l’adulte qui donne le doudou. L’enfant se l’approprie ou pas. Il y a l’approche sensorielle  : l’odeur qui offre une bulle. Le doudou sécurise. Si le doudou est en hauteur, c’est adulte qui décide. Laisser le doudou à disposition permet d’avoir un baromètre émotionnel de l’enfant. Spontanément l’enfant porte le bon doudou à celui qui en a besoin. Quand ils n’auront plus de doudou ils auront… un téléphone portable. Ca doit être notre obsession  : l’enfant a besoin de sécurité affective. Il faut l’évaluer. Privilégier les petits groupes.  

    Qu’est-ce qui se dit en présence des enfants, au-dessus de leur tête  ? Quand il y a eu Charlie, les professionnelles ont dit «  tout le monde en a parlé, en présence des enfants  ». Là, elles ne l’ont pas fait car tout le monde était tellement sidéré, impossible d’en parler. Il faut surprotéger les enfants. Surtout dans une collectivité. Il est compliqué de vivre avec la frustration de ne pas pouvoir être dans les bras, de voir les adultes qui vont et viennent, les interactions qui cessent brutalement.

    Il faut se remettre en question, avoir des temps de parole et d’échange. Le jour où on cherche on est dans une démarche professionnelle, plus que le jour où on a trouvé.  Tout a de l’importance dans la relation à l’enfant  : vos postures, regards, cadences, gestes, manière de parler, intention, capacité à être là, toute la communication non verbale. Il est important de prendre du temps, de discuter tout ça en équipe, de réadapter en permanence.

    L’EJE est la garantie du choix pédagogique. Ce choix doit être porté, questionné. Si chacun part sur ses inspirations, il est difficile d’être dans collectivité. Il y a des zones d’influence. On a impression d’être plus efficace quand on est dans la douce violence parce qu’en face, ça va vite, ça ne bronche pas. »

    Retrouver le goût de l’émerveillement…pour une pédagogie du bonheur

    Dans la salle, intervention de Carole Vanhoutte, orthophoniste  :

    «  L’enfant doit vérifier tout l’environnement physique avant de pouvoir faire de la mise en mots. Donc les professionnels doivent permettre les expérimentations. Nous voyons des enfants qui ont 21 mois qui ne sont pas dans la communication. Qu’est-ce qui se passe  ? Pourquoi sont-ils aussi vides  ? Votre mission c’est de garantir que vous pouvez assurer cette sécurité là aussi. La société va très vite, on demande beaucoup de choses aux parents. Ils ont besoin de temps pour expérimenter. On est confronté à ces difficultés d’adultes qui ne s’émerveillent pas de ce que fait l’enfant.» (Carole Vanhoutte est intervenue plus tard en tant que conférencière dans un autre colloque Zoeki dont vous trouverez également le compte-rendu sur GYNGER)

    Christine Schuhl  :

    «  On a fait entrer parents à l’intérieur des crèches et on s’est dit  : comment va être interprété notre travail  ? Il faut qu’on se justifie. Donc il faut faire un maximum d’activités. Logiquement, vous êtes des professionnels, quand on vous a recrutés, on vous a reconnus dans vos compétences. Pas besoin de vous justifier. Si vous dites il y aura cours d’anglais, de piano, vous créez le besoin. L’activisme est une vraie menace. La notion d’émerveillement est très importante. Il faut imaginer des choses qui n’existent pas. Sur tous les jeux on voit écrit «  éducatif  ». On ne peut pas avoir «  émerveillement  »  ? Que le jeu soit là juste pour le plaisir de jouer  ? J’en discutais avec une collègue. Je n’aime pas les enfants d’un amour filial mais ils m’émerveillent. Sur ce qu’ils sont capables de comprendre, de partager, de transmettre. Arrêtez de bouger. On est tout le temps dans le mouvement.  »

    Intervention d’une cadre coordinatrice de crèche en hospitalière  : «  Tout ce que avez décrit, je le vis. On est dans la maltraitance.  »

    Une assistante maternelle indépendante  : «  Beaucoup d’assistantes maternelles n’ont jamais pensé à l’espace de travail. Ce n’est pas du tout réfléchi. Or c’est primordial.  »

    Une question est posée dans la salle sur le fait d’installer un enfant à table sur chaise.

    Une spécialiste des neurosciences, elle aussi dans la salle, répond: «  L’enfant est en construction. S’asseoir sur une chaise, c’est ce qui est le moins naturel pour lui. C’est une recherche d’équilibre permanente. Les petits qu’on installe devant une table avec des accoudoirs, on les voit se lever pour se reposer. Les trois premières années, il est plus stable par terre. La chaise est très contraignante.  »

    Christine Schuhl  : «  A minima, il faut avoir un reposoir pour les pieds.  »

    Elle conclut  : «  On se doit d’avoir une pédagogie du bonheur. D’ici qu’ils grandissent on aura peut-être résolu les maux de notre société. On a un devoir de bonheur.  »

    Bien traiter les professionnels pour leur permettre d’être bien-traitants

    Troisième intervention de la journée  : Licka Sarr, infirmière puéricultrice, formatrice petite-enfance, sur le thème «  la bien-traitance des professionnels essentielle dans la petite enfance  ».

    «  Comment prouver qu’on est capable d’être bienveillant  ? Il y a l’absentéisme, on me dit «  c’est facile à dire, pas facile à faire  ». La personne qu’on recrute  c’est une professionnelle censée pouvoir apporter une fraîcheur. Parfois on veut accueillir un clone de la personne partie. La professionnelle peut se sentir frustrée de ne pas pouvoir apporter ce qu’elle a fait avant. On dit souvent «  tu vas observer pendant une semaine ou dix jours  ». Mais ça veut dire quoi observer  ? Elle peut avoir l’impression d’être une plante verte. Ce n’est pas forcément la meilleure façon d’entrer en contact avec un groupe d’enfants ou avec ses collègues. Il faut faire entendre à la collègue qu’elle est attendue. Pour l’enfant qu’on accueille on s’attache à ses habitudes de vie pour proposer une continuité. Pour l’accueil des professionnels on attend juste qu’elle fasse comme on fait nous, et du coup il n’y a plus de continuité.

    Ce qui compte beaucoup quand on s’adresse à l’enfant c’est la tonalité. C’est pareil pour des adultes. Certains messages sont difficiles à passer auprès des équipes car les choses ne sont pas forcément dites au bon moment.

    J’ai eu l’occasion d’ouvrir une dizaine de crèches. Il est important d’instituer dès le départ des réunions. Il faut poser le cadre. Les directeurs sont le garde-fou. Les professionnels doivent se sentir soutenus et valorisés. Elles doutent de ce qu’elles ont mis en place. Si elles se sont posées la question de ce qui est bien ou pas, du coup, forcément, on fait bien. »

    Melinda, étudiante EJE en 3ème année  :

    «  On nous a conseillé de demander aux collègues qui nous accueillent quelles sont leurs représentations de notre métier. Et de partir de leurs représentations».

    Licka  Sarr répond: «  oui mais il ne s’agit pas de vous fondre totalement dans les représentations. Accordez vous de pouvoir dire ce que vous pouvez apporter. Une touche de fraîcheur, encore une fois.  »

    Dans la salle, une responsable d’un multi-accueil  s’exprime à son tour: «  je suis la déesse de la fertilité. Dans ma structure elles arrivent et partent toutes en congé mater. A chaque fois on accueille une nouvelle collègue qui ne reste que six mois. Ce n’est pas facile.  »

    Catherine, psychologue, intervient  : «  en crèche on est les champions de l’accueil. On a des modèles pédagogiques, éducatifs. Des outils pour maintenir la continuité. C’est fou tout ce qu’on doit à Loczy. Si on nous demandait davantage notre avis, il y aurait moins de problèmes en général.»

    Plus tard, elle livre cette anecdote  :

    «  Je travaillais dans une très grande crèche. Je vois arriver une EJE affolée. Va vite voir Louisette, une auxiliaire, elle est en larmes. Tout le monde pleure parce qu’elle s’en va. Elle avait fait un remplacement de deux ou trois mois. Quelqu’un qui remplace on le sait dès le démarrage. Il y a l’idée que dans les crèches on est dans un bulle, on oublie de forger les outils, de parler de certaines choses. La réalité il faut la connaître. Les auxiliaires ont du travail, ce sont des femmes, elles font des bébés. C’est la réalité.  »

    Pas facile d’accueillir de façon individualisée sous la pression du taux de remplissage

    Licka Sarr reprend la parole  :

    «  Dans une crèche lambda où tous les parents travaillent, il est plus difficile de mobiliser les professionnels sur des projets. Paradoxalement, c’est plus évident en multi accueil, en partenariat avec des centres sociaux.  »

    Catherine, la psychologue a une explication  : «  Nécessité fait loi. Face à des situations graves on se sert les coudes. Trouver de l’entraide dans un contexte de quelqu’un qui demande de l’aide c’est plus facile. Sinon on peut s’endormir dans l’évidence.  »

    Un EJE qui travaille avec des jeunes en grande difficulté (ASE)  : «  Certaines familles ont sentiment qu’on prend leur place. Il n’est pas évident de faire comprendre qu’on est dans un travail en commun. Garder l’intérêt de l’enfant au cœur des problématiques c’est le plus important. Certains professionnels sont grains de sable plutôt que goutte d’huile. »

    Une autre EJE, directrice adjointe en crèche collective, rebondit  : «  Bien accueillir, accompagner, avoir un projet d’accueil individualisé, d’accord. Mais il faut trouver la bonne limite. Par rapport aux familles et aux équipes, si on est trop présent, on ne laisse plus en situation d’autonomie, on se retrouve en situation d’assistanat. Il ne faut pas être dans le sur accueil ou le sur accompagnement. Ca a des incidences. Par exemple, quand on accompagne des familles sur des notions pédagogiques et éducatives, le parent passe pour dire au-revoir, et il glisse «  au fait juste pour vous dire la semaine prochaine, il sera en congé  ». Pour tout ce qui est administratif, il faut toujours rappeler la règle, le cadre. On a plus besoin de le rappeler quand on est dans le sur accompagnement.  » (Au sujet de l’accompagnement des familles, voir notre compte-rendu du précédent colloque Zoeki)

    Licka Sarr  : «  Comment accompagner les professionnels avec les gros mots comme «  optimisation  », «  forcing  », «  remplissage  », «  caf  »  ? Ce sont des réalités, il faut faire avec.  »

    Une auxiliaire de puériculture en crèche privée acquiesce  : «  Au départ ma directrice avait du mal avec les effectifs. Maintenant, à chaque foi qu’un enfant est absent, on tourne avec des occasionnels. On a des enfants en liste d’attente qui viennent remplacer. C’est plutôt une réussite.  »

    Le libre choix du mode d’accueil, un leurre

    Lors de la table-ronde suivante, une assistante maternelle évoque la politique des modes d’accueil  :

    «  Pendant des années on a mis en balance les assistantes maternelles et le collectif. C’est dommage. Ca dépend de la famille, de l’enfant. J’aimerais qu’un jour on puisse travailler ensemble pour le bien être de l’enfant et des familles.»

    Dans la salle, une puéricultrice renchérit  : «  Quand je venais d’être diplômée, en théorie les familles pouvaient choisir leur mode de garde. Quand on refuse à des familles aisées une place en crèche parce qu’ils ont les moyens d’avoir une nounou à domicile, on ne peut plus parler de choix. A contrario une famille avec des petits revenus ne peut pas choisir l’assistante maternelle qui lui coûterait trop cher.  »

    Une responsable de structure livre son expérience  : «  Effectivement en théorie, on devrait pouvoir choisir. Je suis responsable de structure et je participe aux commissions crèches. Quand les parents choisissaient, les parents voulaient absolument la collectivité. D’où le problème du taux d’occupation des assistantes maternelles. Il a été décidé que le parents n’avaient plus le choix. Ils faisaient une demande et on répondait. S’il y avait une demande de 4 ou 5 jours par semaine c’était la crèche. Si la demande était inférieure ou égale 3 jours on mettait en crèche familiale. Il faut bien que les assistantes maternelles travaillent. Donc on ne laisse plus les familles choisir. Aujourd’hui avec les associations, les fédérations, les RAM, le métier est plus sécurisé.  »

    A noter que cela fait longtemps, dans les grandes agglomérations comme dans les zones rurales, que pour les familles la question du libre choix du mode de garde (selon l’intitulé de l’allocation versée par la CAF) est un leurre. Le choix entre accueil individuel ou collectif est une réalité à l’échelle nationale, plus rarement à l’échelle locale. Or, respecter le choix initial d’une famille, c’est peut-être là que commence la bientraitance.

     


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  • La verbalisation


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    Le cerveau des enfants : détour par les neurosciences

     

    Lien entre éducation empathique et développement du cerveau des enfants

    Catherine Gueguen nous invite à revisiter les besoins fondamentaux des enfants à la lumière des dernières découvertes en neurosciences. Leur cerveau est directement entouré par les relations de l’enfant avec son entourage : plus l’éducation reçue est empathique, plus leur cerveau maturera correctement.

    Tout ce que vivent les enfants impacte en profondeur leur cerveau. – Catherine Gueguen

    Pendant toute la petite enfance, le cerveau est extrêmement malléable : toutes les interactions modifient les connexions entre les neurones et l’expression de certains gènes.

    Les relations que nous avons avec nos enfants devraient être aussi empathiques, chaleureuses et soutenantes que possible. Être empathique ne veut pas dire être laxiste. L’adulte pose un cadre et redirige un comportement inadéquat mais sans humilier ni violenter l’enfant.

    L’effet délétère du stress sur le cerveau des enfants

    Tous les enfants humains naissent empathiques et altruistes mais l’immense majorité des enfants subissent des violences verbales, voire physique, dès le plus jeune âge (“tu es méchant”, “tu es insupportable”, “tu es ingérable”, “tu es nul”, “tu arriveras jamais à rien”…).

    Ces violences verbales, parfois même accompagnées de violences physiques, entraînent la production de cortisol (hormone du stress) dans l’organisme de l’enfant. Ce cortisol abîme la substance blanche (connexion entre les neurones), modifie l’expression de certains gènes et impacte l’architecture du cerveau.

    Par ailleurs, un enfant exposé régulièrement à des violences (fessées, gifle, tape, hurlements, humiliation, isolement…) va être colonisé par sa mémoire traumatique (lire : Les effets de la mémoire traumatique et des violences éducatives ordinaires ).

    Les conséquences du stress sur les apprentissages des enfants

    L’hippocampe est la partie du cerveau qui permet de mémoriser et d’apprendre. Le fait d’encourager et de soutenir l’enfant favorise le développement de l’hippocampe. La peur et le stress liés à la violence émotionnelle et physique font diminuer l’hippocampe.

    Apprendre à décoder les émotions des enfants pour cheminer vers une éducation empathique

    La différence entre le cerveau des adultes et celui des enfants

    Le cerveau dit rationnel des adultes (situé “en haut” du cerveau dans le cortex pré frontal) leur permet de prendre du recul, de mettre les événements en perspective, d’analyser les situations et d’éviter que la colère ne dégénère en agressivité ou en crise émotionnelle (encore que ce point soit discutable…).

    A l’inverse, le cortex pré frontal des enfants de moins de 6/7 ans est sous développé. Il ne commence à maturer qu’à l’âge de 5 ans. Il est donc impossible aux jeunes enfants de “gérer” leurs émotions. Les enfants prennent leurs émotions de plein fouet : les tristesses sont d’immenses chagrins; les colères sont explosives.

    Quand les adultes qui entourent les enfants sont empathiques avec eux, leur cortex pré frontal mature plus vite et ces enfants gagnent en capacité à comprendre et apprivoiser leurs émotions.

    Une éducation empathique des enfants dès le plus jeune âge

    Les bébés n’ont pas la parole pour s’exprimer mais il est possible de s’adresser à eux en reflétant leurs émotions à partir de ce qu’ils semblent exprimer par le visage, les pleurs, la posture. Un échange à travers la parole et le regard peut s’établir entre un adulte et un tout petit.

    Avec les enfants qui commencent à accéder au langage, il est possible de continuer à leur parler des émotions en les reflétant, en les exprimant avec des mots puis en laissant l’enfant verbaliser lui-même progressivement ce qu’il ressent.

    Identifier et exprimer nos émotions nous permet à tout âge de calmer notre amygdale, de diminuer le niveau de cortisol dans le sang et d’éviter l’emballement émotionnel.

    Par ailleurs, être connecté à nos émotions, les accueillir sans chercher à les nier ou les minimiser, comprendre leurs messages nous permet de donner un sens à la vie et à prendre toute la mesure de la condition et de l’éthique humaine.

     


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    Laurence Rameau, puéricultrice-formatrice et auteure d’ouvrages sur la petite enfance

     La crèche et la sucette

    Il pleure, il crie, il se met en colère, Oscar n’est pas bien. Il a eu une frustration, a connu un conflit avec un autre enfant ou bien il s’est fait mal. Pour le calmer la solution était assez simple jusqu’à présent : il suffisait de lui donner sa sucette. Sans se poser de question, les professionnels de la crèche la lui présentaient à chaque situation de « malheur » ou lorsqu’il était fatigué, qu’il avait un coup de « mou », en pensant qu’il en avait besoin pour se calmer ou pour se réconforter. Mais depuis la semaine dernière ses parents ont annoncé qu’ils souhaitaient espacer les moments où Oscar a sa sucette. Il a grandi maintenant, la sucette peut rester dans le lit, et ne lui être donnée que pour la sieste.  Que faire ?

    La sucette, la tétine, la tototte, la suce, …

    Quel que soit le nom qu’on lui donne, la sucette pour bébé existe depuis toujours. Autrefois fabriquée en os, en tissu, en liège ou avec des tétines d’animaux comme le pis de vache, elle était une réponse au besoin de succion des bébés qui ne pouvaient sans cesse téter les seins de leur mère ou de leur nourrice. Pourtant, son parcours auprès des enfants est chaotique.

     

    En 1910 il existait une loi qui interdisait la fabrication et la vente des sucettes en caoutchouc car elles étaient considérées comme dangereuses pour la santé des enfants. Elles étaient porteuses de microbes et favorisaient les infections. Elles provoquaient de l’aérophagie car les enfants avalaient de l’air en la suçant. Elles fatiguaient les enfants qui la suçaient de manière trop prolongée. Elles provoquaient des déformations de la mâchoire et étaient même susceptibles d’être à l’origine de décès par étouffement.

     

    Dans les années 1960 elle entraine les débats passionnés des spécialistes de l’enfance, des médecins et du monde de la puériculture en général 

    [1]

    . Ce petit objet en caoutchouc a réellement mis en transe nombre de grandes dames et de grands messieurs de l’éducation infantile. En effet, devenue populaire en 1950 par l’entremise du bon docteur Spock 

    [2]

    qui la considérait comme nécessaire à l’assouvissement des besoins de succion du bébé, elles se propage dans les familles qui y voient une alternative pour l’empêcher de sucer son pouce. Mais elle compte aussi de nombreux détracteurs qui dénoncent une manière de « museler » le bébé pour l’empêcher de s’exprimer ou une sorte de drogue conduisant directement à l’usage ultérieur de la cigarette. Au sein même des familles, la guerre se prolonge entre les pro et les anti sucette. Le pouce contre la sucette, la sucette contre le pouce : quel est celui qui est le mieux pour la santé, ou le moins néfaste ?

     

    Ce n’est que dans les années 1980 qu’on la voit apparaitre dans les pharmacies et les rayons de puériculture des grandes surfaces. Avec l’apparition de la sucette culpabilisant. La paix est revenue autour de ce petit objet, lui-même appelé pacificateur dans les pays anglo-saxon. La sucette, objet de satisfaction et d’apaisement des bébés, est aujourd’hui positivée par les études qui montrent qu’elle diminuerait le risque de mort subite du nourrisson et agirait comme antidouleur.

     

    La question n’est plus aujourd’hui de savoir si oui ou non il faut proposer la sucette à son bébé mais de savoir à quel moment et comment l’aider à s’en séparer.

    La sucette à la crèche

    La présence de la sucette à la crèche est depuis les années 1980 largement acceptée et encouragée par les professionnels. Des boites ou arbres à sucettes permettent de ne pas mélanger les sucettes des uns et des autres et, généralement, les enfants ont librement accès à leur sucette. Par contre, à l’instar des parents, les professionnels se posent des questions quant au fait de limiter ou de refuser de donner une sucette à un enfant qui la demande.

     Toute la difficulté des équipes de crèches se trouve dans l’écart perçu entre les différentes facettes de leurs missions. D’une part il s’agit de mettre en œuvre les conditions requises pour accueillir l’enfant en favorisant son développement et son bien-être, c’est-à-dire répondre au mieux à ses besoins. Et d’autre part il convient d’accompagner les parents dans leurs missions éducatives. De ce fait les professionnels doivent-ils écouter l’enfant et son besoin de sucette ou le parent et son choix éducatif ?

    D’un côté les professionnels peuvent penser que cette demande parentale est trop précoce pour l’enfant. Ils comprennent que les parents puissent avoir envie que leur enfant passe moins de temps à sucer et plus de temps à jouer, à explorer, c’est-à-dire à apprendre. Ils comprennent aussi que pour s’essayer au langage, mieux vaut ne pas avoir une sucette dans la bouche. Mais ils relativisent aussi et considèrent que l’enfant est encore petit, que la crèche n’est pas l’école et qu’il est possible de prendre son temps…En fonction de chaque enfant.

    De l’autre il est vrai aussi que les parents exigent parfois des professionnels une attitude qu’ils ne peuvent pas tenir eux-mêmes. Ils ne veulent pas que l’enfant ait sa sucette à la crèche alors qu’ils se précipitent pour la lui donner dès qu’ils arrivent. A l’inverse les parents sont parfois étonnés que l’enfant réclame sa sucette à la crèche alors qu’à la maison il semble ne jamais en avoir besoin ! Est-ce parce qu’il s’ennuie ou a besoin de se rassurer ? Ou est-ce parce qu’il a déjà appris qu’à la maison la sucette est moins disponible qu’à la crèche ?

     

    Bref chaque cas est particulier.

    Comment fait-on dans les crèches Koalakids ?

    Dans les crèches Koalakids la particularité de chaque famille est prise en considération. C’est-à-dire que les professionnels écoutent à la fois la parole des parents et aussi celle de l’enfant. Lorsque des parents souhaitent que leur enfant ait moins accès à sa sucette et en font la demande à la crèche, les professionnels créent avec eux une alliance éducative. Ils respectent le choix parental et expliquent à l’enfant que ses parents ont choisi pour lui ce qui est le mieux. Ils positivent le choix parental devant l’enfant lorsque celui-ci réclame sa sucette : « papa et maman ont raison de te refuser la sucette, car ils estiment qu’il y a plein d’autres choses à faire à la crèche. Viens avec moi pour lire un livre, ou préfères-tu faire un câlin ? »

    Mais les professionnels portent aussi la parole de l’enfant aux parents : « Oscar a fait beaucoup d’efforts aujourd’hui pour se détourner de sa sucette, alors qu’il en avait très envie. La fin de la journée a été compliquée pour lui, il avait du chagrin. Seriez-vous d’accord pour l’autoriser à l’avoir en toute fin d’après-midi, lorsque les départs des enfants s’annoncent et qu’il se retrouve un peu seul ? » Un chemin est engagé par les parents et suivi par les professionnels, mais il concerne l’enfant et ce qu’il montre doit aussi être dit en toute objectivité et entendu des parents.

     Le sujet n’est donc pas de savoir si les parents ont raison ou tort de limiter la sucette pour leur enfant. Il ne porte pas non plus sur la position éducative des professionnels au sujet du retrait ou pas de la sucette à l’enfant. Il s’agit de soutenir les parents dans leur choix, toujours considéré comme valable et opportun, et de leur indiquer ce que l’enfant montre à la crèche, en leur absence. C’est ainsi qu’une réelle confiance peut s’établir entre tous : les parents, les professionnels et l’enfant. Et les enfants ont grand besoin de sentir cette confiance et cette alliance que les adultes créent entre eux à leur endroit.

     

    [1]

    Voir à ce sujet le célèbre livre de Genevève Delaisi de Parseval et Suzanne Lallemand, L’art d’accommoder les bébés, paru pour la première fois en 1980 et qui décrit, entre autre, l’histoire tumultueuse de cet objet de puériculture.

    [2]

    Le docteur Spock est un pédiatre américain de renom qui influença les pratiques d’élevage des jeunes enfants avec son livre: Comment soigner et éduquer son enfant, publié en 1946

     

     

     


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  • La Tétine

    article issu de : https://www.la-maison-bleue.fr

    La tétine pour nourrisson et jeune enfant a pour but de répondre au besoin de succion de l'enfant. Si nous devons répondre à ce besoin, il est cependant important de connaître les risques d'un usage abusif et de savoir y remédier.

    1. Origine de la tétine

    La tétine artificielle est évoquée dès l'antiquité, au IIe siècle par un médecin grec, pour sevrer le nourrisson. Il faut attendre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe pour trouver des réflexions portant sur la tétine à proprement parler. Elles sont alors en corail, en os, en buis ou en ivoire, parfois montées sur liège...

    En 1786, Felipo Baldini rédige un ouvrage sur l'allaitement à la main, et propose un modèle en verre, présenté comme "un vaisseau tenant lieu de mamelle".

    Au début du XIXe siècle, les études commencent à porter sur le système de succion.

    Aujourd'hui, il existe 2 types de tétine, répondant chacune à une fonction différentes :

    la tétine de biberon, disposant d'une fente ou d'un trou central, permettant l'acheminement d'un liquide

    - la tétine simple, uniquement destinée à être tétée.

     

    2. Réglementation

    Elle impose en France une inertie chimique du matériau, qui doit répondre aux conditions habituelles pour le contact alimentaire :

    * Arrêté du 25 Novembre 1992, relatif aux matériaux et objets en élastomères de silicone destinés à être mis en contact de denrées, produits et boissons alimentaires

    Décret n°92-631 du 8 Juillet 1992, relatif aux matériaux et objets destinés à entrer au contact des denrées, produits et boissons destinés à l'alimentation de l'homme ou des animaux

    Arrêté du 19 Décembre 1988 relatif aux règles de base nécessaires à la vérification de la migration des constituants de matériaux et d'objets en matière plastique au contact des denrées, produits et boissons alimentaires.

     

    3. Forme et fonctions de la tétine simple

    3.1 La forme

    La tétine est formée d'une téterelle (1), partie souple qui entre dans la bouche, fixée sur une collerette (2) qui reste à l'extérieur de la bouche, contre les lèvres. Sa forme ergonomique est adaptée à l'espace compris entre la langue et le palais du bébé ou du jeune enfant. Elle s'entretient quotidiennement à l'eau savonneuse.

    3.2 La fonction

    La tétine simple est utilisée pour satisfaire le besoin de succion de l'enfant. Pour un bébé, la succion est un réflexe naturel, en place dès la vie intra-utérine. Le nourrisson conserve ce fort besoin de succion, besoin physiologique qui lui apporte plaisir et détente.

     

    4. L'usage de la tétine en crèche

    4.1 Dès la 1ère semaine d'accueil

    L’usage de la tétine est évoqué avec les parents lors des premières rencontres et les renseignements sont inscrits dans le recueil des habitudes de vie à la maison. S'ils le souhaitent, ils peuvent amener celle de la maison à la crèche. L'attache tétine est interdite pour des raisons de sécurité. De même la tétine ne sera jamais attachée au Doudou ; d’une part parce que tétine et Doudou ne remplissent pas la même fonction et d’autre part parce que le doudou fait peser un poids supplémentaire contrariant le besoin de succion. 

    4.2 Au quotidien

    Elle est laissée à la disposition de l'enfant :

    * le nourrisson

    Il n'est pas encore en capacité motrice "d'aller chercher sa tétine" : Les tétines sont donc rangées dans un endroit clairement identifié et facilement accessible et les professionnels lui présentent dès qu'ils observent un besoin de succion. Nous prêtons une attention particulière pour ne pas utiliser la tétine comme "stop" aux pleurs : les pleurs sont un moyen pour le nourrisson de communication et il nous appartient, à nous adultes, de les décoder. Ils peuvent en effet manifester la faim, la fatigue, mais aussi le besoin d'être rassuré, contenu, porté.

    * le petit enfant

    Il se déplace et peut aller chercher sa tétine, rangée dans une pochette murale, une boîte à tétines ou accrochées dans un arbre à tétines. Il appartient alors à l'adulte d'observer l'usage que l'enfant en fait (mouvements de succion), et de lui demander de la poser s'il en fait un autre usage : la mordiller, la garder simplement en bouche.

    Cependant la tétine doit toujours rester à disposition de l'enfant ou au moins dans un endroit visible et repéré pour l'enfant.

     

    5. Les risques d'un usage abusif

    5.1 La tétine et l'acquisition du langage

    Avec la tétine en bouche, l'enfant ne peut pas mouvoir de façon naturelle sa langue, ses lèvres ne sont pas fermées lorsqu'il veut émettre un son. Ces troubles de l'articulation rendent la parole inintelligible, d'où l'importance d'inviter l'enfant à laisser sa tétine dès qu'il veut s'exprimer, voire lui enlever le temps de l'échange.

    5.2 La tétine et la déglutition

    La déglutition primaire ou infantile se caractérise par une poussée de la langue entre les arcades dentaires, la contraction des muscles des lèvres et des joues. Elle est favorisée par la succion.

    Si la présence de la tétine n'est pas accompagnée de succion, la force musculaire de la langue et des lèvres est amoindrie, ce qui entraîne souvent un écoulement de salive constant.

    La persistance de la tétine alors que la dentition se met en place peut entraver la mise en place de la déglutition secondaire, vers 3 ans : lèvres jointes, langue contenue à l'intérieur des arcades dentaires.

     

    Conclusion

    La tétine vient combler au départ un besoin de succion et nous devons veiller que cela ne devienne pas une habitude pour l’enfant qui répond par ce biais à d’autres besoins inassouvis. Si la plupart des enfants s’en séparent naturellement au fur et à mesure de leur développement, certains enfants peuvent avoir du mal à s’en passer.  Dans ce cas, le parent / le professionnel accompagnera l’enfant sous forme de jeu ou de mise en scène d’un adieu à la tétine. Rien de tel que de s’appuyer sur une histoire pour mettre en scène le départ définitif de la tétine !  

     

    Quelques ouvrages de littérature infantile sur le sujet

    • "Je me souviens...", Bénédicte Guettier, L'école des loisirs
    • "La tototte", Barbro Lindgren et Olof Landström, l'école des loisirs
    • "La tétine de Nina", Christine Naumann-Villemin, Kaléidoscope
    • "La lune voleuse", Pablo Albo et Pierre Pratt, Oqo éditions

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  • article issu de : https://www.cairn.info

     


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  • Du bon usage de la tétine à la crèche

    article issu de : https://blog.maplaceencreche.com

    Tototte, tétine, sucette … Peu importe le nom qu’on lui donne, elle fait partie du quotidien des parents et des professionnels de crèche. Aujourd’hui le débat pour ou contre la tétine n’est plus de mise. En revanche celui qui tourne autour de son usage déchaine encore quelques passions et tensions entre parents et pros. On fait le point.

     

    Un besoin de succion reconnu

    Aujourd’hui tous les spécialistes sont unanimes, le bébé a besoin de téter, d’ailleurs déjà dans le ventre maternel certains fœtus sucent leur pouce. Le bébé tète pour se nourrir bien sûr mais pas seulement ! Son besoin de succion va au-delà. Téter le rassure, le calme, le console. Par la succion, et le plus souvent via sa tétine, le petit enfant se sent en sécurité. C’est d’ailleurs pourquoi quand un petit enfant pleure, la tétine a un effet magique quasi immédiat. C’est aussi pourquoi c’est avec sa sucette qu’il s’endormira plus facilement. Mais pour lui téter est aussi tout simplement un plaisir.

     

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    En collectivités : la tétine à la demande

    Dès lors à la crèche, tout naturellement les bébés qui ont l’habitude (certains ont choisi leur pouce ou plusieurs doigts ou encore l’oreille de leur doudou) sont accueillis avec leur tétine. Aujourd’hui la plupart des professionnels de la petite enfance militent pour un libre accès de la tétine. Les enfants les prennent et les enlèvent quand ils le veulent (le plus souvent quand ils jouent). On ne la réserve pas aux moments de repos. Car la tétine est aussi réconfortante quand on attend son tour pour manger, quand un petit copain a piqué son jouet ou l’a mordu … Jamais on n’arrache une tétine à un enfant, jamais non plus on ne lui met d’office comme un bouchon anti-pleurs. Un bébé qui pleure a d’abord besoin d’un gros câlin. En revanche, les pros sont attentifs à la façon dont les petits « consomment » leur tétine. Car un bébé qui ne s’en détacherait jamais au cours de la journée serait un bébé qui ne se sent pas en sécurité.

    Quand et comment en sevrer les petits

    Là est la grande question. Comment faire lâcher la « totottte » à son petit Arthur de 2 ans et demi ? En principe progressivement le besoin de succion-non nutritionnelle pour se rasséréner s’estompe pour disparaître entre 2 ou 3 ans. L’enfant trouve d’autres moyens de se sécuriser puisqu’il acquiert le langage et peut exprimer ses besoins par la parole.

    Certaines crèches dès la grande section demandent aux enfants de déposer leur tétine dans une boîte, un arbre à tétines ou dans leur casier le matin. Et les professionnels leur proposent de la reprendre au moment de la sieste pour l’endormissement ou en cas de gros chagrin car même a cet âge elle n’a pas totalement perdu ses vertus réconfortantes. Mais les choses doivent se faire en douceur et en accord voir sur proposition des parents. L’idéal étant que chacun ait la même attitude sinon l’enfant ne s’y retrouve pas !

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    La tétine au cœur de certains débats entre parents et crèches

    Nombre de professionnels de crèches reprochent aux parents leur usage immodéré de la tétine pour clouer le bec à leur enfant dès qu’il pleure, crie ou s’exprime un tantinet trop fort. Stéphanie, auxiliaire de puériculture raconte : « Quand les parents viennent chercher leur enfant le soir, je remarque que même si ceux-ci ne demandent rien, comme un réflexe, une fois le petit installé dans la poussette, ils leur collent la tétine dans la bouche ! Et ce sont les mêmes qui nous demandent un coup de main pour les en sevrer ».

    A l’inverse certains parents considèrent que la crèche ne les accompagne pas dans leur envie de faire lâcher la tétine à leur enfant en la lui proposant systématiquement pour la sieste et surtout ne comprennent pas la pagaille qui règne dans les sections entre les tétines. « On nous demande d’identifier la tétine de notre enfant, on donne une boîte avec son nom écrit dessus remarque Estelle, la maman d’Enzo, et le soir on retrouve la boîte avec la tétine d’un autre enfant ». Anaïs, maman d’un petit Gaspard de 19 mois s’insurge : « Bonjour l’hygiène, l’autre jour j’ai retrouvé Gaspard avec la tétine d’un autre dans la bouche ! ». Silvia, elle, remarque avec humour : « Je ne sais pas ce qu’ils font des sucettes à la crèche de Lucile. En principe il y a en a une qui reste toujours sur place et presque toute les semaines on me demande d’en apporter une autre. J’en déduis qu’il y a vrai un trafic de tétines ! Elles circulent beaucoup, se perdent … ».

    À cela les professionnels répondent : évidemment c’est dommage mais enfin les microbes ont mille et une autres façons de se propager à la crèche. Les enfants manipulent et portent à la bouche les jouets et les jouets appartiennent à tous ! Néanmoins la plupart des crèches désinfectent les tétines et les boîtes à tétines chaque jour et sont plus vigilantes encore sur les « échanges de totottes » volontaires ou involontaires quand les enfants sont malades.

    Malgré ces petites tensions, en général parents et pros vont dans le même sens et l’enfant décide quand il est prêt. Et alors là, pas la peine de lui donner sa tototte, il la refusera. Il suffit d’un déclic : un changement de sucette qui ne lui convient pas, un oubli auquel il a survécu ou tout autre événement. Telle Gemma, 2 ans qui, après un week-end avec son cousin du même âge qui n’avait plus de tétine, a décidé (et l’a fait savoir haut et fort à sa maman et à la crèche) de renoncer à jamais à l’objet tant aimé !

    Marie Desplumes


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  • Le jeu du transvasement

    article issu de : https://courgetteandco.com

    Le transvasement

    L’activité

    Ce dont j’ai besoin

    –          Une assiette avec des pâtes, graines, cailloux ou objets de votre choix

    –          Un contenant dans lequel l’enfant peut transvaser les objets choisis

    –          Un objet qui permet de transvaser (cuillère, bouteille…), en l’occurrence pour cette première fois Jules a utilisé sa main pour transvaser.

    Les objectifs

    En général, les petits adorent ces activités. Cependant, nous pouvons nous demander quels sont les objectifs de ce type de travaux très largement proposés par les structures pour enfants.

    Par le fait qu’elle demande à l’enfant de remplir, de vider, de se concentrer, de découvrir différentes matière….cette activité lui apporte beaucoup et sur différentes dimensions.

    La dimension psychologique et physiologique

    Les  jeux de transvasement permettent à l’enfant de distinguer le dedans du dehors, le contenant et le contenu, tout est basé la dessus. Ces expériences  peuvent se rapprocher de ce qui se passe dans leur corps (manger = remplir et aller à la selles = verser), Maria Montessori préconisait d’utiliser le transvasement pour faciliter l’apprentissage de la propreté, cela l’aide le mécanisme.

    La dimension motrice

    Cette activité permet également d’améliorer la motricité fine et la dextérité.

    Comme je vous l’ai décrit ci-dessus, j’ai proposé à Jules l’activité avec 2 types de matières (pâtes = gros et quinoa= fin). Lorqu’il utilisait le quinoa, il devrait plus se concentrer pour pouvoir transvaser ce qu il avait pris dans la main, dans son bol.

    Ce jeu évolutif dans le temps. Nous pouvons, par exemple, présenter des contenants plus petits par la suite pour renforcer la concentration et la motricité fine. Enfin, il est également possible de proposer à l’enfant un objet pour transvaser (cuillère ou bouteille par exemple) ce qui lui permettra de développer un nouveau geste.

    Dimension sensorielle

    Cette activité participe, également, à l’éveil sensoriel de l’enfant, par le toucher, l’ouïe, la vue. En effet, avant de commencer l’activité, Jules a passé un moment à toucher, explorer, malaxer le matériel proposé. Il découvrait ces 2 ingrédients pour la première fois.

    Bilan

    Ce que j’ai personnellement aimé avec cette activité c’est que d’une part elle est très simple à mettre en place et qu’elle est évolutive avec les progrès de l’enfant. Jules a adoré ce jeu donc je réitère régulièrement.


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  • article issu de : https://www.lacourdespetits.com

    Motricité fine et activité sensorielle : la pâte à modeler au service de Montessori

    Dans le cadre de la semaine de la pâte à modeler, que j’organise sur le blog, j’ai choisi aujourd’hui de vous proposer une activité éducative avec de la pâte à modeler.

    On est habitué à utiliser la pâte à modeler pour des activités manuelles créatives, mais elle peut aussi être utilisée comme base d’activités éducatives. Elle est même particulièrement efficace, car elle fait appel aux sens : toucher, vue et même odorat. Rien que cela fait de la pâte à modeler une activité sensorielle idéale pour la pédagogie Montessori.

    J’ai choisi, pour ma part, d’utiliser la pâte à modeler dans une activité sensorielle et faisant appel à la motricité fine. Une belle activité Montessori facile à mettre en place.

    Motricite fine et activite sensorielle

    Le matériel nécessaire pour cet « atelier » motricité fine

    Pour cette activité Montessori, très simple et rapide à mettre en place, il vous faudra :

    • quelques pâtes à modeler de différentes couleurs (j’ai utilisé 2 pâtes à modeler Giotto ainsi que 2 couleurs de la pâte à modeler faite maison),
    • des crayons ou feutres, assortis aux couleurs des pâtes à modeler,
    • une feuille blanche,
    • des ciseaux bébé.

    Pâte à modeler motricite fine materiel

    Ni plus, ni moins, qui a dit que les activités Montessori nécessitaient du matériel onéreux ?!

    Comment mettre en place cette activité ?

    La 1ère étape de cette activité consiste à façonner des petites boules de pâte à modeler, ou des petits bouts.

    Nous l’avons fait de 2 façons :

    • en découpant des serpents de pâte à modeler aux ciseaux,
    • en façonnant des petites boules à la main.

    Découper des serpents de pâte à modeler

    Tout d’abord, j’ai demandé à Mr Y. de faire des petits serpents de pâte à modeler. Cette activité à elle toute seule permet d’exercer le travail de la main.

    Pâte à modeler motricite fine

    Ensuite, je lui ai proposé de découper ses serpents à l’aide de ciseaux.

    Mr Y. adore utiliser des ciseaux depuis quelques temps, il commence à bien maîtriser le geste (tellement qu’il refuse d’utiliser les ciseaux de bébé qui s’ouvrent automatiquement).

    Pâte à modeler ciseaux motricite fine

    Pour le découpage de la pâte à modeler je préfère que les enfants utilisent les ciseaux de bébé en plastique. C’est plus simple à nettoyer et ça évite d’abimer les lames en métal de leurs ciseaux à papier. Et puis ces ciseaux en plastique étant parfaitement incapables de couper le moindre bout de papier, autant qu’ils servent à quelque chose !

    Nous avons aussi confectionné des petites boules de pâte à modeler à la main, en arrachant, pinçant, malaxant, roulant…. bref, en faisant travailler les petits doigts.

    Pâte à modeler motricite fine Montessori

    Classer les boules de pâte à modeler

    La 2ème partie de l’activité consiste à placer chaque morceaux de pâte à modeler ainsi obtenu dans un petit rond de même couleur.

    Pour cela, j’ai simplement tracé des cercles de couleur (assortie aux couleurs des pâtes à modeler) sur la feuille de papier.

    Activite Montessori couleurs

    J’ai ensuite montré à Mr Y. comment placer une boule de pâte dans un cercle de même couleur. J’ai simplement mis une boule violette dans un cercle violet en énonçant la couleur : « violet ». Il a tout de suite compris et a fait pareil avec les autres boules (en disant également les couleurs en plus !).

    Activite Montessori pate a modeler

    Cette tâche permet de travailler le tri par couleurs mais aussi la motricité fine (certains cercles étaient vraiment petits).

    Pâte à modeler tri des couleurs

    En réalité, Mr Y. a fait les 2 parties de l’activité de simultanément : découpage d’une couleur de pâte à modeler et placement dans un cercle coloré.

    Il a beaucoup aimé cette activité qui fait appel à la motricité fine sous 2 aspects :

    • le façonnage de serpents puis de petites boules de pâte à modeler et éventuellement le découpage avec des ciseaux,
    • le placement des billes de pâte à modeler dans des petits cercles.

    C’est aussi une activité sensorielle à 2 titres :

    • le toucher de la pâte à modeler,
    • le tri des couleurs.

    Une vraie activité éducative et amusante pour les plus jeunes ! La pâte à modeler est vraiment une source d’activités inépuisable.Montessori activite sensorielle


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  • La pâte à modeler, c'est bon pour quoi ?

    article issu de : https://www.enfant.com

    Au même titre que les crayons de couleur ou les feutres, la pâte à modeler est un classique des années maternelle et même avant ! Universelle, indémodable et tellement variée, la pâte à modeler reste l’un des jeux préférés des petits. C'est fou tout ce qu'elle peut apporter à votre jeune artiste !

    La pâte à modeler, idéale pour développer le toucher et la motricité fine

    • Comme l’argile, la pâte à sel ou la terre, la pâte à modeler est une excellente activité de manipulation. Grâce à elle, votre tout-petit exercera sa motricité fine. Pour créer un chef-d'œuvre, il faut modeler, découper, ajuster, rouler, assembler, pétrir, aplatir... Bref, faire travailler ses dix doigts afin d'assurer son geste en vue d'obtenir un résultat satisfaisant. Pas si simple !
    • Et aussi : lorsque votre enfant manipule sa pâte à modeler, examinez quelle main il utilise en priorité. Un bon moyen pour vérifier s'il va devenir droitier ou gaucher.

    La pâte à modeler, bonne pâte pour solliciter l'imagination

    • Avec la pâte à modeler, votre enfant peut jouer des heures à créer et inventer des personnages, des animaux, des aliments, des fleurs, des formes... De plus, ce fantastique matériau permet de faire évoluer une production. Il peut rater, recommencer, faire, défaire contrairement au dessin qui lui laisse une trace !
    • Non seulement, la pâte à modeler permet à votre enfant de reproduire en trois dimensions ce qu’il imagine, mais en plus il peut créer des ronds, des boudins, des serpents... ce qui développe son aisance manuelle en plus de sa coordination œil/main.
    • Et aussi : faire de la pâte à modeler est très apaisant pour un enfant actif car il s'agit d'un travail individuel et personnel qui exige de la concentration.

    La pâte à modeler, super pour éveiller l'esprit

    • Avec ses couleurs, ses odeurs, ses textures multiples (aujourd'hui, on trouve des pâtes à modeler qui reproduisent la couleur et le granuleux du sable, l'odeur de la fraise…), la pâte procure diverses sensations.
    • Quand il crée des boules par exemple, votre petit modeleur débute l’apprentissage des formes et appréhende également la notion de taille. Petite ou grande la boule ?
    • Et aussi : créer des formes en volume (un bonhomme, par exemple) aide votre enfant à avoir une bonne représentation de son corps.

    Safia Amor avec Pascal Iglesia, professeur des écoles.


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  • article issu de : Métiers de la petite enfance / février 2015

     


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