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  • - mettre en place des jardins qui vont sensibiliser les enfants, dès leur plus âge, aux plantes, à la terre… et aux interactions qu’il y a entre les deux. C’est important que l’enfant comprennent  que la graine a besoin d’eau pour pousser, et que sans un minimum de soins, la plante ne grandit pas. Il y a un lien entre tous ces éléments. C’est  important aussi qu’ils comprennent que dans la terre il y a aussi des êtres vivants, étranges parfois, mais qui sont utiles, qu’il faut les respecter.

    - découvrir les éléments comme l’eau, la terre, le soleil indispensables à la vie d’une plante, cette activité met en éveil la vue, l’odorat, le toucher. Ils ont particulièrement aimé toucher la terre et tous les jours dans le jardin nous regardons les petits pots pour voir où en est la croissance des plantes.

    - Créer pour les plus jeunes un éveil à la nature en lien avec l’alimentation et les saisons : un apprentissage par le plaisir, la découverte des sens, la sensibilisation à l’environnement…

     

    Jardiner en crèche apparaît donc comme un bon moyen de sensibiliser les enfants à leur environnement végétal, mais aussi à leur alimentation. Même si on a l’impression qu’ils sont trop petits, qu’ils ne comprennent pas le sens réel de ce qu’on fait sur le jardin, il ne faut pas s’arrêter à ça. Ils enregistrent tout ! Chaque geste, chaque explication, nécessairement sommaire, est comme une graine déposée dans leur esprit. Ces graines finiront par germer, à un moment ou à un autre.

    Jardiner en crèche, cela va bien au delà du simple jardinage. Cela participe pleinement à la formation des adultes de demain qui devront être plus respectueux de leur environnement. C’est aussi le point de départ des liens qu’ils tisseront tout au long de leur vie avec leur alimentation. On a moins peur de ce qu’on connaît. Tous ces petits qui participent aux ateliers jardins, apprennent qu’ils n’ont pas à avoir peur de la terre, des petites bêtes qui vivent dedans… Ils tissent imperceptiblement des liens avec le monde végétal. Ils finiront par comprendre son importance dans la vie qu’ils décideront de mener, plus tard…


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    Projet Potager

    Aujourd’hui, nous faisons le bilan de cette aventure verte, une belle initiative pour laquelle nous avons été récompensé :

    • Les bénéficiaires :

    Les enfants de la crèche et les familles.

    • Buts et objectifs :

    ·         Favoriser l’autonomie de chaque enfant en le responsabilisant
    ·         Accompagner l’enfant dans la découverte des cinq sens (l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher et la vue)
    ·         Par le jardinage, amener l’enfant à se respecter lui-même, à respecter les autres et son environnement
    ·         Investir les parents dans le projet et la structure.
    ·         Découvrir des éléments (eau, terre, soleil…) et des produits du jardin
    ·         Développer la curiosité, l’attention et la patience.
    ·         Favoriser le développement durable

    • Les moyens mobilisés :

    ·         Les moyens humains :
    1.      L’équipe de la micro-crèche
    2.      Les parents (pour leur investissement, leur conseil ou leur apport de plants et graines
    3.      Partenariat avec la bibliothèque
    4.      Le personnel communal pour l’installation du bac et les conseils 5.      La famille du personnel de la crèche (pour leur apport de conseil, de plants et graines…)
     
    ·         Les moyens financiers :      Budget pour l’achat du bac, des jardinières et de différents pots, ainsi que du terreau et accessoires pour le jardinage (pelles, râteaux…)
     
    ·         Les moyens matériels :
    1.      Outils pour les enfants
    2.      Parents amènent des tenues spéciales pour le jardinage

    • Description de l’action :

    Par la création d’un potager au sein de la micro-crèche, les enfants ont pu manipuler la terre, planter divers graines et plants, toucher, sentir de nouvelles odeurs, observer la pousse des légumes (deviennent plus grand, plus gros, changent de couleurs pour certains) Le projet n’ayant pas commencé dès le début d’année scolaire, du fait de l’entrée dans l’automne et l’hiver, nous avons attendu l’arrivée des beaux jours et du printemps pour commencer les plantations. Durant la période automnale et hivernale, l’équipe a organisé divers ateliers d’éveil autour du potager au travers d’activités manuelles sur les légumes, fruits et outils du potager, lecture de livres, chansons, coloriages et autres activités. Cela a permis aux enfants de découvrir le potager et les plantations autrement, en attendant les plantations (petites plantations de cresson et autre dans pots de yaourt…).
    Au mois d’avril nous avons pu installer avec l’aide des ouvriers municipaux le bac en bois ainsi que les jardinières qui allaient recevoir les différentes plantations.
    Début mai,  les enfants ont planter les divers plants et graines.
    Les enfants ont ensuite planter :
    -    des tomates cerise,                                                   
    -    des fraises,
    -    des salades,                                                              
    -    des haricots verts,
    -    des navets,                                                               
    -    des radis,
    -    des courgettes,                                                         
    -    des herbes aromatiques,
    -    des pommes de terre,                                                           
    -    des poivrons,
    -    un framboisier,                                                          
    -    des artichauts.
     
    Régulièrement, les bambins arrosaient les plantations et veillaient à leurs évolutions.
     
    A travers de ces différentes plantations, nous avons pu leur montrer comment poussaient les différents légumes et quand les cueillir ou les manger. Les enfants ont compris que pour certaines plantations, il fallait attendre qu’elles aient changé de couleur pour les manger (tomates et fraises).
    Nous leur avons également fait sentir les différentes herbes aromatiques. Ils ont pu voir que lorsque l’ont frotté légèrement celles-ci des odeurs se faisaient sentir (menthe, ciboulette, thym, basilic).
     
    Dès le départ, une règle leur avait était imposée : on ne touche pas au jardin, il faut laisser les légumes et fruits pour pouvoir ensuite les ramasser et les manger. Les enfants l’ont très bien compris et n’ont pas touché. Ils nous sollicitaient pour nous montrer les légumes qui leurs semblaient mûrs.
     
    Chaque enfant a pu repartir avec les légumes chez lui pour les déguster avec sa famille. Ils ont pu manger à la crèche la salade et les tomates récoltées directement sur le pied (un régal).
     
    Ils ont également pu découvrir « les petites bêtes du jardin », comme ils les appelaient .
    En effet, régulièrement, des escargots, limaces et araignées se baladaient au milieu des plantations.
    1.      la vue : par l’observation des légumes, la poussée, le changement de couleur
    2.      le toucher : par la cueillette des légumes, la plantation, la manipulation et le toucher de la terre
    3.      l’odorat : sentir les herbes aromatiques et autres plantes
    4.      le goût : la dégustation des fruits et légumes
    5.      l’ouïe : pas discrets dans un jardin, découverte des bruits de la nature (oiseaux, insectes, crépitements des feuilles)
     
    Ce projet a également favoriser l’exercice corporel avec la préhension et la coordination des gestes. Les enfants ont également du faire preuve de prise de responsabilités, par l’entretien quotidien et le respect des plantations.

    • Moyens d’évaluation de l’action :

    ·         A court terme :
    1.      Implication des enfants dans la plantation des aliments, dans l’entretien du potager, dans la cueillette des aliments.
    2.      Implication des parents dans le projet.
     
    ·         A moyen terme :
    1.      Apport dans l’éveil de l’enfant et l’apprentissage de l’enfant. 2.      Éveil sensoriel :
    a.                  la vue : par l’observation des légumes, la poussée, le changement de couleur
    b.                 le toucher : par la cueillette des légumes, la plantation, la manipulation et le toucher de la terre
    c.                  l’odorat : sentir les herbes aromatiques et autres plantes d.                 le goût : la dégustation des fruits et légumes e.                  l’ouïe : favoriser les pas discrets, bruits des oiseaux, crépitements des feuilles 
    3.      Dégustation immédiate (au moment du goûter ou des repas) 4.      Travail en partenariat avec d’autres structures ou personnes.
     
    ·         A long terme :
    1.      Observation des enfants sur la plantation et la poussée des aliments.
    2.      Évolution de l’enfant dans ses apprentissages.
    3.      Exploitation tous les ans et en toute saison du potager.

    • Perspectives :

    Ce projet nous a permis de respecter les grandes valeurs du projet pédagogique de la micro-crèche telles que l’autonomie, le respect des règles, la socialisation, investir les parents au sein de la structure.
     
    Nous avons l’intention de renouveler le projet chaque année afin de continuer à sensibiliser et investir les enfants dans la plantation, l’entretien du potager.


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    Faut-il leur demander de dire « merci » et « s’il te plaît » ?

    Il n’est pas rare que des professionnels demandent aux enfants de prononcer les incontournables « merci », « s’il te plaît », « pardon ». Est-ce réellement le bon âge et le bon lieu pour leur apprendre les petits mots magiques ?

    iStock

    petite fille qui demande en pointant du doigt Nous sommes en jeu libre. Mario, pas tout à fait 3 ans, s’approche de la professionnelle d’un air déterminé, un jouet à la main. « Tétine, tétine ! » lui lance-t-il, le doigt rivé sur la boîte à tétines située sur le meuble. Surpris par son attitude, l’adulte ouvre de grands yeux. « Tu sais bien que ce n’est pas comme ça que l’on demande des choses. J’attends le mot magique. Tu le connais, je t’ai déjà entendu le dire ! ». « Tétiiiiiiiiiiiiine, tétiiiiiiiiiine !!! » s’impatiente le petit garçon, commençant à trépigner de colère. « Mario, ce n’est pas la peine de t’énerver, ça ne marche pas comme ça. J’attends le mot magique ! ». Spontanément, Mario se dirige vers l’autre bout de la pièce pour solliciter une autre professionnelle qui, sans avoir assisté à la scène, lui donne spontanément sa tétine. Pourquoi une telle différence de réaction entre ces deux adultes ?

    Dire « merci » et « s’il te plaît », c’est un signe de respect
    Certains adultes, parents comme professionnels, sont attachés aux mots de politesse et attendent des enfants qu’ils les prononcent à bon escient. C’est pour eux une manière d’intégrer les règles de savoir-vivre. Le mode d’accueil dans lequel ils évoluent est une sorte de mini-société dont les codes doivent être appliqués.
    D’autres adultes invitent spontanément les enfants à leur dire « merci » et « s’il te plaît », sans se poser de question, un peu par automatisme. Pour eux, ces petits mots font partie du vocabulaire quotidien. Ils reproduisent instinctivement les épisodes de communication qu’ils ont eux-mêmes vécus quand ils étaient enfants, lorsque les adultes qui l’encadraient - parents, enseignants - exigeaient d’eux qu’ils jalonnent leurs discours des traditionnels « s’il te plaît » et « merci ».

    Pour d’autres adultes encore, ces mots de politesse sont une réelle marque de respect. Si bien que ces derniers peuvent vivre l’absence d’un « s’il te plaît » comme une agression personnelle, un manque d’estime à leur égard, comme si l’enfant ne les considérait pas. « La dernière fois, Hugo m’a demandé de la purée, avec un air nonchalant, la bouche pleine, levant son assiette dans ma direction sans même m’adresser un regard, comme si j’étais à son service ! Je n’y croyais pas ! A quelques détails près, on aurait dit un ado insolent et provocateur… C’est plus fort que moi, je ne supporte pas cette attitude ». Cette interprétation de l’absence d’un « s’il te plaît » comme la marque d’un manque de respect est totalement erronée. Ici, la professionnelle fait preuve d’une forme d’adultomorphisme, à savoir cette tendance (que l’on a tous, plus ou moins) à décoder les comportements des enfants comme s’il s’agissait de mini-adultes. On oublie que les jeunes enfants n’ont pas du tout le même niveau de développement, ni le même degré de maturation cérébrale que leurs aînés adolescents ! Aussi, même si leur attitude suggère en apparence une forme d’insolence, la réalité est toute autre.

    Ceci dit, reconnaissons que cette course précoce à la politesse est aussi largement alimentée par certains parents. Combien d’entre eux exigent que leur enfant dise « bonjour » ou « au revoir » aux professionnels, ou bien qu’il leur fasse un bisou, lors des arrivées et des départs du lieu d’accueil ? Un petit sourire au coin n’est-il pas tout aussi agréable à recevoir qu’un « bonjour » en bonne et due forme ?
    Enfin, une partie des professionnels de la petite enfance n’insiste pas pour que l’enfant prononce ces mots de politesse. Pour eux, ce n’est ni l’âge, ni le lieu pour s’y atteler. Ils ont toute la vie pour devenir polis !
    L’objectif de cet article n’est pas de vous encourager ou non à enseigner la politesse aux jeunes enfants que vous accueillez. Non, son objectif est de vous indiquer ce qu’il se passe réellement dans la tête d’un enfant, sur le plan de la compréhension de ces mots magiques. Le reste vous appartient !

    Avant 4 ans, ces mots n’ont pas de réel sens pour l’enfant
    Que pensez-vous qu’un tout-petit comprenne des mots magiques tels que « s’il te plaît », « pardon », « merci » ? A vrai dire, pas grand-chose. Enseigner la politesse à des enfants revient à leur apprendre les codes de communication d’un groupe social, à savoir la société à laquelle ils appartiennent. L’ensemble de ces mots, liés à notre culture, n’ont en soi aucun sens. On ne peut pas les toucher, les attraper, les lancer, les caresser, les mettre à la bouche. Ils sont totalement abstraits et impalpables. Or, sans doute avez-vous remarqué que les jeunes enfants demeurent dans un monde concret et physique et qu’ils appréhendaient plus facilement les éléments qu’ils pouvaient manipuler avec leurs petites mains.  

    Mais ce n’est pas tout. Pour bien saisir le sens de ces mots de politesse, il faut en comprendre leur usage et à quoi ils servent dans la vraie vie (par exemple, à manifester sa gratitude à quelqu’un, sa considération, son respect). Cette compréhension repose sur un prérequis cognitif qui s’acquière au gré de la maturation de leur cerveau. Pour comprendre la portée de ces mots il faut d’abord comprendre que l’autre pense différemment de nous, qu’il a des besoins, des émotions, des croyances différentes de nous. En d’autres termes, disons que pour comprendre la portée des mots de politesse, il faut être « décentré ». Cette capacité à prendre en compte le point de vue de l’autre s’appelle la théorie de l’esprit et n’est pas mature avant 4 ans en moyenne. Avant cet âge, l’enfant ne fait que répéter mécaniquement les mots « merci » et « s’il te plaît » qu’on lui demande si souvent de prononcer dans tel ou tel contexte (quand on lui donne quelque chose, par exemple). Contrairement aux apparences, ce n’est donc qu’un conditionnement. Il est d’ailleurs inutile de chercher à brûler les étapes car cette compréhension est tributaire de leur développement cérébral. Chercher à faire entrer un jeune enfant dans le moule de la politesse alors qu’il n’est pas prêt sur le plan cognitif, c’est un peu comme apprendre à un lion à sauter dans un cerceau. Ce n’est ni naturel, ni spontané.

    Etre poli soi-même est la meilleure manière de le rendre poli
    Tout-petit, un enfant est poli à sa manière, bien loin des codes des adultes. Au lieu d’un traditionnel « merci », il vous fera une caresse, un petit câlin, un sourire. Un éclat de rire en réaction à un petit cadeau n’est-il pas l’une des plus belles marques de gratitude envers un adulte ? Et puis, quand il sera en âge de comprendre réellement tous ces codes, il pourra même vous dire « merci » juste pour vous faire plaisir, même s’il n’est pas satisfait du cadeau ! Patience, donc.
    En attendant, la meilleure manière de rendre un enfant poli est d’être soi-même poli avec lui. Profitez qu’il vous donne un objet pour le remercier, efforcez-vous de vous excuser lorsque vous le bousculez. Ornez votre requête d’un « s’il te plaît » chaleureux et bienveillant si vous attendez quelque chose de lui. Un beau jour, il vous manifestera avec des mots le respect que vous lui avez si souvent témoigné. C’est à vous de jouer !

     
    Article rédigé par : Héloïse Junier, psychologue en crèche, formatrice
     

     


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    Comprendre les conflits entre jeunes enfants.

    Lorsque nous nous occupons de jeunes enfants d’âges rapprochés, nous rencontrons souvent –(voire inévitablement), une période durant laquelle les enfants se disputent.

     

      Ces disputes peuvent être d’intensité variable, allant de la simple  chamaillerie autour d’un jouet, au conflit permanent avec cris et bagarres...

     

    Nous pouvons nous sentir démuni-e-s devant ces comportements. Quelquefois, malgré plusieurs tentatives pour tenter d'apaiser les relations, rien ne semble fonctionner, les conflits deviennent récurrents et l’ambiance est tendue. Nous nous sentons alors dépassé-e-s.

     

    Petit éclairage sur ces périodes difficiles à gérer, et sur la place des professionnel-le-s dans ces conflits.

     Pourquoi des conflits ?

    Avant tout, il est bon de se dire qu’il s’agit seulement d’une période, d’une étape. Certes, un moment difficile à passer, mais qui ne va pas s’inscrire dans le temps ! L’âge vers lequel ces conflits sont fréquents se situe autour de 18 mois/2 ans, en général, même s’ils apparaissent souvent avant, et qu’ils peuvent perdurer au-delà de 3 ans.

    • Cette étape est un peu un passage obligé dans le processus de socialisation. Pour cela, l’enfant a besoin d’agir sur son environnement. Or, l’autre, les autres, font partie de son environnement. Il va donc agir sur les autres pour voir et comprendre comment ceux-ci réagissent. Et il va aussi être confronté à l’inverse, c’est-à-dire que les autres vont agir sur lui, ce qui va provoquer de sa part, des réactions, des réponses. Ce sont toutes ces interactions, qu’elles soient provoquées par l’enfant, ou bien reçues par lui, qui vont l’aider à se socialiser.
    • C’est vers deux ans que l'enfant prend pleinement conscience qu’il est un être à part entière. L’apparition du « je » dans le langage en est un indice. Ainsi, il se rend compte qu’il a des capacités, et du pouvoir sur les choses et les personnes. On peut voir apparaître la fameuse phase d'opposition, pendant laquelle il va à la fois tester son pouvoir, mais aussi résister au pouvoir que l'autre veut exercer sur lui. C'est aussi une manière de s'affirmer, de se revendiquer comme une personne et de faire savoir qu'il veut et peut faire des choses tout seul. Cette phase d'opposition va s'exprimer ouvertement dans les relations entre enfants, et provoquer des tensions dans les interactions.
    • Il est dans une période d’égocentrisme enfantin : ses réactions lui sont dictées par une sorte de « moi d’abord » (jusque vers 6/8 ans), doublée d’un sentiment de toute-puissance (jusque vers 4 ans) qu’il a du mal à contrôler. C’est pourquoi prendre l’autre en considération, se mettre à sa place (la fameuse empathie), comprendre ce qu’il ressent, sont des choses qui, généralement, dépassent l’enfant lors de conflits.
    • Bien qu’étant une valeur forte pour nous, adultes, la notion de « partage », ou de « prêt », est loin d’être acquise à deux ans. Si on y ajoute ce qui vient d’être dit plus haut, on comprend mieux pourquoi les relations entre enfants de cet âge sont aussi conflictuelles à cette période. C’est bien souvent impossible, ou plutôt insupportable pour l’enfant de devoir prêter le jouet convoité, pour les raisons citées ci-dessus. De plus, l’enfant considère que l’objet est à lui lorsqu’il est dans ses mains. Il n’a pas la même notion de propriété que nous, adultes.

    (C’est pourquoi on entend souvent dans la bouche des enfants de 2/3 ans « c’est à moi », même lorsque nous savons que la chose dont il parle ne lui appartient pas (c’est peut-être un jouet de la crèche, ou d’un autre copain, un jouet de l’assistante maternelle, etc.), au sens où nous l’entendons. Donc il est inutile de rentrer dans des confrontations stériles avec lui, en lui répétant que « non ce n’est pas à lui ». Sinon, on prend le risque de provoquer des rapports de force entre lui et nous, et d’amplifier le phénomène par réaction. Nous pouvons lui dire que ce jouet est à tout le monde, par exemple, mais qu’il peut jouer avec, sans donner plus d’importance que cela.)

    • D’autre part, un jouet est toujours plus intéressant lorsqu’il prend vie dans les mains de l’autre. Voir le poupon « s’animer » dans les mains du copain, va provoquer l’envie irrépressible de l’enfant de l’avoir, bien qu’il soit en train de jouer à autre chose à ce moment-là... On peut même voir des enfants lâcher la petite voiture avec laquelle ils jouaient, pour aller prendre celle avec laquelle joue un autre enfant, même si c’est la même !... Et ne rien en faire finalement, parce que n’étant plus « vivante » comme elle l’était entre les mains de l’autre, elle perd soudain son intérêt.
    • Entre deux et trois ans, le langage se construit. Tous les enfants n’ont pas à leur disposition les mots adéquats, le vocabulaire nécessaire pour se faire comprendre. D’autre part, ils ne se comprennent pas forcément entre eux. Alors ils utilisent les moyens les plus explicites et les plus rapides, ce qui donnent lieu à des gestes parfois virulents et souvent incontrôlés : arracher des mains, pousser, crier, etc., Ce sont les manifestations de leurs mécontentements et désaccords, encore impossible à formuler avec des mots.
    • A cet âge, l’enfant est encore dans la pulsion. Il n’a pas la capacité d’analyser, de comprendre, de réfléchir, de prendre du recul, pour maitriser ses gestes. Il n’arrive pas à faire face à sa frustration.
    • Enfin, d’autres raisons sont possibles : l’enfant peut avoir un besoin d’attention plus important à un moment donné, il y a une naissance, un déménagement, peut-être l’arrivée d’un nouvel enfant chez l’assistante maternelle, une difficulté particulière... Il est utile de faire le tour des possibilités qui pourraient expliquer pourquoi il est en recherche de confrontation.

    Quoi faire et comment faire ?

    Garder en tête ce qui vient d'être dit ci-dessus, car ce sont des clés de compréhension indispensables.

    Ensuite, il n’y a pas de recette ou de formule. Chaque adulte doit adapter son attitude à la compréhension de la situation, et à la connaissance qu’il a des enfants dont il s’occupe.

    Cependant, certaines façons de s’y prendre sont plus appropriées et constructives que d’autres.

    D’abord l’outil indispensable, c’est l’observation. Elle nous permet de prendre du recul, de voir des choses qu’on n’aurait pas vu. Elle peut nous aider à comprendre comment le conflit arrive, ce qui se joue dans ces moments-là entre les enfants, mais aussi avec nous, adultes.

    L’observation est aussi un moyen de nous empêcher d’intervenir trop vite.

    Parce qu’effectivement, il n’y pas toujours nécessité d’intervenir. Les enfants sont capables de trouver eux-mêmes des solutions. Et c’est ainsi que se construit la socialisation.

    Ainsi, lorsqu’il prend le jouet des mains d’un autre, l’enfant va s’exposer à une réaction. Il va devoir s’adapter à cette réaction, et il en est de même pour l’enfant qui se fait prendre le jouet. Ils vont développer des stratégies pour trouver une solution. Plusieurs choix vont s’offrir à eux, en fonction de leur caractère, de leurs compétences, de leur maturité, etc. : lâcher prise parce que ça n’en vaut pas la peine et aller chercher autre chose, abandonner, parce qu’on sent que l’autre est « plus fort », ou au contraire forcer jusqu’à ce que l’autre cède, attendre que l’autre délaisse l’objet de convoitise, proposer un échange (oui, cela arrive souvent, si on laisse les enfants chercher des solutions), crier très fort pour impressionner l’autre, etc.

    Cependant, il est important de vérifier que ce ne soient pas toujours les mêmes enfants qui subissent, que les rapports soient équilibrés et que les gestes restent acceptables (travaillons un peu sur notre seuil de tolérance...s'il n'y a pas de pleurs, et qu'il n'y a pas de souffrance avérée, on peut peut-être laisser les enfants gérer cette friction, même si elle est un peu virulente). Attention cependant à observer discrètement, car sinon, les enfants pourraient interpréter le regard de l'adulte comme étant un accord pour se taper dessus. Et bien sûr, intervenir quand cela devient nécessaire.

    Ce qui peut aider les enfants :

    Parler, en décrivant la situation. Mettre des mots sur ce qui est en train de se passer. Ex : « Tom, je vois que tu tires sur le camion de pompier que Nina a dans ses mains. Et toi, Nina, tu ne veux pas lâcher le camion ». C’est une description objective de ce qui se passe à l’instant T. Cette simple description peut désamorcer la dispute : elle déclenche une réaction de l’un ou l’autre des enfants. Parfois, l’un lâche prise, ou alors, se met à pleurer, ou explique son problème.

    Pourquoi ? Parce que cela permet aux enfants de visualiser la situation de manière globale, et pas que de leur propre point de vue. Ensuite, ils constatent que l’adulte veille sur eux, et qu’il voit ce qu’il se passe pour chacun des enfants. Cependant, ce n’est pas magique. Peut-être nous faudra-t-il accompagner les enfants vers une tentative de résolution.

    Pour cela, nous inciterons les enfants à se parler entre eux, à exprimer ce qu’ils veulent, ou au contraire, ce qu’ils ne veulent pas, ce avec quoi ils ne sont pas d’accord : « Tom, si tu veux le camion, tu peux le demander à Nina, et voir si elle est d’accord pour te le prêter » (et oui, attention à ne pas laisser croire que le simple fait de demander donne gain de cause ! )

    « Nina, dis à Tom que tu n’es pas d’accord pour qu’il te prenne le camion », ou plus simplement "Dis lui non, si tu n'es pas d'accord", dans le cas où l'enfant n'aie pas un langage suffisamment élaboré. On peut continuer ce va et vient entre les deux en disant à Tom "Regarde (ou écoute) : Nina n'est pas d'accord"...

     S’il n’y a pas de résolution possible, nous pouvons les aider et les soutenir en proposant autre chose : « tu ne peux pas avoir le camion pour le moment, est-ce que tu veux... ? (Faire une proposition d’un autre jouet ou mieux, d’un moment partagé avec l’adulte : « si tu veux, je fais un puzzle avec toi »)

    En détournant l’attention de l’enfant qui était focalisée sur le camion, nous lui offrons la possibilité de passer à autre chose.

     

    Lorsque nous observons un intérêt important pour tel ou tel jouet ou objet, prévoir de l'avoir en plusieurs exemplaires. Cela va diminuer le nombre de conflits que ce jouet va provoquer, s'il est fortement convoité par plusieurs enfants. Si ce n'est pas possible de l'avoir en plusieurs exemplaires, parfois, il vaut mieux retirer le jouet momentanément si nous observons qu'il provoque des disputes intenses et répétées.

    Pour finir...

     

     

    Bien sûr, il y aura toujours des situations où rien ne fonctionnera. Mais, si nous les vivons en gardant en tête toutes les spécificités de ces âges, nos interventions resteront malgré tout bienveillantes à l’égard des enfants. Quelquefois, nous n'aurons pas d'autres choix que de séparer les enfants, pour le bien de tous et toutes...

     

    Même avec la meilleure intention qui soit, nous ne pourrons jamais être garant-e-s d'une égalité parfaite entre les enfants dans notre gestion des conflits. La plupart du temps, nous n'avons pas vu toute la scène. De plus, il est illusoire d'essayer d'éliminer les tensions et autres formes d'agressivité qui peuvent surgir dans les relations entre les enfants. Elles sont inévitables, nécessaires au processus de socialisation et constituent pour l'enfant un moyen d'exprimer ses émotions.

    Evidemment, une attitude bienveillante n’est pas synonyme de laisser tout faire, au prétexte que l’enfant traverse telle ou telle période qui explique son comportement. Il est fondamental que l’enfant entende que certains comportements ne sont pas admis : taper, mordre, griffer, tirer les cheveux, etc. Sans doute faudra-t-il le répéter à maintes reprises, avec fermeté lorsque cela est nécessaire, et arrêter le geste lorsque celui-ci est inadmissible.

    L’accompagnement des adultes va jouer un rôle important. En posant un cadre, des limites et des interdits, l’adulte va l’aider à renoncer progressivement à la satisfaction immédiate de ses désirs et à abandonner certains comportements au profit d’autres qui seront socialement acceptables. En mettant en mots les situations difficiles rencontrées par l'enfant, il va lui permettre de comprendre ce qui se passe en lui, à donner un nom aux émotions qui le traversent ("tu es en colère", tu es triste", "tu n'es pas content"...etc.), et ainsi, à sortir de manière constructive de cet égocentrisme.

    Pour cela l’enfant a besoin d’une relation affective satisfaisante et de la confiance de l’adulte.

    En lui consacrant de petits moments rien que pour lui dans la journée, nous remplissons « son réservoir affectif », qui constitue sa base de sécurité affective.

    C’est ainsi que, progressivement, et aidé, accompagné, soutenu par l’adulte, il va construire des « habiletés sociales » (comment se comporter le mieux possible avec autrui, s’adapter à une situation, à l’autre, à ce qu’il est, communiquer avec lui pour se faire comprendre...), il va intégrer des codes (politesse, par exemple), et d'autres manières de s'y prendre qui vont lui permettre de passer d'un mode pulsionnel, à des attitudes plus maitrisées.


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    Les pleurs des bébés : un grand malentendu

    Héloïse Junier

    Les pleurs des bébés plongent parents et professionnels dans l’incompréhension et l’impuissance depuis des générations. Les recherches scientifiques nous apprennent pourtant beaucoup sur le sujet.  

      Consultez le sommaire du magazine L'emprise des émotions

    Les pleurs des bébés et des enfants ont toujours été une source de vives préoccupations et d’incompréhensions pour les adultes (parents ou professionnels de la petite enfance). Nombre d’entre eux se sont un jour demandé comment réagir : faut-il réconforter systématiquement l’enfant ou l’ignorer, le laisser sur un transat ou le prendre dans les bras, considérer ces pleurs comme le signe d’une immaturité, d’une souffrance physique ou d’un « caprice » ?

    Les pleurs sont d’ailleurs l’un des principaux motifs de consultation chez les spécialistes, pédiatres et psychologues en tête de peloton. Malheureusement, le plus souvent, lesdits spécialistes ne sont pas mieux informés que les parents eux-mêmes. Car rares sont leurs formations théoriques à intégrer un module sur les pleurs des enfants. Chacun y va alors de ses convictions ou de ses opinions personnelles. De fil en aiguille, des conseils pas toujours judicieux et infondés sont régulièrement prodigués sur la base d’idées reçues, souvent moralisatrices et psychologisantes, et s’ancrant rarement sur des constats scientifiques mais plutôt sur des interprétations et des projections.

    Des idées reçues qui se perpétuent

    Parmi les innombrables idées reçues : les « coliques », tout d’abord. Gisèle Gremmo-Feger, pédiatre au CHU de Brest, rappelle, dans son article intitulé « Un autre regard sur les pleurs du nourrisson », que beaucoup (trop) de praticiens perçoivent dans les pleurs prolongés la conséquence de perturbations organiques d’origine essentiellement digestive. Dans les années 1950, a été définie (de façon arbitraire) la « colique infantile » par la règle des trois : pour qu’une colique soit diagnostiquée, l’enfant doit pleurer plus de trois heures par jour, plus de trois jours par semaine et pendant plus de trois semaines. Parmi les traitements à la pelle proposés aux bébés, aucun n’a vraiment prouvé son efficacité dans des essais randomisés. Peut-être parce que, en réalité, la majorité des enfants ne souffriraient d’aucun trouble gastro-intestinal ? Un point de vue partagé par de nombreux spécialistes. Quand les pleurs ne sont pas qualifiés de coliques, ils sont considérés comme le signe d’une « manipulation » de l’enfant, d’un « caprice » auquel il est préférable de ne pas répondre sous peine de devenir l’esclave de ce bébé tyran et persécuteur (ou presque). On qualifie d’ailleurs les enfants qui pleurent peu d’enfants « sages ». Rappelons qu’en Europe, au Moyen-Âge, des bébés qui pleuraient trop en venaient à être exorcisés car on les considérait comme possédés par un démon ! Un manuel de puériculture de référence des années 1940 décrit les cris du bébé comme « parfois, le résultat d’une mauvaise éducation et l’expression d’un caprice, l’enfant ayant été habitué à être pris dans les bras dès qu’il crie ».

    Autre idée reçue : les pleurs sont régulièrement identifiés comme un langage. Ce postulat pleurs = langage, encore actuellement communiqué dans les carnets de santé, est erroné. L’idée de langage inclut une action volontaire de la part de l’émetteur (le bébé, en l’occurrence). Or, la recherche en neurobiologie a maintes fois confirmé que l’enfant n’était pas en capacité de pleurer de manière volontaire et contrôlée pour interpeller son entourage. Les pleurs ne sont pas déclenchés par le cortex, le cerveau supérieur, de manière volontaire donc, mais par des réseaux issus du cerveau primitif sur lesquels il est impossible d’agir. Enfin, pour certains, les pleurs sont un signe de faiblesse, de vulnérabilité. Les petits garçons sont d’ailleurs rapidement conditionnés à ne pas pleurer : « Je suis fier de toi, mon fils, tu n’as même pas pleuré quand tu es tombé ! » (il est intéressant de constater qu’une majorité d’adultes s’excusent auprès de leur interlocuteur lorsqu’ils se mettent à pleurer…). Pour d’autres, ces manifestations sont un signe de douleur, de détresse. On cherche alors à les stopper, coûte que coûte, par la tétine, la comptine, le sein, le bercement… Point commun à l’ensemble de ces idées reçues : nous n’admettons pas qu’un bébé puisse avoir besoin de pleurer.

    Faire taire ces pleurs à tout prix

    À l’écoute des pleurs, une majorité d’adultes, professionnels ou parents, sont pris d’une envie spontanée de les faire cesser. Chacun développe des stratégies qui permettent de détourner l’attention de l’enfant et ce, dès son premier jour de vie. Et pourtant, « il ne viendrait jamais à l’esprit d’un psychothérapeute face à un patient en pleurs d’utiliser ce type de procédé : allumer la radio, lui montrer un magazine, lui donner un bonbon, le chatouiller… mais apparemment, cela ne nous gêne pas de le faire avec un bébé », souligne Éric Binet, psychologue clinicien, psychothérapeute spécialisé en psychotraumatologie et docteur en sciences de l’éducation, dans son article « Les pleurs de la petite enfance : une question d’attachement ? ». Comme le souligne le psychothérapeute, le problème n’est pas en soi la tétine ou le doudou mais le fait que l’adulte oblige l’enfant « à trouver l’unique ressource de consolation » dans des objets qui « n’expriment aucune empathie, aucune bienveillance, aucun amour ». D’autres adultes peuvent réagir aux pleurs par des violences physiques (enfermer l’enfant, le gifler, le secouer) ou psychologiques (lui crier dessus, le culpabiliser, le menacer de ne plus le garder dans les bras s’il continue à pleurer). L’ensemble de ces réactions et de ces représentations négatives traduisent une réelle intolérance des adultes face aux pleurs des bébés. Et pour cause, ceux-ci tendent à susciter en nous des réactions physiques fort désagréables : une sensation d’oppression, des maux de tête, des tensions musculaires, la gorge nouée… Face à un enfant qui pleure, nous pouvons nous sentir impuissants, frustrés, coupables, vulnérables. Pour se soulager, nombre d’entre nous émettent des jugements péjoratifs à l’égard de l’enfant et de son émotion : « Je sais bien que tu fais exprès de pleurer pour me culpabiliser ! », « Arrête tes caprices, avec moi, ça ne marche pas », « J’ai bien vu qu’avant que j’entre dans la pièce tu ne pleurais pas, tu es un comédien ». Conclusion : ce n’est pas de notre faute, c’est de la sienne. D’ailleurs, ce ne sont pas de vrais pleurs, donc tout va bien.

    Pleurer, un puissant antistress

    Il est fréquent de constater que les pleurs des enfants ne sont pas nécessairement liés à l’insatisfaction d’un besoin physiologique comme la faim ou le sommeil. Loin de là. Dans une bonne partie des cas, les pleurs viennent traduire un simple besoin d’être pris dans les bras de l’adulte, d’être réconforté, rechargé en nourriture affective. Mais pas seulement. Une question revient souvent dans la bouche des parents et des professionnels : « Alors que je le porte dans les bras, qu’il a bien mangé, bien dormi, qu’il n’a visiblement aucune douleur, il pleure quand même. Pourquoi ? ». Pleurer permet à l’enfant de se décharger de son stress, au même titre que trembler, bâiller, transpirer, rire ou crier de colère.

    William Frey, biochimiste au centre médical Saint-Paul-Ramsey du Minnesota, spécialiste du système lacrymal, a détecté dans les larmes humaines la présence d’adrénaline et de noradrénaline, deux substances liées au stress. Dans le cadre d’une recherche, après avoir comparé les larmes d’irritation (déclenchées par les émanations des oignons) et les larmes d’émotion (provoquées par le visionnage d’un film très triste), il a constaté que la concentration des substances liées au stress était bien plus importante dans les larmes d’émotion que dans celles d’irritation. Or, l’élimination de ces substances permettrait justement d’atténuer l’excitation du système nerveux sympathique et de passer d’un état de stress à un état de détente.

    « Pleurer crée une stimulation physiologique suivie d’une profonde relaxation. C’est un moyen très efficace de réduire la tension psychologique, d’abaisser la tension artérielle et le rythme cardiaque » confirme Aletha Solter, psychologue suisse américaine, docteur en psychologie à l’université de Californie à Santa Barbara, auteur de Pleurs et colères des enfants et des bébés. Comprendre et répondre aux émotions de son enfant.

    L’évacuation de ces substances permet à l’enfant (et à l’adulte, of course) de rétablir un équilibre physiologique, une homéostasie. Selon William Frey, le fait que les hommes pleurent moins que les femmes les exposerait davantage aux troubles liés au stress, tels que les crises cardiaques ou les attaques cérébrales, et écourterait leur durée de vie. Diverses recherches ont confirmé ce lien entre les pleurs et une santé satisfaisante. « Peut-être qu’à l’avenir, les médecins éclairés recommanderont à leurs patients : Mangez beaucoup de fruits et de légumes, faites beaucoup d’exercice et pleurez à chaudes larmes au moins une fois par semaine ! », ironise Aletha Solter. Chez l’enfant, pleurer à la suite d’un stress émotionnel (séparation du matin, dispute de ses parents, irritabilité de l’adulte…) est d’autant plus libérateur que l’énergie dépensée est importante. Lorsqu’un enfant pleure, son corps tout entier s’agite, il se cambre, ses jambes et ses bras remuent de manière impulsive et désordonnée. « Nous autres adultes nous comporterions probablement de la même manière si les démonstrations d’émotion n’étaient pas considérées comme socialement inacceptables ! », souligne Aletha Solter.

    Conclusion : sur un plan physiologique, pleurer permet de libérer le corps de ses déchets organiques, au même titre que le fait d’uriner, de déféquer ou de transpirer.

    Accompagner plutôt que réprimer

    Vu l’effet bénéfique des pleurs sur l’équilibre physiologique des enfants, une réaction coule de source : celle d’accompagner les pleurs plutôt que les réprimer. Et d’éviter de n’apporter de l’approbation à l’enfant que lorsqu’il est souriant et heureux. Dès 1989, dans son livre destiné aux parents Holding Time, Martha Welch, professeure associée de psychiatrie au département de pédiatrie, de pathologie et de biologie cellulaire de l’Université du centre médical de Columbia, présente les bienfaits de l’étreinte pour accompagner les pleurs d’un enfant. Celle-ci se compose de trois phases : la confrontation avec l’adulte, le rejet (lorsque l’enfant se débat) et le dénouement (l’enfant, qui ne cherche plus à se débattre, se détend et reste lové dans les bras de l’adulte). Peu d’enfants ont déjà eu la possibilité de pleurer à « satiété » dans les bras bienveillants d’un adulte. Dans son ouvrage, Aletha Solter guide de manière pratico-pratique les adultes dans l’accompagnement des pleurs d’un enfant qui ne seraient pas liés à l’insatisfaction d’un besoin physiologique (faim, sommeil, douleur…). « Prenez l’enfant dans vos bras (…). S’il a les yeux ouverts, regardez-le dans les yeux. Tenez-le calmement, sans le secouer ni le bercer (…). Respirez à fond et détendez-vous (…). Dites-lui : « Je vais rester avec toi. Tu peux pleurer si tu veux ». Caressez doucement ses bras ou son visage pour le rassurer sur votre présence physique. Restez avec votre bébé et continuez à le tenir tendrement jusqu’à ce qu’il cesse de pleurer lui-même [ndlr : même s’il se débat] ». Éric Binet rappelle que le fait de « consoler » un enfant n’implique pas de faire cesser ses pleurs, mais de lui accorder de l’attention et de soulager ses tensions. À ce titre, un bébé à qui on permettra de pleurer à satiété dans les bras sécurisants d’un adulte tendra à pleurer moins que les autres enfants et à jouir d’un sommeil plus paisible. « Il ne s’endort pas en pleurant, ne se réveille pas en pleurant et ne sursaute pas au moins bruit ». Décryptage : le système nerveux de stress étant pleinement désactivé grâce aux larmes, l’enfant sera plongé dans une détente physiologique réelle pendant son temps de sommeil.

    Le plus complexe dans cette histoire n’est pas d’accompagner les pleurs d’un enfant, mais d’adopter une pratique qui va à l’encontre de nos croyances les plus profondément ancrées. Qu’on se le dise : oui, pleurer, c’est bon pour la santé. Et même pour les bébés ! À condition de les accompagner… •

    Un manque de prévention

    Pratiquement aucune information fondée et scientifique sur les pleurs n’est communiquée aux familles, aucune prévention sur le plan national n’est mise en place. Pourtant, les pleurs demeurent un facteur prédominant de maltraitances, de négligences et de décès pendant la première année de vie. 80 % des parents qui ont maltraité leur enfant confient que ce sont les pleurs prolongés qui ont entraîné ces violences.

    Les bébés occidentaux pleurent plus que les autres

    La question des pleurs des bébés a largement été débattue en ethnologie : les bébés occidentaux pleurent davantage que leurs homologues élevés dans des sociétés traditionnelles. Pourquoi ? Car dans nos sociétés, on conseille aux parents de laisser le bébé dormir seul, de ne pas répondre systématiquement à ses pleurs, de ne pas le prendre dans les bras. Visiblement, ce maternage qualifié de « distal » engendrerait des pleurs de plus longue durée. Il est intéressant de constater qu’en Corée, dans une étude des années 1990, aucun enfant ne semblait souffrir de coliques*. En même temps, ces petits coréens ne passaient que 8,3 % de leur temps seul contre 67,5 % pour les bébés nord-américains. Une proximité mère bébé est nettement favorisée, jour et nuit. « Est-il nécessaire de rappeler que ce mode de vie et le type de maternage qui en découle ont prévalu pendant plus de 99 % de l’histoire de l’humanité ? La solitude des nourrissons qui caractérise les cultures occidentales est (…) probablement peu adaptée à l’immaturité globale et aux attentes biologiquement déterminées des bébés », souligne Gisèle Gremmo-Feger.

    * Lee K. (1994), « The crying pattern of korean infants ans related factors ». Dev Med Child Neurol, 36 - 601-607.

     
     
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    L’intergénération, pour vivre ensemble dans les territoires

     

    L’Acepp a participé au travail sur la question des relations intergénérationnelles sur les territoires ruraux avec le CELAVAR (Coordination associative de développement durable des territoires ruraux). L’Arppe en Berry Acepp 18 a été le lieu des projets et a présenté les ateliers parents-enfants organisés à la maison de retraite de Massay avec les tout-petits et les résidents...

    En novembre 2013, l’ensemble de la mutualisation des réflexions et des pratiques ont été présentés. Il en ressort une brochure et un web-document dans lesquels on peut retrouver les réflexions de Claudine Attias Donfut sur les enjeux des relations intergénérationnelles dans le monde d’aujourd’hui, la présentation des projets du réseau Acepp et les autres…

    Télécharger la brochure
    La lire en ligne
    Découvrez le web-document

     

    VIVRE ENSEMBLE L’INTERGÉNÉRATION DANS LES TERRITOIRES

     

    Claire Gougeon
    Chargée de développement secteur rural à l’Acepp

     

    À l’Acepp, le vivre ensemble passe aussi par la relation des plus jeunes avec nos aînés qu’ils soient seniors ou plus âgés en perte d’autonomie, encore chez eux ou résidents d’un établissement. Des projets de rencontres se construisent, vivent, se renouvellent.

     

     

    Depuis 2012, année « du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle », l’Acepp participe à un groupe de réflexion animé par Celavar (coordination associative du développement durable des territoires ruraux – www.celavar.org), l’occasion pour elle de mettre en lumière ses expériences de terrains souvent chargées en émotion à l’heure où de nombreuses familles peuvent compter jusqu’à cinq générations et où la question de l’accueil des enfants et des personnes âgées est au cœur des préoccupations.

     

    Moment festif, goûter, création de jardin, lecture, exposition photos, atelier manuels, jeux de société, pâtisserie, enregistrement d’un CD, concert, psychomotricité… autant d’exemples témoignent de la diversité des actions menées par le réseau Acepp dans le cadre de rencontres entre les enfants et les aînés.

     

    La proximité géographique, une opportunité

     

    La problématique du déplacement est importante pour les enfants comme pour les ainés. De fait, en milieu rural, la proximité facilite bien les choses. Comment ne pas se rencontrer lorsqu’une crèche se situe près d’un lieu d’hébergement (maison de retraite, foyers logement…) et parfois, dans les mêmes locaux ? C’est le cas pour les Oisillons du Ravatel (69), à la Balancelle (38), aux Mésanges (29)…

     

    La rencontre ne s’improvise pas

     

    Si lors de l’organisation des rencontres il n’est pas question de fixer des objectifs précis, cela n’en demande pas moins une préparation attentive afin de respecter les rythmes, les envies et les spécificités liées aux âges et à la santé. La collaboration entre les professionnels des deux structures (une animatrice, une psychomotricienne de la maison de retraite, une éducatrice de jeunes enfants de la crèche ou de l’atelier parents-enfants) est capitale au bon déroulement des activités comme en témoigne la crèche Pain d’épices (63). La préparation s’impose également quand il s’agit de mener des actions avec des jeunes retraités pour des temps de lecture ou des sorties « poussettes », comme à la crèche de Gourdon (46), afin que chacun trouve la place qui lui convienne.

     

    Plaisir et partage avant toute chose

     

    Ces rencontres sont voulues comme des actes gratuits, basés sur le volontariat et discutés avec les familles. Il s’agit de prendre le temps de s’apprivoiser. Les personnes âgées apprécient souvent la spontanéité des petits. À leur contact, certains vont donner beaucoup d’eux-mêmes en accomplissant des gestes qui leur sont parfois devenus difficiles. D’autres, au contraire, préféreront observer cette vie qui pétille, les enfants qui grandissent… Pour les enfants, ces moments sont l’occasion de jeux, d’ouverture au monde et de construction de relations privilégiées.

     

    Et la place des grands-parents ?

     

    Mais l’intergénération, c’est aussi s’appuyer sur les grands-parents qui, souvent disponibles, constituent un maillon essentiel de la solidarité familiale et tiennent une place toute particulière dans l’éducation de leurs petits-enfants. Dans certaines crèches, ils sont largement accueillis. Ils peuvent ainsi participer aux réflexions, permanences, repas, sorties et moments festifs. L’ensemble des actions intergénérationnelles menées dans notre réseau participent au décloisonnement et à la transmission. Elles s’inscrivent pleinement dans une logique d’animation du territoire.

     

     

     

    QUELQUES EXPÉRIENCES GLANÉES EN PASSANT PAR LES CRÈCHES ET FÉDÉRATIONS DE L’ACEPP :

     

     

     

     

     

     

    Rhône : Les Oisillons du Ravatel à l’Arbresle,
    Quand l’intergénérationnel croise le handicap

     


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