• La décharge émotionnelle

    article issu de : http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/psycho_pour_tous/enfant_bebe/15527-gerer-crises-enfant.htm

     

    La décharge émotionnelle est un processus naturel qui aide à libérer les tensions. On compte six formes variées de décharge émotionnelle : les larmes, le rire, la colère, les bâillements, les tremblements et la transpiration. Chez l'enfant, les parents et l'entourage peuvent l'aider à décharger ses émotions, notamment en accueillant ses pleurs jusqu'à un apaisement total.

    Un enfant se met à pleurer. La réaction presque automatique des parents ou de l'entourage est de chercher à faire cesser les pleurs. Consoler, bercer, divertir, voire se mettre à crier plus fort… les stratégies sont nombreuses pour tenter un retour au calme. Or, pleurer fait du bien et il est même possible d'accompagner les pleurs. Incompréhensible ? Pas si sûr…

    La fonction des pleurs

    Gérer crises enfant Un bébé pleure pour deux raisons principales : la première consiste à communiquer un besoin immédiat : "j'ai faim ou soif ; chaud ou froid, j'ai besoin d'être porté…". Dans ce cas, répondre aux besoins fondamentaux de l'enfant calmera ses pleurs, spontanément.

    La deuxième cause des pleurs résulte d'une tension physique ou émotionnelle. Cette tension peut déclencher les pleurs de l'enfant sur l'instant mais également à un tout autre moment. "Dans le cas où les pleurs d'un enfant sont liés à un besoin de décharger une tension physique ou émotionnelle, une des réponses peut être de permettre à l'enfant de s'en libérer grâce aux pleurs", explique Chloé Saint Guilhem, psychologue et psychothérapeute, intervenante en crèches et au sein de l'association Cœur de Famille dans le Sud-Ouest de la France. Plusieurs spécialistes soulignent en effet les bienfaits d'une bonne crise de larmes sur la santé physique et psychologique. Les pleurs ne sont pas de la souffrance en tant que telle mais bien plutôt un processus qui nous en libère.

    En pratique, comment accompagner un enfant ?

    Cela vous est sans doute arrivé : vous revenez du supermarché et votre bébé de 9 mois se met à pleurer intensément. Malgré votre tentative de répondre à ses besoins immédiats, ce dernier continue de pleurer. Il est probable que l'enfant ait besoin de "décharger". "Dans ce cas, mettez-vous au calme avec votre bébé et décidez de lui accorder une profonde attention en coupant votre téléphone notamment. Vous pouvez le prendre dans vos bras en cherchant le contact visuel et lui parler doucement. En sécurité, votre bébé peut alors vous confier toutes ses tensions et s'en libérer. Un bébé qui décharge peut pleurer pendant 1h, devenir très rouge, transpirer puis bailler… faites-vous confiance, vous sentirez quand votre enfant se sentira mieux, il se calmera de lui-même, s'endormira peut-être ou au contraire retrouvera son éveil, son attention et son envie de jouer", poursuit la psychologue.

    Bien entendu, si les pleurs de votre enfant vous semblent excessifs ou si vous avez le sentiment qu'ils indiquent un malaise physique à traiter, n'hésitez pas à consulter votre pédiatre.

    Comprendre les sources de tension des enfants

    Le Dr Aletha Solter, auteur de plusieurs ouvrages sur la décharge émotionnelle, dont "Pleurs et colères des enfants et des bébés" aux éditions Jouvence, a identifié six catégories de détresses créant un besoin de pleurer, à savoir : les souffrances prénatales et le traumatisme de la naissance, les besoins passés non satisfaits, la surcharge d'informations (toute information stimulant les sens, toute nouveauté), les frustrations liées au sentiment d'impuissance (l'enfant n'arrive pas à attraper l'objet désiré, à se mouvoir comme il le voudrait…), la douleur physique et enfin les expériences effrayantes (une porte qui claque, un chien qui aboie…). Mieux vous comprendrez les tensions ressenties par l'enfant et mieux vous l'aiderez à s'en libérer.

    Crise de colère et de rage : quand contenir l'enfant

    Au fur et à mesure que l'enfant grandit, ce dernier peut manifester des crises de rage ou de colère. La crise de rage permet d'évacuer des tensions liées à un sentiment de frustration ou d'indignation ; l'enfant se roule alors par terre, il hurle, tape des pieds… Rester à ses côtés avec bienveillance peut suffire.

    Dans le cas d'une crise de colère, l'enfant libère des émotions et cette crise peut être empreinte d'agressivité ; l'enfant peut alors chercher à mordre, frapper un autre enfant ou vous taper, se cogner la tête ou jeter des objets. Dans ce cas, il est recommandé de prendre l'enfant dans les bras pour le contenir. "L'objectif est de le protéger ; même si l'enfant se débat, vous pouvez le contenir dans vos bras. Certaines personnes ont la sensation désagréable d'emprisonner l'enfant. En fait, il ne s'agit en rien d'utiliser force et violence contre l'enfant mais de le contenir avec la même intensité que ce dernier met à se débattre afin de le sécuriser" poursuit la psychologue : "la lutte agressive va alors vite se transformer en une bonne crise de larmes salvatrices".

    Trucs et astuces pour les parents

    Etre parent n'est pas inné et il faut le dire, c'est dur ! Accueillir les pleurs d'un enfant peut d'ailleurs être très difficile, surtout si vous n'avez pas reçu vous-même une écoute bienveillante lorsque vous étiez enfant. Votre quotidien vous apporte souvent lui aussi, son lot de stress. "Le conseil numéro 1 est de trouver du soutien. Pour bien accompagner un enfant, vous devez vous trouver des moments de détente et de repos (sieste), d'écoute et de partage où vous pouvez vous aussi libérer vos tensions" recommande Chloé Saint Guilhem.

    Reprendre le sport, trouver un groupe de parole, vous accorder des moments en couple… toutes les idées sont bonnes pour recharger les batteries. Plus vous vous sentirez bien et plus vous pourrez écouter votre enfant avec sérénité. Et surtout pas de culpabilité : rappelez-vous souvent qu'en tant que parent, vous ne méritez aucun reproche et que, quoiqu'il arrive, vous faites toujours de votre mieux !

    Delphine Bourdet

     


    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter