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  • article issu de : http://rea.ccdmd.qc.ca/ri/5-12ans/resultat.asp?action=notions&resize=1

    Pourquoi observer?

    Dès la naissance, l’être humain apprend naturellement en observant, en imitant. L’observation a un rôle important à jouer dans le domaine de l’éducation, mais dans ce contexte, elle doit être plus organisée que l’observation naturelle. Selon le Petit Robert, l’observation est l’action de considérer avec une attention suivie la nature, l’être humain, la société, afin de mieux les connaître. On peut en déduire que toute action éducative est basée d’abord et avant tout sur l’observation :

    • en observant, l’éducatrice apprend à connaître l’enfant;
    • en observant avec attention, l’éducatrice élabore de meilleurs scénarios d’intervention;
    • en observant de manière systématique, l’éducatrice collige des renseignements utiles qu’elle peut communiquer aux parents;
    • en observant avec une certaine distance, l’éducatrice apprend à se remettre en question.

    Ce sont là les principales raisons qui font que l’observation occupe une place centrale dans l’action éducative. L’éducatrice doit voir à ce que l’enfant soit bien et heureux. Elle doit être disponible et attentive à lui, à ses besoins et aux signes qu’il émet. Elle doit toujours essayer de trouver, pour chaque enfant et ce, à chaque moment, ce qui lui convient le mieux. L’être humain est unique et il se développe à son rythme; c’est pourquoi, lorsqu’il y a plusieurs enfants dans un même groupe, l’éducatrice doit porter une attention particulière à chacun. L’observation semble le moyen le plus approprié pour pouvoir intervenir adéquatement.

    L’acte d’observer n’a pas toujours de manifestations tangibles et perceptibles pour les autres, mais il demeure une technique fort dynamique. L’éducatrice pourrait croire qu’en observant, elle ne travaille pas, et même, elle pourrait se sentir coupable par rapport aux autres éducatrices qui sont en action. Elle doit se donner du temps de qualité pour observer tout en demeurant vigilante, ce qui peut avoir l’apparence de l’inaction. Cela n’exclut pas que pendant l’action, elle puisse continuer d’exercer une observation valable sur l’ensemble de son groupe. Elle doit, à chaque instant, avoir des yeux tout le tour de la tête! Elle n’a pas le choix d’observer lorsqu’elle est en action au milieu des enfants vu le nombre limité d’adultes et la présence de plusieurs enfants; c’est ce qu’on appelle « l’observation participante ». À travers l’observation des enfants, l’éducatrice peut noter des faits significatifs qui l’aideront pour l’application d’une démarche plus systématique.

    Finalement, lorsque l’éducatrice observe, elle doit rester objective et éviter de préjuger. Par objectivité, on entend la capacité de décrire la réalité le plus fidèlement possible. En notant des faits, l’éducatrice évite de faire intervenir des éléments affectifs et personnels. Elle doit rester impartiale et n’avoir aucun parti pris, sauf celui du mieux-être de tous les enfants. Ce n’est pas facile de demeurer objectif lorsqu’on travaille avec des êtres humains. L’application de méthodes rigoureuses et l’utilisation d’outils d’observation permettent à l’éducatrice de décrire la réalité le plus fidèlement possible. C'est en ce sens que le site devient un laboratoire d’observation, permettant le visionnement d’images de la vie quotidienne des enfants dans les services de garde scolaires québécois. L’élève qui étudie en Techniques d’éducation à l’enfance devient « observateur » ou « stagiaire » et il porte son regard sur les différents plans de caméra que lui offre une séquence. Il s’agit alors d’une forme d’observation assistée, d’une grande valeur pédagogique.

    Comment observer?

    Le processus d’observation
    L’application de la méthode d’observation systématique en milieu de garde repose sur une démarche relativement complexe. L’observation s’inscrit généralement dans un processus itératif et continu que l’on peut diviser en trois principales étapes : observer – analyser – intervenir. Il est important de bien saisir la définition de chacun de ces trois concepts en vue de l’application du processus d’observation dans le contexte particulier des services de garde.

    Observer, c’est d’abord apprendre à se servir adéquatement de ses cinq sens pour regarder, sentir, écouter, goûter et toucher. C’est la phase de l’observation des faits, de la collecte et de l’enregistrement des données à un moment et dans un lieu particuliers. Je peux observer un enfant, un groupe d’enfants, un parent, mon environnement et je peux même m’observer comme éducatrice. Cette première étape s’effectue généralement en présence des enfants, d’où l’observation participante. Elle doit permettre de répondre à la question suivante : Que se passe-t-il?

    Analyser, c’est trier, classer et comprendre les données ramassées lors de l’observation. À cette deuxième étape, j’examine attentivement les faits, j’établis des liens et j’en fais la synthèse. Cette étape s’effectue généralement sans la présence des enfants; l’éducatrice prend le temps de revoir les informations qu’elle a récoltées en présence des enfants. Cette deuxième étape doit permettre de répondre à la question suivante : Que dois-je retenir?

    Intervenir, c’est formuler des hypothèses d’action et d’intervention, et les mettre en pratique. C’est aussi décider, stimuler, soutenir, comparer et évaluer. Comme éducatrice, je peux intervenir de façon directe (par des gestes et des explications), de façon indirecte (en réaménageant l’espace et le matériel) ou de façon semi-directe (en présentant un modèle à imiter). La non-intervention devient aussi une piste de solution, c’est-à-dire que l’éducatrice laisse les enfants faire ce qu’ils sont capables de faire. Elle leur fait confiance et respecte leur plein potentiel, en autant que leur santé et leur sécurité ne soient pas en danger. Cette étape s’effectue sans la présence des enfants lorsqu’il s’agit de lister ou de trouver des solutions, et en présence des enfants au moment de l’application des solutions. Elle permet de répondre à la question : Que puis-je faire?

     

     



    Une fois les trois étapes complétées, donc après une intervention, l’éducatrice doit vérifier rapidement si l’ensemble de sa démarche a bien fonctionné. Si son intervention se révèle correcte et efficace, cela signifie que le processus d’observation a été suivi adéquatement. Dans tous les cas, elle doit recommencer les étapes pour trouver d’autres interventions adaptées au nouveau contexte ou pour remédier à une situation demeurée problématique. L’utilisation répétée de tout le processus permet d’avancer au rythme du développement de l’enfant ou de résoudre un problème qui persisterait au-delà d’une première observation.

    À l’intérieur du site, l’élève pourra appliquer les deux premières étapes (observer, analyser) du processus. Observer : en regardant les images et en notant des faits à l’aide des outils d’observation proposés. Analyser : en classant les faits pertinents ramassés, en établissant des relations pour en dégager une synthèse. La dernière étape, « intervenir », serait plus intéressante en présence d’enfants, mais elle sera plutôt basée sur l’observation des interventions de l’éducatrice ou consistera à proposer d’autres interventions souhaitables.

    Exemples d’observation

    Voici quelques exemples qui illustrent différents comportements observés, suivis des interventions appliquées par les éducatrices.

    Prenons un premier exemple dans la séquence : Sortie au lac Pouce 42: le cafard de Dave. Plus la soirée avance et plus la nuit approche, plus Mireille se rend compte que Dave ne se sent pas bien. Il est assis sur son lit et son non-verbal démontre une certaine tristesse, il ne parle pas, il ne sourit pas. Elle lui propose de venir parler avec elle, elle sait qu’il s’ennuie de ses parents. Durant cette jasette, elle essaie de soulager Dave de son cafard en lui proposant différentes solutions; par exemple, elle lui rappelle que son ami est là avec lui, qu’il n’est pas seul, qu’il a la possibilité de téléphoner à son père. En prenant le temps d’observer, Mireille s’est vite rendu compte du malaise que vivait Dave et son intervention, basée sur une petite discussion, l’a aidé à résoudre son problème. Le reste de la soirée et de la nuit a été plus agréable pour l’enfant.

    Un autre exemple démontre bien l‘importance de l’observation; il se situe dans la séquence intitulée SSGQ 8 : Médiation. Julie a observé qu’un conflit avait éclaté entre Kassandra et Miguel. Elle a entendu Miguel prononcer des paroles pas très gentilles à l’intention de Kassandra et elle voit bien qu’il y a de la tension entre eux. Dans cette séquence, Julie joue le rôle de médiatrice en prenant soin d’observer les réactions de chacun. Elle se rend vite compte qu’ils ne sont pas prêts à régler ce différend et qu’il vaut mieux attendre que la tension baisse un peu. En prenant le temps d’observer, en posant un regard extérieur à la situation, l’éducatrice comprend mieux ce qui se passe et cela lui permet de proposer des solutions plus adéquates aux enfants. Ici, Julie offre aux enfants de se parler plus tard, car ils sont encore trop en colère; lorsqu’ils seront prêts ou s’ils ont besoin d’aide, ils peuvent demander l’intervention d’un adulte.

    Un dernier exemple illustre bien que l’éducatrice peut aussi utiliser l’observation pour répondre aux besoins et aux intérêts des enfants. En visionnant la séquence Insectes 101, vous découvrirez deux garçons passionnés par les insectes : ils cherchent des mille-pattes dans le parc. Lorsque l’éducatrice prend le temps de regarder les enfants jouer, elle apprend beaucoup sur eux; elle pourrait, après cette observation, leur proposer d’explorer le thème de l’environnement et donner lieu à des projets surprenants.

    Tous ces exemples démontrent le rôle important que joue l’observation dans le métier d’éducatrice. La maîtrise de ce processus complexe demeure un gage de qualité indéniable.

    Les outils d’observation
    Pour maximiser sa prise de notes au cours du visionnement des séquences vidéo, l’élève peut utiliser des outils d’observation. Les paragraphes qui suivent présentent chaque outil accompagné d’un exemple, d’une activité d’apprentissage et d’un gabarit. Lorsque l’élève remplit les documents qui constituent ces outils, il se place comme observateur ou comme stagiaire.

    Le journal de bord
    Cet instrument d’observation aide l’éducatrice à noter, au fil du temps, les particularités du déroulement d’une journée, les routines, les apprentissages et les réactions d’un enfant aux activités, ou simplement des remarques ou commentaires. Le journal de bord demeure un outil d’observation souple. Il laisse place à une certaine part d’interprétation et repose sur l’intuition du moment.

    Exemple développé à partir de l’une des séquences longues du Laboratoire d’observation

     

     



    Activité d'apprentissage
    À partir de la séquence longue du Mardi, 10 mai 2005, après-midi, rédigez un journal de bord concernant l’improvisation des petits.

    Gabarit du journal de bord
    Word / PDF

     La description à thème
    À l’aide de cet outil, l’éducatrice choisit l’un ou l’autre des aspects du développement de l’enfant ou un type particulier d’activité qui servira de base pour structurer son observation. Elle listera par la suite des sous-thèmes correspondant au thème choisi et notera des faits pour chaque sous-thème. La description à thème permet de voir et même de découper la réalité de façon systématique. Après la recension des éléments factuels significatifs, il est beaucoup plus facile d’analyser avec rigueur le comportement de l’enfant. Cet outil peut être élaboré pour seulement un enfant à la fois.

    Exemple développé à partir de séquences longues du Laboratoire d’observation

    Vendredi, 8 octobre 2004 de 7 h à 8 h; 9 h à 10 h; 10 h à 11 h; 11 h à 11 h 30 min; 11 h 30 min à 12 h; 15 h à 15 h 30 min; 15 h 30 min à 16 h

     

     

    Activité d'apprentissage
    À partir de séquences longues du Vendredi, 8 octobre 2004 de 7 h à 8 h; 9 h à 10 h; 10 h à 11 h; 11 h à 11 h 30 min; 11 h 30 min à 12 h; 15 h à 15 h 30 min; 15 h 30 min à 16 h, élaborez une description à thème concernant les jeux de Jérémie L.

    Gabarit de la description à thème
    Word / PDF

     La liste à cocher
    Lorsque l’éducatrice veut vérifier l’apparition de certains comportements, elle peut en lister une série dans un tableau. Une fois le tableau construit, elle indique simplement par un « X » le ou les comportements qu’elle observe pour chaque enfant. La liste à cocher peut concerner un enfant ou plusieurs enfants du groupe. Le nombre d’enfants et de comportements dépend des besoins de l’observateur. Cet outil permet de savoir où en est rendu chaque enfant par rapport à son développement, de façon à mieux le préparer à l’étape ultérieure.

    Attention, cependant, de ne pas comparer les enfants entre eux; cet outil ne sert aucunement d’évaluation, mais plutôt de point de repère pour l’éducatrice. Le but est de savoir quoi offrir à chacun des enfants pour les stimuler adéquatement en fonction de leur stade de développement respectif et de les préparer à l’étape suivante.

    Une fois le tableau rempli, l’éducatrice peut « analyser » où est rendu chaque enfant dans son développement; dans la phase « intervenir », elle saura alors quoi offrir comme stimulation à chacun. Cette liste peut aussi être utilisée pour « décortiquer » le comportement des enfants dans une activité.

    Exemple développé à partir de la séquence longue du Laboratoire d’observation

    Vendredi, 8 octobre 2004 de 15 h à 15 h 30 min

     

     Activité d'apprentissage
    À partir des séquences longues du Vendredi, 8 octobre 2004 de 7 h à 8 h; 9 h à 10 h; 10 h à 11 h; 11 h à 11 h 30 min; 11 h 30 min à 12 h; 15 h à 15 h 30 min; 15 h 30 min à 16 h, élaborez une liste à cocher sur la dimension socio-affective et morale d’Anne-Louise I. Il s’agit de faire un choix des comportements à observer concernant la dimension socio-affective et morale et de les inscrire dans la colonne des « comportements observés ». Ensuite, inscrivez le prénom d’Anne-Louise (au haut de la liste, à la première rangée). Sous le prénom de celle-ci, indiquez le titre de la séquence que vous avez visionnée. Enfin, indiquer par un « X », dans la case appropriée, le comportement qui correspond à celui de l’enfant observé et de la séquence où vous avez vu apparaître ce comportement.

    Gabarit de la liste à cocher
    Word / PDF

     
    Le rapport anecdotique
    Cet outil d’observation consiste à décrire un fait précis, une anecdote significative de la manière la plus concrète et objective possible.

    Cet outil peut être très utile lorsqu’un comportement particulier, qui sort de l’ordinaire, apparaît et que l’éducatrice ne peut trouver d’explication dans l’immédiat. Le rapport anecdotique aide l’éducatrice à étudier davantage ce comportement si jamais il se reproduit, à en constater la fréquence et les circonstances d’apparition. En service de garde, il est important de faire au moins trois observations pour en vérifier et confirmer la constance. Cet outil d’observation peut concerner un ou plusieurs enfants.

    Exemple développé à partir de séquences longues du Laboratoire d’observation

    Mercredi 16 février 2005 de 6 h à 7 h 30 min; 10 h à 13 h; 15 h 45 min à 17 h

     

     Activité d'apprentissage
    À partir de la séquence longue du Mercredi 16 février 2005 de 6 h à 7 h 30 min, remplir un rapport anecdotique concernant les initiatives de Megan P.

    Gabarit du rapport anecdoctique
    Word / PDF

    La grille d’autoévaluation
    Au service de garde Les camarades rient, les enfants font leur autoévaluation et reçoivent des commentaires de leur éducateur ou de leur éducatrice, une fois par année, au mois de février. Ce n’est pas tous les services de garde qui font cette autoévaluation. Une fois rempli, le formulaire d’autoévaluation est acheminé aux parents, et ceux-ci doivent le signer pour indiquer qu’ils ont pris connaissance de son contenu.

    Idéalement, cette rencontre d’autoévaluation devrait se faire dans l’intimité, pour garder la confidentialité des réponses de l’enfant. Par contre, l’aménagement de la tâche d’éducatrice ne le permet pas, et il faut demeurer disponible aux autres enfants du groupe en même temps. Un petit coin dans le local suffit, en autant qu’on prenne bien soin de ne pas se faire entendre. Chaque question posée est expliquée dans un vocabulaire accessible et compréhensible des enfants. C’est important de vérifier leur compréhension et de leur donner des exemples.

    La vie au service de garde représente une part significative de la journée d’un enfant. L’autoévaluation engage l’enfant dans une démarche introspective stimulante; à cette période du développement, c’est-à-dire de 5 à 12 ans, l’enfant est en mesure de réaliser cette introspection. Elle constitue une occasion d’échanger sur des situations ou des comportements particuliers. En ce sens, le processus devient aussi un moyen de communication efficace et pertinent. L’enfant apprend à mieux se connaître et l’éducateur ou l’éducatrice profite d’un temps de qualité pour approfondir son interaction avec lui. Une belle idée, que l’équipe des Camarades rient applique une fois par année. Les parents apprécient beaucoup recevoir le compte rendu de cette autoévaluation. Ils y découvrent souvent un côté moins familier de la personnalité de leur enfant. L’interaction avec les pairs déborde de la sphère habituelle de la famille et elle constitue un cheminement important vers la socialisation.

    Exemple développé à partir de la séquence longue du Laboratoire d’observation

    Mardi 15 février 2005 15 h 30 min à 16 h

     

     


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  • article issu de : http://www.petitmatin.com/site/index.php?option=com_content&view=article&id=149:de-lobservation-a-laction&catid=44:blogue

    De l’observation à l’action

    par Nicole Malenfant

    C’est bien connu, les enfants changent constamment. Rien n’est vraiment acquis ni prévisible surtout quand on veille, non pas sur un ou deux enfants, mais sur huit petits mousses, comme le fait Josiane, éducatrice en CPE. Les enfants dont elle s’occupe changent à vue d’œil: un nouveau mot, un nouvel intérêt, un nouveau comportement qui apparaît, une habileté naissante, une difficulté de plus en plus apparente.

    Avec les nombreuses responsabilités qui incombent à Josiane, il lui est impossible de garder en mémoire tout ce qu’elle remarque dans le feu de l’action sans compter la quantité impressionnante d’informations qu’elle doit retenir et transmettre à la bonne personne. Il vint un temps où, dépassée par la tâche, Josiane s’est sentie prête à amorcer une démarche afin d’accroître son efficacité au travail et ainsi diminuer son stress. Suite à la lecture d’un texte dans lequel elle a appris que la prise de notes pouvait lui venir en aide, elle a décidé de se mettre au travail. Pas le temps de prendre des notes ?

    Pour se remémorer l’essentiel, nul besoin d’écrire un roman ou d’entrer dans les détails. Josiane peut simplement indiquer des mots significatifs dans un style télégraphique. Par exemple, elle inscrit dans son agenda de travail les informations suivantes : 2/10 M. parle de chien mort XXXX. Idem = 3/10. Ce qui signifie pour elle que Marianne à quatre reprises, le 2 octobre, a parlé de son chien qui s’est fait frapper la veille, et qu’elle en reparle le lendemain. En relisant ses notes, Josiane pensera inévitablement à tenir compte de ce fait significatif dans ses interventions et les activités qui concernent Marianne.

    Voici quelques conseils pratiques pour vous aider à faire de l’observation un acte pédagogique au quotidien.

    1) Que ce soit dans un petit carnet de notes, un journal de bord, un cahier d’observations ou sur une tablette de feuilles au mur, choisissez un outil adapté à vos besoins dans lequel vous noterez, dès que possible, les observations les plus significatives : remarque d’un enfant, comportement, effort, idée qui vous vient à l’esprit, etc.

    2) Utilisez une écriture simple avec des phrases abrégées, des mots clés, des pictogrammes ou des symboles pour chaque enfant.

    3) Assurez-vous de garder votre outil à portée de la main, crayon y compris, dans lequel vous prendrez l’habitude d’écrire tous les jours.

    4) Bien qu’il n’y ait pas de temps idéal pour noter ses observations, il existe toutefois des moments qui s’y prêtent davantage comme pendant la sieste des enfants ou lors des jeux ou ateliers libres.

    Au début de l’exercice, Josiane avait l’impression que la notation de ses observations s’ajoutait à sa charge de travail déjà considérable. Elle fut alors tentée d’abandonner sa nouvelle façon de faire pour s’en tenir à une observation plus spontanée. Mais, vite, elle a pu constater que plus elle s’y exerçait, meilleure elle devenait et qu’elle y gagnait en efficacité d’une manière ou d’une autre. Et quelle satisfaction de voir les enfants profiter des résultats positifs découlant de ses efforts ! Josiane sait maintenant qu’une situation non résolue, qu’un besoin non comblé chez un enfant ou qu’un comportement non analysé, lui demandent davantage de temps et d’énergie que la prise de notes, qui la guide dans ses interventions mieux que tout autre moyen. Par la même occasion, elle a remédié à ses trous de mémoire.

    Choisir de bons outils d’observation

    Puisqu’elle doit écrire les faits et les comportements dès que possible pour éviter de les oublier, Josiane utilise un agenda qu’elle garde à portée de la main. Il s’agit d’un agenda spécialisé – L’INCONTOURNABLE DE L’ÉDUCATRICE D’AUJOURD’HUI -conçu de manière à consigner facilement ses observations tant sur chacun des enfants que sur le groupe. Cet outil lui permet également d’écrire les informations importantes et de faire le suivi avec les personnes concernées. Avec, en plus, l’opportunité de tracer les grandes lignes de la planification d’activités à partir de ses observations.

    Pour mieux appliquer le programme éducatif

    Pour respecter le programme éducatif du Ministère dont le principe Chaque enfant est un être unique, Josiane s’efforce de suivre les enfants chacun dans leur développement. Elle y arrive tellement mieux depuis qu’elle fait de l’observation systématique. En effet, en prenant des notes régulièrement, Josiane constate que Kweena s’adonne de plus en plus aux activités coopératives, que tous les enfants de son groupe ont de la difficulté à enfiler leur manteau, que Michaël, le cadet, imite de plus en plus les plus vieux dans le rangement, que Vittorio demeure isolé lors des jeux libres malgré les invitations des pairs, que Marguerite pleure moins longtemps le matin lorsque sa mère quitte rapidement le service de garde. De cette façon, Josiane cerne mieux les besoins de ses petits mousses sur les plans physique et moteur, social, affectif, cognitif et langagier, ce qui l’amène à préparer des activités et des interventions qui serviront mieux les goûts, les forces et les défis de chaque enfant.

    Riches en informations personnalisées, les observations écrites de Josiane l’aident à réaliser sa planification pédagogique davantage que les sites Internet, les anciennes préparations et les activités prêtes à utiliser. Et quel plaisir de travailler ainsi ! Et plus encore, cette façon de faire la satisfait de plus en plus. Josiane réussira-t-elle maintenant à convaincre ses collègues de l’importance de noter leurs observations pour mieux relever le défi de la qualité éducative en tant que professionnelle en petite enfance ?

    Au-delà des chiffres : des actions

    « Les éducatrices prennent peu de notes relativement à leurs observations et n’y donnent pas suite ». Voilà l’une des lacunes relevées dans les résultats de l’enquête Grandir en qualité menée au Québec, en 2003, dans 905 groupes d’enfants en services de garde. À cet égard, le taux d’insatisfaction s’élève à 41 % pour les poupons des garderies privées alors qu’il est de 51 % pour les enfants de 18 mois à 5 ans. Quoi qu’on en dise, il s’agit d’une responsabilité fondamentale pour toute éducatrice en CPE et en garderie et aussi pour les gestionnaires, que d’assurer des services éducatifs de grande qualité. Et l’observation formelle demeure une condition essentielle pour relever ce défi.


    De bonnes raisons de noter ses observations au quotidien

    • Être plus attentif.
    • Être plus objectif.
    • Se doter d’une seconde mémoire.
    • S’attarder à chacun des enfants sans exception.
    • Suivre l’évolution de chaque enfant : forces, difficultés, intérêts, etc.
    • Mieux saisir la dynamique de groupe.
    • Orienter les commentaires faits aux parents.
    • Enrichir les discussions avec les intervenants extérieurs, la conseillère pédagogique, etc.
    • Assurer le suivi entre les éducatrices du même groupe (les remplaçantes ou les éducatrices de rotation).
    • Valider son intuition.
    • Éclairer les prises de décision.
    • Intervenir de manière réfléchie.
    • S’attarder à chacune des activités de la journée : activités extérieures, routines, départ de l’enfant en fin de journée, jeux libres, etc.
    • Identifier les causes possibles d’une difficulté ou d’un problème.
    • Faciliter la planification des interventions et des activités.
    • Garder des traces de ce qui marque le déroulement des journées.
    • Se préparer à rencontrer les parents ou les spécialistes : éducateur spécialisé, orthophoniste, etc.
    • Démontrer plus de crédibilité comme professionnel de la petite enfance.
    • Permet de travailler dans le même sens que les orientations du programme éducatif.
    • Réduire le stress.
    • Assurer le développement continu des compétences professionnelles.

     

     

    Observer, c’est bien. Noter ses observations, c’est mieux!

    Et faire sa planification à partir de ses observations, c’est extra!


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  • Cet outil d'observation aide l'éducatrice ou l’éducateur à noter, au fil du temps, les particularités du déroulement d'une journée, les routines, les apprentissages et les réactions d'un enfant aux activités, ou simplement des commentaires. Il comporte une certaine part d'interprétation.


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  • Cet outil permet de voir et même de découper la réalité de façon systématique. L'éducatrice ou l’éducateur choisit l'un ou l'autre des aspects du développement de l'enfant ou un type particulier d'activité qui servira de base pour structurer son observation. La description peut être élaborée pour seulement un enfant à la fois


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  • Cet outil est utilisé pour savoir où en est rendu chaque enfant par rapport à son développement. Il s'agit de lister dans un tableau une série de comportements à observer. La liste à cocher peut concerner un enfant ou tous les enfants du groupe. Les résultats servent à bien préparer l'enfant à l'étape ultérieure de son développement.


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  • Cet outil d'observation consiste à décrire un fait précis, une anecdote significative, de la manière la plus concrète et objective possible. Il aide l'éducatrice ou l’éducateur à étudier davantage un comportement qui sort de l'ordinaire. Un minimum de trois observations sert à vérifier la constance du nouveau comportement


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  • Cet outil engage l’enfant dans une démarche introspective stimulante. À cette période du développement, c’est-à-dire de 5 à 12 ans, l’enfant est en mesure de réaliser cette introspection. Elle constitue une occasion d’échanger des idées sur des situations ou des comportements particuliers.


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  • article issu de : http://creche-coccinelle.fr/les-choix-pedagogiques-accompagner-lobservation/

     

    Les choix pédagogiques : accompagner par l’observation

     
    « Le jeu est le langage de l’enfant » FREUD.
     

    C’est à l’équipe, en utilisant l’observation et nos savoirs, de le guider dans un milieu collectif tout en prenant en compte son évolution.
    Le jeu est relation, communication et construction où se mêlent les temps de pause….. Je bulle….. Je grandis.

    Les points essentiels :

    • Une stabilité dans l’accueil individuel vers le collectif
    • Une guidance vers l’autonomie
    • Un éveil et ouverture au monde
    • Un respect du choix de l’enfant car celui-ci est acteur de son parcours.

    Pourquoi observer ?

    L’observation est un outil indispensable pour accueillir l’enfant et sa famille : elle peut être participative ou en retrait.

    Cet outil permet à l’équipe de poser son regard vers les évolutions, les adaptations, les changements de comportements et ainsi adapter nos réponses.

    Le jeu libre et la relation avec les autres

    Face au jeu de l’enfant l’adulte présent va tantôt être observateur (laisser l’enfant jouer seul sans intervenir), tantôt être acteur et pouvoir stimuler l’enfant dans son imagination ( ne pas faire à la place de l’enfant).

    Le jeu libre est constructeur vers l’autonomie si le lieu, les espaces, les jeux sont pensés pour cela. Ainsi pour l’équipe le jeu est «considéré comme l’activité la plus sérieuse de l’enfant.» MONTAIGNE

    Les ateliers

    Ils se déroulent en général dans la salle d’atelier, et ils ont pour but de favoriser l’expression et la créativité de l’enfant.

    Il est important de bien tenir compte de ce que l’enfant est capable de faire en fonction de son âge et de son développement en mettant à sa disposition des jeux répondant à ses besoins de manipuler, transvaser, enfiler, encastrer, tirer, rouler, cacher…

    L’adulte présent doit respecter la manipulation de l’enfant, lui laisser faire ses expériences, en acceptant éventuellement ses refus.

    Il ne s’agit pas de faire à la place de l’enfant, mais de voir le résultat « produit » par lui.

    La place de l’imaginaire et du jeu symbolique

    Pour Piaget le jeu symbolique « au-delà de l’aspect structurant qu’il confère à la pensée, répond à des besoins principalement affectifs. Il constitue un moyen d’expression propre à l’enfant ».

    Ces jeux de « faire semblant » sont un moyen d’exprimer des sentiments et de les explorer.

    Ils lui servent surtout à appréhender la réalité future de ses besoins affectifs et intellectuels.

    Il traduit ce qu’il a vécu par ses actions autour des pôles d’ateliers libres. Ces espaces sont stables et mis en place selon l’évolution du groupe (c’est ce que l’on appelle les coins dinette et autres).

    C’est grâce à cela qu’il entre dans le monde de la représentation et l’aide ainsi à comprendre les absences « Le symbole est une comparaison entre un élément donné et un élément imaginé » (EJE passerelles).

    L’enfant observe le monde qui l’entoure, et il le reproduit par ses jeux avec une très grande attention.

    Dès 18 mois l’enfant commence ce jeu que nous encourageons dans notre espace de vie.

    L’activité et le jeu de l’enfant vont pouvoir se développer dans le plaisir de la découverte que peut leur apporter leurs propres activités spontanées dans un environnement aménagé.


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  • article issu de  : http://creche-coccinelle.fr/les-choix-pedagogiques-accompagner-lobservation/

    « Le jeu est le langage de l’enfant » FREUD.

    C’est à l’équipe, en utilisant l’observation et nos savoirs, de le guider dans un milieu collectif tout en prenant en compte son évolution.
    Le jeu est relation, communication et construction où se mêlent les temps de pause….. Je bulle….. Je grandis.

    Les points essentiels :

    • Une stabilité dans l’accueil individuel vers le collectif
    • Une guidance vers l’autonomie
    • Un éveil et ouverture au monde
    • Un respect du choix de l’enfant car celui-ci est acteur de son parcours.

    Pourquoi observer ?

    L’observation est un outil indispensable pour accueillir l’enfant et sa famille : elle peut être participative ou en retrait.

    Cet outil permet à l’équipe de poser son regard vers les évolutions, les adaptations, les changements de comportements et ainsi adapter nos réponses.

    Le jeu libre et la relation avec les autres

    Face au jeu de l’enfant l’adulte présent va tantôt être observateur (laisser l’enfant jouer seul sans intervenir), tantôt être acteur et pouvoir stimuler l’enfant dans son imagination ( ne pas faire à la place de l’enfant).

    Le jeu libre est constructeur vers l’autonomie si le lieu, les espaces, les jeux sont pensés pour cela. Ainsi pour l’équipe le jeu est «considéré comme l’activité la plus sérieuse de l’enfant.» MONTAIGNE

    Les ateliers

    Ils se déroulent en général dans la salle d’atelier, et ils ont pour but de favoriser l’expression et la créativité de l’enfant.

    Il est important de bien tenir compte de ce que l’enfant est capable de faire en fonction de son âge et de son développement en mettant à sa disposition des jeux répondant à ses besoins de manipuler, transvaser, enfiler, encastrer, tirer, rouler, cacher…

    L’adulte présent doit respecter la manipulation de l’enfant, lui laisser faire ses expériences, en acceptant éventuellement ses refus.

    Il ne s’agit pas de faire à la place de l’enfant, mais de voir le résultat « produit » par lui.

    La place de l’imaginaire et du jeu symbolique

    Pour Piaget le jeu symbolique « au-delà de l’aspect structurant qu’il confère à la pensée, répond à des besoins principalement affectifs. Il constitue un moyen d’expression propre à l’enfant ».

    Ces jeux de « faire semblant » sont un moyen d’exprimer des sentiments et de les explorer.

    Ils lui servent surtout à appréhender la réalité future de ses besoins affectifs et intellectuels.

    Il traduit ce qu’il a vécu par ses actions autour des pôles d’ateliers libres. Ces espaces sont stables et mis en place selon l’évolution du groupe (c’est ce que l’on appelle les coins dinette et autres).

    C’est grâce à cela qu’il entre dans le monde de la représentation et l’aide ainsi à comprendre les absences « Le symbole est une comparaison entre un élément donné et un élément imaginé » (EJE passerelles).

    L’enfant observe le monde qui l’entoure, et il le reproduit par ses jeux avec une très grande attention.

    Dès 18 mois l’enfant commence ce jeu que nous encourageons dans notre espace de vie.

    L’activité et le jeu de l’enfant vont pouvoir se développer dans le plaisir de la découverte que peut leur apporter leurs propres activités spontanées dans un environnement aménagé.


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