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    Décryptage du décret concernant l’autorisation et le fonctionnement des établissements et services d’accueil des enfants de moins de six ans 

    Un décret relatif aux établissements et services d'accueil des enfants de moins de six ans précise que les établissements et les services d'accueil non permanent d'enfants veillent à la santé, à la sécurité, au bien-être et au développement des enfants qui leur sont confiés.

    Dans le respect de l’autorité parentale, ils contribuent à leur éducation. Ils concourent à l’intégration des enfants présentant un handicap ou atteints d’une maladie chronique qu’ils accueillent. Ils apportent leur aide aux parents pour favoriser la conciliation de leur vie professionnelle et de leur vie familiale.

    Ils comprennent :

    • Les établissements d’accueil collectif, notamment les établissements dits « crèches collectives » et « haltes-garderies », et les services assurant l’accueil familial non permanent d’enfants au domicile d’assistants maternels dits « services d’accueil familial » ou « crèches familiales » ;
    • Les établissements d’accueil collectif gérés par une association de parents qui participent à l’accueil, dits « crèches parentales » ;
    • Les établissements d’accueil collectif qui reçoivent exclusivement des enfants âgés de plus de deux ans non scolarisés ou scolarisés à temps partiel, dits « jardins d’enfants » ;
    • Les établissements d’accueil collectif dont la capacité est limitée à dix places, dits « micro-crèches » ;

    L’ensemble de ces établissements et services peuvent organiser l’accueil des enfants de façon uniquement occasionnelle ou saisonnière en application de l’article R2324-46-1 du Code de la santé publique (CSP). Un même établissement ou service dit « multi-accueil » peut associer l’accueil collectif et l’accueil familial ou l’accueil régulier et l’accueil occasionnel.

    Procédure d’autorisation

    Le dossier de demande d’autorisation de création, d’extension et de transformation d’établissements et services accueillant des enfants de moins de six ans comporte également une copie de la décision d’autorisation d’ouverture au public (article L111-8-3 du Code de la construction et de l’habitat) et des pièces justifiant cette autorisation, et, le cas échéant, copie de la déclaration au préfet prévue pour les établissements de restauration collective à caractère social et des avis délivrés dans le cadre de cette procédure.

    Le président du conseil général dispose d’un délai de trois mois, à compter de la date à laquelle le dossier est réputé complet, pour notifier sa décision d’accorder ou de refuser l’autorisation de création, d’extension et de transformation d’établissements et services. L’absence de réponse vaut autorisation d’ouverture. Le dossier est réputé complet lorsque, dans un délai d’un mois à compter de sa réception, le président du conseil général n’a pas fait connaître au demandeur, par lettre recommandée avec avis de réception, les informations manquantes ou incomplètes.

    Après réception du dossier complet, le président du conseil général sollicite l’avis du maire de la commune d’implantation. Cet avis lui est notifié dans un délai d’un mois. A défaut de notification dans ce délai, l’avis est réputé avoir été donné. Ces délais sont applicables aux demandes portant sur la transformation ou l’extension d’établissements ou services d’accueil existants. Le refus d’autorisation ne peut être fondé sur des exigences supérieures à celles fixées aux articles R2324-18, R2324-29, R2324-30, R2324-31, R2324-33, R2324-34, R2324-36, R2324-36-1, R2324-37, R2324-37-2, R2324-41, R2324-42 du CSP, aux premier, deuxième, troisième et sixième alinéas de l’article R2324-43 et à l’article R2324-44 du CSP. L’autorisation peut être délivrée, à titre conditionnel, si le nom et la qualification du directeur, du référent technique, ou, dans les établissements à gestion parentale, du responsable technique, ne sont pas connus à sa date de délivrance. En ce cas, le gestionnaire établit au plus tard quinze jours avant l’ouverture de l’établissement ou du service qu’il satisfait aux exigences des articles R2324-34, R2324-35, R2324-36 et R2324-46 du CSP.

    L’autorisation délivrée par le président du conseil général mentionne : les prestations proposées, les capacités d’accueil et l’âge des enfants accueillis, les conditions de fonctionnement, notamment les jours et horaires d’ouverture, les effectifs ainsi que la qualification du personnel. Sous réserve de l’application du dernier alinéa de l’article R2324-19 du CSP, l’autorisation mentionne également le nom du directeur, du référent technique ou, pour les établissements à gestion parentale, du responsable technique, lorsque celui-ci dirige l’établissement ou le service. L’autorisation peut prévoir des capacités d’accueil différentes suivant les périodes de l’année, de la semaine ou de la journée, compte tenu des variations prévisibles des besoins d’accueil.

    Le président du conseil général dispose d’un délai de trois mois à compter de la date à laquelle le dossier est réputé complet pour notifier à la collectivité publique intéressée son avis, dans le cas d’une création, extension ou transformation d’établissements décidée par la collectivité publique. L’absence de réponse vaut avis favorable. Les dispositions des deuxième et quatrième alinéas de l’article R2324-19 du CSP et, sauf dans le cas d’une demande formée par la commune d’implantation, du troisième alinéa de cet article sont applicables à la demande d’avis. L’avis ne peut être défavorable que dans les cas prévus au cinquième alinéa de l’article R2324-19.

    Dans le cadre de la procédure d’autorisation ou d’avis de création, d’extension ou de transformation, une visite sur place de l’établissement ou du service est effectuée préalablement par le médecin responsable du service de protection maternelle et infantile, ou par un médecin ou une puéricultrice appartenant à ce service ou, à défaut, par un professionnel qualifié dans le domaine de la petite enfance, appartenant à ce service, qu’il délègue (et non plus seulement par un médecin du même service).

    Organisation et fonctionnement

    La capacité des jardins d’enfants est limitée à quatre-vingts places par unité d’accueil.

    Taux de surnombre

    Sous réserve du respect des dispositions du premier alinéa de l’article R2324-17 du CSP concernant les missions des établissements et services et de l’article R2324-43 du CSP concernant les effectifs d’encadrement des enfants et à condition que la moyenne hebdomadaire du taux d’occupation n’excède pas cent pour cent de la capacité d’accueil prévue par l’autorisation du président du conseil général ou figurant dans la demande d’avis qui lui a été adressée, des enfants peuvent être accueillis en surnombre certains jours de la semaine, dans le respect des limites suivantes :

    • Dix pour cent de la capacité d’accueil pour les établissements ou services d’une capacité inférieure ou égale à vingt places ;
    • Quinze pour cent de la capacité d’accueil pour les établissements ou services d’une capacité comprise entre vingt et une et quarante places ;
    • Vingt pour cent de la capacité d’accueil pour les établissements ou services d’une capacité supérieure ou égale à quarante et une places.

    Les locaux et leur aménagement doivent permettre la mise en œuvre du projet d’établissement ou de service (article R2324-29 du CSP). Celui-ci comprend notamment :

    • un projet éducatif précisant les dispositions prises pour assurer l’accueil, le soin, le développement, l’éveil et le bien-être des enfants ;
    • un projet social, précisant notamment les modalités d’intégration de l’établissement ou du service dans son environnement social et les dispositions prises pour faciliter l’accès des enfants de familles rencontrant des difficultés du fait de leurs conditions de vie ou de travail ou en raison de la faiblesse de leurs ressources (articles L214-2 et L214-7 du Code de l’action sociale et des familles) ;
    • le cas échéant, les dispositions particulières prises pour l’accueil d’enfants présentant un handicap ou atteints d’une maladie chronique.
    • Pour les services d’accueil familial, les modalités de formation continue des assistantes maternelles, du soutien professionnel qui leur est apporté et du suivi des enfants au domicile de celles-ci

    Une unité d’accueil est un espace aménagé pour offrir, de façon autonome, aux enfants qui y sont accueillis l’ensemble des prestations et des activités prévues par le projet d’établissement. Un même établissement peut comprendre plusieurs unités d’accueil distinctes.

    Le règlement de fonctionnement des établissements et services précise notamment les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’établissement ou du service, et notamment les horaires et les conditions d’arrivée et de départ des enfants.

    Personnels

    La direction d’un établissement ou d’un service d’accueil d’une capacité inférieure ou égale à quarante places peut être confiée soit à une puéricultrice diplômée d’Etat justifiant de trois ans d’expérience professionnelle, soit à un éducateur de jeunes enfants diplômé d’Etat justifiant de trois ans d’expérience professionnelle, sous réserve qu’il s’adjoigne le concours, dans les conditions définies par l’article R2324-40-1 du CSP, d’une puéricultrice diplômée d’Etat ou, à défaut, d’un infirmier ou d’une infirmière diplômé d’Etat justifiant au moins d’une année d’expérience professionnelle auprès de jeunes enfants.

    Les « micro-crèches » sont dispensées de l’obligation de désigner un directeur. En ce cas, les dispositions des articles R2324-34, R2324-35 et R2324-40-1 du CSP ne leur sont pas applicables. Le gestionnaire de l’établissement est tenu de désigner une personne physique, dénommée référent technique, pouvant être distincte des personnes chargées de l’encadrement des enfants accueillis, pour assurer le suivi technique de l’établissement ainsi que l’élaboration et le suivi de la mise en œuvre du projet d’accueil. Le référent technique a pour missions d’accompagner et de coordonner l’activité des personnes chargées de l’encadrement des enfants. Si cette personne n’est pas titulaire d’une des qualifications permettant la direction d’un établissement ou service (articles R2324-34, R2324-35 ou R2324-46 du CSP), le gestionnaire s’assure du concours régulier d’une personne répondant à l’une de ces qualifications. Lorsque plusieurs «micro-crèches» sont gérées par une même personne, celle-ci est tenue de désigner un directeur dans les conditions prévues aux articles R2324-34 à R2324-37 et R2324-46 du CSP si la capacité totale de ces établissements est supérieure à vingt places.

    En l’absence de la personne habituellement chargée des fonctions de direction, la continuité de ces fonctions est assurée par une personne présente dans l’établissement ou service, disposant de la qualification permettant l’encadrement d’enfants de moins de six ans (article R2324-42 du CSP) et d’une expérience professionnelle auprès de jeunes enfants. Le règlement de fonctionnement prévoit les conditions dans lesquelles cette personne est désignée et les conditions de suppléance. Ces dispositions ne sont pas applicables aux «micro-crèches».

    Les établissements et services d’une capacité supérieure à dix places veillent à s’assurer, compte tenu du nombre, de l’âge et des besoins des enfants qu’ils accueillent et de leur projet éducatif et social, le concours d’une équipe pluridisciplinaire composée de professionnels qualifiés, notamment dans les domaines psychologique, social, sanitaire, éducatif et culturel.

    Les établissements et services d’une capacité supérieure à dix places s’assurent du concours régulier d’un médecin spécialiste ou qualifié en pédiatrie, ou, à défaut, de celui d’un médecin généraliste possédant une expérience particulière en pédiatrie, dénommé médecin de l’établissement ou du service. Il veille à l’application des mesures préventives d’hygiène générale et des mesures à prendre en cas de maladie contagieuse ou d’épidémie, ou d’autres situations dangereuses pour la santé.

    Il définit les protocoles d’actions dans les situations d’urgence, en concertation avec le directeur de l’établissement ou du service et, le cas échéant, le professionnel de santé mentionné aux articles R2324-34 et R2324-35 du CSP (puéricultrice diplômée d’Etat ou, à défaut, infirmier diplômé d’Etat justifiant au moins d’une année d’expérience professionnelle), et organise les conditions du recours aux services d’aide médicale d’urgence. Il assure, en collaboration avec le professionnel de santé présent ou apportant son concours à l’établissement ou au service, les actions d’éducation et de promotion de la santé auprès du personnel et, le cas échéant, auprès des parents participant à l’accueil.

    En liaison avec la famille, le médecin de l’enfant et l’équipe de l’établissement ou du service, et en concertation avec son directeur ou le professionnel de santé, le médecin de l’établissement ou du service s’assure que les conditions d’accueil permettent le bon développement et l’adaptation des enfants dans l’établissement ou le service. En particulier, il veille à l’intégration des enfants présentant un handicap, d’une affection chronique, ou de tout problème de santé nécessitant un traitement ou une attention particulière, et, le cas échéant, met en place un projet d’accueil individualisé ou y participe. Le médecin de l’établissement ou du service établit le certificat médical autorisant l’admission de l’enfant. Toutefois, pour l’enfant de plus de quatre mois qui ne présente pas de handicap et qui n’est atteint ni d’une affection chronique ni d’un problème de santé nécessitant un traitement ou une attention particulière, ce certificat peut être établi par un autre médecin au choix de la famille. Pour l’exercice de ses missions et lorsqu’il l’estime nécessaire, le médecin de l’établissement ou du service, à son initiative ou à la demande du professionnel de santé présent ou apportant son concours à l’établissement ou au service et avec l’accord des parents, examine les enfants.

    Le personnel chargé de l’encadrement des enfants est constitué :

    • Pour quarante pour cent au moins de l’effectif, des puéricultrices diplômées d’Etat, des éducateurs de jeunes enfants diplômés d’Etat, des auxiliaires de puériculture diplômés, des infirmiers diplômés d’Etat ou des psychomotriciens diplômés d’Etat ;
    • Pour soixante pour cent au plus de l’effectif, des titulaires ayant une qualification définie par arrêté du ministre chargé de la famille, qui doivent justifier d’une expérience ou bénéficier d’un accompagnement définis par le même arrêté.

    Dans les «micro-crèches», les puéricultrices diplômées d’Etat, les éducateurs de jeunes enfants diplômés d’Etat, les auxiliaires de puériculture diplômés, les infirmiers diplômés d’Etat et les psychomotriciens diplômés d’Etat peuvent être remplacés par des personnes qui justifient d’une certification au moins de niveau V, enregistrée au répertoire national de certifications professionnelles, attestant de compétences dans le champ de l’accueil des jeunes enfants et de deux années d’expérience professionnelle, ou d’une expérience professionnelle de trois ans comme assistant maternel agréé.
    Pour les établissements ou services d’une capacité supérieure à soixante places, la personne assurant les fonctions de directeur adjoint peut être partiellement prise en compte dans le calcul de l’effectif du personnel encadrant directement les enfants dans la limite d’une quotité de travail égale au quart de son temps de travail.

    Pour des raisons de sécurité, l’effectif du personnel encadrant directement les enfants ne peut pas être inférieur à deux, dont, pour les établissements et services d’une capacité supérieure à vingt places, au moins une puéricultrice, un éducateur de jeunes enfants, une auxiliaire de puériculture, un infirmier ou un psychomotricien. Les «micro-crèches» sont soumises à ces dispositions dès lors qu’elles accueillent quatre enfants ou plus.

    Dispositions particulières et dérogatoires

    Pour les établissements ou services d’une capacité supérieure à quarante places, la direction de l’établissement ou du service peut être confiée par dérogation :

    • à une personne titulaire du diplôme d’Etat d’éducateur de jeunes enfants justifiant de trois ans, et non plus cinq ans, d’expérience professionnelle, dont deux au moins comme directeur, directeur adjoint ou responsable technique d’un établissement ou d’un service relevant de la présente section ;
    • à une personne titulaire du diplôme d’Etat de sage-femme ou d’infirmier justifiant de trois ans, et non plus cinq ans, d’expérience comme directeur ou directeur adjoint d’un établissement ou d’un service accueillant des enfants de moins de six ans ; ou d’une certification au moins de niveau II attestant de compétences dans le domaine de l’encadrement ou de la direction et d’une expérience de trois ans, et non plus cinq ans, auprès d’enfants de moins de trois ans.

    Pour les établissements ou services d’une capacité comprise entre vingt et une et quarante places, la direction de l’établissement ou du service peut être confiée, par dérogation, à une personne titulaire du diplôme d’Etat d’assistant de service social, d’éducateur spécialisé, de conseillère en économie sociale et familiale, de psychomotricien, ou d’un DESS ou d’un master II de psychologie justifiant de trois ans, et non plus cinq ans, d’expérience comme directeur, directeur adjoint ou responsable technique d’un établissement ou d’un service accueillant des enfants de moins de six ans, ou d’une certification au moins de niveau II attestant de compétences dans le domaine de l’encadrement ou de la direction et d’une expérience de trois ans, et non plus cinq ans, auprès d’enfants de moins de trois ans.

    L’article R2324-47 du CSP, concernant les réalisations de type expérimental, est abrogé. Cette disposition entre en vigueur le 1er janvier 2012.

    Dans les conditions prévues aux articles R2324-18 à R2324-24 du CSP, il peut être créé un « jardin d’éveil ». Cet établissement accueille simultanément entre douze et quatre-vingts enfants de deux ans ou plus en vue de faciliter leur intégration dans l’enseignement du premier degré. Au moins la moitié du personnel chargé de l’encadrement des enfants détient l’une des qualifications prévues au 1° de l’article R2324-42 du CSP (puéricultrices diplômées d’Etat, éducateurs de jeunes enfants diplômés d’Etat, auxiliaires de puériculture diplômés, infirmiers diplômés d’Etat ou psychomotriciens diplômés d’Etat). L’autre partie du personnel détient une qualification ou justifie d’une expérience dans le domaine de la petite enfance, définies par arrêté du ministre chargé de la famille.

    La direction d’un jardin d’éveil est assurée par une des personnes qualifiées pour diriger un établissement ou service accueillant des enfants de moins de six ans (articles R2324-34, R2324-35 et R2324-46 du CSP), ou à défaut par une personne détenant une qualification et une expérience dans le domaine de la petite enfance définies par arrêté du ministre chargé de la famille. Les fonctions de direction peuvent être exercées à temps partiel, pour une durée au moins égale au quart de la durée légale du travail.

    Un jardin d’éveil accueillant moins de vingt-quatre enfants peut être autorisé à déroger aux articles R2324-38, R2324-39, R2324-40 et R2324-41 du CSP dans les conditions prévues aux articles R2324-46-2.

    Par dérogation, l’effectif du personnel encadrant les enfants est calculé de manière à assurer la présence d’un professionnel pour douze enfants.

    Les dispositions de l’article R2324-27 du CSP, concernant le taux de surnombre autorisé, ne sont pas applicables aux jardins d’éveil.

    Le projet éducatif répond aux conditions fixées par arrêté du ministre chargé de la famille.

    Les établissements et services d’accueil existants au 8 juin 2010 disposent d’un délai de six mois pour se mettre en conformité avec les dispositions des articles R2324-29 et R2324-30 du Code de la santé publique du CSP, concernant le projet d’établissement et le règlement de fonctionnement, dans leur rédaction résultant du décret.

    Décret n° 2010-613 du 7 juin 2010, JO du 8 juin 2010

     


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    LES BESOINS DE L’ENFANT SELON LA PYRAMIDE DE MASLOW


     

    LES BESOINS DE L’ENFANT SELON LA PYRAMIDE DE MASLOW

    Pour se réaliser pleinement, l’enfant doit pouvoir combler les différents besoins qui se retrouvent aux cinq niveaux de la pyramide. Il doit en particulier avoir une base solide sur laquelle se reposer. Si elle ne l’est pas, il aura de la peine à satisfaire ses autres besoins.

    Physiologiques

    Au bas de la pyramide, on trouve les besoins physiologiques prioritaires nécessaires à la vie : être nourri, habillé et logé, dormir suffisamment. Si ces besoins ne sont pas comblés, impossible de construire les étages supérieurs. L’enfant ne peut subvenir seul à ce besoin, même si en grandissant il devient plus autonome.

    Respirer, Manger, boire, dormir, se reposer

    Sécurité

    L’enfant a ensuite besoin de protection et de sécurité physique et psychologique. On évoque ici non seulement la sécurité objective, mais aussi la sécurité subjective liée aux peurs et aux angoisses de l’enfant. Ce dernier a besoin d’une vie stable et de la présence régulière des personnes importantes pour lui. Un sentiment d’insécurité peut en outre être dû à diverses formes de violences qui ne sont pas nécessairement dirigées contre lui, à une instabilité familiale, une maladie de l’enfant ou d’un proche, un manque de sécurité de l’emploi des parents.

    Confort, un chez soi, peur de l’inconnu et de l’imprévu chez les enfants

    D’amour Appartenance

    L’enfant doit se sentir aimé par sa famille et par ses pairs, camarades, de classe, copains du voisinage et de sport, par les enseignants, animateurs et autres adultes qu’il côtoie. Il a besoin d’être accepté tel qu’il est, de recevoir et de donner amour et tendresse, d’avoir des amis. C’est ce que l’on appelle le besoin d’appartenance à des groupes. Il ne peut pas être comblé lorsque deux premiers degrés de la pyramide comportent de grandes failles.car l’enfant a difficultés à nouer des relations « saine » avec d’autres personnes.

    Tendresse filiale, cohésion familiale, amitié

    Estime de soi

    L’échelon suivant de la pyramide de Maslow est celui de l’estime de soi. L’enfant, dont les besoins précédents sont satisfaits, va pourvoir à son besoin d’estime de soi : estime de lui-même et estime des autres. C’est ce qui lui permet d’avoir confiance en lui, de se respecter lui-même, de se sentir utile, reconnu et apprécié des autres, de se forger son identité propre.

    Position sociale, indépendance

    Réalisation de soi

    En haut de la pyramide, on trouve la réalisation de soi. Un besoin qui prend réellement son essor dès la fin de l’adolescence. Il n’empêche, l’enfant qui ne souffre pas de manques sérieux a déjà besoin d’exploiter et de mettre en valeur ses ressources personnelles : apprendre de nouvelles choses, étudier, développer ses compétences, créer, inventer.

    Aptitudes, valeurs


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  • article issu de  : https://nounoudereve.wordpress.com

    Dans notre métier il est important de connaitre les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson (qui est-elle ?), de les analyser et d’y apporter des réponses adapter pour une prise en charge complète de l’enfant. Dans cet article je vais donc les exposer, les expliquer , et bien évidemment répondre à vos questions donc n’hésitez pas.

    D’abord qu’est-ce qu’un besoin ?

    Le besoin correspond à quelque chose qui est nécessaire à l’entretien de la vie. Si quelque chose manque, la personne éprouve une difficulté, une tension, un malaise, un déséquilibre au niveau de son organisme et de son intégration sociale.

    se vétir divertir etre propre

    D’après Virginia Henderson, un besoin ne peut être atteint que si les besoins précédents sont déjà satisfaits

     

     


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  • article issu de https://www.espacesoignant.com/infirmier

    Un article qui concerne plus les professionnels médicaux et les besoins de confort et de soins des personnes hospitalisées

    14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson

    • Sommaire

    1. Définition

    Les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson sont une liste ordonnée de concepts qui définissent l'autonomie des individus sur les plans physiques, psychologiques et sociaux.

    • 14 besoins fondamentaux :
      • Besoin de respirer
      • Besoin de boire et manger
      • Éliminer
      • Se mouvoir et maintenir une bonne posture
      • Dormir et se reposer
      • Se vêtir et se dévêtir
      • Maintenir sa température
      • Être propre, protéger ses téguments
      • Éviter les dangers
      • Communiquer
      • Pratiquer sa religion et agir selon ses croyances et ses valeurs
      • S'occuper en vue de se réaliser
      • Besoin de se récréer, se divertir
      • Besoin d'apprendre

    2. Besoin de respirer

    2.1 Définition

    • Le besoin de respirer est la nécessité pour chaque individu, de disposer d’une oxygénation cellulaire satisfaisante

    2.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Sans gêne
    • Besoin altéré : Dyspnée
    • Besoin très altéré : A besoin d'aide technique (aérosol)
    • Besoin gravement altéré : Ventilation assistée
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Respirer
    • Peau de couleur normale et tiède
    • Fréquence respiratoire normale
    • Mouvement symétrique et ample
    • Réflexe de toux présent
    • Mucosités d'aspect et de quantité normale
    • Narines et muqueuse buccale humide
    • Assistance médicale (oxygénothérapie, aérosolthérapie, respirateur, trachéotomie)
    • Dyspnée
    • Cyanose, marbrures
    • Peau froide, sueurs froides
    • douleurs thoraciques
    • Toux
    • Encombrement bronchique, crachats importants
    • Rhinorrhée
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    2.3 Diagnostics infirmiers

    • Dégagement inefficace des voies respiratoires
    • Incapacité de maintenir une respiration spontanée
    • Intolérance au sevrage de la ventilation assistée
    • Mode de respiration inefficace
    • Perturbation des échanges gazeux
    • Risque élevé de suffocation

    3. Besoin de boire et manger

    3.1 Définition

    • Le besoin de boire et de manger est la nécessité pour chaque individu, d’entretenir son métabolisme afin de produire de l’énergie, de construire, maintenir et réparer les tissus

    3.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Mange seul
    • Besoin altéré : Installation/stimulation
    • Besoin très altéré : A besoin d'aide partielle et/ou surveillance
    • Besoin gravement altéré : A besoin d'aide totale (faire manger)
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Boire et manger
    • Autonome dans ses gestes d'alimentation
    • Bon appétit
    • Régime équilibré
    • Bonne hydratation
    • Muqueuse buccale saine
    • Dentition saine
    • Réflexe de déglutition présent
    • Digestion correcte
    • Respect des rythmes de repas
    • Respect des régimes alimentaires religieux
    • Difficultés gestuelles dans l'alimentation
    • Anorexie, boulimie
    • Régime alimentaire
    • Signes de déshydratation
    • Fausses routes
    • Dysphagie
    • Nausées, vomissements
    • Allergie alimentaires
    • Prothèses dentaires détériorées
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    3.3 Diagnostics infirmiers

    • Allaitement maternel efficace
    • Allaitement maternel inefficace
    • Allaitement maternel interrompu
    • Déficit de volume liquidien (déshydratation)
    • Déficit nutritionnel
    • Excès de volume liquidien (oedème)
    • Excès nutritionnel
    • Incapacité (partielle ou totale) d'avaler
    • Incapacité (partielle ou totale) de s'alimenter
    • Mode d'alimentation inefficace chez le nourrisson
    • Risque élevé d'aspiration (fausse route)
    • Risque élevé de déficit de volume liquidien (déshydratation)
    • Risque élevé d'excès nutritionnel

    4. Eliminer

    4.1 Définition

    • Le besoin d'éliminer est la nécessité pour chaque individu, d’éliminer les déchets qui résultent du fonctionnement de l’organisme

    4.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Continence
    • Besoin altéré : A besoin d'aide (wc avec aide, urinal, bassin)
    • Besoin très altéré : Incontinence jour ou nuit
    • Besoin gravement altéré : Incontinence jour et nuit
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Éliminer
    • Urines :
      • Volume, aspect et odeur des urines normaux
      • Elimination urinaire régulière
      • Continence uriniaire
    • Selles :
      • Volume, aspect, couleur des selles normaux
      • Elimination fécale régulière
      • Continence fécale
    • Menstruation :
      • Menstruation régulière
    • Sueurs :
      • Sudation normale
    • Urines :
      • Volume, aspect et odeur des urines anormaux
      • Trouble de l'élimination urinaire : pollyurie, anurie, oligurie, dysurie...
      • Incontinence uriniaire
    • Selles :
      • Volume, aspect, couleur des selles anormaux
      • Trouble de l'élimination fécale : constipation, diarrhée
      • Incontinence fécale
    • Menstruation :
      • Anormalies du cycle menstruel : aménorrhée, ménorragie, spanioménorrhée...
    • Sueurs :
      • Sudation abondante, froide
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    4.3 Diagnostics infirmiers

    • Altération de l'élimination urinaire
    • Constipation
    • Constipation colique
    • Diarrhée
    • Incapacité (partielle ou totale) d'utiliser les toilettes
    • Incontinence fécale
    • Incontinence urinaire à l'effort
    • Incontinence urinaire fonctionnelle
    • Incontinence urinaire par réduction du temps d'alerte
    • Incontinence urinaire réflexe
    • Incontinence urinaire vraie (totale)
    • Pseudo-constipation
    • Rétention urinaire

    5. Se mouvoir et maintenir une bonne posture

    5.1 Définition

    • Le besoin de se mouvoir et de maintenir une bonne position est la nécessité pour chaque individu, d’entretenir l’intégrité et l’efficacité des systèmes biophysiologiques, de permettre la réalisation des activités sociales et de construire et maintenir l’équilibre mental

    5.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Se déplace seul
    • Besoin altéré : Se déplace avec aide (canne) ou avec une personne
    • Besoin très altéré : Se déplace avec l'aide de deux personnes
    • Besoin gravement altéré : Alité en permanence, lever interdit
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Se mouvoir et maintenir une bonne posture
    • Mouvements coordonnées et précis
    • Acquisition normale des mouvements
    • Articulations libres
    • Force musculaire suffisante
    • Courbure normale du rachis
    • Intégrité des membres
    • Absence de douleur osseuse, articulaire et musculaire
    • Paralysie,
    • Asthénie
    • Arthrose
    • Amyotrophie
    • Immobilisation physique, orthopédique
    • Amputation
    • Prothèse
    • Grabatisation
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    5.3 Diagnostics infirmiers

    • Altération de la mobilité physique
    • Diminution de l'irrigation tissulaire (préciser: cardiopulmonaire, cérébrale, gastro-intestinale, périphérique, rénale)
    • Diminution du débit cardiaque
    • Intolérance à l'activité
    • Risque élevé de dysfonctionnement neurovasculaire périphérique
    • Risque élevé de syndrome d'immobilité
    • Risque élevé d'intolérance à l'activité

    6. Dormir et se reposer

    6.1 Définition

    • Le besoin de dormir et de se reposer est la nécessité pour chaque individu, de prévenir et réparer la fatigue, diminuer les tensions, conserver et promouvoir l’énergie

    6.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Dort naturellement
    • Besoin altéré : Dort avec aide (médicament)
    • Besoin très altéré : Réveils fréquents
    • Besoin gravement altéré : Insomnies fréquentes
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Dormir et se reposer
    • Temps de sommeil suffisant
    • Reposer
    • Conditions de sommeil et de repos adaptées
    • Endormissement facile
    • Endormissement naturel
    • Temps de sommeil insuffisant
    • Insomnie
    • Somnambulisme
    • Cauchemars
    • Douleurs physiques, inconfort
    • Réveils fréquents
    • Asthénie
    • Endormissement avec aide (médicament)
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    6.3 Diagnostics infirmiers

    • Fatigue
    • Perturbation des habitudes de sommeil

    7. Se vêtir et se dévêtir

    7.1 Définition

    • Le besoin de se vêtir et de se dévêtir est la nécessité pour chaque individu, de se protéger et d’exprimer son identité physique, mentale et sociale

    7.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : S'habille, se déshabille seul
    • Besoin altéré : A besoin du conseil d'un tiers, de surveillance
    • Besoin très altéré : A besoin de l'aide partielle d'un tiers
    • Besoin gravement altéré : A besoin d'une aide totale
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Se vêtir et se dévêtir
    • Capacité à s'habiller et se déshabiller seul
    • Choix des vêtements
    • Vêtements adaptés à la morphologie
    • Vêtements adaptés à l'environnement ou la situation
    • Chaussage adapté
    • Incapacité à s'habiller et se déshabiller seul
    • Vêtements inadaptés
    • Vêtements souillés
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    7.3 Diagnostics infirmiers

    • Incapacité (partielle ou totale) de se vêtir et de soigner son apparence

    8. Maintenir sa température

    8.1 Définition

    • Le besoin de maintenir la température du corps dans les limites de la normal est la nécessité pour chaque individu, d’assurer le rendement optimal des fonctions métaboliques, de maintenir les systèmes biophysiologiques et de maintenir une sensation de chaleur corporelle satisfaisante

    8.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Adapte ses vêtements à la température ambiante
    • Besoin altéré : Demande à être protégé
    • Besoin très altéré : Incapable d'adapter ses vêtements à la température ambiante
    • Besoin gravement altéré : Garde les vêtements qu'on lui enfile
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Maintenir sa température
    • Température normale
    • Adapte ses vêtements à la température ambiante
    • Peau tiède
    • Transpiration de quantité normale
    • Hypothermie ou hyperthermie
    • Incapable d'adapter ses vêtements à la température ambiante
    • Peau froide ou chaude
    • Garde les vêtements qu'on lui enfile
    • Transpiration abondante
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    8.3 Diagnostics infirmiers

    • Hyperthermie
    • Hypothermie
    • Risque élevé d'altération de la température corporelle
    • Thermorégulation inefficace

    9. Être propre, protéger ses téguments

    9.1 Définition

    • Le besoin d'être propre et de protéger ses téguments est la nécessité pour chaque individu, de maintenir l’intégrité de la peau, des muqueuses et des phanères, d’éliminer les germes et les souillures, et d’avoir une sensation de propreté corporelle, élément de bien être

    9.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Se lave seul
    • Besoin altéré : A besoin d'être stimulé mais se lave seul
    • Besoin très altéré : A besoin d'une aide partielle (une partie du corps)
    • Besoin gravement altéré : A besoin d'une aide totale pour se laver
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Être propre
    , protéger ses téguments
    • Peau, ongles et cheveux propres
    • Peau et muqeuse souple, intègre
    • Peau et muqeuse de couleur normale
    • Absence de macération
    • Absence de frottements, cisaillements
    • Absence de compression
    • Peau, ongles et cheveux sales
    • Peau et muqueuse sèches
    • Peau et muqueuse de couleur anormale
    • Boutons, mycoses
    • Odeur corporelle anormale
    • Macération, frottements, cisaillements, compression cutanée
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    9.3 Diagnostics infirmiers

    • Atteinte à l'intégrité de la muqueuse buccale
    • Atteinte à l'intégrité de la peau
    • Atteinte à l'intégrité des tissus
    • Incapacité (partielle ou totale) de se laver et d'effectuer ses soins d'hygiène
    • Risque élevé d'atteinte à l'intégrité de la peau

    10. Éviter les dangers

    10.1 Définition

    • Le besoin d'éviter les dangers est la nécessité pour chaque individu, de se protéger contre toute agression externe, réelle ou imaginaire et de promouvoir l’intégrité physique, l’équilibre mental et l’identité sociale

    10.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Lucide
    • Besoin altéré : Confus et/ou désorienté épisodiquement
    • Besoin très altéré : Confus et/ou désorienté en permanence
    • Besoin gravement altéré : Coma, dangereux pour lui-même et pour les autres
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Éviter les dangers
    • Comprend et connaît les risques sur son état de santé
    • Comprend et connaît les règles de sécurité
    • Identifie les risques
    • Intégrité physique
    • Intégrité intellectuelle
    • Chutes
    • Inconscience face aux dangers
    • Trouble de la sensibilité, motricité, posture
    • Trouble psychologique
    • Trouble psychiatrique
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    10.3 Diagnostics infirmiers

    • Altération des mécanismes de protection
    • Altération des opérations de la pensée
    • Anxiété marquée/extrême
    • Anxiété modérée
    • Chagrin (deuil) dysfonctionnel
    • Chagrin (deuil) par anticipation
    • Confusion aiguë
    • Confusion chronique
    • Déni non constructif
    • Désorganisation comportementale chez le nourrisson
    • Difficulté à se maintenir en santé
    • Diminution de la capacité adaptative intracrânienne
    • Douleur aiguë
    • Douleur chronique
    • Dysréflexie
    • Gestion inefficace du programme thérapeutique (prise en charge inefficace du programme thérapeutique)
    • Gestion inefficace du programme thérapeutique par la collectivité (prise en charge inefficace du programme thérapeutique par la collectivité)
    • Gestion inefficace du programme thérapeutique par la famille (prise en charge inefficace du programme thérapeutique par la famille)
    • Gestion inefficace du programme thérapeutique par l'individu (prise en charge inefficace du programme thérapeutique par l'individu)
    • Incapacité de s'adapter à un changement dans l'état de santé
    • Négligence de l'hémicorps (droit ou gauche)
    • Non observance (préciser)
    • Organisation comportementale chez le nourrisson
    • Perturbation chronique de l'estime de soi
    • Perturbation de la croissance et du développement
    • Perturbation de l'estime de soi
    • Perturbation de l'identité personnelle
    • Perturbation de l'image corporelle
    • Perturbation du champ énergétique
    • Perturbation situationnelle de l'estime de soi
    • Peur
    • Réaction post-traumatique
    • Recherche d'un meilleur niveau de santé (préciser les comportements)
    • Risque élevé d'accident
    • Risque élevé d'automutilation
    • Risque élevé de blessure en période peropératoire
    • Risque élevé de désorganisation comportementale chez le nourrisson
    • Risque élevé de trauma
    • Risque élevé de violence envers soi ou envers les autres
    • Risque élevé d'infection
    • Risque élevé d'intoxication
    • Syndrome d'interprétation erronée de l'environnement

    11. Communiquer

    11.1 Définition

    • Le besoin de communiquer est la nécessité pour chaque individu, de transmettre et de percevoir des messages cognitifs ou affectifs, conscients ou inconscients et d’établir des relations avec autrui par la transmission et la perception d’attitudes, de croyances et d’intentions

    11.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : S'exprime sans difficulté
    • Besoin altéré : S'exprime avec difficulté (bégaiement)
    • Besoin très altéré : A besoin d'une aide pour s'exprimer (ardoise, interprète)
    • Besoin gravement altéré : Ne peut pas s'exprimer (aphasie), ne veut pas s'exprimer
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Communiquer
    • Maîtrise du langage
    • Vocabulation adapté
    • Comportement adapté
    • Expression des sentiments adapté
    • Communication verbale présente
    • Communication non verbale présente
    • Différence de langage
    • Perte d'un ou de plusieurs des 5 sens
    • Handicap verbal ou auditif
    • Comportement inadapté
    • Pas de communication verbale
    • Pas de communication non verbale
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    11.3 Diagnostics infirmiers

    • Altération de la communication verbale
    • Altération de la perception sensorielle (préciser : auditive, gustative, kinesthésique, olfactive, tactile, visuelle)
    • Dysfonctionnement sexuel
    • Isolement social
    • Perturbation de la sexualité
    • Perturbation des interactions sociales
    • Risque de sentiment de solitude
    • Syndrome du traumatisme de viol
    • Syndrome du traumatisme de viol: réaction mixte
    • Syndrome du traumatisme de viol: réaction silencieuse

    12. Pratiquer sa religion et agir selon ses croyances et ses valeurs

    12.1 Définition

    • Le besoin de pratiquer sa religion et d'agir selon ses croyances est la nécessité pour chaque individu, d’être reconnu comme sujet humain, de faire des liens entre événements passés, présents, à venir et se réapproprier sa vie, de croire en la continuité de l’homme, de chercher un sens à sa vie et s’ouvrir à la transcendance

    12.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Autonome
    • Besoin altéré : Est découragé, exprime sa colère, son angoisse
    • Besoin très altéré : Éprouve un sentiment de vide spirituel, une crise existentielle
    • Besoin gravement altéré : Demande une assistance spirituelle, est dépendant à une influence sectaire
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Pratiquer sa religion
    et agir selon ses croyances
    et ses valeurs
    • Applique ses valeurs
    • Applique ses croyances
    • Incapacité à appliquer ses valeurs
    • Incapacité à appliquer ses croyances
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    12.3 Diagnostics infirmiers

    • Bien-être spirituel: actualisation potentielle
    • Détresse spirituelle
    • Perte d'espoir
    • Sentiment d'impuissance

    13. S'occuper en vue de se réaliser

    13.1 Définition

    • Le besoin de s'occuper et de se réaliser est la nécessité pour chaque individu, d’exercer ses rôles, d’assumer ses responsabilités, et de s’actualiser par le développement de son potentiel

    13.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Autonome
    • Besoin altéré : Triste, anxieux
    • Besoin très altéré : Angoissé, opposant, se laisse aller
    • Besoin gravement altéré : Négation de soi, désespoir
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    S'occuper
    en vue de se réaliser
    • Activité socioprofessionnelle
    • Activité associative
    • Activité artistique
    • Activité familiale
    • Isolement
    • Repli sur soi
    • Désintérêt de soi, dévalorisation
    • Oisiveté
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    13.3 Diagnostics infirmiers

    • Conflit décisionnel
    • Conflit face au rôle parental
    • Difficulté dans l'exercice du rôle d'«aidant» naturel (défaillance de l'entourage dans l'exercice du rôle de soignant)
    • Incapacité d'organiser et d'entretenir le domicile
    • Perturbation dans l'exercice du rôle
    • Perturbation dans l'exercice du rôle parental
    • Perturbation de la dynamique familiale
    • Perturbation de la dynamique familiale: alcoolisme
    • Risque élevé de difficulté dans l'exercice du rôle d'«aidant» naturel (risque élevé de défaillance de l'entourage dans l'exercice du rôle de soignant)
    • Risque élevé de perturbation dans l'exercice du rôle parental
    • Risque élevé de perturbation de l'attachement parent-enfant
    • Stratégies d'adaptation défensives
    • Stratégies d'adaptation familiale efficaces (potentiel de croissance)
    • Stratégies d'adaptation familiale inefficaces (absence de soutien)
    • Stratégies d'adaptation familiale inefficaces (soutien compromis)
    • Stratégies d'adaptation individuelle inefficaces
    • Stratégies d'adaptation inefficaces d'une collectivité
    • Syndrome de déracinement (syndrome d'inadaptation à un changement de milieu)
    • Troubles de la mémoire

    14. Besoin de se récréer, se divertir

    14.1 Définition

    • Le besoin de se récréer et de se divertir est la nécessité pour chaque individu, de se détendre, de se divertir et de promouvoir l’animation du corps et de l’esprit

    14.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Autonome
    • Besoin altéré : Désintéressement à accomplir des activités récréatives
    • Besoin très altéré : Difficulté/incapacité à accomplir des activités récréatives
    • Besoin gravement altéré : Refuse d'accomplir des activités récréatives
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Se récréer,
    se divertir
    • Se détend
    • Se divertit
    • Activités récréatives, loisirs
    • Absence de loisirs
    • Désintéressement aux loisirs
    • Perte de plaisir
    • Démence
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    14.3 Diagnostics infirmiers

    • Manque de loisirs

    15. Besoin d'apprendre

    15.1 Définition

    • Le besoin d'apprendre est la nécessité pour chaque individu, d’évoluer, de s’adapter, d’interagir en vue de la restauration, du maintien et de la promotion de sa santé

    15.2 Evaluation du besoin

    • Besoin satisfait : Se prend en charge
    • Besoin altéré : À besoin de stimulation
    • Besoin très altéré : Apathique
    • Besoin gravement altéré : Refus, résignation
    Besoins Manifestations d'indépendance Manifestations de dépendance Sources de difficultés
    Facteurs favorisants
    Apprendre
    • Désir d'apprendre
    • Volonté d'autonomie
    • Participe à la satisfaction de ses besoins fondamentaux
    • Refus d'apprendre
    • Désintérêt dans l'apprentissage
    • Ne s'implique pas dans la satisfaction de ses besoins fondamentaux
    • Physiologique : ne peut pas
    • Psychologique : ne veut pas
    • Sociologique : l'environnement ne permet pas
    • Cognitif : ne sait pas

    15.3 Diagnostics infirmiers

    • Manque de connaissances
    Mise à jour le 29/10/2017
    Morgan PITTE
    Infirmier
    Rédaction EspaceSoignant.com

     

     

     


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    Le doudou, si précieux, si nécessaire

    Le doudou joue un rôle essentiel dans le développement de l’enfant, l’apaise, lui donne confiance, le rend créatif.

    Le doudou suit l’enfant partout, doux, rassurant… et pas toujours très propre !

    Le doudou suit l’enfant partout, doux, rassurant… et pas toujours très propre ! / Stephanie Tetu/Picturetank

    «Où est le doudou ? », « Tu as pris le doudou ? » « J’ai perdu le doudou ! » « Va chercher ton doudou ! » Aucun parent, aucun enfant, aucun professionnel de la petite enfance n’ignore de quoi il s’agit. Même si certains se ressemblent, les doudous sont tous différents. Tantôt une petite peluche à grandes oreilles ou à tête de nounours avec un corps tout mou, tantôt un foulard, un lange, un bouchon de laine, un vieux tee-shirt…

    « Des objets qui n’ont l’air de rien et sont faits pour n’avoir l’air de rien. Un doudou, ce n’est presque rien. Presque… », lançait la philosophe et romancière Catherine Clément en ouverture d’une conférence sur le doudou (1). Elle s’empressait toutefois de rappeler que le psychanalyste britannique Donald Winnicott (lire ci-dessous) avait réfléchi toute sa vie sur ce « presque rien » qu’il appelait « objet transitionnel », et, au-delà, sur les phénomènes transitionnels, à l’origine de toute création.

    L’objet transitionnel, une étape fondamentale du développement

    Ces objets variables, protéiformes, possèdent en tout cas au moins un point commun : ils sont doux, souples, malléables. Autrefois, ils n’étaient pas nommés parce que chacun se fabriquait son doudou. Un coin d’édredon dans la main, un drap entre les orteils… Son identification a contribué à le commercialiser et à lui attribuer une place de choix dans le trousseau du nouveau-né. Aujourd’hui, il est offert en cadeau de naissance. Le bébé peut en recevoir une dizaine dans son berceau ! Mais, au bout du compte, c’est lui qui choisit son doudou. L’objet ou l’espace transitionnel est une étape fondamentale de son développement.

    Au début de sa vie, l’enfant voit sa mère comme un prolongement de lui-même. Les soins qu’elle lui prodigue lui permettent de vivre l’illusion qu’il est le créateur du sein ou du biberon. Entre 4 et 8 mois, le bébé perçoit qu’il y a deux personnes distinctes, « moi et non-moi ». Il prend conscience de la présence ou de l’absence de sa mère. Ce passage, de l’état d’union à sa mère à l’état de relation avec elle, est représenté par un objet, dit transitionnel, parce qu’il permet, tel un pont, cette transition dynamique, ce mouvement psychique.

    C’est le début de l’autonomisation, de l’individuation de l’enfant. Ce dernier attribue au doudou un pouvoir magique qui lui permet d’accepter d’être séparé de sa mère, d’espérer son retour, d’avoir confiance en l’autre. Pour qu’il soit investi de la sorte, le doudou fera la transition entre la maison et la crèche, la maison et l’école.

    Ce précieux doudou, que l’enfant respire, renifle, suçote, mâchouille, tortille, est investi d’une odeur de maman, de maison, du premier attachement, qui est, selon Winnicott, « le souvenir d’une expérience heureuse ». Certes, l’objet n’est pas toujours très propre, surtout lorsque le tout-petit commence à le traîner partout. Souvent les parents acquièrent un doudou en plusieurs exemplaires, pour pouvoir laver « l’original » ou parer à une éventuelle disparition. Perdre le doudou vire parfois au drame. Et peut déclencher des mouvements de solidarité sur les réseaux sociaux (#doudouperdu), voire le recours à certains sites spécialisés dans la revente de modèles de marque (« Mille Doudou ») à des parents éplorés.

    Une spécificité occidentale

    En réalité, l’objet doudou importe moins que ce qu’en fait l’enfant. « L’adulte doit répondre à ses besoins, sans chercher à imposer de règles », estime Catherine Pierrat, psychologue. « Quand il est tout petit, le doudou est posé à côté de lui, il le prend ou pas. Jusqu’à l’âge de 3 ans, on laisse le doudou en libre accès, à portée de main. L’enfant le saisit quand il en a besoin. On le lui donne quand il est triste, pour le calmer, le réconforter, l’endormir. L’enfant le lâche de lui-même lorsqu’une activité détourne son attention », poursuit-elle.

    Pour autant, « le doudou n’est pas la réponse absolue », nuance Pierre Salesne, psychanalyste et directeur pédagogique d’un réseau national de crèches, la Maison Bleue. « Il ne s’agit pas de donner le doudou à son enfant puis de lui tourner le dos pour aller préparer le repas. Il faut aussi le regarder, l’écouter. Est-il content ? Mécontent ? On peut lui dire, par exemple : “Prends ton doudou, je reviens dans cinq minutes”. Mais il faut alors tenir parole. »

    Selon ce thérapeute, les parents ont besoin d’être éclairés sur les enjeux du doudou. Et aussi, parfois, de s’interroger sur leur propre attitude. Dans un contexte de fragilisation des liens, le doudou peut venir calmer l’angoisse de séparation des adultes. Un enfant de parents divorcés possède parfois deux doudous, l’un chez papa, l’autre chez maman.

    Dans ce cas, l’objet risque de représenter l’enfant qui n’est pas là. Il devient alors le doudou du parent. Pour répondre au besoin de son enfant – qui consiste à investir un objet –, mieux vaut laisser le doudou faire la navette entre ses deux maisons. Peu à peu, comme il s’est séparé de sa mère, l’enfant va se séparer de son doudou, se tourner vers l’action, gagner en autonomie.

    Il est par ailleurs frappant de noter que le doudou n’est pas un phénomène universel. Ainsi, Catherine Clément souligne la spécificité occidentale de cet objet. En Afrique, où les jeunes enfants sont en permanence portés sur le dos, tour à tour, des différentes femmes de leur entourage, il n’existe tout simplement pas. Selon l’hypothèse de la philosophe, le doudou viendrait combler dans nos pays le vide laissé par la disparation des rites initiatiques, de l’espace sacré.

    En complément  lire aussi :

    « Garder son doudou n’empêche pas de grandir »

    Le doudou, compagnon des enfants, relais des adultes

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    Winnicott, le « père » du doudou

    Le 30 mai 1951, à Londres, le britannique Donald W. Winnicott (1896-1971), pédiatre formé à la psychanalyste, présente un exposé sur les objets et les phénomènes transitionnels. Ses recherches sont nées dans le creuset des bombardements et des douleurs de la Seconde Guerre mondiale. Médecin engagé sous le Blitz, comme bon nombre de ses confrères, Winnicott s’occupait alors des enfants orphelins. Ses travaux ouvrent un champ de recherche et de réflexion aux conséquences fondamentales sur l’accompagnement du développement du jeune enfant. Winnicott voit dans cet « espace transitionnel » l’origine de la culture et de toute création. Son œuvre majeure, Jeu et réalité, est publiée, en France, en 1975. On peut le lire dans la collection « Folio Essais », Éd. Gallimard, 2015 (8,20 €).

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    Pistes

    Des livres

    Le Doudou du loup. Petit loup vit avec sa famille et son doudou préféré. Pour être un grand méchant loup, il doit apprendre à chasser les petits animaux. Or, ils ressemblent un peu trop à sa peluche adorée. Les Belles Histoires, Bayard Jeunesse, 5,20 €. Dès 3 ans.

    Mon doudou caché. Papa ou maman change de pièce, ils partent au travail, vont se coucher… Ce livre aide l’enfant à mieux accepter les moments de séparation. Éd. Milan, 12,90 €. Dès 3 ans.

    Le Mange-Doudous. Une espèce de monstre avale tous les doudous. L’un d’entre eux, le plus sale, va sauver la vie de tous les autres. Lutin Poche. Éd. École des loisirs, 5 €. Dès 3 ans.

    Un spectacle

    À la recherche du doudou perdu, conte initiatique de Pascal Sanvic. Compagnie Abricadabra. Péniche Antipode, face au 55 quai de Seine à Paris (19e). Loc. : 01.42.03.39.07. Dimanche 4 juin et lundi 5 juin, 11 heures. Dès 1 an et jusqu’à 5-6 ans.

    Un film en préparation

    Le Doudou, avec Kad Merad et Malik Bentalha. Une comédie écrite et réalisée par Julien Hervé et Philippe Mechelen. Michel a perdu le doudou de sa fille à l’aéroport de Roissy. Il dépose un avis de recherche avec une récompense.

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    Voir la vidéo des Maternelles

     

     

    (1) « Le doudou », conférence de Catherine Clément. Université populaire du quai Branly, Paris, 15 avril 2015.


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    Le doudou

    1. Introduction

    Le doudou, c’est un objet des plus communs dans le monde de l’enfance. Presque chaque enfant a le sien qu’il promène partout ou presque selon les règles qui lui sont imposées. Il se présente souvent sous la forme de peluche ou de bout de tissu. La plus part d’entre nous, adulte, gardons, dans le fond de nos armoires, ou dans un coin du grenier, le doudou de notre enfance.

    Pourtant on continue, bien souvent, de regarder cet objet comme une simple peluche qui peut réconforter l’enfant. Pourtant l’attachement, qui lie l’enfant avec l’objet, est très fort causant des chagrins impressionnants quand il s’en retrouve séparer. Cela explique pourquoi certains adultes conservent leur doudou précieusement.

    La question que je me suis posé est née lors d’une garde pendant la sieste d’un groupe d’enfant de deux-trois ans. En regardant les enfants endormis je me rendis compte que certains avaient serré tout contre eux leur doudou, par contre pour d’autre le doudou était plus éloigné, presque négliger, d’autre encore n’en avait tout simplement pas.

    Je me suis alors demander : qu’est ce exactement ce doudou ? D’ailleurs, si certains semblent en avoir plus besoin que d’autre, y a-t-il une raison à cela ? Je me suis même demandé si les enfants qui n’avaient apparemment pas de doudou, en avait plutôt un « invisible ». Je me suis aussi demandé si il y avait un « âge » pour le doudou ? Toutes ces questions, j’essayerais d’y répondre dans la première partie de mon travail.

    Par la suite, je vais m’intéresser à la place qu’a le doudou dans les crèches où j’ai travaillé. Quelle est la place que nous lui laissons ? Quelles sont les règles qui ont été posées pour gérer cet objet ? Devrions nous lui laisser une place plus, ou au contraire moins, importante ? En finalité, que devient le doudou à la crèche ? Est-il une aide ou un fardeau ?

    Dans la deuxième partie de ce dossier, je vais me concentrer sur ma pratique, sur ce que j’ai observé lors de mon stage. Sur la façon dont les règles au sujet des doudous influencent les enfants, ou alors, sur l’importance du doudou pour certains enfants ? Je vais donc observer les enfants et essayer de trouver des explications en faisant des liens avec la partie théorique de ce dossier. Il se peut que cela soulève de nouvelles questions, souligne des zones d’ombre.

    Pour réaliser un dossier, le plus complet possible, j’ai donc fait de nombreuses recherches sur internet. Celles-ci n’ont pas toujours été très concluantes, puisque bien souvent je découvrais l’avis d’une personne ne se fondant presque uniquement sur son expérience avec ses enfants. J’ai néanmoins découvert des éléments intéressants, ainsi que quelques réflexions intéressantes. J’ai aussi recherché des livres sur le sujet. J’ai, pour complété, mon dossier questionner certains collègues et éducateurs des structures communales.

    2. Le doudou ou l’objet transitionnel

    Pour mieux comprendre l’enfant et son comportement face à cet objet, il faut d’abords savoir ce qu’il représente, à quoi il est utilisé et pourquoi. Il faut donc connaître l’objet avant de se permettre d’aller plus loin.

    2.1 Définition et rôle

    Le premier a parlé d’objet transitionnel est Donald Winnicott : psychologue de renom, connu pour avoir révolutionné les cures des nourrissons et jeunes enfants.

    Le doudou n’a pas la main mise sur l’enfant. Il est classé dans une catégorie plus grande qu’est l’objet transitionnel, il en est néanmoins l’un des principals acteurs de cette catégorie. Les doudous sont donc des objets transitionnels au même titre que les lolettes, par exemple. Sauf si on pense que la lolette, comme les autres objets transitionnels, sont le doudou de l’enfant. Dans ce cas, doudou et objet transitionnel devienne de simple synonyme.

    Il commence par parler de l’illusion dans laquelle les nourrissons vivent leur premier mois. Une période de leur vie où l’enfant ne connaît pas la limite entre son corps et ce qui l’entour. Ses seules angoisses viennent de ses besoins physiologiques. Ils sont très rapidement comblés par la mère et cela donne au bébé une « illusion d'omnipotence » . Pourtant petit à petit la mère ne pourra plus répondre aussi bien aux besoins de l’enfant et qui plus est, celui-ci se rendra compte qu’il ne fait pas partie d’elle, entre son 4ième mois et le 12ième. C’est à ce moment que l’objet transitionnel fait son entrée dans la vie du nourrisson.[1]

    L’enfant doit faire une transition. Il doit se séparer de sa mère, son monde : il n’est plus omnipotent. Cette transition se fait par un objet, d’où son nom objet transitionnel. Ce doudou devient une sorte extension de sa mère, sans en faire partie, pas plus qu’il ne fait partie de l’enfant, et permet à l’enfant de vivre sans elle. C’est donc le premier attachement que l’enfant crée, autre que de celui à la mère.

    Part la suite, l’objet transitionnel se « transforme » pour ne plus être seulement un substitut à la mère, mais devient un objet le rattachant à son milieu de sureté (il est présent auparavant au travers de la mère) : l’espace transitionnel, comme l’a appelé Donald Winnicott. C’est un point d’ancrage pour l’enfant, il a besoin de ce milieu stable pour avancer, d’avoir cet objet qui le relie à ce milieu. L’espace transitionnel est un mélange entre le lieu de vie, la relation avec les parents (en particulier selon la forme de l’attachement à la mère) et l’environnement émmotionnel de l’enfant.

    Parfois l’objet transitionnel n’est pas strictement le bout de tissu que l’enfant porte partout, mais l’odeur que celui-ci transporte ; il sent comme sa maman ou sa maison. C’est le cas surtout chez les nourrissons pour qui la vue n’est pas l’un des sens primordials, contrairement à l’odorat qui est vraiment bien développer à cette âge. Cela rassure l’enfant et c’est pourquoi certains psychologues pensent qu’il n’est pas bon de laver cet objet : cela casserait la valeur de l’objet.

    Il ne semble pas exister de lien particulier entre tous les objets transitionnels que l’enfant choisit, certains avance qu’il y a une ressemblance dans la texture : douce et dans la capacité à retenir les odeurs de l’objet. Ce qui explique en partie ce nom commun de doudou : « redoublement infantile du mot « doux » (que l'enfant choisirait et pour ses évocations signifiées - « objet doux » - et pour sa formation à partir d'un mot monosyllabique). »[2]

    Il faut néanmoins se méfier, puisqu’il existe un autre objet que l’objet transitionnel que l’enfant pourra porter avec lui une grande partie du temps. C’est l’objet précurseur. Renata Gaddini le désigne comme étant un objet qui donne l’impression à l’enfant d’être un tout, d’être avec sa mère. Il est un sorte de protection contre l’angoisse de morcellement : lié à la perte du moi : ayant déjà dû se séparer du monde, la peur de ce défaire encore apparaît. C’est avant tout un objet de plaisir et peut, sans pour autant être automatique, devenir par la suite un objet transitionnel.

    Ce qu’il faut donc bien comprendre, c’est que l’objet précurseur est un objet dirigé vers les début de la sexualité de l’enfant. C’est un objet de plaisir : il sert à procurer une sensation agréable, contrairement à l’objet transitionnel qui amène du réconfort.

    2.2 Son utilité

    Le doudou est donc un objet rassurant pour l’enfant. Une éducatrice m’a confié : « c’est le premier meilleur ami de l’enfant »[3]. Mais dans les faits, c’est bien plus complexe que cela. C’est un mur contre l’angoisse que peut connaître l’enfant.

    Il permet donc à l’enfant de lutter contre ses angoisses et à faire face à l’inconnu par la suite. Il leur permet d’avoir un sentiment de contrôle sur ce qu’ils sont en train de vivre. « Winnicott précise surtout qu'il s'agit d'une protection contre l'angoisse de type dépressif, soit l'angoisse, justement, de perdre l'objet ».[4] Il précisait même que c’était en premier cas l’angoisse de perdre l’objet de l’attachement maternel.

    Le doudou est né d’une transition : du passage à un monde où tout est lui, à celui où il a des limites, en évitant un choc trop important. Il permet ensuite à vivre toutes les transitions : par exemple, le passage de la maison à la crèche ou celui entre sa chambre éclairée à sa chambre plongée dans le noir pour la sieste. Il atténue l’angoisse de perdre l’endroit qu’il connaît habituellement.

    Concrètement, il fait le lien entre l’enfant et le monde extérieur.

    2.3 Population concernée

    On vit apparemment avec des doudous, autant les enfants que les adultes. Tous ont besoin d’un petit objet pour se rassurer, même si chez l’adulte, ce n’est plus un peluche ou un bout de tissu. La plupart ont des grigris, des portes-bonheurs, certains parlent même de la cigarette comme un doudou pour adulte.[5]

    D’un autre coté, on donne dès le plus jeune âge aux enfants une peluche ou un mouchoir en tissu qui est trop souvent proclamé doudou par les parents. L’enfant le choisit bien souvent comme doudou plus tard puisqu’il y est habitué, qu’il porte l’odeur de sa mère, ainsi que la sienne et de ce qui l’entoure, et qu’il est assez souvent à sa disposition.

    Il apparaît chez l’enfant de façon plus concrète au environ de l’âge de 4 mois au moment du sevrage puisque c’est à ce moment qu’arrive la désillusion, comme l’appelle Winnicott, où l’enfant se rend compte qu’il ne crée pas le sein et que sa mère ne fait pas partie de lui.

    Le personnel travaillant en crèche, tout comme les psychologues, s’accordent sur le fait qu’il n’y a pas d’âge précis pour l’abandon du doudou. Certains affirment même qu’une fois le premier doudou abandonné on continue d’avoir des doudous sous forme de grigri, de porte bonheur, voir même la cigarette (la partie psychique de l’addiction y serait, en partie, dû) ou les téléphones portables.

    Il est observé que la plupart des enfants abandonnent leur doudou au environ de 6 ans, mais cela reste un travail de deuil difficile et certains enfants auront plus de difficulté à s’en séparer que d’autre. Par contre, il est déconseillé aux parents d’intervenir en retirant à l’enfant son doudou. L’enfant finira par l’abandonner de lui-même et lui prendre est plus un acte traumatisant pour lui qu’autre chose, puisqu’il voit ça comme une punition, sans raison autre que son âge.[6]

    Bref, le doudou est l’objet de l’enfance de tout occidental et souvent on trouve surprenant, voir étrange qu’un enfant n’en possède pas. Il n’est pas étonnant d’entendre de la part d’un nouvel employé dans une crèche ; « ah bon, Léonore n’a pas de doudou ? »

    Pourtant certains affirment que tous les enfants possèdent un doudou, même si il n’est pas visible ou repéré par l’adulte. Premièrement, il faut bien comprendre ce qu’ils entendent pas visible, puisque comme l’a souligné une aide-éducatrice ; « il pourrait s’agir d’un ami/doudou imaginaire ».[7]

    Les adeptes de cette idée précisent que c’est plus généralement les parents qui sont les doudous puisqu’ils sont assez, voir trop, présent pour l’enfant ou alors qu’il s’agit, par exemple, d’une mèche des cheveux de l’enfant, de ces vêtements qui sentent comme la mère (même produit ménager).

    Il y a une autre possibilité. Winnicott souligne l’importance de l'espace transitionnel, dans la présence de l’objet transitionnel. Si il n’y a pas d’espace transitionnel[8], le doudou n’existe pas puisqu’il ne représente rien.[9]

    Par exemple, dans le cas d’un enfant retiré à ses parents (peu importe la raison) et placé dans un centre d’accueil. Il n’est pas rare que l’enfant rejette son doudou. Il ne le garde plus pour dormir, ne se sert pas contre et se contente de le laisser dans un coin. Au fur à mesure du temps, l’espace transitionnel va réapparaitre pour l’enfant, même celui-ci sera le centre d’accueil et plus son domicile. L’enfant réinvestira, alors, l’objet transitionnel ou un choisira un nouveau. Celui-ci aura retrouver son utilité.

    Le doudou est donc un très bon indicateur sur le ressenti de l’enfant. Il apparaît donc possible que l’enfant n’ait pas de doudou de façon temporaire, lors de transition trop grande pour lui.

    a. Une particularité occidentale ?

    Pourtant les occidentaux oublient malheureusement, bien souvent, le reste du monde. Si on trouve des doudous dans toutes l’Europe, l’Amérique du Nord, ils sont beaucoup plus rare en Asie et en Amérique du Sud. Quant à l'Afrique et au Moyen-Orient, ils sont quasiment inexistant.

    On se demande, alors, pourquoi un objet, qui a une telle importance selon la plupart des psychologues, n’existe presque pas sur d’autres continents. On pourrait y voir une grande différence de mode de vie, qui fait que les humains vivant dans ces zones pensent ne faire qu’un avec ce et ceux qui les entourent. Même si c’est la base de certaines religions, on ne peut pas se permettre d’oser penser un instant que certains humains ne passent pas certains stades de l’évolution humaine de la formation du moi. La réponse semble plutôt être qu’il y a d’autres façons de passer cette épreuve que d’adopter un doudou.

    Observons, en survole, la façon dont on s’occupe des nouveaux nés en Afrique. La mère passe une grande partie de son temps avec son enfant contre elle : plusieurs techniques, tel que celle de l'écharpe, permettent à la mère d’avoir les mains libres et ainsi faire autre chose tout en portant le nourrisson. La mère nourrit longtemps son enfant. La mère dort souvent avec son enfant et lors qu’elle souhaite être plus libre, elle confie l’enfant à d’autres membres de la famille.

    Apparemment cette façon de faire, permet à l’enfant de faire petit à petit la transition entre le moi et le non-moi. Il y n’a pas un choc comme dans la société occidentale où entre l’enfant et la mère une distance est assez rapidement mise. Il n’y a donc pas besoin d’atténuer le choc par un objet. Il semble aussi que plus le sevrage est tardif, moins l’enfant semble prendre de doudou. Les proches feraient donc office de doudou pour l’enfant dans ce cas.

    b. Tout le monde a un doudou ?

    Certains enfants n’auraient, semble-t-il, pas de doudou. Certains le réfute et affirme qu’il suffit de chercher dans la façon d’être de l’enfant pour le trouver (Cheveux, vêtements, etc…). D’autres pensent tout simplement que certains enfants sont assez fort (peut-être est-ce une question de résilience ? ) pour lutter contre leur angoisse et donc n’ont pas besoin de passer par une interface pour ne pas entrer en dépression. Par contre, je n'ai pu trouver d’explication sur ces différences entre les enfants.

    Il y a une autre situation où certaines personnes ont mis en doute l’existence de doudou chez l’enfant. C’est lorsqu’il y a un handicap. Non physique, mais psychique. Il est vrai qu’on voit rarement des personnes handicapées avec un doudou.

    J’ai donc posé la question à un éducateur spécialisé. Il a connu dans sa carrière plusieurs personnes, dans la plupart des cas d’autiste, de trisomie 21 ou encore de retard mental, qui possèdaient des doudous ou du moins un objet y ressemblant.

    Il se trouve en fait que les autistes utilisent des objets ressemblant à des doudous, mais en inversant leur utilité. Il ne s’agit pas d’objet transitionnel, mais plutôt un objet autistique. Il ne lui sert pas à entrer en contact avec le monde extérieur, mais plutôt à rester enfermer dans le sien. [10] Il est aussi possible que cela soit un doudou qui ne trouve pas d’aboutissant puisqu’il n’aiderait pas assez pour passer la transition.

    Dans celui des trisomiques, il s’agit en quelque sort d’un retard mental. La personne a donc l’âge mental d’un enfant et donc ses besoins et ses comportements. Dès lors, il n’y a pas d’obstacle à avoir un doudou, puisqu’elle fait le même travail de transition qu’un enfant « normal », mais avec quelques années de retard. Par contre, l’évolution pouvant être lente, voir inexistante, chez ses personnes, il est possible qu’elle n’abandonne jamais leur doudou : la transition ne se finissant jamais vraiment.

    En finalité, les personnes handicapées peuvent avoir des doudous (autant durant leur enfance que plus tard), sauf dans le cas où la personne serait rester au stade de l’illusion (qui disparaît au environ du 4ième mois) ou dans celui d’un refus de la réalité, de l'extérieur, catégorique.

    2.4 La place des doudous en crèche

    Le doudou prend une place assez importante dans la vie des enfants. Les crèches doivent donc s’adapter à cette place, tout en ne se laissant pas dévorer par celui-ci : premièrement pour des questions d’hygiène (surtout à table où tissu et nourriture font mauvais ménage), puis d’un vu pratique (un enfant ne peut pas jouer de la même manière avec son doudou dans les mains) et finalement parce que la crèche est un lieu d'apprentissage et l’enfant doit donc apprendre à ne plus à utiliser d’objet pour lutter contre ses angoisses.

    Il est important que les règles soient les mêmes pour tout le personnel pour donner des repères clairs aux enfants. Il est aussi important qu’on respecte l’enfant dans le sens où si il demande cet objet, il puisse l’avoir : bien sur, il faut quand même parfois essayer d’en discuter avec l’enfant pour lui faire comprendre que ce n’est pas le bon moment pour avoir son doudou.

    a. Le doudou dans les structures d’accueil préscolaire (où j'ai travaillé)

    Les structures d’accueil préscolaire ont décidé d’accorder une place assez importante aux doudous. Connaissant son importance lors des transition, il est même présent lors d’intégration, puisque cela va être le repère de l’enfant le temps qu’il prenne ses marques.

    Il est néanmoins pas présent tout au long de la journée. L’enfant peut garder un moment son doudou lors de l’accueil pour s’habituer au nouveau milieu, mais aussi lors de chagrin, des siestes, voir des temps calmes.

    Il y a d’autres moments où il n’est pas accepté, comme durant les repas ou lors d’activités. Ce n’est pas pour autant que leur précieux amis doivent leur être arracher. Nous nous devons de faire preuve de pédagogie et d’expliquer à l’enfant qu’il ne peut garder son doudou pour faire tel ou tel chose. Il est même mieux si l’enfant range lui même son doudou dans son cassier : c’est ainsi son choix de se séparer de son doudou.

    L’enfant devrait arriver à se passer de son doudou tout au long de la journée, mais son cassier n’est jamais loin et si cela vient trop long ou dur pour l’enfant, cela ne pose aucun problème de le laisser prendre. Le doudou est à la disposition de l’enfant.

    Ces règles s’accordent assez bien avec mes recherches et laisse assez de place au doudou. Je pense que lui laisser plus de place empêcherait l’enfant de s’épanouir à la crèche, ainsi que chez eux.

    Je comprends tout à fait l’impossibilité, premièrement hygiénique, puis pratique (l’enfant doit, par exemple, tenir son doudou donc ne mange qu’avec une main) de prendre un doudou à la table. C’est les mêmes difficultés pratiques qui sont aussi rencontré lors d’activité, de plus les activités doivent aider l’enfant à évoluer et à s’ouvrir ce qu’ils ne peuvent pas forcément faire avec une peluche sous le bras.

    3. Observations

    3.1 L’importance du doudou

    Nous l’avons vu tout au long de ce dossier, le doudou est important pour l’enfant et il est très simple de l’observer dans la pratique. Prenons quelques exemples que j’ai observé et vécu.

    Nous nous trouvons à la relaxation juste avant le repas de midi. Les enfants sont couchés sur des grands matelas dans une salle à la lumière tamisé et une radio laisse s’échapper une musique calme. Les enfants ont tous pu prendre leur doudou.

    Un petit garçon de deux ans et demi a de la peine à rester coucher tranquillement. Il bouge dans tous les sens. Il attrape le doudou de sa voisine qui se met immédiatement à pleurer. Je suis alors intervenu pour qu’il redonne le doudou. Il le fait, continue d’être agiter et recommence. Je lui ai a nouveau demandé de rendre le doudou à la petite fille. J’ai décidé de m’asseoir à côté de lui pour éviter qu’il ne recommence et essayer de le calmer un petit peu. Après une discussion avec l’enfant, je comprends qu’il prenait le doudou parce que son doudou à lui devait rester à la maison, mais qu’il a de la peine à s’en passer. Je lui ai proposé une peluche de la crèche puisque apparemment il souhaitait encore avoir un doudou. Ce petit garçon c’est alors calmé et a pu finir la relaxation tranquillement. Par la suite ce garçon a demandé le doudou de la crèche pour la relaxation et la sieste pendant plusieurs semaines, puis petit à petit a arrêté et c’est comporté plus calmement.

    Apparemment dans ce cas, l’enfant n’était pas totalement prêt à laisser son doudou à la maison et n’arrivait pas à affronter l’angoisse, que lui procurait ces moments de calme, seul. Il a dû créer un autre objet transitionnel pour quelque temps, un doudou de la crèche, comme il l’appelait.

    Un autre cas plus récent est celui d’une petite fille qui, le matin avant le déjeuner, n’arrivait pas à laisser son doudou aux adultes pour prendre ce premier repas. Elle pleurait, réclamait son mouton en peluche durant le déjeuner. Nous avons alors remarqué que si on accompagnait la petite fille et qu’elle rangeait son doudou elle-même, elle vivait plus facilement la séparation. Elle savait alors où était rangé ce mouton et pouvait lui dire au revoir, on pouvait aussi mieux lui expliquer qu’elle reverrait son doudou à la sieste juste après.

    Cela démontre encore une fois l’importance du doudou, mais aussi de l’enfant. C’est l’enfant qui décide qui vit l’attachement à cet objet. Certains enfants ont plus de peine avec la séparation que d’autres, certains jours plus que d’autre. Il ne faut donc pas croire que toutes les objets transitionnels fonctionnent de la même façon, puisqu’on touche à l’attachement de l’enfant à l’objet et qu’il peut être vécu de manière très différente selon l’enfant.

    La même petite fille a, par exemple, un jour, abandonné son doudou presque dès son arrivée en voyant joué un de ses camarades. Elle a lâché la peluche et est allé s’amuser avec l’autre petit garçon.

    La transition n’a pas eu besoin de passer par l’objet, puisqu’elle s’est faite par l’envie d’aller jouer. Les transitions ne se font, à première vue, pas toutes de la même façon et ne nécessite pas toujours un objet transitionnel.

    3.2 Un indicatif de bonheur ?

    Quand on étudie un peu Winnicott, on comprend que le doudou est lié à l’espace transitionnel. On peut découvrir beaucoup de chose sur les enfants par leur doudou, mais principalement sur si il possède un espace transitionnel.

    J’ai pu observé un enfant d’environ 18 mois qui n’avait apparemment pas de doudou. J’ai essayé de déceler un objet transitionnel caché ; les vêtements ou une mèche de cheveux. Mais je n’ai remarqué aucun attachement particulier. Léonard[11] ne se touchait pas les cheveux de façon régulière lors des moments de transition et pas plus au niveau de ces vêtements.

    Je me suis alors questionné sur les raisons de cette absence. Est-ce normal ? D’où cela pouvait-il bien venir ? J’ai alors trouvé plusieurs hypothèses possible basée sur ce que j’ai découvert lors de mes recherches. Bien sur cela reste des hypothèses auxquels, il manque certains éléments pour être confirmer.

    Ce garçon ayant des origines étrangères peut-être a-t-il été bénéficié de soin d’une autre culture qui lui on permit d’évoluer sans avoir besoin d’un objet transitionnel ? Ne connaissant pas l’origine précise de l’enfant, je ne peux pas le lier à une culture où les doudous sont rare. Il est donc possible que l’absence d’objet transitionnel soit originaire de cela.

    Il est possible aussi que Léonard n’ait pas un espace transitionnel stable (parents en rupture, déménagements fréquents, violence familiale, etc...). Il rejette donc la présence d’un objet transitionnel puisqu’il n’a pas de lien, que l’objet ne représente rien. Il n’aurait dans ce cas pas la base pour lutter contre ses angoisses ce qui peut le pousser à demander plus d’attention (souvent en faisant des bêtises) ou alors à se renfermer sur lui.

    Il est encore possible, mais assez peu probable à mes yeux, vu le comportement de Léonard, qu’il soit victime d’une maladie ou d’un retard mental qui l’empêche d’avoir un développement « normal » ou qui le détourne de la réalité et que l’absence de doudou soit un des indicateurs de ce problème.

    Léonard n’a peut-être tout simplement pas de problème. Il n’a peut-être simplement pas besoin de doudou pour passer les transitions. Il est peut-être assez fort psychologiquement pour affronter ses angoisses.

    On ne peut pas tirer de conclusion clair, puisque cela reste bien évidemment des hypothèse et sont de simples indication. Il faudrait d’autres éléments concordants avec ces hypothèses pour dire clairement que cet enfant a un problème.

    3.3 Objet transitionnel ou objet précurseur

    Hanna[12] , 18 mois environ, arrive tous les matins avec son petit éléphant en peluche. Elle le tient avec une main et garde presque toujours une partie de celui-ci dans la bouche. Elle le suce, le mordit. Elle le range difficilement dans le cassier, malgré les multiples tentatives du personnel. Lorsqu’elle a son doudou Hanna ne participe pas tellement aux jeu, elle s’occupe plus de son doudou.

    J’ai observé quelques instants cette enfant et j’ai assez rapidement fait un lien avec certains éléments théoriques de mon dossier.

    Les règles de la crèche étant claires à ce sujet, le doudou doit parfois rester dans le cassier, Hanna a donc vécu de grandes frustrations lorsque à plusieurs reprise nous avons dû le lui retirer. Mais justement elle ne me semble pas triste de se séparer de ce compagnon, mais véritablement frustrer (Elle réagit en crisant. C’est une grande colère et non un chagrin).

    Ce genre de frustration vient de la perte d’un plaisir plutôt que d’une séparation (même si parfois les deux se mélangent).

    Il est alors peut-être possible que cette petite Hanna possède pour l’instant une peluche qui lui sert d’objet précurseur et non d’un objet transitionnel. Même si on les appelle plus communément doudou, il reste un différence dans l’ouverture à l'extérieur qu’engage ces objets. Il faut donc agir différemment selon les cas.

    Dans notre structure, nous avons décidé de le limité de la même manière que l’objet transitionnel. Par contre, nous essayons de ne pas laisser cet objet à la disponibilité de l’enfant et de ne lui donner que si il le demande. Si il ne le demande pas, c’est donc qu’il n’en a pas besoin.

    4. Conclusion

    Le doudou, un objet transitionnel ? Oui derrière ces airs de jolie peluche, de vieux bouts de tissus sales, se cache un véritable miracle créer par les enfants. L’humain cache souvent son génie dans des petits objets tout bête et c’est ce que fait l’enfant. Il s’empêche de nombreuses angoisses avec un simple doudou.

    Un objet transitionnel qui aide à vivre. A faire, comme son nom l’indique, les transitions entre différentes situations et lieux. Il est en lien direct avec le monde de l’enfant. Il est le reflet apparent de l’espace transitionnel : un lieu, une situation que l’enfant connaît et prend comme base sûre pour évoluer.

    Le doudou est donc un objet transitionnel, mais pas seulement, il peut aussi servir d’objet précurseur qui est un objet de plaisir.

    On se rend compte qu’il y a encore une grande zone de mystère qui entoure cet objet, puisque de nombreux enfants à travers le monde n’en possède pas. Même si cela peut être un indicateur de handicap mental ou le signal d’une instabilité dans son espace transitionnel, on ne peut affirmer que tous les enfants auront à un moment où un autre un doudou.

    Nous avons aussi parlé de la place que doit se faire cet objet dans les crèches et celle qu’on lui laisse actuellement. La façon de penser ayant beaucoup évolué durant les cinquante dernières années, c’est une des choses qui a été de plus en plus accepter et penser. Il n’y donc pas beaucoup à redire à ce sujet.

    Par contre de nouvelles interrogations sont nées en cours d’écriture, plus profondes, mais sans beaucoup de réponses. Cela pousse à se questionné sur l’éducation et notre société.

    On n’en vient à se demander si un enfant qui a besoin d’un doudou deviendra un adulte qui aura aussi besoin d’objet transitionnel. On peut se poser des questions sur les raisons de cette séparation plus brusque, chez les occidentaux, entre la mère et l’enfant qui fait naître se besoin de doudou ? N’est-il pas dangereux de dire le doudou normal chez l’enfant pour ceux qui n’en possède pas ? Ne créons nous pas encore plus de différence qu’il n’y en a déjà ? Ne peut-on pas se satisfaire de penser qu’un enfant utilisera les outils qu’il a besoin pour vivre heureux ? Si le doudou est notre premier meilleur ami, ne doit-on pas vivre aussi les moments heureux avec lui ?

    J’ai vraiment apprécié faire ce dossier, il m’a fait découvrir que les doudous n’étaient pas seulement un objet, mais quelque chose de bien plus complexe d’un point de vu humain et psychologique. J’ai pu trouvé des explications à des observations faites au paravant. Tout comme j’ai pu asseoir ma théorie avec certaines observations. Malheureusement, comme la plupart des mes réflexions sur l’éducation actuelle, je finis souvent pas en revenir à mes grandes peurs concernant une surprotection des enfants, dont la bulle, une fois adolescent éclate, ce qui conduit, selon moi, à de nombreux problèmes (dépression, suicide, comportement dangereux, etc…).

    J’ai compris que les enfants étaient bien plus ingénieux qu’on pouvait le penser et use de nombreuses techniques pour avancer. J’ai aussi prit plus profondément conscience de l’importance d’objet de ce genre chez les enfants puisqu’on ne se rend pas forcément compte une fois adulte que des choses banales sont importante pour les autres.

    J’ai ouvert les yeux sur les réflexions qui sont faites (ou pas, d’ailleurs) dans les métiers du social. On ne se contente pas juste d’être là et de s’occuper de cela, mais on pose une réflexion derrière chaque action et chaque règle.

    J’aimerais terminer en remerciant toutes les personnes qui m’ont aidée dans mes réflexions, tous mes collègues qui ont acceptés de répondre à mes questions. J’aimerais aussi particulièrement remercier les structures communales d’accueil préscolaire et leur responsable pour m’avoir permis de travailler, ainsi que d’observer les enfants.

    [1] Objet transitionnel, http://fr.wikipedia.org/wiki/Objet_transitionnel, 04. 04.13

    [2] Doudou (peluche), http://fr.wikipedia.org/wiki/Doudou_%28peluche%29, 13.05.13

    [3] Annexe N°1 (non disponible ici)

    [4] Objet transitionnel, http://fr.wikipedia.org/wiki/Objet_transitionnel, 04. 04.13

    [5] PUECH Véronique et al., Doudou or not doudou ?. Paris : Ramsay, 2006

    [6] LEBRETON Nathalie, Le Doudou : objet transitionnel, Doudou auclairdelalune.fr, 11.05.13

    [7] Annexes N°2 (non disponible ici)

    [9] PUECH Véronique et al., Doudou or not doudou ?. Paris : Ramsay, 2006

    [10] HOCHMANN Jacques, Histoire de l’autisme. Paris : Odile Jacob, 2009, p.p. 342-343

    [11] Nom d’emprunt

    [12] Nom d’emprunt

    5. Bibliographie

    Livres

    HOCHMANN Jacques, Histoire de l’autisme. Paris : Odile Jacob, 2009, p.p. 342-343

    PUECH Véronique et al., Doudou or not doudou ?. Paris : Ramsay, 2006

    Sites internet

    Cygler Marine, La science des doudous, http://www.mondeo.fr/, 20.05.13

    Lebreton Nathalie, Le Doudou : objet transitionnel, Doudou auclairdelalune.fr, 11.05.13

    Objet transitionnel, http://fr.wikipedia.org/wiki/Objet_transitionnel, 04. 04.13

    Doudou (peluche), http://fr.wikipedia.org/wiki/Doudou_%28peluche%29, 13.05.13

    Phénomène transitionnel, http://fr.wikipedia.org/wiki/Ph%C3%A9nom%C3%A8ne_transitionnel, 14.05.13

     

     


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    Le doudou, votre bébé et la crèche !

    Le doudou tient une place très particulière auprès des petits : il les aide à mieux vivre séparations et transitions et fait notamment le lien entre la maison et la crèche. Voilà pourquoi on peut friser le drame quand on le perd ou l’oublie !

    Le doudou c’est un ours, un lapin, un chien en peluche… ou un bout de tissu de préférence bien mâchouillé et un peu sale… En général c’est le bébé qui choisit. Vous avez beau, pour faire plaisir à Mamie Jeanne, essayer de lui fourguer le petit chat en peluche qu’elle a choisi avec amour, il est tout à fait possible que votre Lucien jette son dévolu sur la tortue multicolore que votre collègue de bureau lui a offerte. C’est comme ça, vous n’avez aucun pouvoir sur le choix « définitif » du doudou !

    Un peu de théorie : quelle est la fonction du doudou ? C’est Donald Winnicott, pédiatre-psychiatre-psychanalyste britannique qui, dans les années 50, a mis en lumière la fonction d’objet transitionnel. Il a expliqué que cet objet — le doudou en l’occurrence — permettait à l’enfant de faire le pont entre sa relation « primitive » au sein maternel, et le monde extérieur. En clair : l’objet transitionnel sert à rassurer le bébé lorsque ses parents, et notamment sa mère, ne sont pas là.

    Certains enfants n’ont pas de doudou …. Et ce n’est pas grave ! Ils n’ont juste pas besoin de cet objet pour se rassurer ou se sentir en sécurité. Donc pas panique si votre petite Elodie n’a pas de préférence pour une de ces peluches.

    Doudous bienvenus à la crèche ! Vu le rôle et la fonction du doudou, il est normal qu’il soit non seulement accepté à la crèche, mais en plus souhaité ! Lors de l’inscription on a du vous le dire : n’oubliez pas le doudou cela aidera à l’adaptation de votre bébé. Pendant longtemps dans les crèches, on accueillait l’enfant et le doudou, on rangeait soigneusement le koala ou l’éléphant dans le casier de son propriétaire et on ne le sortait qu’au moment de la sieste. Aujourd’hui la plupart des établissements mettent le doudou « en libre-service ». L’enfant le prend quand il en ressent le besoin. Dns les moments de fatigue, de chagrin ou de vague à l’âme. Et pour aller faire la sieste.

    Faut-il plusieurs « doudous » ? Vu sa fonction on aurait tendance à répondre non. Et pourtant certaines crèches demandent un doudou spécifique pour la crèche : l’enfant le trouve à son arrivée mais l’y laisse quand il repart chez lui. Motif invoqué : moins de risques de pertes, d’oublis, donc de drames. Certains parents achètent le même doudou en plusieurs exemplaires … petit subterfuge qui finalement là aussi va à l’encontre du doudou tel que le concevait Winnicott : l’odeur de la maman et de la maison est l’un de ses attributs. Il faut par mesure d’hygiène laver le doudou, mais pas trop souvent et toujours prévenir l’enfant. Néanmoins, en cas de perte définitive de l’original, c’est une solution appréciable. Ce qu’il faut éviter : avoir plusieurs doudous identiques en circulation en même temps !

    Un doudou pour la vie ? Quand va-t-il lâcher son doudou ? La question inquiète parfois les parents (pas autant que celle de l’abandon de la tétine mais presque …). L’enfant peut garder son doudou longtemps (voyez certains ados), mais il n’en usera qu’avec modération : pour s’endormir, en cas de très très gros chagrin


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